Publié le 03/05/2022
Hervé Lichtlé est viticulteur à Husseren-les-Châteaux. Pourtant, depuis près de 20 ans, avec son épouse Nathalie, il fait découvrir les vins d’autres domaines et surtout d’autres régions. Ce qui était une passion est devenu une entreprise : Terroirs et propriétés. Deux caves pour les amoureux du vin et autres breuvages.
Hervé Lichtlé se voyait ingénieur agronome. Le décès prématuré de son père l’amène à reprendre le domaine familial François Lichtlé en 1992. Il s’installe comme exploitant trois ans plus tard. Plus que le travail de la vigne, c’est la commercialisation qui l’attire. Il crée sa société de négoce en 2002. La même année, Nathalie, originaire de Vendée, arrive à Husseren-les-Châteaux à l’occasion d’un stage de BTS viticulture et œnologie. Elle y rencontre son mari et ce qui est désormais autant sa passion que son métier : le vin. Après un passage chez Hugel à Riquewihr et quelques emplois dans le secteur viticole, elle passe une licence « vin et commerce » à l’IUT de Colmar. Elle est ensuite embauchée par le distributeur de boissons Abedis à Volgelsheim. Après la naissance du deuxième enfant du couple, en 2014, Nathalie et Hervé reprennent une boutique à Kaysersberg. « Le nom Terroirs et propriétés était le nom juridique de la boutique, nous l’avons conservé car il correspond à notre état d’esprit. » En 2017, leur société prend de l’ampleur avec l’ouverture d’une deuxième boutique de 80 m2 à Brunstatt, près de Mulhouse, où Hervé œuvre avec un salarié. « Ancienne cave franchisée, le magasin est très bien placé, dans une ville dynamique, proche du Rebberg et sur un axe très passant. » Enfin, en mai 2019, un nouvel espace de 180 m2 ouvre à Ribeauvillé. C’est le territoire de Nathalie. Malgré « l’année Covid », les boutiques ont enregistré une belle progression en 2021, comme la plupart des cavistes en France (+ 50% à Brunstatt et + 30 % à Ribeauvillé). « Nos clients étaient chez eux, cuisinaient, prenaient le temps de se faire plaisir. » En revanche, le contexte a affecté négativement la cave de Kaysersberg qui réalisait 80 % de son chiffre d’affaires auprès des touristes. Le couple a revendu le fonds de commerce en mars dernier. Avec les boutiques de Ribeauvillé et Brunstatt, ils se recentrent sur une clientèle locale et fidèle qui recherche « autre chose que des vins d’Alsace », même si les présentoirs font la part belle à notre région. La plus forte demande concerne les vins du Languedoc, de la vallée du Rhône et de la Loire pour ses vins blancs secs. Arrivent ensuite les bourgognes qui ont toujours leurs amateurs, les champagnes et les vins étrangers. « Les bordeaux sont plus sollicités par des personnes d’un certain âge. Je me réjouis de rencontrer une clientèle ouverte et curieuse qui se laissera tenter par un vin de Bosnie par exemple, même si pour les vins étrangers, les plus gros volumes écoulés sont les vins italiens », remarque Nathalie. La « buvabilité » avant tout À Ribeauvillé, elle organise deux soirées à thème par mois (mets et vins ou bières, soirée italienne, vins et chocolat, vins et fromage, soirée en présence d’un viticulteur). Ces soirées accueillent jusqu’à 30 personnes avec un menu concocté par un chef à domicile ou un traiteur. En plus de cette offre conviviale, les caves bénéficient de grandes amplitudes horaires : fermeture seulement le mercredi et le dimanche après-midi à Ribeauvillé, le dimanche et le lundi à Brunstatt. La gamme de 2 000 références, incluant bières artisanales et spiritueux, est sans cesse renouvelée et étoffée auprès de salons professionnels et de dégustations chez les vignerons. Les Lichtlé ne ratent jamais Millésime bio à Montpellier. « Aller à la rencontre de nouveaux viticulteurs, dénicher des pépites au meilleur rapport qualité-prix, cela fait partie de notre métier. Une partie qui nous plaît ! », souligne Hervé. Par volonté de « ne se fermer aucune porte et de proposer des vins pour tous les goûts et tous les budgets », l’offre s’étend à toutes sortes de méthodes culturales. La gamme débute à 5 € pour arriver à plusieurs centaines d’euros pour les crus bourguignons. La demande la plus forte concerne la fourchette entre 10 et 15 €. « Notre maître-mot est la « buvabilité », résume Nathalie. Nos clients achètent au fur et à mesure de leurs besoins. Ils arrivent avec une idée de menu pour le week-end ou le soir même, ou alors pour acheter un cadeau personnalisé. Nos vins sont donc prêts à boire, ce qui ne les empêche pas d’avoir un potentiel de garde. Les vins que nous proposons sont des vins que nous aimons. C’est d’eux que l’on parle le mieux. Notre idée est de proposer un plaisir immédiat. »












