Vigne

Section viticole des Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin

Thierry Fesser, nouveau président

Publié le 20/01/2022

Thierry Fesser est le nouveau président de la section viticole des Jeunes Agriculteurs (JA) du Haut-Rhin. Il a été élu vendredi 14 janvier lors de l’assemblée générale qui s’est déroulée à la Maison des vins d’Alsace à Colmar. Il succède à Quentin Blanck.

La naissance de Faustine, début janvier, a été l’élément déterminant qui a définitivement guidé le choix du président sortant de la section viti des JA du Haut-Rhin de passer la main. « Le plus grand mandat de ma vie a débuté il y a quelques jours. J’ai donc décidé de m’y consacrer pleinement », explique, ému, Quentin Blanck. La plupart des élus sortants ont, eux, décidé de rester au conseil d’administration alors que quatre nouveaux membres en font désormais partie. C’est Thierry Fesser qui a été porté à ma présidence. Âgé de 22 ans, il était déjà membre du bureau des JA viti. « Je suis coopérateur à la cave de Turckheim et responsable du groupe des jeunes. Je travaille sur 10 hectares de vignes et je réalise quelques autres prestations. J’ai accepté de prendre cette responsabilité car je suis motivé à l’idée d’apporter un nouveau dynamisme à notre groupe. Nous devons absolument être plus nombreux à l’avenir », souligne Thierry Fesser. Il est désormais entouré de deux vice-présidents (Jean-Nicolas Klein et Julien Scherb), d’un secrétaire général (Nathan Gsell), d’un secrétaire général adjoint (Jean-Mathieu Clur), d’un trésorier (Martin Klee), d’un trésorier adjoint (Cyril Marschal) et d’une dizaine d’autres membres. De leurs côtés, Quentin Blanck et son ex-vice-président Jean-Baptiste Koeberlé sont les nouveaux réviseurs aux comptes. « Cette équipe assure une continuité et s’inscrit dans une volonté d’aller de l’avant. Je le répète, nous devons être plus nombreux à l’avenir. Il faut espérer que la situation sanitaire nous permettra de nous rencontrer rapidement et de multiplier les opérations de communication », ajoute Thierry Fesser. Anticiper le remplacement Auparavant, l’assemblée générale avait permis de rappeler toutes les actions menées en 2021 et d’approuver le rapport financier. Les jeunes viticulteurs du Haut-Rhin ont été sensibilisés à la nécessité de se former par le biais de l’école des cadres. Un nouveau cycle de formation va débuter au printemps 2022 et il est toujours possible de s’y inscrire. Un voyage d’étude est également prévu. Il est programmé pendant une semaine en mars 2024. Marine Houssière est ensuite intervenue pour présenter le service de remplacement du Haut-Rhin. « C’est toujours un jeune agriculteur qui en assure la présidence (Ronan Lieby pour le Haut-Rhin), mais l’administratif est désormais géré par la FDSEA. Les objectifs sont clairs. Nous sommes là pour répondre à toutes vos demandes que ce soit au niveau d’un accident, d’une maladie professionnelle, d’un congé maternité ou paternité », note Marine Houssière. Le remplacement repose sur un montage financier précurseur alliant à la fois financements publics, prestations légales, assurances collectives et participation des agriculteurs. En créant les services de remplacement, les organisations professionnelles agricoles se sont donné des objectifs ambitieux : améliorer les conditions de vie des agriculteurs, des agricultrices, des associés d’exploitation, des aides familiaux. Mais également contribuer à sécuriser le fonctionnement des exploitations en assurant la continuité des travaux en cas d’absences choisies ou subies. Et, enfin, développer la formation et la promotion des personnes au service de l’agriculture par la prise de responsabilités professionnelles, en leur permettant de s’absenter de leur exploitation en toute sérénité. Marine Houssière a insisté sur les congés maternité et paternité. « Il faut les anticiper. D’autant plus qu’il y a désormais davantage de souplesse. Le congé paternité vient de passer de 11 à 25 jours. Il faut simplement, pour en bénéficier, prévenir la Mutualité sociale agricole (MSA) avant la naissance de l’enfant », souligne-t-elle. Les professionnels ont également droit à un certain nombre de remplacements, lorsqu’ils effectuent un mandat syndical. Le service de remplacement du Haut-Rhin cherche aussi à recruter pour son équipe administrative. « Un projet d’embauche est en cours pour l’élevage dans le Sundgau. Et nous avons comme objectif de créer un poste pour la viticulture car la demande est là. Il n’y a cependant pas de disponibilité immédiate », conclut Marine Houssière.

Publié le 20/01/2022

La dégustation de sélection du Guide Hachette 2023 a eu lieu à Colmar du 12 au 14 janvier. Dans des conditions sanitaires strictes, mais désormais éprouvées, les professionnels alsaciens se sont succédé pour enrichir la prochaine édition d’un ouvrage qui tend à évoluer au gré des nouveaux modes de consommation et de communication.

Véritable institution chez les œnologues en herbe et les plus avertis, le Guide Hachette des vins poursuit sa mue pour s’adapter aux nouvelles tendances de consommation et de communication. Création d’une « vitrine » sur le réseau social Instagram, application mobile, site Internet à la base de données gigantesque, relooking graphique de l’édition papier : les idées ne manquent pas pour « rester à la page » face à la concurrence d’Internet, de ses innombrables blogs et autres influenceurs. Une évolution nécessaire et « vitale », explique le directeur du Guide Hachette, Stéphane Rosa, présent à Colmar du 12 au 14 janvier pour les dégustations de sélection des vins alsaciens qui iront enrichir l’édition 2023 de l’ouvrage. « Cela fait une quinzaine d’années qu’on constate une érosion annuelle des ventes du guide papier. On en compte 50 000 aujourd’hui contre 100 000 à la fin des années 1990. Avec Internet, les pratiques ont évolué, le papier a moins la cote. Il faut donc s’adapter. » Ce phénomène d’érosion touche l’ensemble des guides papier historiques, quel que soit le secteur d’activité (gastronomie, tourisme, voyages…). « Personne n’est épargné », tient-il à rappeler. Le transmédia, un choix stratégique Mais la marque « Guide Hachette » conserve son aura. Elle représente toujours plus de 50 % des parts de marché des ventes de guides de vins en France. La consultation du site augmente même de manière exponentielle avec plus de 500 000 visiteurs uniques par mois à l’heure actuelle. La plus grande partie, à savoir tous les vins sélectionnés (plusieurs dizaines de milliers) depuis 2001, est accessible gratuitement avec leurs commentaires, leurs temps de garde, etc. Seuls les vins du guide en cours sont en accès payant. Entre 7 000 et 8 000 internautes ont aujourd’hui un abonnement à cette formule 100 % numérique. « Ce chiffre a tendance à stagner, voire à baisser, depuis qu’on a décidé de livrer un code d’accès à la partie payante avec l’édition papier. Nous avons fait le choix d’une stratégie transmédia qui semble porter ses fruits », souligne Stéphane Rosa.     Toucher des nouveaux publics Le compte Instagram lancé début 2021 connaît lui aussi une belle croissance. Il comptabilise aujourd’hui plus de 5 300 abonnés qui commentent ou partagent quotidiennement les publications du Guide Hachette. « Nous mettons régulièrement en avant des vignerons qui sont dans le guide, mais aussi des évènements que nous organisons, ou certaines cuvées », commente Stéphane Rosa. Une stratégie payante puisqu’elle permet de toucher un nouveau public - plus jeune et plus féminin - par rapport au guide papier traditionnel, historiquement plus « masculin ». Les statistiques de connexion au site Internet, mais aussi à la page Instagram, parlent d’elles-mêmes : la classe d’âge la plus représentée est comprise entre 20 et 35 ans, avec une parité quasi parfaite entre hommes et femmes. Le vin, produit « tendance » Ceci illustre aux yeux de Stéphane Rosa le « renouveau » de la consommation vinique, avec des profils plus impatients, dans l’instantanéité du clic sans pour autant rogner sur la qualité du produit qu’ils pourraient acheter. « Il y a un retour de hype sur le vin, comme disent les jeunes. C’est un produit qui redevient à la mode. On l’a vu au cours des deux dernières années : de nouveaux réflexes d’achat ont vu le jour autour de la gastronomie, du locavore, des circuits courts. Le vin suit cette tendance. Ça fourmille de partout entre les bars à vins, les clubs de dégustations et les nombreux sites Internet qui traitent du sujet. Il y a une nouvelle génération qui recherche des vins plus fruités, plus digestes, car la consommation est plus rapide. Et en même temps, ils veulent boire une histoire. D’où un certain attrait pour les petits producteurs, où ceux qui ont une philosophie un peu novatrice. À la vue de tout cela, je suis plutôt serein pour l’avenir de la filière », s’enthousiasme Stéphane Rosa.     Beau sur la forme, sérieux sur le fond Ce regain d’intérêt s’est même fait ressentir dans les ventes du Guide Hachette ; plus d’exemplaires ont été vendus en 2021 qu’en 2020. Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer ce phénomène : un effet « confinement » qui a motivé beaucoup de personnes à cuisiner à nouveau, davantage de soirées « privées » pour compenser les fermetures des bars et restaurants ou encore le relooking graphique de l’édition 2022. « On a changé la couverture avec des couleurs et illustrations aux accents vintage, à l’opposé de ce qu’on proposait historiquement avec ce rouge bordeaux uni. Peut-être que cela a pu jouer sur les ventes, notamment au moment des fêtes de fin d’année avec les cadeaux de Noël », suppose Stéphane Rosa. Cette modernisation de la forme n’enlève rien au sérieux du fond. « Le Guide Hachette reste une institution, synonyme de qualité. D’où notre volonté de conserver nos processus de dégustation exigeants malgré la crise sanitaire actuelle », ajoute Stéphane Rosa.    

Publié le 17/12/2021

De nombreuses recherches sont en cours pour réduire les doses de cuivre et trouver des alternatives efficaces à cette matière active, la seule autorisée en agriculture biologique pour lutter contre le mildiou. Des produits de biocontrôle aux préparations naturelles peu préoccupantes, en passant par les cépages résistants, les différentes solutions méritent d’être passées en revue.

En 2021, le cuivre s’est révélé indispensable pour lutter contre le mildiou. Pourtant, la recherche d’alternatives efficaces n’a jamais été autant d’actualité. Une récente matinée technique, organisée dans le cadre du Mois de la bio, y était consacrée. Parmi ces alternatives, les produits de biocontrôle qui recouvrent des substances actives aux modes d’action très différents. Lionel Ley, de l’Inrae de Colmar, les classe en trois catégories : les stimulateurs de défense des plantes (SDP), d’origine naturelle ou pas, les phosphonates (non utilisables en agriculture biologique) et les produits asséchants (dont les huiles essentielles). Ces produits ont fait l’objet de différentes expérimentations, dont l’une menée de 2014 à 2018 par l’Inrae de Colmar. À Ribeauvillé et Châtenois, l’Inrae a comparé leur efficacité face à un témoin traité avec des produits de synthèse en encadrement de la fleur suivis d’une association de cuivre et de soufre. L’usage de produits de biocontrôle, couplé à des modèles de prévision des risques pour le mildiou et l’oïdium, est également testé dans le cadre du projet Bee (2018-2020). Cinq bassins viticoles, dont l’Alsace, sont concernés par ce projet, dont l’objectif est de réduire de 75 % l’IFT (indicateur de fréquence de traitement) des produits phytosanitaires hors biocontrôle.     Biocontrôle : intéressant mais… De ces différents essais, il ressort que « le biocontrôle est une solution intéressante pour baisser l’impact sur l’environnement si la pression du mildiou est modérée. Mais si elle est forte, on ne peut pas se passer de cuivre et de soufre et il faut augmenter la cadence », selon Lionel Ley. En effet, dès que la pression devient moyenne et à plus forte raison si elle est forte, les SDP alliés aux phosphonates ne protègent pas suffisamment la grappe. L’efficacité des produits de biocontrôle est meilleure avant floraison, signale le scientifique, qui estime qu’il n’est pas nécessaire de les utiliser à chaque traitement. Deux ou trois applications suffisent, en complément du cuivre. Indépendamment de leur efficacité, les produits de biocontrôle coûtent autour de 450 €/ha, soit un surcoût de 40 % par rapport à une protection classique. En Suisse, la pression du mildiou a été extrêmement forte en 2021. Une enquête montre que les vignerons de Suisse romande ont réalisé plus de 14 traitements en moyenne durant la saison, dépassant largement la dose annuelle de cuivre habituelle (3,5 kg/ha au lieu de 2 kg/ha). Les deux tiers d’entre eux ont utilisé en plus d’autres produits, notamment des tisanes de plantes (ortie, prêle, osier) et du Myco-Sin, un produit autorisé en Suisse en viticulture biologique (argile sulfurée et extraits de prêle élaborés). Bien moins rémanent qu’un cuivre, celui-ci s’est avéré intéressant pour les régions à faible pression ou les débuts de saison sans pression, constate David Marchand, du FIBL (institut de recherche de l’agriculture biologique). De tous les nouveaux produits en développement dans les instituts de recherche suisses, tels que les extraits de sarments de vigne, l’extrait de mélèze et l’huile essentielle d’origan, aucun n’a eu une efficacité comparable à celle du cuivre cette année. « Tous ont lâché », constate David Marchand. En parallèle, le FIBL travaille à des essais participatifs avec des vignerons. Plus de 30 parcelles sont suivies dans ce cadre, afin d’optimiser la lutte en bio. Sont ainsi testés l’impact du basalte sur la santé de la vigne, l’apport d’algues en complément du cuivre ou l’application de lait cru frais écrémé. Plutôt sceptique sur cette dernière piste, David Marchand a toutefois constaté son efficacité cette année avec des dégâts sur grappe réduits de moitié par rapport au témoin. Le lait a été utilisé à raison de 8 l/ha additionné au soufre, le traitement au cuivre n’intervenant qu’après le 15 juillet. Le conseiller viticole estime que ce moyen de lutte peut permettre de baisser les doses, sans se substituer totalement au cuivre. D’autres pistes paraissent plus simples à mettre en place, comme de décaler le démarrage des traitements : comparé à un programme ayant débuté le 25 mai (15 traitements, 3,16 kg/ha de cuivre), les traitements décalés d’une, deux, voire trois semaines ont une efficacité à peu près comparable. D’où la conclusion de David Marchand : « On peut gagner du temps et optimiser la quantité avec cette stratégie », étant entendu que 2021 a été une année à pression de mildiou relativement tardive. Les préparations naturelles peu préoccupantes « n’agissent pas directement sur le bio agresseur, mais permettent à la plante de se défendre ». Elles sont « une alternative naturelle efficace à l’usage des pesticides », indique Béryle Crépin. Il en existe deux catégories : les biostimulants, qui représentent un ensemble de 148 plantes, toutes autorisées en agriculture biologique, et les « substances de base », au nombre de 23. Parmi les nombreuses plantes utilisées dans le vignoble, la prêle, riche en silice, est connue pour son effet asséchant et fongicide contre le mildiou et l’oïdium. Elle est utilisable tout au long de la saison même s’il faut faire attention à son utilisation en période sèche. L’ortie, riche en azote, a un effet stimulant sur la vigne. Elle s’utilise pendant la saison à partir du début du stade végétatif. L’osier, qui contient de l’acide salicylique, est stimulateur de défense, un messager systémique et a un effet asséchant. Son application est possible toute l’année en période humide.

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