Vigne

Publié le 15/06/2020

Samedi 13 juin, quinze volontaires ont aidé un viticulteur coopérateur de la cave des vignerons de Pfaffenheim à redresser ses vignes. Dans la nuit du 6 au 7 juin, 19 de ses piquets métalliques, porteurs du rang, ont été volés. Autant de rangées de vignes ont été retrouvées couchées. Des pieds ont été saccagés. L’émotion est vive.

Dans la soirée du 6 juin, une parcelle de dix ans, située entre Rouffach et Pfaffenheim, a été l’objet d’un acte de vandalisme. Au matin du 7 juin, un vigneron du village avertit le propriétaire de la parcelle : 19 rangées de vignes sont couchées. Tous les fils porteurs, les fils palisseurs, les fils d amarres sont sectionnés. Les 19 piquets métalliques de tête, porteurs du rang, ont disparu. Avec une végétation déjà haute de presque 2 mètres, une densité et un poids du feuillage importants, le travail de remise en état s’annonçait difficile. Ainsi, une équipe de quinze volontaires s’est organisée au sein de la cave des vignerons de Pfaffenheim. Samedi 13 juin, elle a aidé l’exploitant à redresser la vigne. Le palissage peut être terminé. Les viticulteurs coopérateurs émus dénoncent « une action de vandalisme révoltante, inadmissible et à l’image du peu de considération de certaines personnes vis-à-vis du milieu agricole et viticole ». « Dans un contexte économique, social, environnemental déjà tendu, les frais supplémentaires de travail et fournitures ne font qu’aggraver la situation, sans parler de la désolation du spectacle et l’impact moral, déplorent-ils. Les actions de soutien au milieu agricole durant la crise sanitaire, par l’acte d’achat de proximité, en circuit court, sont, une nouvelle fois, gâchées par des actes de vandalisme, par le manque de solidarité et d’humanisme d’une partie de la population. Nous appelons à tirer les leçons de ces situations complexes de crise pour recréer de nouvelles façons de vivre, de se côtoyer et de consommer. »

Publié le 14/06/2020

Alain Kuehn, à Kaysersberg, s’est engagé dans la viticulture de conservation des sols. Il ne laboure plus ses vignes, ni même le cavaillon. Ses couverts sont roulés tardivement conformément aux objectifs d’autofertilité. Il repousse également les travaux en vert au maximum, tressera les vignes et a remplacé les fongicides par des approches RedOx réductrices et des acides aminés au sol. À ce stade, ça tient…

« Combien de fois ai-je entendu : il va droit dans le mur, ou bien que, quand tu as des herbes, c’est que tu ne travailles pas tes vignes. Il est vrai que le regard des voisins n’est pas toujours chose aisée », observe Alain Kuehn, vigneron sur 13 ha autour de Kaysersberg et Sigolsheim, et apporteur total de raisin à la coopérative Bestheim. Il s’est engagé dans la viticulture de conservation des sols. Aujourd’hui, le taux de matière organique de ses vignes avoisine 3,6 %, ce qui traduit le fait que ses sols se sont remis à séquestrer du carbone. Il poursuit sur ce chemin avec « la cellule nationale agronomique » La belle vigne, fondée par Konrad Schreiber, Anton et Angela Sidler. L’objectif est de partager et de développer les pratiques de vitiforesterie, de gestion technique de la couverture des sols, de fertilisation, de taille, et de « supprimer tous les produits phytos (y compris en AB) », est-il inscrit sur le site internet de présentation lbv-france.fr. Pratiques RedOx réductrices optimales Très inspiré par les conseils dispensés par les chercheurs, conseillers et conférenciers du groupe Ver de terre production - Olivier Husson sur la question du potentiel RedOx, Marc-André Sélosse et Hervé Covès sur les microbiotes -, Alain Kuehn a lancé cette année un essai grandeur nature sur trois parcelles, soit 50 ares de vigne au pied du Mambourg de Sigolsheim. L’idée qui gouverne l’essai est de se placer en conditions RedOx réductrices optimales. C’est un essai de système de culture qui englobe toute la gestion viticole et ne se limite pas aux seuls produits phytosanitaires. Le principe consiste donc à éviter ou, dans la mesure du possible, à limiter toutes les pratiques qui provoquent des stress oxydatifs. « Mon grand-père avait tendance à essuyer les plâtres, je crois que c’est aussi mon tempérament », commente-t-il avec humilité. Pas de mutilation en vert Les vignes sont taillées en Poussard de manière à ce que la taille respecte les flux de sève et que les plaies de taille soient les moins mutilantes possible. Côté sol, les couverts de vignes sont en semis direct de plantes diversifiées, ils sont roulés au rolofaca au stade ligneux pour stimuler l’autofertilité. Et, depuis cette année, sous le rang de ligne, Alain Kuehn passe également un rolofaca Boisselet monté sur intercep. Sauf cahier des charges spécifique imposé par la coopérative, les vignes ne sont plus effeuillées ni rognées. Elles seront tressées au-dessus du dernier fil de palissage de manière à éviter que les vrilles s’enroulent sur ce dernier fil. L’idée est ensuite de faciliter la prétaille et surtout la descente des bois l’hiver prochain. Sur le plan physiologique, l’idée d’éviter ou de repousser plus tard dans la saison les tailles en vert vise à limiter la mutilation de la plante. Car les cicatrisations occasionnées par les plaies en vert consomment des substances de défenses naturelles à un moment où la plante en a besoin pour lutter contre l’oïdium et le mildiou. Et en l’occurrence cette année, c’est l’oïdium qui exerce la pression phytosanitaire. Des fertilisants adaptés, promoteurs de défenses naturelles La recherche d’un potentiel RedOx réducteur passe également par le choix de fertilisants adaptés et qui évitent les processus oxydatifs. Idéalement, explique Olivier Husson, dans ses formations, il s’agit d’éviter les apports nitratés qui créent un choc oxydatif. Alain Kuehn a suivi le conseil de Konrad Schreiber d’opter pour des acides aminés purs. Ils présentent plusieurs avantages : ce sont des promoteurs de PGPR (Plant Growth Promoting Rhizobacteria), c’est-à-dire des rhizobactéries très favorables à la croissance des plantes et à leur phytoprotection. En outre, la fertilisation aux acides aminés présente l’intérêt pour toutes les cultures de shunter des processus métaboliques azotés très gourmands en eau en fournissant à la plante de l’azote assimilable mais organique. Aucun fongicide Côté phytosanitaire, les 50 ares de vigne n’ont, à ce stade, reçu aucun fongicide, ni même de cuivre ou de soufre. L’idée est donc d’éviter dans la mesure du possible toute molécule dont l’action fongicide est basée sur la suroxydation. Alain Kuehn ne s’interdit pas ultérieurement d’intervenir plus classiquement mais il s’agit, pour l’heure, de rester en cohérence, en recherchant la combinaison de processus réducteurs au sol, dans la gestion en vert de la vigne et dans la gestion phytosanitaire. À ce stade, les trois parcelles ne présentent aucune attaque de mildiou et une seule des trois présente quelques pointes d’attaque d’oïdium sur feuille, semble-t-il bien circonscrites par les défenses naturelles.

Publié le 12/06/2020

L’État français a décidé de mettre en œuvre la mesure de distillation de crise - pour un budget de 155 millions d’euros -, mise à la disposition des États membres par l’Union européenne. Le dispositif a été validé par le Conseil spécialisé vin du 3 juin. La décision a été publiée au Bulletin officiel du ministère de l’Agriculture le 4 juin.

Les candidatures peuvent être déposées jusqu’au 19 juin auprès d’un distillateur certifié, pour une expédition des lots au plus tard le 15 septembre. Il ne pourra y avoir qu’une seule demande d’aide par opérateur. Les vignerons peuvent livrer des lots de 10 hl ou plus, le TAV (titre alcoométrique) doit être de 10,5 % vol minimum. Dans le bassin Alsace, seuls des vins d’AOP peuvent être livrés. Les aides sont de 78 €/hl versés au producteur pour les vins en AOP. Les paiements seront réalisés par le distillateur au plus tard le 30 novembre. Seules les distilleries SARL LRV, Jean Goyard et Romann SAS sont à ce jour certifiées par FranceAgriMer pour la région Grand Est.     Quelques conditions doivent néanmoins être respectées. Il faut que le producteur souscrive un engagement unique auprès d’un distillateur certifié et ce, jusqu’au 19 juin 2020, d’au moins 10 hl, pour chacune des catégories. L’engagement signé doit ensuite être adressé par le distillateur à FranceAgriMer accompagné d’une liste récapitulative, au plus tard le 22 juin. Les vins sont ensuite livrés à la distillation, sans préjudice de l’éligibilité des souscripteurs, ni d’une éventuelle réfaction des volumes des engagements souscrits. À l’issue de cela, FranceAgriMer notifiera les volumes admis. Les vins doivent être livrés à la distillation avant le 4 septembre 2020. Les vins doivent être distillés avant le 12 septembre 2020. Les quantités de vin correspondant à des quantités d’alcool doivent être expédiées avant le 15 septembre 2020. Les demandes d’aide et de paiement doivent être présentées avant le 18 septembre 2020.

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