Publié le 20/03/2020
Les ventes au caveau pour du vin à emporter peuvent se poursuivre, ainsi que toute l'activité vitivinicole au service de la production. Le circuit de vente en RHD (restauration hors domicile) est arrêté. Par contre, la vente en grande distribution continue. Mais les mesures sanitaires s'imposent.
« Toute la chaîne de production doit pouvoir être assurée ». Pour Jérôme Despey, président du Comité vin de FranceAgriMer, « la production et la distribution dans le secteur des vins doivent continuer », a-t-il indiqué chez nos confrères de Vitisphère. Cela concerne les travaux viticoles : la taille, le liage, la protection du végétal et l’accès aux fournitures agricoles. Dans la région, sur les devantures des dépôts de fournitures viticoles, comme celui de VitiVina à Andlau, il est inscrit : « Commande sur rendez-vous, réservé à la clientèle professionnelle ». De même, les concessionnaires sont autorisés à rester ouverts et l’activité de conseil agricole est maintenue, notamment les Bulletins de santé des végétaux. Jérôme Despey poursuit : à noter que les caveaux de vente de vin peuvent rester ouverts seulement pour l’activité de ventes de bouteilles. Il ne peut plus y avoir de dégustation donc, ni d’activité œnotouristique. Ce mardi matin, les points de vente des grands opérateurs alsaciens, comme Arthur Metz à Marlenheim et tous les caveaux du réseau Grand chai de France, tout comme la cave du Roi Dagobert – Alliance Alsace à Traenheim, ou Wolfberger à Colmar et Eguisheim, avaient fermé. Néanmoins, les commandes par internet et sur réservation peuvent se poursuivre. En amont, l’appareil de production était toujours en activité, pour assurer, par exemple, la vente à domicile et les livraisons à la grande distribution, « tant qu’il y a des transporteurs », précise Serge Fleischer, directeur d’Arthur Metz. À plus long terme, c’est toute la chaîne d’approvisionnement en matières sèches qui risque de poser problème en attendant que la machine économique redémarre : bouchons, cartons, verrerie… Avec toutes les fermetures d’établissements de restauration, cantines collectives, c’est du côté du circuit RHD (restauration hors domicile) que l’économie a été complètement stoppée. L’arrêté du 16 mars précise : les « restaurants et débits de boissons ne peuvent plus accueillir du public jusqu’au 15 avril 2020 sauf pour leurs activités de livraison et de vente à emporter. Le « room service » des restaurants et bars d’hôtels et la restauration collective sous contrat ne peuvent également plus accueillir de public. Le conseil d’administration du Syndicat des cavistes professionnels (SCP), par la voix de sa directrice Nathalie Viet, a rappelé pour sa part que « les cavistes sont considérés comme des commerces alimentaires. » Dans l’arrêté publié le 16 mars au JORF, « les établissements relevant de la catégorie M peuvent toutefois continuer à recevoir du public… » La catégorie M comprend notamment le « commerce de détail de boissons en magasin spécialisé ». « Dans l’attente de textes officiels précisant les conditions d’application de cette mesure, nous appelons pour l’instant chaque caviste à juger en fonction de sa responsabilité citoyenne et à ouvrir son magasin selon le contexte qui est le sien », indique le communiqué du SCP. Et, en Alsace, vu la pression virale, la plupart des cavistes ont fermé. « Il n’y a pas d’âme qui vive en ville. Ça m’a conforté dans mon choix d’avoir fermé », précise Philippe Catt de La raison du raisin à Sélestat. De même, l’ensemble des établissements de restaurants et débits de boissons ne sont autorisés à maintenir leurs activités que pour la vente à emporter et par livraison. Ce qui est valable pour les cavistes possédant cette licence de vente à emporter. Dans ce contexte inédit et mouvant, poursuit le communiqué des cavistes professionnels, « la vente de vins en France reste un produit d’alimentation quotidien et un soutien moral et culturel important en ces périodes troublées ». Nathalie Viet invite « les cavistes à faire preuve de responsabilité, de tenir compte des consignes de distanciation ». Jean-Marie Fabre, le président des Vignerons Indépendants de France (VIF), a d’ores et déjà demandé « sans tarder un véritable électrochoc pour soutenir les entreprises […] du secteur, des mesures d’accompagnement et de soutien qui doivent aller plus loin que le dégrèvement d’impôts directs, une année blanche de cotisations salariales et d’intérêts bancaires, à un report des annuités d’emprunts et à un soutien aux trésoreries.












