Vigne

Création de la fédération des vignerons indépendants Grand Est

Peser et être efficace dans l’action syndicale

Publié le 24/02/2020

Avec 420 adhérents en Champagne et près de 440 en Alsace, les vignerons indépendants des deux régions viticoles comptent renforcer leur efficacité politique. Les deux syndicats ont scellé leur union à travers la fédération des vignerons indépendants Grand Est.

440 adhérents, pour 4 500 ha et 40 % de la surface, du coté alsacien ; 420 adhérents, 2 600 ha, 9 % de la surface, du côté champenois : c’est la proportion que représentent respectivement les vignerons indépendants (VI) dans les deux grands vignobles du Grand Est. Après trois années de discussions « sans anicroches », souligne Yves Couvreur, président des VI de Champagne, les destinées des deux syndicats ont été officiellement unies vendredi 14 février, lors du salon des VI du Wacken, par une ratification des statuts par Pierre Bernhard, président du Synvira, Yves Couvreur, et Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants de France. Avec ses 900 vignerons, la nouvelle fédération régionale des VI pèse lourd et la présence à cette inauguration des nombreux représentants politiques, élus, députés, sénateurs, conseillers régionaux atteste du potentiel lobbystique et syndical de la nouvelle entité régionale. En aparté, les administrateurs des Vignerons indépendants ne font pas mystère qu’en prenant de l’étoffe régionale, ils entendent aussi « faire valoir leur parole » au sein des instances professionnelles, interprofessions, ODG… respectives des deux vignobles. Cela faisait trois ans qu’ils y réfléchissaient. « Il nous fallait une interface avec la nouvelle Grande Région. Sur les questions d’environnement, de tourisme, d’export, la communication, nous avons trouvé avec une facilité déconcertante des points communs. C’est un acte fondateur », souligne Yves Couvreur. « Il va y avoir une mise en commun de moyens, nous allons dégager des synergies, travailler en toute transparence et en confiance », assure Francis Backert, futur président du Synvira, qui a filé la métaphore du « mariage équilibré » où les identités des époux sont respectées. « Les intérêts seront mieux pris en compte. Car les VI sont des acteurs du territoire, du tourisme et du rayonnement des vignobles. Vous allez construire de véritables actions régionales à la hauteur de vos engagements et de vos attentes de collaboration », a souligné pour sa part Jean-Marie Fabre, président des VIF.

Publié le 24/02/2020

Les Alsaciens reviennent de Vinexpo / WineParis avec un avis a priori favorable sur ce nouveau salon. Côté politique, les représentants du secteur vins et spiritueux attendaient du ministre Didier Guillaume des réponses concrètes à leurs questions sur les conséquences du Brexit et les taxations Trump. En vain.

« Avis positif », pour Guy Ruhlmann, vigneron à Scherwiller dont c’est la première participation. « Satisfait a priori », selon Jérémy Welty, vigneron à Orschwihr. Même sentiment pour Mathilde Pauma et Pierre Scharsch, qui exploitent le domaine Bader à Epfig. « La fréquentation a pris une nouvelle dimension, ça donne de la visibilité sur le marché parisien », exprime Jean-Daniel Héring, vigneron à Barr. « Pour une première fois, je trouve une belle organisation avec un stand qui dénote et nous booste », selon Étienne Arnaud Dopff. Vinexpo et Wine Paris ont conjugué leurs fichiers, et affichent un premier taux de visitorat de 29 280 visiteurs professionnels, dont un tiers d’étrangers en provenance de 126 pays. Le salon se tenait la semaine dernière (du 10 au 12 février) au parc-expo de la Porte de Versailles. Près de 30 000 visiteurs, ce qui ne fait pas le compte si l’on fait la somme Vinexpo Bordeaux + Wine Paris (ex-VinoVision). Mais, pour une première, les organisateurs affichent leur satisfaction et également leur ambition face à Prowein du 15 au 17 mars prochains à Düsseldorf. Une satisfaction cependant mesurée étant donné le contexte mondial bousculé avec le Brexit, les taxations sauvages de Trump et le coronavirus. L’économie mondiale des vins et spiritueux reste néanmoins dynamique : les prévisions de croissance sont de 0,2 % pour les vins et de 0,6 % pour les spiritueux sur la période 2018-23, avec des tendances fortes : la premiumisation des spiritueux, la croissance mondiale des rosés, mais également la volonté des consommateurs d’en savoir plus sur le vin, le vin comme composante du mode de vie, et paradoxalement la baisse générale du niveau de connaissance sur le vin, selon l’agence Wine Intelligence. Pour les alsaces, l’heure était à la séduction avec le nouvel ensemble de stands qui donne, semble-t-il, entière satisfaction aux professionnels. Une centaine de metteurs en marché alsaciens ont fait le déplacement. Sur les 2 800 exposants totaux, cela donne un taux de représentation de 2,5 %, sensiblement équivalent à la proportion des vins d’Alsace parmi les vins français. C’est le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume qui a inauguré le salon le lundi matin, l’occasion pour les filières du vin de lui rappeler que les taxations sauvages américaines auraient déjà fait perdre 40 millions d'€ de devises. Dans cette affaire, les vins et spiritueux français ont le sentiment de faire les frais d’un conflit en lien avec Airbus, qui ne les concerne pas. Mais également les frais de l’absence de cohésion européenne, a reconnu le ministre Didier Guillaume. Mêmes inquiétudes exprimées par la filière au sujet du Brexit : l’objectif est de « sécuriser définitivement l’environnement commercial » avec le Royaume Uni. La France y exporte pour plus d’1,3 milliards d’euros de vins et spiritueux. Elle est en retour le deuxième importateur de whisky écossais pour 150 M€. Quant à l’Alsace, elle a exporté 11 200 hl de vins d’Alsace pour 7,4 M€. Quel sera le niveau de taxation des vins et spiritueux ? Quelles seront les formalités administratives et douanières des échanges ? La filière a enfin souligné les méfaits de l’absence d’accord bilatéral de libre-échange entre l’Union Européenne et la Chine. Devant tous ces sujets, le ministre n’a pas apporté de réponses concrètes, et les responsables viticoles ont exprimé une certaine déception.  

Publié le 19/02/2020

À Strasbourg, la Cave à Terroirs indique sa philosophie dans son intitulé. Avec leurs terroirs variés et multiples, leur proximité en sus, les vins d’Alsace ne sont pas les plus mal placés pour jouer leur carte.

En faisant un tout droit en rentrant dans le magasin, chaque amateur tombe sur les références en vins d’Alsace de la Cave à Terroirs. « C’est voulu. C’est normal. Nous sommes en Alsace », commente Alexis Schehr, sommelier de formation et responsable adjoint de ce point de vente, ouvert voici huit ans par Sylvain Girard. « Nous visitons tous nos fournisseurs haut-rhinois et bas-rhinois. Ils viennent également nous voir lors de leurs tournées. Une relation de confiance s’établit entre nous », poursuit Alexis qui propose « les Alsace en sec ». Le riesling et, dans une moindre mesure, le muscat et le sylvaner sont ici des fers de lance de la vente. Le pinot gris à 7-8 g de sucre résiduel maximum passe aussi. L’accompagnement à la vente est essentiel pour s’épargner quelques situations narrées par Alexis. « Il arrive que j’entende : « Le pinot noir ? Ce n’est pas du rouge. Mais vous pouvez me mettre un bon Bourgogne ! » Ou aussi : « Je n’aime pas le riesling, c’est trop sucré ! » Il est vrai que l’achat du même cépage en grande distribution peut conduire à retrouver dans son verre des vins au profil très différent en sucre. Cela crée de l’incompréhension chez le consommateur et vous casse tout le marché. Après ça, étonnez-vous que le client vous dise qu’il préfère un Saint-Joseph blanc ou rouge parce que là, il est certain du type de vin qu’il achète. » 80 % des viticulteurs figurant sur la carte sont certifiés bio (AB), Demeter ou Biodyvin. « Tous les autres respectent les mêmes règles mais sans les afficher officiellement. La plupart utilisent des sulfites en quantité très raisonnable. Beaucoup n’en mettent pas à la vinification et se contentent d’en rajouter à la mise », explique Alexis. Les vins nature représentent moins de 10 % de l’offre. « La demande existe mais ce n’est pas actuellement une tendance lourde. La Cave à Terroirs sélectionne d’abord en fonction du terroir d’origine du vin, la manière de travailler du viticulteur et de son histoire. Chaque membre de l’équipe peut également proposer les coups de cœur dénichés lors de son passage sur un domaine. Le niveau global des Alsace progresse vers toujours davantage de précision », note Alexis. Exception faite des très grandes bouteilles, tous les vins sont dégustés à un rythme d’au moins trois ou quatre par jour. Pour pratiquer les terroirs au sens large, l’établissement applique son principe de sélection au reste de son offre : fromages AOP, salaisons allégées en nitrites et pâtés sans conservateur. Quatre chances d’être référencé par an La clientèle d’habitués du quartier de la Robertsau qui fréquente l’établissement, trentenaires comme quadragénaires, étudiants comme retraités, recherche qui un panier garni, qui sa bouteille habituelle, mais également des vins de plaisir à moins de 10 € à l’achat. Elle se laisse également séduire par un riesling minéral avec son petit côté salin et iodé. « Le problème est qu’un vin ne doit pas être trop cher. S’il coûte 15 € à l’achat, il va ressortir à 35 ou 40 € en magasin. Pour décider, nous nous mettons à la place de l’acheteur en essayant d’évaluer la somme qu’il serait prêt à mettre », indique Alexis. En général, chaque client repart avec une, deux ou trois bouteilles, celle (s) de la soirée. Parfois cela peut aller jusqu’à douze, voire trente-six. Les ventes se partagent à parts égales entre rouges et blancs. Les bouteilles entre 13 et 25 € représentent le cœur de gamme du magasin. Pour stimuler son courant d’affaires, le caviste strasbourgeois organise au printemps, en été, à l’automne et en hiver, sur deux jours à chaque fois, quatre présentations de « nouveautés ». Autrement dit, un domaine, livreur habituel ou non de l’adresse, a quatre chances par an de décrocher son propre référencement avec quasiment, rarement une, mais toujours plusieurs cuvées retenues. La Cave à Terroirs forme également ses clients. Sylvain Girard propose trois formules à partir de 39 € le module : un premier cours d’initiation au b.a.-ba du vin, un deuxième consacré aux clés des accords mets-vins en blancs, un troisième axé sur les influences des pratiques viticoles sur les rouges. Chaque session se tient dans l’espace de vente et peut accueillir jusqu’à vingt personnes. Alexis remarque : « Le début d’année est souvent creux. Juste avant Noël, trois cours se sont succédé. Le reste du temps, ils sont régulièrement dispensés chaque mardi et chaque mercredi soir. Ils affichent souvent complets. Les participants nous montrent qu’ils éprouvent de l’intérêt pour le vin et qu’ils veulent posséder les clés pour mieux le comprendre ».    

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