Publié le 23/01/2020
Le vignoble a déclaré 1 028 000 hl de récolte en 2019, au-delà donc de ses capacités de mise en marché, situées autour de 920 000 hl. En l’état, une proposition du conseil d’administration de l’Ava à 75 hl/ha de rendement pour les AOC Cépages et 70 hl/ha +5 hl/ha de VCI pour le gewurtz et le pinot gris attendrait les viticulteurs d’Alsace en mars prochain.
Selon notre confrère de Vitisphère, la récolte du millésime 2019 s’élève officiellement à 1 028 000 hl. Après une récolte 2018 de 1 180 568 hl, le millésime 2019 s’annonce donc comme excédentaire eu égard à la capacité de mise en marché annuelle des vins d’Alsace. Il s’était vendu 907 000 hl de vins d’Alsace en janvier 2019. La capacité de mise en marché a augmenté de 20 000 hl pour passer à 928 000 hl en novembre 2019. Soit un excédent structurel de près de 300 000 hl sur deux années cumulées. Dans ces conditions, la filière des vins d’Alsace doit revoir ses quotas de production à la baisse. Historiquement, ces quotas d’appellation oscillaient autour de 80 hl/ha. Il n’y a pas si longtemps, en 2016, le vignoble s’était même octroyé 83 hl/ha. Ramené à l’échelle de la parcelle, le rendement autorisé en Alsace pouvait cependant en réalité osciller entre 50 hl/ha pour des grands crus et jusqu’à 100 hl/ha pour du pinot blanc AOC Cépage grâce au mécanisme compensatoire des « butoirs ». Ces rendements butoirs permettent de produire plus sur une parcelle à condition de produire moins sur une autre parcelle et que la moyenne du déclarant de récolte ne dépasse pas le quota des 80 hl/ha. Le surplus étant toutefois destiné à de l’edelzwicker. Mais quels que soient les mécanismes d’ajustement, au final, l’équation capacité de mise en marché/volume total de production reste à résoudre. On se souvient que le débat durant les vendanges 2019 a été particulièrement âpre au sein des familles professionnelles du vignoble. Et si les rendements ont été maintenus in extremis à 80 hl/ha pour les AOC Cépage, les autres régions viticoles françaises, via le Comité vins de l’Inao, ont enjoint l’Ava à faire dès ce mois de janvier une proposition de baisse de rendement pour le millésime 2020. Les trois familles professionnelles du vignoble, représentées par le GPNVA (Groupement des producteurs négociants en vins d’Alsace), la FCVA (Fédération des caves coopératives vinicoles d’Alsace) et le Synvira (Syndicats des vignerons récoltants indépendants d’Alsace), devaient donc se mettre autour de la table pour s’accorder sur un diagnostic et des solutions. Au final, le Conseil d’administration de l’Ava s’est accordé sur un rendement moyen d’exploitation à 75 hl/ha pour les AOC Cépages, excepté pour les pinots gris et les gewurztraminers ramenés à 70 hl/ha + 5 hl de VCI (ce volume compensatoire individuel permet de stocker du vin mais il n’est pas commercialisable). La décision devra encore être entérinée par l’Assemblée de l’Ava et le Comité régional de l’Inao en mars prochain. En l’état donc, si les volumes oscillent autour de 75 hl/ha et si la capacité de mise en marché n’évolue pas favorablement, la problématique des excédents restera pleine et entière. Lire aussi : « Vers une prise en compte des volumes commercialisés », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin ; « Ce sera « 80 hl/ha pour calmer le jeu » », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.












