Réunion maïs Arvalis
L’irrigation a fait la différence
Réunion maïs Arvalis
Publié le 01/02/2019
La traditionnelle réunion technique maïs d’Arvalis-Institut du végétal a permis de tirer les enseignements d’une campagne marquée par la sécheresse.
Résultat des courses : France, 93 q/ha ; Alsace, 113 q/ha ; Bas-Rhin, 98 q/ha ; Haut-Rhin, 117 q/ha. Commentaire de Didier Lasserre, ingénieur à Arvalis-Institut du végétal : « Pas mal vu la sécheresse ! ». Il impute le différentiel de rendement entre les deux départements alsaciens à l’irrigation, davantage installée dans le paysage haut-rhinois. Ce sont des estimations, mais les rendements seraient en moyenne de 135 q/ha en situation irriguée, 105 q/ha en situation non irriguée sans stress hydrique et 80 q/ha en situation non irriguée avec stress hydrique. Les écarts de rendement sont donc très importants : ils vont de 0 q/ha, lorsqu’aucun épi n’a pu se former, à 160 q/ha lorsque les besoins en eau ont été couverts par l’irrigation. Or, avec une différence entre les précipitations et l’ETP de 350 mm, « nous avons atteint des niveaux d’irrigation jamais vus », rapporte Didier Lasserre. La faute au manque d’eau, certes, mais aussi aux températures élevées : « Nous avons enregistré 300 à 350 degrés jours de plus par rapport à la médiane des 20 dernières années, et 33 jours avec des températures maximales supérieures à 30 °C. » Non sans conséquences sur l’évolution des stades. Si les semis ont été un peu plus tardifs que les années précédentes, la levée a été plus rapide et les stades se sont ensuite enchaînés jusqu’à une récolte effectuée avec 20 jours d’avance. Entre-temps, la floraison a été précoce - fin juin, début juillet - et très regroupée, y compris entre les variétés précoces et tardives. Le remplissage des grains a été difficile. L’irrigation a en général été arrêtée assez tôt, autour du 10-15 août, car le desséchement était accéléré. Didier Lasserre en profite pour battre en brèche l’idée qu’un dernier tour d’irrigation, en apportant du stay-green, favoriserait la dessiccation du grain : « Ça peut éventuellement contribuer au rendement, mais pas à la dessiccation ». La fin de cycle a été favorable, se traduisant par une bonne qualité sanitaire. La récolte de maïs très secs a entraîné de l’égrenage, qui représenterait une perte de 1 à 2 q/ha, et des repousses de maïs parfois assez spectaculaires. Fourrage : valeur alimentaire dégradée Autres caractéristiques de la campagne : des maïs au gabarit généralement important, du fait d’une croissance rapide en début de cycle, peu d’attaques de corbeaux, mais des ravageurs attirés dans les parcelles irriguées durant la sécheresse. Les attaques de pyrale ont été précoces et importantes. La chrysomèle poursuit son expansion. Les conditions ont été peu propices à l’expression de la fusariose et de l’helminthosporiose, mais quelques dégâts de taupins ont été observés. En maïs fourrage, le rendement moyen est estimé à 11 tonnes MS/ha dans le Grand Est. La récolte a également été précoce, avec des maïs secs, ce qui se traduit au silo par des ensilages riches en fibres et assez pauvres en amidon. Leur valeur alimentaire est relativement faible, ce qui va se traduire par une hausse des besoins en complémentation.












