La famille des pommes s’agrandit
Oh wie nett !
La famille des pommes s’agrandit
Publié le 07/09/2018
Natti, tel est le nom de la nouvelle variété de pomme alsacienne dévoilée la semaine dernière. C’est le GIE Pom’Est qui est à l’origine de cette création. Mais pourquoi une telle initiative ?
Le marché local est dominé par les variétés jonagored, gala et golden, qui trustent à elles seules plus de 60 % des ventes. Mais le consommateur est friand de nouveauté et, pour satisfaire ses attentes, les producteurs ont décidé de lancer cette pomme bicolore à la chair sucrée et acidulée, caractéristique du terroir alsacien. Cette pomme répond aussi à des critères agronomiques et techniques très précis. Une vigueur plutôt faible à moyenne car les sols alsaciens sont poussants ; une régulation homogène ; une époque de récolte intermédiaire entre jonagored et braeburn ; une faible sensibilité à la tavelure, au chancre et au phytophtora ; une faible appétence pour le carpocapse, le puceron cendré et le lanigère. Et enfin, une bonne conservation pour assurer la commercialisation jusqu’à la saison estivale. « L’étendard de la pomme alsacienne » « La période de commercialisation pourra démarrer dès la récolte, c’est-à-dire à partir de la mi-octobre, et pourra se prolonger jusqu’en mai », indique Rudy Hecky, producteur de fruits à Steinseltz. La commercialisation, justement, est assurée par un seul metteur en marché, le GIE Pom’Est, dont il est le président. « C’est une très belle variété qui devrait rapidement devenir l’étendard de la pomme alsacienne, indique-t-il. Elle nous permettra de nous démarquer des gros bassins de production de pommes au niveau français et européen. » La distribution est demandeuse d’une variété à forte identité régionale. Mais le pari n’est pas encore gagné : il faudra créer la marque, inventer un packaging pour la mettre en avant. « Avec cette variété, nous pourrions nous situer sur un créneau de bonne qualité, avec un niveau de prix supérieur à la choupette mais inférieur à la pink lady. Avec un calibre moyen et homogène, nous pourrions promouvoir le plateau vrac et les barquettes emballées de 4 ou 6 fruits, ainsi que les paniers bois de 1,5 kg. Afin de ne pas dévaloriser cette variété, j’éviterais le sachet de 2 kg. » Le volume minimum de production se situe entre 1 000 et 1 500 tonnes. « Nous aurions une exclusivité de dix ans, avec environ 20 à 30 hectares à planter d'ici 2020. » La production montera en puissance progressivement. L’arrivée des premiers fruits est attendue fin septembre, pour un volume qui restera confidentiel, de l’ordre de 15 à 20 t. Dès l’année prochaine, 150 à 200 tonnes devraient être récoltées, et à partir de 2022, les volumes disponibles devraient être supérieurs à 1 000 t, selon les prévisions.












