Élevage

Festival de l’élevage à Lorentzen

Un concours incontournable mais « sans prétention »

Publié le 29/06/2023

De la bouche du président de l’association des éleveurs d’Alsace Bossue, le concours d’animaux du Festival de l’élevage, à Lorentzen, est « sans prétention ». Ici, on vient même sans être tondu ! Mais l’ambiance familiale, bon enfant, de profond amour du métier d’éleveur et du travail bien fait, des performances laitières, font de cette journée et de la compétition, un incontournable d’Alsace.

Les représentants politiques, consulaires et syndicaux ne s’y sont pas trompés : le Festival de l’élevage, à Lorentzen, est le rendez-vous d’Alsace Bossue à ne pas manquer. Plus de 500 repas y ont été distribués le dimanche 25 juin, à midi. Les éleveurs du coin, dont des Mosellans, et leurs familles, voisins, amis y étaient nombreux ; aussi les salariés agricoles, mécaniciens et autres ingénieurs en formation, du côté de la jeunesse. « On est venu pour voir les amis et les bêtes », disent en chœur Dorian et Hugo, âgés d’une vingtaine d’années et employés d’éleveurs laitier et allaitant, en Alsace et en Moselle. Une dizaine de concurrents et trois fois plus d’animaux ont participé à ce concours inter-races alsacien (lire le palmarès, ci-contre), avec de magnifiques vaches et génisses, aux mamelles gorgées de lait et à la tonsure aléatoire. « C’est un concours sans prétention, a rappelé Thomas Strohm de Domfessel, président de l’association des éleveurs d’Alsace Bossue, qui organise le festival. La tonte n’est pas obligatoire. Et il est ouvert aux Mosellans : trois éleveurs de ce département concourent cette année. » « Agriculture verte » Anne Sander, députée européenne et conseillère régionale du Grand Est, Patrick Hetzel, député de la septième circonscription du Bas-Rhin, Marc Séné, le président de la communauté de communes de l’Alsace Bossue, Denis Ramspacher, vice-président de la Chambre d’agriculture Alsace (CAA) et Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, ont fait le déplacement à plus d’une heure de Strasbourg pour communier avec les éleveurs du nord Alsace, leur rappeler leur engagement en faveur de leur métier trop souvent décrié. Pour Anne Sander, l’élevage assure « la sécurité alimentaire et le captage du carbone ». « Vous cochez toutes les cases de l’agriculture verte », a-t-elle dit. « Pour un beau territoire, il faut de l’élevage », a souligné Denis Ramspacher, allant dans le même sens qu’elle. Franck Sander a invité les éleveurs à « cultiver cette belle dynamique », dont ils font preuve ici, et qui permet le renouvellement des générations. « Vos députés ici présents, sont conscients de ce que l’agriculture apporte à la société », a-t-il souligné, rassurant encore plus les auditeurs.

Publié le 22/06/2023

Lancé il y a deux ans et demi, le projet de coopération transfrontalière Klimaco a permis de mettre en commun des outils et de méthodes de travail afin d’aider les éleveurs du Rhin supérieur à lutter contre les effets du changement climatique dans leurs élevages. Une journée de clôture était organisé le 15 juin à Kehl.

Ouverte aux éleveurs français et allemands, la journée technique de l’élevage organisée le 15 juin à la Stadthalle de Kehl a réuni de nombreux participants. Des experts internationaux étaient annoncés, avec la promesse d’aborder le sujet du changement climatique sous différentes perspectives, pour permettre à tous d’ »acquérir des outils et des méthodes d’adaptation des fermes et des systèmes d’élevage », a rappelé Denis Nass, président de la Chambre d’agriculture Alsace (CAA) en ouvrant la journée. Ce projet, lancé à l’échelle du Rhin supérieur, a réuni 21 partenaires. Parmi eux, des structures de conseil, de formation et de recherche, comme la Chambre d’agriculture Alsace et Bio en Grand Est pour le côté français, le LKV Baden Württemberg et la ferme expérimentale Hofgut Neumühle côté allemand, ainsi que des laiteries de part et d’autre du Rhin. D’un montant de près de 2 millions d’euros, le projet Klimaco a été cofinancé par les différents partenaires et par le Feder (Fonds européen pour le développement régional) via un programme Interreg, précise Mathilde Aresi, en charge du pilotage de Klimaco depuis son lancement. Les éleveurs, premiers à innover Pour aider les éleveurs à adapter leurs systèmes d’élevage, cinq groupes de travail ont été créés : fourrages ; santé et bien-être animal ; agroforesterie ; carbone ; énergie. « Chaque groupe a réfléchi à des stratégies d’adaptation pour les proposer aux éleveurs. La coopération transfrontalière prenait tout son sens puisqu’il s’agissait de mettre en commun des outils, des expertises, des connaissances pour apporter des solutions ». Ce travail commun a abouti à la création de supports et à l’organisation d’événements techniques, qui ont permis de diffuser des recommandations aux éleveurs. Cette boîte à outils devrait encore s’enrichir pour pouvoir accompagner la mise en oeuvre des recommandations sur le terrain. Les porteurs du projet Klimaco ont eu à coeur d’impliquer les éleveurs car « ce sont les premiers à innover sur le terrain ». D’où le parti pris de repérer leurs pratiques innovantes permettant d’atténuer les effets du changement climatique, et de les diffuser au plus grand nombre. Toute une série de fiches techniques téléchargeables et de vidéos ont été conçues à destination des éleveurs, précise Laurent Clarys, chef du service élevage à la CAA. Quelques exemples : les moyens de réduire le stress thermique chez la vache laitière, l’alimentation à teneur réduite en protéines (toujours chez la vache laitière), la résilience des prairies, le pâturage des intercultures par les moutons, l’effet microclimatique de la haie, l’aménagement d’un parcours volailles en agroforesterie ou la réduction de la consommation d’énergie liée à la ventilation des bâtiments. Des workshops sur l’adaptation des bâtiments d’élevage à la chaleur, sur l’agroforesterie et un webinaire sur la santé et le bien-être animal ont permis de vulgariser les connaissances. Des indicateurs de confort thermique Le groupe « carbone » a comparé différentes méthodes de bilan carbone des exploitations, dont Cap2R utilisée en France et Convis utilisée au Luxembourg. L’objectif était d'aiguiller les éleveurs vers un outil permettant de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Le groupe a également collecté des données pour le calcul d’indicateurs de confort thermique dans 16 exploitations pilotes. Celles-ci ont été équipées de capteurs pour collecter des données à l’extérieur et à l’intérieur des bâtiments. 700 000 données ont ainsi été collectées afin de documenter le stress thermique, mentionne le directeur adjoint du LKV. Celui-ci est apprécié par un indicateur combinant température et humidité, le THI. Connaître cet indicateur permet à l’éleveur de réagir lorsque le seuil est dépassé, en mettant en place des mesures à court terme (mise en route de la ventilation, distribution nocturne du fourrage…) ou à moyen terme (sélection d’animaux plus résistants à la chaleur).

Salon de l’herbe et des fourrages à Poussay (Vosges)

En vert et contre tout

Publié le 17/06/2023

De nombreux exposants étaient réunis aux portes de l’Alsace, les 7 et 8 juin, à l’occasion du salon de l’herbe et des fourrages. La présentation de matériels de récolte des fourrages s’accompagnait d’ateliers techniques et de conférences visant à accompagner les agriculteurs vers l’autonomie fourragère, protéique et énergétique de leurs élevages.

Une quinzaine de semenciers étaient présents, avec des microparcelles présentant leur offre en variétés fourragères. Chez Lidea, la division semences du groupe Euralis résultant de la fusion avec Caussade, la gamme comprend 1 200 plantes fourragères et plantes services, « aptes à couvrir toutes les situations et tous les contextes pédoclimatiques », dixit Aurélien Deceuninck, responsable marketing. Comme la plupart de ses concurrents, Lidea propose des variétés en pur ou en mélange, ainsi qu’une gamme bio. Le choix des espèces et des variétés se raisonne en fonction des objectifs de chaque éleveur : améliorer la ration en protéines, restructurer les sols et les enrichir en matière organique, produire de la biomasse pour alimenter un méthaniseur ou rénover une prairie en fin de vie. Quel que soit le type de prairies (courte, moyenne ou longue durée), la tendance est aux mélanges, indique Aurélien Deceuninck, citant l’exemple de CS Stock CTT et Lidgrass Clover, des mélanges à forte proportion de légumineuses ou CS Renov LTT, associant deux ray-grass anglais et du ray-grass hybride adapté à la rénovation de prairies. Dans les grandes largeurs Sous un ardent soleil, les fabricants et vendeurs de matériels de récolte des fourrages présentent leur matériel en fonctionnement sur des espaces dédiés. Chez Kuhn, c’est un défilé impressionnant de cinq machines qui est présenté et commenté par les spécialistes fourrage de la marque, en commençant par la faucheuse conditionneuse la plus large du marché, la FC 13460 RA. Une machine offrant jusqu’à 13,40 m de largeur de fauche et dotée d’un tapis regroupeur d’andains. Elle offre un débit de chantier important, ce qui la destine plutôt aux gros faiseurs, et une grande qualité de fauche permise par son lamier robuste. Suivent le combiné presse-enrubanneuse à chambre variable VPB 7190, élu machine de l’année au dernier Sima en raison de sa polyvalence ; la faneuse GF 13003 T, avec son chariot de 13 m de large, ses rotors de petit diamètre, sa grande simplicité de réglage ; l’andaineur à tapis frontal Merge Maxx 440 F combiné à un andaineur 4 rotors GA 13031, qui allie simplicité et débit de chantier. La présentation s’achève avec le combiné presse-enrubanneuse FBP3135 dont la chambre de compression à 18 rouleaux a été repensée pour lui permettre « de tout avaler ». Chez Pöttinger, une présentation dynamique des matériels les plus récents ou innovants est également proposée : parmi eux, le nouvel andaineur à tapis Mergento VT 9220 et la remorque autochargeuse-ensileuse Jumbo série 8000. Cette machine, prévue pour les Cuma ou les ETA, offre une longueur de coupe de 25 mm. « Nous sommes les seuls sur le marché à proposer cela », souligne Dorothée Dutter, responsable de la communication de la marque. Cette coupe courte permet un meilleur tassement du fourrage au silo, ce qui en améliore la conservation et l’appétence. Autres avantages cités par Dorothée Dutter : un meilleur chargement de la remorque, qui permet d’économiser une personne sur le chantier et la possibilité d’utiliser la remorque pour le transport de céréales, de copeaux de bois, voire de paille de maïs. Chez Krone, la principale nouveauté a pour nom Vendro C1120, une faneuse traînée attelable sur l’anneau du tracteur. « On peut l’utiliser sur un vieux tracteur de ferme, c’est l’avantage, souligne Rémi Chenevière, responsable marketing chez Krone France. D’une largeur de travail de 11,20 m, elle répond à la demande d’exploitations dont les surfaces augmentent et qui veulent travailler vite tout en restant compacte au transport. Le positionnement des dents, au plus proche de la roue, permet une grande réactivité au travail. Leur courbure contribue à créer « une belle nappe de fourrage », propice à sa dessiccation. Tracteurs, services et petits matériels En dehors des matériels de fenaison, nombreuses sont les firmes exposant d’autres matériels : outils de pâturage, matériel de régénération de prairies, de distribution du fourrage, de manutention… Valtra présente, pour la première fois dans le Grand Est, sa série Q, des tracteurs de 225 à 305 ch, constituant « un intermédiaire entre les très fortes puissances et les puissances moyennes ». Leur sortie était d’autant plus attendue que sur ce créneau de 200 à 300 ch, les ventes sont en nette progression, alors que les 100 à 150 ch ont atteint un plateau, mentionne Rémi Morin, responsable support marketing. La série Q combine maniabilité et performance et, comme l’ensemble des tracteurs chez Valtra, elle est disponible avec toute une panoplie de services qui vont du financement à la maintenance en passant par la capitalisation des données de travail. Du côté des petits matériels, Ukal propose des caméras pour la surveillance des bâtiments agricoles et des animaux, qui permettent aux agriculteurs de travailler à distance de leur ferme avec une certaine sérénité. La société, installée près de Niederbronn-les-Bains, vend également des pompes pour l’abreuvement des animaux au pré, alimentées à l’énergie solaire ou par batterie. Trois modèles sont disponibles, de puissance variable. « La plus forte permet de pomper 7 m3 à 40 m », précise Léonie Sala, directrice marketing et digital.

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