Élevage

Publié le 12/03/2023

Du 2 février au 3 mars, le service élevage de la Chambre d’agriculture Alsace organisait ses réunions hivernales à destination des éleveurs laitiers. L’occasion, pour les conseillers en élevage, de les sensibiliser à la marge sur coût alimentaire de leur troupeau.

La guerre en Ukraine a entraîné une hausse générale et inédite des charges dans les élevages laitiers : engrais, carburant, aliments ont connu des variations importantes. Si le prix du lait a lui aussi augmenté - 60 € en un an en moyenne, selon Corinne Thiercy, conseillère en élevage -, les repères habituels n’en sont pas moins bouleversés. « Ça fait un an que je navigue à vue », résume une éleveuse. Dans ce contexte très volatil, les conseillers de la Chambre d’agriculture Alsace (CAA) organisaient 11 réunions sur le thème de « la gestion de l’alimentation pour maîtriser la hausse des coûts ». Pour chiffrer avec précision les charges d’alimentation, il importe en premier lieu de connaître le coût des fourrages. Dans le cadre de 3CE, l’alliance des services d’élevage des Chambres d’agriculture d’Alsace, Haute-Marne et Moselle, il a été calculé en combinant un fourrage type et un itinéraire type, ce qui diffère du mode de calcul utilisé dans d’autres régions, prévient Christophe Bertrand, conseiller spécialisé en nutrition. « Il ne reflétera jamais la réalité d’une exploitation car ce n’est pas un calcul au cas par cas ». En revanche, il constitue une approche assez précise des coûts puisqu’il intègre les intrants, le fermage, la mécanisation et le travail sur la base d’indicateurs régionaux ou nationaux. C’est un coût rendu silo, exprimé à la tonne de matière sèche récoltée (t MS), et non rendu auge. Pour un ensilage d’herbe précoce ayant nécessité une fertilisation minérale et organique, le coût est passé de 109 €/t MS en 2021 à 125 €/t MS en 2022. Avec une fertilisation 100 % minérale, il a grimpé dans le même temps de 117 €/t MS à 143 €/t MS. « La hausse vient surtout des intrants et des coûts de mécanisation pour la récolte et le transport », constate le conseiller en élevage. Calculée à chaque contrôle Pour l’ensilage de maïs, une hausse est également observée : de 117 €/t MS à 129 €/t MS pour un rendement de 11 t de MS ; de 80 €/t MS à 89 €/t MS pour un rendement de 16 t MS. L’augmentation des rendements entraîne une dilution des charges, mais celles-ci progressent malgré tout. Reste le foin non fertilisé : c’est le fourrage le moins impacté par la conjoncture. Pour une prairie permanente avec un rendement de 3,5 t MS, le coût s’établit à 90 €/t MS en 2022, contre 86 €/t MS l’année précédente. Quelle sera l’évolution des coûts d’alimentation en 2023 ? « C’est une grosse inconnue », reconnaît Christophe Bertrand. Même si le prix de l’engrais azoté a de nouveau baissé, les éleveurs ont intérêt, plus que jamais, à valoriser leurs effluents d’élevage. Pour des raisons de coût mais pas seulement : plus un sol est pourvu en matière organique, plus il minéralise, et plus l’herbe sera riche en MAT (matière azotée totale). Dans un contexte inflationniste, mieux vaut prendre en considération la marge sur coût alimentaire, plutôt que le coût alimentaire aux 1 000 l. Cet indicateur permet « de voir si on est efficace dans la conduite alimentaire du troupeau », souligne Corinne Thiercy. « On part du produit lait et on soustrait tous les coûts alimentaires : les fourrages, les coproduits, les concentrés, les minéraux. La différence, c’est la marge sur coût alimentaire. Elle peut être calculée à chaque contrôle, ce qui permet aux éleveurs d’avoir un retour rapide. » La marge sur coût alimentaire s’exprime à la vache laitière ou aux 1 000 l. « Les deux sont utilisables, tout dépend du contexte de l’exploitation », indique la conseillère en élevage. Elle donne l’exemple d’un élevage dont l’étable n’est pas saturée, mais dont la référence laitière est bloquée. L’éleveur peut augmenter le nombre de vaches et réduire la production de lait par tête, donc moins pousser l’alimentation du troupeau. Dans ce cas, la marge à la vache sera moins bonne, mais la marge aux 1 000 l traduira une meilleure efficacité. « Aucun critère n’est meilleur que l’autre, il faut juste que ce soit adapté au contexte et faire en sorte de pouvoir se comparer à des systèmes équivalents », insiste Christophe Bertrand. Éviter les fausses économies Différents facteurs influent sur la marge sur coût alimentaire : la qualité des fourrages, la densité de la ration, la stratégie d’achat des concentrés et coproduits et le prix du lait sont autant de leviers directs, que les éleveurs peuvent actionner… ou pas. D’autres sont indirects : la génétique, le confort du bâtiment, la conduite d’élevage, l’intervalle vêlage-vêlage, le pourcentage de primipares, les jours moyens de lactation. « Quand une vache est dans de bonnes conditions de confort, elle produit facilement 3 l en plus par jour », illustre Christophe Bertrand. Ce qui améliore la marge sur coût alimentaire. Une réduction du nombre des primipares a également un effet positif puisqu’un troupeau avec plus de vaches adultes va davantage exprimer son potentiel laitier. En revanche, une augmentation des jours moyens de lactation se traduira par une baisse de la marge sur coût alimentaire car « un troupeau plus vieillissant en lactation est moins efficace. » Constatée sur l’ensemble des élevages laitiers à dominante maïs ensilage suivis au contrôle de performance dans la zone 3CE, la marge sur coût alimentaire passe de 6,80 €/VL à 8,70 €/VL entre janvier 2022 et décembre 2022. Soit 239 €/1 000 l à 306 €/1 000 l. D’où un gain de 5 700 €/mois pour 100 vaches laitières. Avant de modifier sa façon d’alimenter son troupeau, il est important de bien analyser les conséquences sur la marge sur coût alimentaire pour éviter les fausses économies, préviennent les conseillers.

Association des éleveurs de la race bovine vosgienne du Haut-Rhin

La vosgienne se démarque

Publié le 17/02/2023

Les éleveurs membres de l’association de la race bovine vosgienne du Haut-Rhin se sont retrouvés jeudi 2 février à Gunsbach. L’occasion de faire le point sur le développement des deux marques : « Race bovine vosgienne » et « Cœur de massif ».

Chargé de développement de la race vosgienne et de ses produits, Anthony Di Carlo constate que les deux marques ont trouvé leur public même si des pistes de croissance n’ont pas encore été explorées. La marque Race bovine vosgienne reçoit la confiance de 50 adhérents, dont 27 sont situés dans le Haut-Rhin. Elle a été mise en place en 2012. On y trouve 30 éleveurs laitiers (16 dans le Haut-Rhin), 18 éleveurs allaitants (neuf dans le Haut-Rhin) et deux en race mixte. « L’ambition de la marque est de communiquer plus largement auprès du grand public sur l’engagement des éleveurs et des opérateurs adhérents dans le programme de sauvegarde et le développement de la race. Il y a un cahier des charges à respecter. Il faut par exemple avoir dans son troupeau 55 % de vaches vosgiennes la première année, et augmenter ensuite de 5 % chaque année jusqu’à atteindre 80 % minimum. Il faut aussi que les éleveurs mettent en avant des pratiques extensives du système herbager qui interdit notamment les ensilages et les produits phytosanitaires. On leur demande également de valoriser la performance génétique et pas la performance d’alimentation », explique Anthony Di Carlo. Cette politique semble bien comprise et de plus en plus mise en pratique dans les élevages. La marque Cœur de Massif poursuit également son bonhomme de chemin. 23 producteurs sont désormais engagés sur quatre départements. Ils sont 14 dans le Haut-Rhin dont deux nouveaux pour cette année 2023, quatre dans les Vosges, trois dans le Bas-Rhin et deux en Haute-Saône. En 2021, la production a été de 29 t de fromage pour 295 725 l de lait transformés dont 19 t et 193 725 l sur le seul département du Haut-Rhin. « C’est le département moteur depuis le début. Nous ne disposons pas encore des chiffres de 2022 mais tout porte à croire que cette dynamique s’est confirmée. La baisse de 31 000 l par rapport à 2020 doit être comparée à l’année qui a été spéciale, puisque c’était celle du confinement. Les gens ont davantage consommé directement chez les producteurs avec des fromages de garde », ajoute Anthony Di Carlo. Il en convient, la croissance du Cœur de Massif passe par un développement de la communication locale et des actions spécifiques en lien avec l’abattoir de Cernay. Le groupe de travail « fromage » doit formuler des propositions et des actions pour les mois à venir. « Nos différences font notre force » L’année 2022 a été celle de la « remise en route » pour l’association, après la crise sanitaire. L’événement du mois d’avril à Colmar, lors du printemps des fermes-auberges, a permis d’assurer la promotion de la vosgienne et des pratiques culturales des éleveurs. « Nous devons communiquer et nous mettre en valeur car notre métier est en danger. La complexité du système fermier en France fait qu’il est difficile pour nos races d’exister. Ce sont pourtant nos différences qui font notre force. Notre modèle détient tous les atouts pour contredire ces études négatives sur l’élevage de montagne. Notre association est là pour pérenniser cette dynamique », explique le président de l’association des éleveurs de la race bovine vosgienne du Haut-Rhin, Florent Campello. Au contrôle laitier, les résultats lui donnent raison. Les éleveurs du Haut-Rhin obtiennent de belles productions de lait, avec des vaches qui font carrière. Par exemple au Gaec des Hautes Huttes de Louis Ancel à Orbey, Ulmaire a produit 102 276 l de lait pour 15 lactations. Elle est malheureusement décédée cette année. Cette production de qualité s’explique par le travail génétique effectué au sein des commissions de l’association. La commission génétique élabore toutes les propositions ou suggestions relatives au schéma de sélection conduit par Elitest en race vosgienne. Cela concerne le choix des mères à taureaux, les génotypages, le tri des futurs reproducteurs mis en marché, la politique de diffusion de la semence ou encore les communications techniques adressées aux éleveurs. La qualité du cheptel vosgien s’est vérifiée lors du concours national de la vosgienne qui s’est déroulé les 3 et 4 septembre 2022 à Rambervillers. 24 élevages y ont participé, dont 12 issus du Haut-Rhin. « La qualité des animaux et leur préparation malgré la sécheresse de cet été ont pu être appréciées à leur juste valeur tout comme l’ambiance générale de cette manifestation », résume Emmanuelle Wendling, technicienne à l’organisme de sélection de la race vosgienne. Parmi les prix attribués, celui de la meilleure fromagère pour Gazelle du Gaec Schoeffel-Pierrel, au-dessus de Fellering. « Nous vous donnons rendez-vous dans deux ans et demi, autour du 10 octobre 2024, à Saint-Bresson », ajoute Emmanuelle Wendling, ravie de la mobilisation des éleveurs. En attendant cet événement, dix vosgiennes seront présentes au prochain Salon international de l’agriculture à Paris. Le Haut-Rhin sera représenté par trois vosgiennes, issues des élevages de l’EARL du Rothenbach à Mittlach et de la SCEA ferme de la Bouille à Sainte-Croix-aux-Mines.

Domaine des bufflonnes

Quand bufflonne rime avec hors-norme

Publié le 10/02/2023

De la conception à la réalisation, le projet du Domaine des bufflonnes a demandé une force de travail énorme aux agriculteurs, aux entreprises, ainsi qu’aux différents partenaires. Près d’une centaine de personnes, dont de nombreux artisans, a œuvré tout au long du chantier, du gros œuvre à la structure, en passant par les raccords en électricité. Le chantier d’Uhrwiller a vu défiler 18 corps de métiers, pour les travaux, qui ont été achevés l’été dernier.

Avec un budget global de 2,3 millions d’euros, le chantier du Domaine des bufflonnes, à Uhrwiller, a duré un an et demi. La société Terra Tech a pris en charge la maçonnerie et la conception du bâtiment. Niess MAE groupe Ackermann a installé les rideaux ouvrables, les barrières de contention et le système de nettoyage et d’évacuation du lisier. Une approche industrielle pour un chantier aux enjeux sanitaires « Avec Philippe Ackermann, le directeur du groupe, nous avons réussi à maîtriser le budget. Entre la signature des devis en décembre 2020 et la réalisation sur le terrain, la fluctuation des prix ne nous a pas empêchés de relever le défi, grâce aux fournisseurs conciliants. En cas de problèmes, il a fallu trouver des solutions entre corps de métier. Nous étions dans une démarche industrielle plus qu’agricole, surtout dans la réflexion et le suivi. On n’a jamais vu quelqu’un d’aussi investi que Sophie Christmann dans son projet », relève Nicolas Coquard, technico-commercial élevage du groupe Ackermann Niess MAE. « Régulièrement, je leur demandais de me faire des points sur la situation financière. Les entreprises étaient impliquées au-delà de leur périmètre », affirme l’exploitante. L’entreprise Metzger a mis en place l’électricité du bâtiment, à hauteur de 800 heures de travail. Au niveau de la fromagerie, Unicoolait a conceptualisé le lactoduc. La marque Boumatic a été sélectionnée pour le nettoyage de ce dernier. Pour optimiser les délais et la gestion du temps, Sophie Christmann a instauré un planning des entreprises. En plus de la période Covid venue troubler le déroulement des travaux, il a fallu coordonner tous les intervenants. Pour ajouter du concret, elle a fait réaliser par une paysagiste, une modélisation 3D, qu’elle a transmise aux entreprises, afin qu’elles puissent plus facilement se projeter sur le terrain. Les travaux ont commencé le 6 mars 2021 par le terrassement. Début juillet, la fromagerie a été entamée. « Un camion est arrivé sur le site, aux limites du convoi exceptionnel, il a fallu trouver des solutions pour lui faciliter l’accès ». Trois mois plus tard, le dallage de la fromagerie a démarré. « C’était assez complexe car il a fallu adapter les variétés de résines aux différentes zones de la fromagerie », explique-t-elle. De la haute technicité à tous les niveaux En termes de dimensions, le bâtiment s’étire sur 60 mètres de long et 40 mètres de large. « On a atteint les limites du savoir-faire en portée libre. Nous avons fait le choix de ne pas avoir de poteaux intermédiaires. D’une part pour faciliter le paillage et éviter, ainsi, les éventuels retours de projection. D’autre part, car les buffles se seraient frottés aux poteaux en bois, les auraient abîmés, voire détruits », indique l’agricultrice. Le couple a poussé le raisonnement jusqu’à la génération suivante. Sans présence de poteaux, leurs enfants pourront décider d’utiliser le bâtiment à d’autres fins, s’ils le souhaitent. Construite par Système Wolf, la structure comprend deux couloirs aux extrémités, dédiés à l’alimentation du troupeau. Le couloir central a deux fonctions : paillage et manipulation, en toute sécurité. Quotidiennement, la stabulation libre est paillée, ce qui génère de la poussière. Véhiculées de façon aéroportée, la listeria et la salmonelle sont deux ennemies jurées de la transformation de produits lactés. Ayant été confrontés à ce genre de problèmes bactériologiques par le passé, les époux Christmann ont fait le choix de limiter au maximum les risques de contamination. La fromagerie étant attenante au bâtiment d’élevage, c’est une raison de plus pour prendre un maximum de précautions. « La maçonnerie d’un bâtiment pareil demande un travail colossal. Nous avons choisi la société Terra Tech car Martin Bricka a une bonne vision de l’élevage », explique-t-elle. Jourdain a fourni les poteaux, Bricka les a maçonnés. « Ce chantier était de loin le plus compliqué. Il fallait qu’à l’œil nul, tout soit réglé à la même hauteur, pour un souci d’esthétique et d’uniformité. Avec des tailles variables, certains poteaux étaient scellés de manière fixe, et d’autres dans des fourreaux. Les scellements pour les réservations devaient être placés au centimètre près. C’était un sacré casse-tête, mais nous avons réussi » reconnaît-elle. Parmi les autres difficultés, quelques réglages ont dû être apportés en salle de traite, à cause de la spécificité du lait de bufflonnes. Par exemple, des problèmes de pulsations au niveau de la machine à traire ont été identifiés. La toiture du bâtiment est isolée, ce qui privilégie le bien-être animal, lors des fortes températures. « En été, la baisse de la production laitière n’est pas souhaitable pour notre marché car la consommation de mozzarella explose. En posant une toiture avec ces propriétés thermiques, nous minimisons l’impact de la canicule sur les bufflonnes. À l’inverse, avec des températures largement négatives, l’infrastructure est également isolée du froid. Par la suite, nous aimerions ajouter un rideau pour protéger la salle de traite du gel. Cela fait partie des améliorations que nous voulons apporter », poursuit-elle. Une faîtière d’une largeur de 3 mètres traverse tout le bâtiment, apportant son halo de lumière. En pleine journée, les bufflonnes bénéficient d’un éclairage naturel, comme si elles étaient en pâture. Sur le plan électrique, pour être autosuffisant, il faut avant tout connaître les besoins de l’entreprise afin de définir une surface de panneaux à installer. Les Christmann se laissent un an d’estimation avant de monter des panneaux photovoltaïques sur la toiture. « Les futurs branchements sont déjà prévus. L’objectif est, bien sûr, de tendre vers l’autoproduction. L’excédent partira à la revente », ajoute l’agricultrice. L’atelier de transformation s’étend sur une surface de 60 mètres carrés, il est conçu pour transformer 100 000 litres. En partenariat avec Unicoolait, la réflexion était centrée sur le lactoduc : complexe de par sa longueur de 30 mètres mais aussi par rapport à la structure, si particulière, du lait de bufflonne. Pour ne pas déstructurer les molécules du lait, il a fallu réfléchir à plusieurs. Une pousse à l’air a dû être ajoutée au système existant pour vidanger les 14 litres de lait restants dans le lactoduc. Cette quantité de lait n’est pas anodine puisqu’elle représente la production d’environ deux bufflonnes. Comme le lait est deux fois plus gras que du lait de vache, le nettoyage de la tuyauterie est bien plus compliqué qu’en situation standard. De fortes turbulences sont nécessaires pour un nettoyage efficace. Le couple ne lésine pas sur ces paramètres, dont la gestion est primordiale en transformation fromagère. Une cheffe de chantier aux commandes Pour diriger une telle construction, Sophie Christmann, avec son expérience antérieure dans le milieu industriel, a pris les rênes tout naturellement et ce, dès le départ. Chaque entreprise avait un délai fixé, un planning d’intervention sur le site, des plans détaillés et même pour certains, une représentation 3D. « Je suis assez fière des entreprises qu’on a choisies. Toutes ont donné le meilleur d’elles-mêmes », affirme-t-elle, pleine de reconnaissance. Elle illustre ses propos en citant la société Wolf. « Ils ont travaillé sous la pluie, dans le froid, puis dans la chaleur. Avec les autres entreprises Niess et Wahl, toutes ont réussi à être efficientes. L’efficience, c’est être efficace en un minimum de temps », explique-t-elle. Que ce soit tard le soir, tôt le matin ou même le dimanche, un tel chantier a demandé une énergie démultipliée. En faisant le compte, près d’une centaine de personnes étaient mobilisées pour ces travaux. La fierté ultime de l’agricultrice reste qu’aucun accident n’est à déplorer. Elle accorde beaucoup d’importance à la sécurité et a veillé aux grains, du début à la fin. Cette grande aventure humaine est, certes, finie pour la partie des travaux mais d’autres objectifs sont à atteindre. Le challenge pour 2023 est de ramener l’équilibre économique par rapport au développement de l’activité commerciale. « Nous avons obtenu l’agrément CE au niveau de la fromagerie, ce qui ouvre de nombreuses portes. L’objectif à terme est de transformer entre 100 000 et 150 000 litres de lait de bufflonne. Le cheptel est jeune, il y a encore une belle marge de progression car les lactations sont progressives. On ne connaît pas encore le potentiel de production. Nous avons acheté des buffles, en Allemagne, provenant de bonnes souches. Ils ont un train d’avance sur nous. Avec un troupeau en pleine ascension, le progrès est à portée de main. On a construit. Maintenant, il faut vendre », conclut-elle.

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