Jérémy Messerlin, pareur de Wolfersdorf
« Le soin préventif n’est pas à négliger »
Jérémy Messerlin, pareur de Wolfersdorf
Publié le 28/10/2022
Après dix années passées au service élevage de la Chambre d’agriculture d’Alsace, Jérémy Messerlin a souhaité réorienter sa carrière professionnelle. Après une formation d’une année et demie en Bretagne, il vient de créer sa propre entreprise de parage. Il intervient à la demande sur tous les élevages du Haut-Rhin et des départements limitrophes.
Fils de Francis Messerlin, exploitant agricole à Wolfersdorf au Gaec du Moulin, Jérémy a toujours travaillé dans le monde de l’élevage. Après ses études puis ses années au contrôle laitier de la Chambre où il a fait de la pesée et donner ses conseils aux professionnels, il a souhaité donner une nouvelle orientation dans son travail. Il rejoint la Bretagne où il passe avec succès un examen de pédicure bovin. Il profite d’un départ à la retraite pour rejoindre une équipe de huit pareurs. « Une belle vie professionnelle qui m’a permis d’acquérir de l’expérience, de pérenniser ma formation, de me convaincre définitivement de mon choix. Je n’étais pas seul et auprès de mes collègues, j’ai pu échanger avec eux, dialoguer avec les éleveurs, me familiariser avec ce métier. Pendant un an et demi, j’ai sillonné la Bretagne pour mûrir mon objectif professionnel », explique Jérémy Messerlin qui est aujourd’hui âgé de 33 ans. Il décide de revenir dans le Haut-Rhin pour se lancer à son propre compte. Il crée son entreprise : Sundgau Parage Marquage. « J’ai souhaité utiliser le terme « marquage » car il est lié à mon historique. En Bretagne, je faisais du marquage en neige carbonique. Cette technique vise à identifier les animaux avec un numéro sur la robe de l’animal par décoloration du poil grâce à la neige carbonique. L’aspect identification de ce système permet le repérage des animaux à une distance assez importante. J’avais des demandes en Bretagne. Ce n’est pas encore le cas ici dans le Haut-Rhin et ce n’est pas mon premier objectif. Mais si un professionnel en ressent le besoin, c’est un service que je peux proposer. La quasi-totalité de mon activité concerne bien le parage », ajoute Jérémy Messerlin. De la prévention Il a officiellement débuté en septembre dernier. Des premières semaines intéressantes où les contacts sont bons et les interventions nombreuses pour des débuts où il s’agit d’abord de se faire connaître. Il intervient dans le Haut-Rhin, mais aussi sur les départements limitrophes du Territoire de Belfort, du Bas-Rhin et de Haute-Saône. « Je suis au service des élevages. C’est un métier qui sert le bien-être animal. Je soigne, mais je suis surtout là pour faire de la prévention. L’équilibre sur le pied des vaches est important. Le parage des onglons permet de soigner toutes les lésions pour éviter les problèmes de boiterie. Je vais intervenir aussi bien sur des troupeaux entiers que sur des lots. Je peux y passer une journée entière ou même deux. Les pieds demandent du temps. Il est essentiel de sensibiliser les éleveurs à ces problèmes de boiteries car c’est souvent le « parent pauvre » de l’élevage. Lors de mes interventions, j’échange avec les éleveurs. Nous faisons un bilan des lésions trouvées. Je suis également là pour leur donner des conseils, pour les sensibiliser. Les lésions des pieds racontent ce qu’il se passe dans l’élevage en termes de logement, de génétique ou encore d’alimentation », insiste Jérémy Messerlin. Pour travailler dans les meilleures conditions, il a investi dans une cage, un plateau pour la transporter et une voiture. Un total, près de 100 000 €. « C’est un projet professionnel bien réfléchi. Je voulais être indépendant, avoir mon entreprise et pouvoir travailler sérieusement avec un équipement adapté. À terme, pourquoi pas m’associer avec un autre pareur. Je suis quelqu’un d’ouvert. Il y a suffisamment de travail pour tout le monde », note le pareur. En attendant, il poursuit le développement de son activité. Il sera présent à Habsheim et aura son stand sous le chapiteau des éleveurs. « Habsheim est le premier lieu pour parler élevage. Il faut être présent. Il faut montrer qu’on est là et que nous sommes toutes et tous là pour valoriser l’agriculture en général, l’élevage en particulier. Ensuite, je vais évidemment être présent pour faire ma promotion. Je vais présenter mon matériel et mon activité en lien avec Robert Adam, le constructeur de ma cage. Enfin, je souhaite être là pour sensibiliser les gens aux problèmes de boiteries et pour communiquer auprès du grand public », conclut Jérémy Messerlin.












