Élevage

Publié le 28/10/2022

Technicienne spécialisée à la Chambre d’agriculture d’Alsace depuis septembre 2020, Delphine Ehrhardt a repris la responsabilité du concours d’Habsheim, en lien avec les éleveurs et Corinne Diercks à Schiltigheim qui s’occupe davantage de la partie administrative.

Originaire de Rixheim, Delphine Ehrhardt a tout d’abord travaillé en Haute-Saône au contrôle élevage, puis au conseil élevage du Doubs et du Territoire de Belfort, à l’issue de ses études réalisées en Franche-Comté. « Partie dès 2010, j’ai eu envie de revenir en Alsace. La crise sanitaire a perturbé mes plans. J’ai cependant eu l’opportunité de travailler sur une ferme pendant six mois à Sentheim. Ensuite, Dominique Wolfer m’a contacté pour ce poste à la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA). J’ai saisi l’opportunité », explique Delphine Ehrhardt qui est âgée de 26 ans. Dans un premier temps, elle visite les élevages pour faire de la pesée. Rapidement, elle souhaite élargir ses activités. « Dominique Wolfer s’est rapproché d’Isabelle Hofstetter qui souhaitait elle-même réorienter sa carrière professionnelle. J’ai travaillé avec elle l’année passée avant de reprendre à 100 % ses responsabilités », précise Delphine Ehrhardt. Elle a désormais en charge le concours d’Habsheim, mais également l’animation du Club Holstein 68 et du Syndicat des éleveurs de la race montbéliarde. Dans le même temps, elle reste en contact avec les élevages pour la pesée. « Ce que j’aime dans mon métier, c’est d’être sur le terrain, chez les éleveurs. C’est l’occasion d’échanger avec eux sur leur cheptel. Nous faisons le point sur des aspects techniques, sur leurs résultats, sur ce qui marche bien et moins bien. Le contact direct, il n’y a rien de mieux pour évoluer soi-même et pour faire progresser ses interlocuteurs en les aidant dans leur prise de décision », souligne la technicienne. « Je suis là en soutien » Le concours d’Habsheim est évidemment un moment important. Si elle ne gère pas la partie administrative, Delphine Ehrhardt fait le lien avec les éleveurs et les syndicats de race. « Les professionnels qui sont membres du Club Holstein 68 et du Syndicat des éleveurs de la race montbéliarde du Haut-Rhin sont les piliers de ce concours interdépartemental. Avec l’appui de la CAA, ils s’investissent dans la mise en place de la manifestation en assurant le montage et le démontage des structures sous chapiteau, en acheminant le matériel, en fignolant la préparation de leurs animaux, tout en assurant toujours dans le même temps la conduite de leur exploitation. Pour ma part, je suis là en soutien », note Delphine Ehrhardt. C’est également elle qui a favorisé et motivé les inscriptions des éleveurs. « Ils font un travail remarquable dans leurs fermes et réalisent une importante tâche de sélection des animaux et de conduite de leur troupeau. Les performances zootechniques et la morphologie des sujets viennent récompenser cet investissement. À Habsheim, comme sur tous les concours, c’est sur les critères morphologiques tels que les aplombs, le gabarit, ou la mamelle que le juge est appelé à réaliser son classement », estime la technicienne. Près de 180 animaux seront présents à Habsheim. La plupart issus de cheptels dont les éleveurs sont membres des deux syndicats. « Tout au long de l’année, je les suis en tant que technicienne et animatrice. Il s’agit alors d’organiser les assemblées générales, mais également d’autres rendez-vous comme des réunions techniques et des moments plus festifs. Le Club Holstein 68 et le Syndicat de la race montbéliarde du Haut-Rhin bénéficient d’une belle dynamique qu’il s’agit de pérenniser. Habsheim est l’occasion de valoriser toute cette action tout comme le concours des jeunes présentateurs », conclut Delphine Ehrhardt.

Jérémy Messerlin, pareur de Wolfersdorf

« Le soin préventif n’est pas à négliger »

Publié le 28/10/2022

Après dix années passées au service élevage de la Chambre d’agriculture d’Alsace, Jérémy Messerlin a souhaité réorienter sa carrière professionnelle. Après une formation d’une année et demie en Bretagne, il vient de créer sa propre entreprise de parage. Il intervient à la demande sur tous les élevages du Haut-Rhin et des départements limitrophes.

Fils de Francis Messerlin, exploitant agricole à Wolfersdorf au Gaec du Moulin, Jérémy a toujours travaillé dans le monde de l’élevage. Après ses études puis ses années au contrôle laitier de la Chambre où il a fait de la pesée et donner ses conseils aux professionnels, il a souhaité donner une nouvelle orientation dans son travail. Il rejoint la Bretagne où il passe avec succès un examen de pédicure bovin. Il profite d’un départ à la retraite pour rejoindre une équipe de huit pareurs. « Une belle vie professionnelle qui m’a permis d’acquérir de l’expérience, de pérenniser ma formation, de me convaincre définitivement de mon choix. Je n’étais pas seul et auprès de mes collègues, j’ai pu échanger avec eux, dialoguer avec les éleveurs, me familiariser avec ce métier. Pendant un an et demi, j’ai sillonné la Bretagne pour mûrir mon objectif professionnel », explique Jérémy Messerlin qui est aujourd’hui âgé de 33 ans. Il décide de revenir dans le Haut-Rhin pour se lancer à son propre compte. Il crée son entreprise : Sundgau Parage Marquage. « J’ai souhaité utiliser le terme « marquage » car il est lié à mon historique. En Bretagne, je faisais du marquage en neige carbonique. Cette technique vise à identifier les animaux avec un numéro sur la robe de l’animal par décoloration du poil grâce à la neige carbonique. L’aspect identification de ce système permet le repérage des animaux à une distance assez importante. J’avais des demandes en Bretagne. Ce n’est pas encore le cas ici dans le Haut-Rhin et ce n’est pas mon premier objectif. Mais si un professionnel en ressent le besoin, c’est un service que je peux proposer. La quasi-totalité de mon activité concerne bien le parage », ajoute Jérémy Messerlin. De la prévention Il a officiellement débuté en septembre dernier. Des premières semaines intéressantes où les contacts sont bons et les interventions nombreuses pour des débuts où il s’agit d’abord de se faire connaître. Il intervient dans le Haut-Rhin, mais aussi sur les départements limitrophes du Territoire de Belfort, du Bas-Rhin et de Haute-Saône. « Je suis au service des élevages. C’est un métier qui sert le bien-être animal. Je soigne, mais je suis surtout là pour faire de la prévention. L’équilibre sur le pied des vaches est important. Le parage des onglons permet de soigner toutes les lésions pour éviter les problèmes de boiterie. Je vais intervenir aussi bien sur des troupeaux entiers que sur des lots. Je peux y passer une journée entière ou même deux. Les pieds demandent du temps. Il est essentiel de sensibiliser les éleveurs à ces problèmes de boiteries car c’est souvent le « parent pauvre » de l’élevage. Lors de mes interventions, j’échange avec les éleveurs. Nous faisons un bilan des lésions trouvées. Je suis également là pour leur donner des conseils, pour les sensibiliser. Les lésions des pieds racontent ce qu’il se passe dans l’élevage en termes de logement, de génétique ou encore d’alimentation », insiste Jérémy Messerlin. Pour travailler dans les meilleures conditions, il a investi dans une cage, un plateau pour la transporter et une voiture. Un total, près de 100 000 €. « C’est un projet professionnel bien réfléchi. Je voulais être indépendant, avoir mon entreprise et pouvoir travailler sérieusement avec un équipement adapté. À terme, pourquoi pas m’associer avec un autre pareur. Je suis quelqu’un d’ouvert. Il y a suffisamment de travail pour tout le monde », note le pareur. En attendant, il poursuit le développement de son activité. Il sera présent à Habsheim et aura son stand sous le chapiteau des éleveurs. « Habsheim est le premier lieu pour parler élevage. Il faut être présent. Il faut montrer qu’on est là et que nous sommes toutes et tous là pour valoriser l’agriculture en général, l’élevage en particulier. Ensuite, je vais évidemment être présent pour faire ma promotion. Je vais présenter mon matériel et mon activité en lien avec Robert Adam, le constructeur de ma cage. Enfin, je souhaite être là pour sensibiliser les gens aux problèmes de boiteries et pour communiquer auprès du grand public », conclut Jérémy Messerlin.

Publié le 28/10/2022

Inséminatrice en Suisse, Pauline Babé est passionnée par son métier qui est très prenant. Quand elle en a le temps, elle aide également à la ferme familiale à Courtavon. C’est dans ce cadre qu’elle sera présente au concours d’Habsheim où l’exploitation est représentée.

Elle a grandi entourée des vaches au sein de l’exploitation familiale, avec son frère Florent et son cousin Martin. Après l’école agricole effectuée à Rouffach et son bac sciences et technologies de l’agronomie et du vivant (STAV), Pauline Babé va réussir un brevet technicien supérieur (BTS) en production animale à Vesoul et en alternance sur une ferme à Largitzen. Depuis toujours, les animaux sont sa passion. « À l’issue de ma formation, des copains de classe me parlent d’une offre d’emploi chez GEN’IAtest à Roulans dans le Doubs. J’ai postulé et j’ai été prise. Cela a été le début d’une belle aventure professionnelle. Pendant quatre ans, j’ai travaillé sur des exploitations de différents secteurs sur une large zone entre ici à Courtavon et jusqu’à Mouthe, au sud-ouest de Pontarlier. Cela a été très formateur. Je me suis vraiment rendu compte que je voulais faire ce métier définitivement. Je n’ai pas compté les heures et les kilomètres effectués », raconte Pauline Babé qui est âgée de 29 ans. Un jour, un agriculteur lui dit que son inséminateur indépendant cherche quelqu’un pour développer son activité. C’est l’occasion pour la jeune femme de sortir de sa zone de confort. Au bout de quelques semaines, elle prend rendez-vous avec lui et arrive à le convaincre sans trop difficulté. Elle travaille avec lui depuis octobre 2017 sur un large secteur en Suisse. « Le métier a beaucoup évolué depuis mes débuts. Il reste passionnant. Nous étions très peu de filles alors. Aujourd’hui, il y a la quasi-parité chez les inséminateurs. Pour effectuer cette profession, il faut avoir du caractère. C’est mon cas. J’ai grandi avec des garçons et j’ai toujours trouvé ma place en travaillant le plus correctement et le plus fidèlement possible », poursuit Pauline Babé. La particularité de son métier ? C’est le geste qu’il faut savoir faire. « À savoir, mettre la main dans le cul de vaches ! C’est brut dit comme ça, mais c’est cela le métier. Je le répète à chaque fois que l’on m’interroge. C’est une profession certes particulière, mais passionnante et diversifiée. On découvre des vaches qui portent d’une certaine façon. Il y a également le côté génétique qui est très intéressant », raconte la jeune femme. « Nous n’avons pas le droit à l’erreur » Pauline Babé travaille avec deux autres inséminateurs. Son patron, Jean-Marc Ribeaud et son collègue Lucas Huss, sur un secteur de 200 élevages en Suisse qui s’étend de Boncourt jusqu’au Jura Bernois. « Nous faisons deux tournées par jour. L’une le matin et l’autre l’après-midi. Là également, il ne faut pas compter ses heures ni les kilomètres. J’effectue en moyenne 200 à 300 kilomètres par jour. Les éleveurs suisses peuvent être très pointilleux. Nous n’avons pas le droit à l’erreur. Pendant que nous travaillons, les professionnels sont là et suivent ce que nous faisons. Contrairement à la France, nous ne pouvons pas faire d’échographie et certaines autres choses. Par contre, les éleveurs aiment discuter avec nous sur leurs vaches, leur cheptel, leur métier. Ils ne nous lâchent pas tant que nous sommes chez eux. Il y a un véritable échange », observe Pauline Babé. Hormis trois-quatre élevages, tous les éleveurs parlent français au quotidien. Ce qui facilite évidemment les discussions. Les cheptels sont également plus petits qu’en France. En moyenne, il y a 30 à 40 vaches par ferme. Le travail physique que nécessite le métier d’inséminateur n’a jamais été un problème pour la jeune femme. « Certes, je ne mesure que 1,65 m. Comme mon patron d’ailleurs ! Au début, on me disait que j’étais trop petite pour un tel travail. Je n’ai pas écouté. J’ai toujours voulu travailler et avancer. J’ai juste un tabouret dans la voiture au cas où c’est nécessaire. De toute façon, les éleveurs sont là en cas de besoin. Alors, oui, c’est un métier physique et prenant. Mais c’est ma passion. Je travaille souvent sept jours sur sept avec très peu de temps de repos. Il n’y a pas de 25 décembre ou de 1er janvier dans les élevages », insiste Pauline Babé. Le matin, elle quitte son domicile à 7 h 15 pour rejoindre son local à Porrentruy, de l’autre côté de la frontière. Ses tournées démarrent entre 7 h 30 et 7 h 45 et se poursuivent jusqu’à 13 h Elle redémarre vers 13 h 30-13 h 45. Important d’être à Habsheim En moyenne, ce sont une quinzaine d’élevages par jour de visités. Elle se sent bien dans ses fonctions professionnelles. « Je n’ai pas envie de revenir en France. Et surtout, j’apprécie de travailler avec mon patron. Pour moi, c’est une chance. Nous avons le même état d’esprit. On se complète parfaitement. Si physiquement je tiens le coup, je compte rester inséminatrice jusqu’à ma retraite. Les grosses périodes en hiver notamment sont prenantes avec 10 à 12 heures de travail. Mais l’été, il y a moins de travail avec des journées de 6 heures. J’ai alors le temps d’aider à la ferme familiale à Courtavon pour les foins, les bottes et les autres travaux du quotidien. Là, depuis quelques semaines, on prépare Habsheim. Je vais amener les vaches sur place avec la famille. C’est une belle manifestation. Il faut être présent pour honorer le monde de l’élevage. Pour nous, c’est l’occasion de montrer la qualité de notre travail et le cheptel », précise Pauline Babé. Ensuite, elle pourra se concentrer sur une autre de ses passions : la pratique de l’autocross. Il s’agit d’une variante de compétition automobile avec des courses organisées sur des circuits de terre. « Nous pratiquons dans des voitures que l’on désosse complètement. On a juste dedans un volant, un siège et un arceau de sécurité. Je fais des compétitions en Suisse depuis 9 ans. Il y a des manches à réaliser les week-ends. Je suis membre du comité de l’association Autocross international de Bure qui organise sa propre course au mois de juillet. En tout, il y a 9 épreuves dans l’année en Suisse, mais également en Allemagne et en France. Cela me permet de me défouler et de profiter avec mes amis de cette autre passion », conclut Pauline Babé.

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