Élevage

Les 30 et 31 octobre à Habsheim

L’élevage sur le ring de la qualité

Publié le 28/10/2022

Les éleveurs se retrouvent les 30 et 31 octobre dans le cadre de la foire Simon et Jude d’Habsheim. Cette année, le concours est ouvert pour les génisses aux éleveurs du Bas-Rhin et du Territoire de Belfort. Le concours des jeunes présentateurs rassemble, lui, quinze participants autour des races prim’holstein et montbéliarde.

Le président de l’association des éleveurs bovins du Haut-Rhin (EBHR), Maxime Springinsfeld, est le premier soulagé. Habsheim 2022 est bien plus agréable à organiser que l’édition 2021 alors encore contrainte par des mesures liées à la crise sanitaire. « Nous sommes tous beaucoup plus sereins. Nous revenons à une organisation plus souple. Nous allons pouvoir accueillir du public et cela va être une belle fête de l’élevage », se réjouit Maxime Springinsfeld. Les professionnels sont au rendez-vous. Une trentaine. Leurs vaches également : 61 montbéliardes sont annoncées, et 133 holstein contre 114 l’année passée. « Cette augmentation s’explique aussi par la présence d’élevages du Bas-Rhin et du Territoire de Belfort. Nous tenions à leur présence. Nous sommes régulièrement conviés dans le Bas-Rhin et au concours de l’Axone à Montbéliard. Nous voulions donc répondre à ces échanges. » Une représentation interrégionale en holstein uniquement, tandis qu’elle sera départementale en montbéliarde. « Les échanges entre nos différents syndicats départementaux sont positifs. Nous parlons tous dans le même sens et dans l’intérêt de l’élevage. Nous sommes cependant limités pour des questions financières. Pour accueillir plus de vaches, il faut un chapiteau encore plus grand. Cela représente un coût », note Maxime Springinsfeld. Parler au grand public Concernant les éleveurs présents, il y a les fidèles depuis de très nombreuses années. Il y a aussi des retours comme le Gaec du Herrenweg à Obermorschwiller et le Gaec Blackforest à Schlierbach, géré par la famille Vincent qui a été parmi les fondateurs du concours. « Cette trentaine de professionnels présents montre qu’il y a une bonne dynamique de l’élevage dans le Haut-Rhin, malgré les péripéties sociétales que nous rencontrons au quotidien. Nous avons vécu deux années compliquées avec la crise sanitaire. Maintenant, il y a une crise énergétique. Nous sommes au milieu et nous n’avons pas le choix que de continuer à travailler et de produire. Nous nous adaptons comme nous le faisons depuis toujours. Il y a cependant un gros problème. Il concerne l’explosion des prix des matières premières. Nous brassons davantage d’argent qu’auparavant. Les prix de vente du lait ou des céréales ont augmenté. Mais, derrière, nos achats et nos coûts de production également. Il ne nous reste pas grand-chose au bout. À ce rythme, des élevages vont s’arrêter. Habsheim sert aussi cela. À rencontrer le grand public et à lui expliquer notre réalité professionnelle », poursuit Maxime Springinsfeld. Le concours d’Habsheim est une institution dans le Haut-Rhin. Tout comme la foire Simon et Jude où plus de 30 000 personnes étaient venues l’année passée malgré les restrictions sanitaires. Toutes ne se sont pas rendues au chapiteau de l’élevage. « Mais notre espace nous permet d’avoir de la visibilité et de faire parler de nous. » Il y a une nouveauté cette année. Elle concerne la restauration. Elle ne sera plus assurée par le réseau Bienvenue à la ferme, mais les Jeunes Agriculteurs du canton de Sierentz-Huningue déjà à l’œuvre lors du dernier concours régional de labour à Dietwiller il y a quelques semaines. Cette fois, le menu sera des fleischschnacka de la ferme Hell de Schwoben et des crudités de Patrick Meyer à Rixheim. Il y aura le marché paysan toujours animé par le réseau Bienvenue à la ferme, ainsi qu’une exposition de matériel devant le chapiteau. Comme l’année passée, la présentation des veaux pour les enfants sera animée par Sébastien Stoessel. Place aux jeunes Et puis, Habsheim ne serait pas Habsheim sans le concours des jeunes présentateurs. Ils seront six en montbéliarde le dimanche, et sept en holstein le lundi, à concourir dans le format habituel. Auparavant, ils ont participé à une journée de formation à la ferme Rué à Osenbach. « C’est une manifestation traditionnelle et très importante que nous voulons pérenniser. Notre jeunesse est dynamique et elle le prouve lors de ce concours », se félicite Maxime Springinsfeld. Plus globalement, l’inauguration officielle de ce 27e concours inter-races d’Habsheim aura lieu le dimanche 30 octobre à 16 h 30 en présence du président de la Chambre d’agriculture d’Alsace Denis Nass et du président de la commission agriculture, viticulture et forêt de la région Grand Est Laurent Wendlinger. Une présentation de différentes races bovines (vosgienne, abondance, jersiaise, charolaise, salers, normande et limousine) aura lieu le lundi 31 octobre à 10 h 30.

Apiculture en Alsace

Une saison plutôt décevante

Publié le 18/10/2022

L’année 2021 avait été terrible pour les apiculteurs alsaciens. La campagne 2022 est une petite année. Selon les premières estimations de l’Association pour le développement de l’apiculture dans la région Grand Est (Ada Grand Est), le rendement moyen se situe entre 10 et 15 kg par ruche, alors que le double est attendu en année « normale ». En cause, les pics de chaleur et la faible hygrométrie de l’air, de mai à juillet.

Les apiculteurs alsaciens comptaient sur cette saison pour renflouer les stocks, mis à mal par la saison précédente… Hélas ! Malgré un printemps très prometteur, ce fut une année propice à faire des essaims, plutôt qu’à récolter du miel. Alexis Ballis, conseiller spécialisé en apiculture et animateur de l’Ada Grand Est, résume la campagne 2022 : « Cela a bien démarré au printemps, avec le miel de fleurs. C’était explosif. Nous étions pleins d’espoir : les ruches étaient vigoureuses, fortes. Mais le gel (occasionnellement), puis la sécheresse ont impacté les floraisons. Le vent sec surtout a limité la production de nectar et raccourci la durée de vie des fleurs. Certaines floraisons, comme celle des acacias, ont été très brèves : trois jours seulement. Des fleurs ont flétri sans même avoir donné de nectar. » La situation est similaire ailleurs en France et très peu de miel d’acacia a été produit cette année. Il se négocie donc très cher sur le marché du gros : jusqu’à 12 €/kg, en fûts de 300 kg, quand les autres oscillent entre 4 à 8 €/kg, en conventionnel, et entre 9 à 14 €/kg, en bio - quand les lots trouvent preneurs, la demande en bio étant en baisse. Printemps 1, été 0 Sécheresse, canicule, vent asséchant : l’été a été trop chaud et sec. En Alsace, les miellées de tilleul, de châtaignier ou de forêt ont été limitées. Quant à celle de sapin, issue du miellat des pucerons, elle a été très précoce et extrêmement courte. Les petits insectes ont pullulé en mai, quelques jours ou semaines selon les îlots, puis plus rien, alors qu’ils apparaissent en juillet/août, une année classique. Résultat des courses : il a fallu soutenir les jeunes colonies, qui n’étaient pas en production, en leur apportant du sirop et du pollen ; quant aux ruches en production, certaines ont été mises à l’arrêt et scindées en deux ou en trois pour créer de nouvelles colonies, nourries au sirop… tant le miel qu’elles récoltaient ne suffisait pas à les sustenter. La récolte a donc été amputée. « La saison de miel a duré un mois, un mois et demi… D’habitude, c’est quatre mois », relève Alexis Ballis. Le rendement moyen en 2022, se situe entre 10 et 15 kg par ruche, au lieu de 25 à 30 kg une saison « normale ». Ces chiffres sont cependant, meilleurs que ceux de 2021, historiquement faibles, avec des pertes de production de 80 %. Mais les apiculteurs font face aujourd’hui, à de fortes augmentations de prix pour leurs achats (sirop, pots en verre, couvercles, etc.) : de 30 à 100 %. « On verra en fin d’année 2022 si les prix du miel augmentent à la hauteur de celui des charges », souffle le conseiller de l’Ada Grand Est. Pour l’instant, la marge est abîmée. Forcément. Et en vente directe, les prix n’ont pas ou peu monté : autour de 14 à 16 €/kg, et jusqu’à 20 €/kg pour le miel de sapin. En Lorraine et en Champagne-Ardenne De l’autre côté des Vosges, le bilan est bon. Les récoltes ont été satisfaisantes, avec une moyenne de 30 kg par ruche de miel. « Ils ont eu plus de chance avec les aléas climatiques. Chez eux, l’acacia a fleuri une semaine après et dans de bien meilleures conditions. Idem pour le tilleul : il n’a pas fleuri en pleine canicule, comme en Alsace, mais dix jours plus tard, ce qui a permis de belles miellées. Les cultures agricoles mellifères que sont le colza et la luzerne ont également contribué à faire de belles récoltes de miel », développe Alexis Ballis. Par contre, la silphie n’a pas apporté de miel, contrairement aux annonces faites sur cette nouvelle culture. L’Ada Grand Est a suivi six parcelles différentes et constate zéro gramme récolté ! « Nous allons continuer ce suivi l’an prochain. Nous aurons ainsi plus de recul », explique Alexis Ballis.

L’Alsace au Sommet de l’élevage

Julie EX 90, réserve grande championne jersiaise

Publié le 12/10/2022

Première de section et meilleure mamelle de section, réserve championne adulte et meilleure mamelle adulte, et enfin, réserve grande championne : la jersiaise Julie EX 90 (VJ Ramses) était la seule représentante de l’élevage du Gaec de Rosen, à Dettwiller, et elle a « fait le travail ». Jérémy Guth, son propriétaire, est ravi.

Les éleveurs de l’Est étaient invités à concourir au Sommet de l’élevage, à hauteur de cinq places sur les vingt réservées aux éleveurs de jersiaises. Quatre animaux ont participé en première lactation et une vache en sixième lactation. Dans la section des animaux en première lactation, l’Est a fini premier, deuxième, troisième et cinquième, avec en prime, le titre de réserve jeune et réserve mamelle jeune pour Romy, appartenant à l’élevage domaine Krust, à Berrwiller dans le Haut-Rhin. Il s’agissait de son premier concours. Julie a, elle, participé dans la section de vache en cinquième lactation et plus, puisqu’elle est actuellement en sixième lactation et est la grande championne en titre du concours Agrimax (2021). Julie EX 90 (VJ Ramses) termine première de section et meilleure mamelle de section également lors de ce Sommet de l’élevage 2022. Au championnat, elle finit réserve championne adulte, meilleure mamelle adulte et réserve grande championne : de quoi combler de joie Jérémy Guth, du Gaec de Rosen à Dettwiller, son éleveur.    

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