Élevage

Jersi’Est présent au Festival de l’élevage, à Brumath

Pérenniser et développer la jersiaise

Publié le 11/05/2023

Pour la première fois, la race jersiaise sera représentée au Festival de l’élevage, à Brumath. L’association Jersi’Est que préside Thomas Krust, éleveur à Berrwiller, cherche à promouvoir la race et à valoriser un cheptel en quête de reconnaissance.

La race jersiaise est une race d’avenir. Thomas Krust n’a pas de mots assez forts pour expliquer les raisons de cette présence, à Brumath, comme dans tous les futurs évènements consacrés à l’élevage. « En tant que représentant de la race, en tant que professionnel, et comme mes collègues qui s’inscrivent dans la même démarche, nous sommes tous convaincus que la race jersiaise est celle qui résiste le mieux aux aléas climatiques et qui valorise le mieux les fourrages pauvres. C’est aussi elle qui a le meilleur lait. La jersiaise est une vache très rustique. Elle est très résistante, par rapport aux problèmes de cellules. Elle ne connaît pas ou très peu de problèmes de boiterie. Et elle vieillit très bien », explique Thomas Krust. Sur son exploitation, la doyenne, Gaby, attend actuellement son dixième veau. Elle a douze ans, avec une moyenne de 5 256 kg de production, 55,4 TB et 42,6 TP. Des qualités d’élevages qui peuvent être complétées par des vêlages sans assistance et dès 24 mois, une santé de mamelle excellente, d’où des comptages cellulaires faibles, une morphologie faite pour durer et une petite taille pour des interventions aisées, et une conduite facile grâce à un tempérament très doux. Thomas Krust sera évidemment présent, à Brumath, avec certaines de ses propres jersiaises. Il ne sera pas le seul. « Nous allons avoir quatorze génisses de la race réparties pour le concours, en deux sections : les 6-12 mois et les 12-18 mois. Cela va nous permettre de bien présenter les spécificités de la race. Je suis entouré d’un groupe d’éleveurs, des passionnés. Nous nous rendons ces derniers mois sur tous les évènements, comme les concours de Paris, au sommet de l’élevage à Cournon, en octobre, ou encore au Space à Rennes, en septembre 2022 dans le cadre du national Jersiais. Il était évident que nous nous devions d’être présents, dans notre propre région. À Brumath, donc, puis au concours de Habsheim fin octobre où ce sera une première pour la race. Notre objectif est de pouvoir organiser dans quelques années un concours national de la jersiaise dans l’Est de la France », ajoute Thomas Krust. En France, 16 000 vaches de race jersiaise sont actuellement contrôlées. Elle est en tête de toutes les races laitières pour la richesse de son lait, puisque la plus-value du litre est en moyenne de 100 € les 1 000 litres. Du fromage Âgé de 41 ans, Thomas Krust a un parcours professionnel atypique. Il a d’abord travaillé dans l’œnologie comme maître de chai chez Materne Haegelin à Orschwihr. « Je suis revenu sur l’exploitation familiale, à Berrwiller, en 2013. Grâce à la confiance du Crédit Agricole, j’ai pu m’installer et emprunter pour construire une nouvelle étable et une nouvelle salle de traite. La prochaine étape, c’est un séchoir pour être autonome en protéines. On transforme la moitié du lait qu’on produit. Nous sommes dans un système herbe-foin. Il y a ici cinquante vaches jersiaises à la traite et 110 avec la suite. C’est la seule exploitation du Haut-Rhin avec un cheptel à 100 % jersiaises. Nous sommes dans cette race, depuis 1999. Pour la transformation, c’est la race qu’il faut. Je le répète mais c’est elle qui valorise le mieux les fourrages pauvres et c’est le cas, quand on est en production biologique, comme nous », précise Thomas Krust. Il constate que le cheptel augmente, en France. Il y a dix ans, il y avait 3 000 vaches. Aujourd’hui, on a dépassé les 20 000.  « Les gens se rendent compte que produire de la quantité, ce n’est pas le plus rémunérateur. Au contraire, il faut produire de la qualité », insiste l’éleveur. À la ferme Krust, la moitié du lait est donc transformée sur l’exploitation et l’autre moitié par l’organisation des producteurs de lait Seine et Est (OPLASE). « Ici, nous fabriquons et nous vendons notre propre fromage. D’abord, le Bertschwiller, qui est un fromage à pâte molle et à croûte lavée à la fleur de sel, produit avec le lait des vaches jersiaises. Il est travaillé à la façon de l’époisse. Ensuite, la tomme Lehmatten. Il y a aussi, le Pèlerin qui est un fromage au lait de Jersiaise cru et entier, à pâte pressée non cuite et à croûte lavée, affinée trois semaines. Sa croûte est fine et blanche rosée. Enfin, nous faisons le Lehwald à pâte molle et à croûte fleurie dans le style Camembert. Au total, on transforme à la ferme 80 000 litres de lait et on en produit 200 000 litres. Notre prochain projet est la construction d’une nouvelle fromagerie au bord de la route des vins d'Alsace , devant la ferme, avec un point de vente », note Thomas Krust qui est associé, en Gaec, avec sa maman Pascale. Il y a trois salariés, dont la sœur de Thomas, Hélène, et Marie Lindenschmidt, une salariée qui a fait l'école de fromagerie à Mamirolle. Autour de la ferme, s’étendent 80 hectares, dont 65 hectares d’herbe et de luzerne. « Nous comptons augmenter la part de luzerne car dans les années sèches, c’est la seule chose qui pousse, ici. Par ailleurs, il y a six coupes possibles en luzerne. C’est aussi pour cela que nous voulons investir dans un séchoir. Enfin, il y a 15 hectares de céréales. La moitié de fourragères. L’autre moitié pour faire de la farine destinée à la planification car nous avons aussi une société de négoce. On transforme 300 tonnes de céréales en farine planifiable, dont 80 % sont destinés à la boulangerie Turlupain d’Orbey et à un deuxième site à Saales. Nos clients sont les particuliers mais également les restaurateurs, les magasins bio, les épiceries fines et quelques grossistes. Nous travaillons également en Cuma avec nos voisins, comme les Pfauwadel et d’autres exploitants de Berrwiller. Tout le chantier de fenaison se fait en commun », conclut Thomas Krust.

Loriane Erb et Margot Huss

Deux passionnées pour trois génisses

Publié le 11/05/2023

Loriane Erb et Margot Huss participeront en binôme au Festival de l’élevage, où elles présenteront trois génisses : Taie, Tantine et Tidyna, du Gaec de la Cigogne, à Wolfisheim, lors du concours des présentateurs et du concours des génisses prim’holstein.

Aujourd’hui conseillère technique élevage à la Chambre d'agriculture Alsace (CAA), Loriane Erb est passionnée par l’élevage et gravite dans ce milieu depuis 2017. Tant et si bien qu’elle a décidé d’en faire son métier. Elle effectue donc sa scolarité au lycée agricole d’Obernai, d’abord avec un bac S, puis un BTS Analyse et conduite des systèmes d’exploitation (Acse). Une formation qu’elle achève avec une licence professionnelle Productions animales en apprentissage, à Besançon pour la théorie, et au Gaec de la Cigogne à Wolfisheim pour la pratique. Ses diplômes en poche, Loriane Erb est embauchée au sein du service élevage de la CAA en septembre 2021, où elle est spécialisée en élevage laitier. Elle travaille aussi sur l’exploitation de Maurice Auer, à Salenthal. Et, comme si cela ne suffisait pas, elle a aussi une botte dans l’exploitation de ses beaux-parents, l’EARL Gallactis à Jeterswiller. « Je suis tous les jours dans les vaches, c’est ma passion », commente la jeune femme de 23 ans. Emportée par sa passion, Loriane Erb a participé pour la première fois au Festival de l’élevage de Brumath l’année dernière. C’est là qu’elle a fait la connaissance de Margot Huss. Cette jeune fille, originaire de Wolfisheim, a passé son enfance à aller avec son frère au Gaec de la Cigogne. Non issus du milieu agricole, ils ont tous les deux développé une passion pour le monde de l’élevage. Son frère est devenu inséminateur en Suisse, et Margot Huss lui emboîte le pas. À 19 ans, elle est actuellement étudiante en terminal en bac pro Sciences et technologies de l’agronomie et du vivant (STAV) Productions animales au lycée agricole d’Obernai. Durant sa scolarité, Margot Huss a effectué plusieurs stages, dont un d’une semaine dans un élevage équin en Suisse, et un autre de quatre semaines au Gaec Wilt à Dachstein. Des expériences qui ont conforté sa vocation d’inséminatrice pour bovins et équins. Pour l’année prochaine, elle est déjà acceptée à la Maison familiale et rurale (MFR) de le Cateau-Cambrésis, près de Lille, où elle va effectuer un BTS Productions animales en alternance, de préférence dans une entreprise spécialisée dans l’insémination et la génétique. « Je suis vraiment heureuse d’avoir réussi à me faire ma place dans ce milieu. J’adore déjà ce métier », lance-t-elle. Une amitié née de l’élevage Margot Huss a participé pour la première fois à un concours d’animaux d’élevage, il y a sept, huit ans. L'année dernière, après une longue pause et un passage par l’école des jeunes présentateurs, elle retente l’expérience, d’abord à Brumath, puis à Agrimax, où elle participe notamment au concours de présentateurs, baptisé ShowmanShip. C’est durant ces concours, auxquels Loriane Erb participait également, que les deux jeunes femmes se sont liées d’amitié. Cette année, c’est donc ensemble qu’elles vont participer au concours des jeunes présentateurs le samedi, et au concours holstein le dimanche, avec les trois mêmes génisses : Taie, Tantine et Tidina, une fille de Dynastie, « une vache qui a déjà été distinguée à Brumath », précise Loriane Erb. Les trois génisses viennent du Gaec de la Cigogne à Wolfisheim, où Loriane Erb a travaillé durant un an, et où Margot Huss a contracté le virus de l’élevage. Pour les deux jeunes femmes, plus qu’une hypothétique victoire, c’est le fait de participer qui compte. « Ce que j’aime dans les concours c’est le contact avec les animaux, l’ambiance, l’expérience, et de pouvoir se retrouver avec des amis, des gens avec qui on partage la même passion », indique Loriae Erb. Les deux jeunes femmes ont nénanmoins mis toutes leurs chances de leur côté : elles travaillent quasiment tous les jours avec leurs génisses depuis le 1er avril. « Nous leur mettons un licol, nous les faisons marcher, nous les lavons… », décrit Loriane Erb. Objectif : être les plus belles pour aller à Brumath !    

Association des fermes-auberges du Haut-Rhin

50 ans de passion de la montagne fêtés au Parc-Expo de Colmar

Publié le 06/04/2023

Les fermes auberges du Haut-Rhin ont pris possession du Parc-expo de Colmar, samedi 1er et dimanche 2 avril, à l’occasion du 50e anniversaire de l’association qui réunit 41 d’entre elles. Si le hall 5 a pris des allures d’auberges, la coquille qui habituellement abrite les concerts de la Foire aux vins, a accueilli cette fois-ci une trentaine de vosgiennes pour le concours départemental de la race. L’occasion était trop belle de marier ces deux événements.

Sur les coups de 16 h, ce samedi, les cors des alpes ont entonné quelques mélodies alors que les nombreux représentants de la profession, élus et représentants de l’État se rassemblaient afin d’inaugurer les festivités. C’est d’un pas entraîné qu’ils ont d’abord visité les installations inédites réservées au concours bovin, avant de parcourir le hall 5 du Parc-expo de Colmar. Dans cet espace, tout a été concentré, bien à l’abri de la pluie et du vent annoncés. Dans un coin, même les enfants tournent sur leurs petits tracteurs. Par ici, une fontaine en rondins, là encore de grandes tablées. Partout, les fermiers aubergistes s’affairent en costumes traditionnels. Et pour parfaire l’ambiance montagnarde, une délicieuse odeur de munster et autre roigebrageldi titille les papilles des visiteurs. Les partenaires des fermiers aubergistes sont bien présents : le Parc naturel régional des Ballons des Vosges, par exemple, présente aux visiteurs ses itinéraires de balades. Objectif : séduire ceux qui ne consomment pas habituellement la montagne pour leur faire découvrir ses plaisirs. Des randonnées courtes, au départ des fermes-auberges pour se donner faim avant ou digérer après un bon repas marcaire. Plus loin, Jean-Claude Mann de Muhlbach présente ses cloches à vache. Il en a d’ailleurs créé une pour cet anniversaire. Présentée à l’occasion de cette inauguration, elle voyagera ensuite de ferme-auberge en ferme-auberge. Après cette mise en jambes, place aux discours. Et c’est le maire de Colmar, Eric Straumann, qui prend le micro en premier. « Colmar doit sa prospérité à son emplacement : à l’entrée de la plus belle vallée des Vosges, celle de Munster ! », a-t-il déclaré joyeusement afin de souligner le lien étroit entre sa commune et la montagne. Après une transhumance dans les rues colmariennes en 2021, puis cet anniversaire en ville, Eric Straumann appelle de ses vœux à de nouveaux rendez-vous du genre. D’où l’on vient Serge Sifferlen, président de l’Association des fermes-auberges du Haut-Rhin et fermier-aubergiste à Kruth, est ensuite monté à la tribune pour un long discours retraçant l’histoire et les combats de ses pairs. « Celui qui ne sait pas d’où il vient, ne sait pas où il va », a-t-il introduit, tout en saluant Jean Klinkert, au premier rang, qui lui a soufflé cette idée de raconter comment l’agriculture a façonné le massif. Acteur majeur du développement des fermes-auberges, ce n’est que le premier hommage qui lui a été rendu ce jour-là. Son nom a été cité par tous les intervenants suivant. Les grandes guerres ont laissé détruites nombre de marcairies. Beaucoup n’ont pas été reconstruites. De ce passé abîmé, les acteurs du massif ont su se relever. En ouvrant la Route du fromage par exemple en 1968. En bénéficiant de décisions politiques fortes aussi, comme l’aménagement des routes pour faciliter l’accessibilité et faire venir des visiteurs dans la montagne. L’histoire mouvementée de la charte des fermes-auberges et la « transhumance de contestation » jusqu’à la préfecture de Colmar, le statut des exploitants enfin affiliés à la MSA et la loi Montagne, ou encore ce repas marcaire servi à New York à l’occasion des 100 ans de la statue de la Liberté : les souvenirs de Serge Sifferlen sont nombreux et sa passion résonne dans chaque anecdote. N’oubliant pas son travail d’éleveur, il en profite pour insister à nouveau sur l’importance de l’abattoir de Cernay, outil local indispensable. Aujourd’hui, le président des fermes-auberges du Haut-Rhin se tourne bien sûr vers le futur, évoquant l’eau, les énergies renouvelables… Mais aussi les dossiers moins agréables comme les nuisances sonores des motards sur la route des crêtes ou les dégâts de gibiers. « Il faudra trouver des compromis tout en pérennisant l’accès à la montagne », insiste Serge Sifferlen à l’attention des politiques présents. « Nous sommes une famille, une tribu, a conclu le fermier-aubergiste. Nous avons aussi une histoire commune avec le Club Vosgien. C’est avec eux qu’est né le sens de l’accueil des fermes-auberges. » L’avenir de ces établissements ne serait rien sans les visiteurs, et les attentes du public sont claires. « Ne changez rien, nous dit-on, se satisfait Serge Sifferlen. Si ce n’est une meilleure connexion internet. » Se déconnecter… mais pas trop donc ! Entre le tourisme et l’agriculture Si les fermiers-aubergistes collaborent de très près avec Alsace Destination Tourisme (ADT), ils sont aussi accompagnés par la Chambre d’agriculture Alsace (CAA) pour le côté élevage de la profession. Une transition toute trouvée pour passer le micro à Denis Nass, président de la CAA. « C’est un sacré métier ! a-t-il lancé à l’attention des fermiers-aubergistes dans l’assistance. Vous aménagez le territoire, valorisez la montagne, tout cela avec une multitude de contraintes. Vous avez su évoluer, tout en développant un grand sens de l’accueil. » Il insiste également sur la jeunesse, et rejoint Serge Sifferlen dans ses combats pour l’eau, le cahier des charges, les dégâts de gibier… Conditions indispensables à la transmission des exploitations de montagne, les fermes-auberges comme les autres. « Notre présence à tous montre que nous sommes pleinement mobilisés ! » Dans les allées du hall 5, les fermiers-aubergistes sont émus et fiers que tant de personnes aient répondus à l’invitation. C’est autour d’un verre et de bons produits que cette inauguration s’est conclue. Que ce soit en ville ou à la montagne, les fermes-auberges ne déçoivent jamais les gourmands.      

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