Élevage

Festival de l'élevage de Brumath. Concours prim’holstein

Un podium haut-rhinois et un podium bas-rhinois

Publié le 17/05/2023

Quelque 90 animaux se sont succédé dans le ring sous l’œil aiguisé du juge belge Gilles Jonette. C’est Tulipe de l’EARL Oser Bernard à Biederthal, qui est sacrée grande championne de ce concours. Sa réserve, Midali Tina du Gaec Butsch à Ranspach-le-Haut, est également haut-rhinoise. Mais le Bas-Rhin remporte le concours junior, avec Tess Red, de la SCL Goos à Blaesheim, et sa réserve Thelma, du Gaec Losser à Mussig.

Le cortège d’officiels n’a pas encore fini de quitter le ring de présentation que les premières jeunes génisses s’avancent. Lavées, lustrées, coiffées, elles font plaisir à voir. Gilles Jonette décrit une première section « assez hétérogène », mais après avoir scruté les génisses sous toutes les coutures, sa championne est « évidente » : il s’agit de Thelma du Gaec Losser à Mussig, pour son « caractère laitier et la qualité de ses membres ». Dans la « très belle classe » de génisses de la section 2, « quatre animaux se démarquent », estime Gilles Jonette, qui finira par porter son choix sur Tess Red de la SCL Goos à Blaesheim, une jolie rousse qui se démarque par « son très bon format, son ouverture de côtes, et ses très bons membres ». La section 3 est assez hétérogène aussi. C’est Tep Lays du Gaec Urban à Berstett qui remporte les faveurs du juge. « Elle a plus de caractère laitier », justifie-t-il. Mais Taie, du Gaec de la Cigogne à Wolfisheim, la talonne avec « sa puissance et le parallélisme exceptionnel de ses pattes arrière ». Avec la section 4, la dernière du championnat junior, la tension monte d’un cran. Gilles Jonette finit par préférer Truffe TH, du Gaec Tilleul Holstein à Traubach-le-Bas, pour « son ossature fine et ses très bons membres », confirmant ainsi que ce critère est primordial pour lui dans le classement des animaux. Puis, les deux premières de chaque section reviennent dans le ring, sous les encouragements du public, pour que le juge désigne sa championne et sa réserve. Il les scrute à nouveau sous tous les angles, en fait sortir quatre, en garde quatre autres : le suspense est à son comble ! Enfin, il lance le jingle et s’élance vers Tess Red pour la désigner championne puis vers Thelma, qui sera sa réserve. Son choix a été dicté par « la solidité et les membres exceptionnels » de ces jeunes génisses. Des choix parfois compliqués Après une petite pause consacrée au concours de la race jersiaise (sur lequel nous reviendrons dans une prochaine édition), les prim holstein reviennent, pour le championnat des seniors, consacré aux génisses plus âgées. Les génisses de la section 5 entrent dans le ring, et le juge poursuit son travail d’évaluation des membres, de la morphologie, du dessus, il observe la puissance, la largeur de poitrine… Finalement, son choix se porte sur Tulipe de l’EARL Oser Bernard à Biederthal, « une génisse très laitière, qui se démarque des suivantes par la solidité de son paturon ». La section 6 est composée de génisses de 13 à 15 mois. La préférée du juge est Midali Tina du Gaec Butsch à Ranspach-le-Haut, pour « ses excellents membres, son bon rapport entre sa taille et sa largeur de poitrine, et son bon espace intercostal », mais les deux suivantes ne sont pas très loin et « même la quatrième aurait pu faire partie du lot », apprécie Gilles Jonette. Dans la section 7, les génisses ont entre 15 et 18 mois. Pour le juge, deux animaux se distinguent : Beverly de l’EARL des Trois Chênes à Donnenheim et O’Lacs Aria de l’EARL Des Lacs à Puttelange-aux-Lacs. La première est « très puissante », ce sont « sa soudure du dessus et l’inclinaison de ses cotes qui font la différence ». Dans la huitième et dernière section, Gilles Jonette distingue Riedill Souci de l’EARL Wollenburger à Bindernheim. Avec « sa largeur, sa solidité, l’ouverture de ses cotes », c’est « une gagnante évidente ». Comme précédemment, les deux premières de chaque section reviennent dans le ring sous l’œil concentré des présentateurs, qui font tout pour présenter les génisses sous leur meilleur jour : un placement de queue par ci, une rectification de la ligne de dos ou de position de patte par là… Gilles Jonette fait durer le suspense : il retient quatre animaux, pour « leurs bons membres et leur dessus solide », et en fait sortir quatre. Enfin, il s’élance et tape la croupe Tulipe, puis de Midali Tina. Les deux présentateurs laissent éclater leur joie et se congratulent. Il ne reste plus au juge qu’à départager Tess Red, la championne junior, de Tulipe, la championne senior. Ce sera finalement Tulipe, car c’est un animal « puissant, qui se déplace aisément, qui n’est pas extrême et qui a donc tout pour bien vieillir ». Clic clac on immortalise les vainqueurs avec les photos d’usage, et le concours est fini, il faut laisser la place aux enfants et aux veaux !

Publié le 12/05/2023

L’année dernière, Théo Reiss et Romain Fassel ont remporté le concours de pointage au Festival de l’élevage de Brumath. Une victoire qui leur a permis de se rendre au Salon international de l’agriculture à Paris, pour la finale nationale.

Le concours de jugement d’animaux par les jeunes (CJAJ), organisé par les Jeunes Agriculteur du Bas-Rhin, se déroule chaque année au Festival de l’élevage de Brumath. Le samedi 21 mai 2022, le concours de pointage des jeunes de 15 à 25 ans a notamment eu lieu. Théo Reiss, du lycée agricole d’Obernai, a décroché la première place dans la catégorie race charolaise. Romain Fassel, de Bolsenheim, et prochainement en formation à l’Alpa (Association lorraine pour la promotion en agriculture), près de Nancy, a quant à lui remporté le concours dans la catégorie race prim’holstein. Tous les deux participaient pour la première fois à cette compétition. « Je suis surpris d’avoir gagné ! Je ne m’y attendais pas », s’exclame Romain Fassel. Le Bas-Rhin représenté à Paris En excellant dans leurs pointages à Brumath, les deux jeunes bas-rhinois se sont qualifiés pour la finale nationale. Elle s’est tenue à Paris lors du Salon international de l’agriculture en février dernier. Le principe était le même qu’à Brumath, mais avec des participants venus de la France entière. « En tout, on était 45 pointeurs pour la race charolaise. On avait une heure pour pointer cinq vaches, j’ai fini 32e. Il faut dire qu’il y avait du niveau là-bas ! Ce n’est pas vraiment mon domaine, donc je suis très content du résultat », lance Théo Reiss. Du côté de la race prim’holstein, Romain Fassel s’est retrouvé face à 90 jeunes pointeurs français. Il a terminé à la 84e place. « Je n’avais pas bien révisé, je l’avoue, mais c’était tout de même une bonne expérience », dit-il. En attendant les résultats, les deux Alsaciens ont également pu profiter du salon en tant que visiteur. Un moment très enrichissant pour Théo Reiss. « Il y avait pas mal de choses intéressantes à voir. Rien que les animaux, par exemple. J’ai aussi vu des nouvelles techniques et pratiques en termes d’élevage et d’alimentation qui peuvent être utiles », affirme-t-il. Lors de cette 41ème édition du Festival de l’élevage de Brumath, le concours de pointage aura lieu le samedi 13 mai à 16 h, et l’inscription se fera dès 15 h. Pour le moment, Théo Reiss ne sait pas s’il va à nouveau tenter de décrocher la première place de la compétition. Mais une chose est sûre, il sera présent pour le festival dans sa globalité. « Chaque année c’est le rendez-vous du coin, c’est à côté de chez moi. On croise du monde, on échange et il y a toujours une bonne ambiance », conclut l’élève du Legta d’Obernai.

Jersi’Est présent au Festival de l’élevage, à Brumath

Pérenniser et développer la jersiaise

Publié le 11/05/2023

Pour la première fois, la race jersiaise sera représentée au Festival de l’élevage, à Brumath. L’association Jersi’Est que préside Thomas Krust, éleveur à Berrwiller, cherche à promouvoir la race et à valoriser un cheptel en quête de reconnaissance.

La race jersiaise est une race d’avenir. Thomas Krust n’a pas de mots assez forts pour expliquer les raisons de cette présence, à Brumath, comme dans tous les futurs évènements consacrés à l’élevage. « En tant que représentant de la race, en tant que professionnel, et comme mes collègues qui s’inscrivent dans la même démarche, nous sommes tous convaincus que la race jersiaise est celle qui résiste le mieux aux aléas climatiques et qui valorise le mieux les fourrages pauvres. C’est aussi elle qui a le meilleur lait. La jersiaise est une vache très rustique. Elle est très résistante, par rapport aux problèmes de cellules. Elle ne connaît pas ou très peu de problèmes de boiterie. Et elle vieillit très bien », explique Thomas Krust. Sur son exploitation, la doyenne, Gaby, attend actuellement son dixième veau. Elle a douze ans, avec une moyenne de 5 256 kg de production, 55,4 TB et 42,6 TP. Des qualités d’élevages qui peuvent être complétées par des vêlages sans assistance et dès 24 mois, une santé de mamelle excellente, d’où des comptages cellulaires faibles, une morphologie faite pour durer et une petite taille pour des interventions aisées, et une conduite facile grâce à un tempérament très doux. Thomas Krust sera évidemment présent, à Brumath, avec certaines de ses propres jersiaises. Il ne sera pas le seul. « Nous allons avoir quatorze génisses de la race réparties pour le concours, en deux sections : les 6-12 mois et les 12-18 mois. Cela va nous permettre de bien présenter les spécificités de la race. Je suis entouré d’un groupe d’éleveurs, des passionnés. Nous nous rendons ces derniers mois sur tous les évènements, comme les concours de Paris, au sommet de l’élevage à Cournon, en octobre, ou encore au Space à Rennes, en septembre 2022 dans le cadre du national Jersiais. Il était évident que nous nous devions d’être présents, dans notre propre région. À Brumath, donc, puis au concours de Habsheim fin octobre où ce sera une première pour la race. Notre objectif est de pouvoir organiser dans quelques années un concours national de la jersiaise dans l’Est de la France », ajoute Thomas Krust. En France, 16 000 vaches de race jersiaise sont actuellement contrôlées. Elle est en tête de toutes les races laitières pour la richesse de son lait, puisque la plus-value du litre est en moyenne de 100 € les 1 000 litres. Du fromage Âgé de 41 ans, Thomas Krust a un parcours professionnel atypique. Il a d’abord travaillé dans l’œnologie comme maître de chai chez Materne Haegelin à Orschwihr. « Je suis revenu sur l’exploitation familiale, à Berrwiller, en 2013. Grâce à la confiance du Crédit Agricole, j’ai pu m’installer et emprunter pour construire une nouvelle étable et une nouvelle salle de traite. La prochaine étape, c’est un séchoir pour être autonome en protéines. On transforme la moitié du lait qu’on produit. Nous sommes dans un système herbe-foin. Il y a ici cinquante vaches jersiaises à la traite et 110 avec la suite. C’est la seule exploitation du Haut-Rhin avec un cheptel à 100 % jersiaises. Nous sommes dans cette race, depuis 1999. Pour la transformation, c’est la race qu’il faut. Je le répète mais c’est elle qui valorise le mieux les fourrages pauvres et c’est le cas, quand on est en production biologique, comme nous », précise Thomas Krust. Il constate que le cheptel augmente, en France. Il y a dix ans, il y avait 3 000 vaches. Aujourd’hui, on a dépassé les 20 000.  « Les gens se rendent compte que produire de la quantité, ce n’est pas le plus rémunérateur. Au contraire, il faut produire de la qualité », insiste l’éleveur. À la ferme Krust, la moitié du lait est donc transformée sur l’exploitation et l’autre moitié par l’organisation des producteurs de lait Seine et Est (OPLASE). « Ici, nous fabriquons et nous vendons notre propre fromage. D’abord, le Bertschwiller, qui est un fromage à pâte molle et à croûte lavée à la fleur de sel, produit avec le lait des vaches jersiaises. Il est travaillé à la façon de l’époisse. Ensuite, la tomme Lehmatten. Il y a aussi, le Pèlerin qui est un fromage au lait de Jersiaise cru et entier, à pâte pressée non cuite et à croûte lavée, affinée trois semaines. Sa croûte est fine et blanche rosée. Enfin, nous faisons le Lehwald à pâte molle et à croûte fleurie dans le style Camembert. Au total, on transforme à la ferme 80 000 litres de lait et on en produit 200 000 litres. Notre prochain projet est la construction d’une nouvelle fromagerie au bord de la route des vins d'Alsace , devant la ferme, avec un point de vente », note Thomas Krust qui est associé, en Gaec, avec sa maman Pascale. Il y a trois salariés, dont la sœur de Thomas, Hélène, et Marie Lindenschmidt, une salariée qui a fait l'école de fromagerie à Mamirolle. Autour de la ferme, s’étendent 80 hectares, dont 65 hectares d’herbe et de luzerne. « Nous comptons augmenter la part de luzerne car dans les années sèches, c’est la seule chose qui pousse, ici. Par ailleurs, il y a six coupes possibles en luzerne. C’est aussi pour cela que nous voulons investir dans un séchoir. Enfin, il y a 15 hectares de céréales. La moitié de fourragères. L’autre moitié pour faire de la farine destinée à la planification car nous avons aussi une société de négoce. On transforme 300 tonnes de céréales en farine planifiable, dont 80 % sont destinés à la boulangerie Turlupain d’Orbey et à un deuxième site à Saales. Nos clients sont les particuliers mais également les restaurateurs, les magasins bio, les épiceries fines et quelques grossistes. Nous travaillons également en Cuma avec nos voisins, comme les Pfauwadel et d’autres exploitants de Berrwiller. Tout le chantier de fenaison se fait en commun », conclut Thomas Krust.

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