Élevage

Salon de l’herbe et des fourrages à Poussay (Vosges)

En vert et contre tout

Publié le 17/06/2023

De nombreux exposants étaient réunis aux portes de l’Alsace, les 7 et 8 juin, à l’occasion du salon de l’herbe et des fourrages. La présentation de matériels de récolte des fourrages s’accompagnait d’ateliers techniques et de conférences visant à accompagner les agriculteurs vers l’autonomie fourragère, protéique et énergétique de leurs élevages.

Une quinzaine de semenciers étaient présents, avec des microparcelles présentant leur offre en variétés fourragères. Chez Lidea, la division semences du groupe Euralis résultant de la fusion avec Caussade, la gamme comprend 1 200 plantes fourragères et plantes services, « aptes à couvrir toutes les situations et tous les contextes pédoclimatiques », dixit Aurélien Deceuninck, responsable marketing. Comme la plupart de ses concurrents, Lidea propose des variétés en pur ou en mélange, ainsi qu’une gamme bio. Le choix des espèces et des variétés se raisonne en fonction des objectifs de chaque éleveur : améliorer la ration en protéines, restructurer les sols et les enrichir en matière organique, produire de la biomasse pour alimenter un méthaniseur ou rénover une prairie en fin de vie. Quel que soit le type de prairies (courte, moyenne ou longue durée), la tendance est aux mélanges, indique Aurélien Deceuninck, citant l’exemple de CS Stock CTT et Lidgrass Clover, des mélanges à forte proportion de légumineuses ou CS Renov LTT, associant deux ray-grass anglais et du ray-grass hybride adapté à la rénovation de prairies. Dans les grandes largeurs Sous un ardent soleil, les fabricants et vendeurs de matériels de récolte des fourrages présentent leur matériel en fonctionnement sur des espaces dédiés. Chez Kuhn, c’est un défilé impressionnant de cinq machines qui est présenté et commenté par les spécialistes fourrage de la marque, en commençant par la faucheuse conditionneuse la plus large du marché, la FC 13460 RA. Une machine offrant jusqu’à 13,40 m de largeur de fauche et dotée d’un tapis regroupeur d’andains. Elle offre un débit de chantier important, ce qui la destine plutôt aux gros faiseurs, et une grande qualité de fauche permise par son lamier robuste. Suivent le combiné presse-enrubanneuse à chambre variable VPB 7190, élu machine de l’année au dernier Sima en raison de sa polyvalence ; la faneuse GF 13003 T, avec son chariot de 13 m de large, ses rotors de petit diamètre, sa grande simplicité de réglage ; l’andaineur à tapis frontal Merge Maxx 440 F combiné à un andaineur 4 rotors GA 13031, qui allie simplicité et débit de chantier. La présentation s’achève avec le combiné presse-enrubanneuse FBP3135 dont la chambre de compression à 18 rouleaux a été repensée pour lui permettre « de tout avaler ». Chez Pöttinger, une présentation dynamique des matériels les plus récents ou innovants est également proposée : parmi eux, le nouvel andaineur à tapis Mergento VT 9220 et la remorque autochargeuse-ensileuse Jumbo série 8000. Cette machine, prévue pour les Cuma ou les ETA, offre une longueur de coupe de 25 mm. « Nous sommes les seuls sur le marché à proposer cela », souligne Dorothée Dutter, responsable de la communication de la marque. Cette coupe courte permet un meilleur tassement du fourrage au silo, ce qui en améliore la conservation et l’appétence. Autres avantages cités par Dorothée Dutter : un meilleur chargement de la remorque, qui permet d’économiser une personne sur le chantier et la possibilité d’utiliser la remorque pour le transport de céréales, de copeaux de bois, voire de paille de maïs. Chez Krone, la principale nouveauté a pour nom Vendro C1120, une faneuse traînée attelable sur l’anneau du tracteur. « On peut l’utiliser sur un vieux tracteur de ferme, c’est l’avantage, souligne Rémi Chenevière, responsable marketing chez Krone France. D’une largeur de travail de 11,20 m, elle répond à la demande d’exploitations dont les surfaces augmentent et qui veulent travailler vite tout en restant compacte au transport. Le positionnement des dents, au plus proche de la roue, permet une grande réactivité au travail. Leur courbure contribue à créer « une belle nappe de fourrage », propice à sa dessiccation. Tracteurs, services et petits matériels En dehors des matériels de fenaison, nombreuses sont les firmes exposant d’autres matériels : outils de pâturage, matériel de régénération de prairies, de distribution du fourrage, de manutention… Valtra présente, pour la première fois dans le Grand Est, sa série Q, des tracteurs de 225 à 305 ch, constituant « un intermédiaire entre les très fortes puissances et les puissances moyennes ». Leur sortie était d’autant plus attendue que sur ce créneau de 200 à 300 ch, les ventes sont en nette progression, alors que les 100 à 150 ch ont atteint un plateau, mentionne Rémi Morin, responsable support marketing. La série Q combine maniabilité et performance et, comme l’ensemble des tracteurs chez Valtra, elle est disponible avec toute une panoplie de services qui vont du financement à la maintenance en passant par la capitalisation des données de travail. Du côté des petits matériels, Ukal propose des caméras pour la surveillance des bâtiments agricoles et des animaux, qui permettent aux agriculteurs de travailler à distance de leur ferme avec une certaine sérénité. La société, installée près de Niederbronn-les-Bains, vend également des pompes pour l’abreuvement des animaux au pré, alimentées à l’énergie solaire ou par batterie. Trois modèles sont disponibles, de puissance variable. « La plus forte permet de pomper 7 m3 à 40 m », précise Léonie Sala, directrice marketing et digital.

Festival de l'élevage de Brumath. Concours prim’holstein

Un podium haut-rhinois et un podium bas-rhinois

Publié le 17/05/2023

Quelque 90 animaux se sont succédé dans le ring sous l’œil aiguisé du juge belge Gilles Jonette. C’est Tulipe de l’EARL Oser Bernard à Biederthal, qui est sacrée grande championne de ce concours. Sa réserve, Midali Tina du Gaec Butsch à Ranspach-le-Haut, est également haut-rhinoise. Mais le Bas-Rhin remporte le concours junior, avec Tess Red, de la SCL Goos à Blaesheim, et sa réserve Thelma, du Gaec Losser à Mussig.

Le cortège d’officiels n’a pas encore fini de quitter le ring de présentation que les premières jeunes génisses s’avancent. Lavées, lustrées, coiffées, elles font plaisir à voir. Gilles Jonette décrit une première section « assez hétérogène », mais après avoir scruté les génisses sous toutes les coutures, sa championne est « évidente » : il s’agit de Thelma du Gaec Losser à Mussig, pour son « caractère laitier et la qualité de ses membres ». Dans la « très belle classe » de génisses de la section 2, « quatre animaux se démarquent », estime Gilles Jonette, qui finira par porter son choix sur Tess Red de la SCL Goos à Blaesheim, une jolie rousse qui se démarque par « son très bon format, son ouverture de côtes, et ses très bons membres ». La section 3 est assez hétérogène aussi. C’est Tep Lays du Gaec Urban à Berstett qui remporte les faveurs du juge. « Elle a plus de caractère laitier », justifie-t-il. Mais Taie, du Gaec de la Cigogne à Wolfisheim, la talonne avec « sa puissance et le parallélisme exceptionnel de ses pattes arrière ». Avec la section 4, la dernière du championnat junior, la tension monte d’un cran. Gilles Jonette finit par préférer Truffe TH, du Gaec Tilleul Holstein à Traubach-le-Bas, pour « son ossature fine et ses très bons membres », confirmant ainsi que ce critère est primordial pour lui dans le classement des animaux. Puis, les deux premières de chaque section reviennent dans le ring, sous les encouragements du public, pour que le juge désigne sa championne et sa réserve. Il les scrute à nouveau sous tous les angles, en fait sortir quatre, en garde quatre autres : le suspense est à son comble ! Enfin, il lance le jingle et s’élance vers Tess Red pour la désigner championne puis vers Thelma, qui sera sa réserve. Son choix a été dicté par « la solidité et les membres exceptionnels » de ces jeunes génisses. Des choix parfois compliqués Après une petite pause consacrée au concours de la race jersiaise (sur lequel nous reviendrons dans une prochaine édition), les prim holstein reviennent, pour le championnat des seniors, consacré aux génisses plus âgées. Les génisses de la section 5 entrent dans le ring, et le juge poursuit son travail d’évaluation des membres, de la morphologie, du dessus, il observe la puissance, la largeur de poitrine… Finalement, son choix se porte sur Tulipe de l’EARL Oser Bernard à Biederthal, « une génisse très laitière, qui se démarque des suivantes par la solidité de son paturon ». La section 6 est composée de génisses de 13 à 15 mois. La préférée du juge est Midali Tina du Gaec Butsch à Ranspach-le-Haut, pour « ses excellents membres, son bon rapport entre sa taille et sa largeur de poitrine, et son bon espace intercostal », mais les deux suivantes ne sont pas très loin et « même la quatrième aurait pu faire partie du lot », apprécie Gilles Jonette. Dans la section 7, les génisses ont entre 15 et 18 mois. Pour le juge, deux animaux se distinguent : Beverly de l’EARL des Trois Chênes à Donnenheim et O’Lacs Aria de l’EARL Des Lacs à Puttelange-aux-Lacs. La première est « très puissante », ce sont « sa soudure du dessus et l’inclinaison de ses cotes qui font la différence ». Dans la huitième et dernière section, Gilles Jonette distingue Riedill Souci de l’EARL Wollenburger à Bindernheim. Avec « sa largeur, sa solidité, l’ouverture de ses cotes », c’est « une gagnante évidente ». Comme précédemment, les deux premières de chaque section reviennent dans le ring sous l’œil concentré des présentateurs, qui font tout pour présenter les génisses sous leur meilleur jour : un placement de queue par ci, une rectification de la ligne de dos ou de position de patte par là… Gilles Jonette fait durer le suspense : il retient quatre animaux, pour « leurs bons membres et leur dessus solide », et en fait sortir quatre. Enfin, il s’élance et tape la croupe Tulipe, puis de Midali Tina. Les deux présentateurs laissent éclater leur joie et se congratulent. Il ne reste plus au juge qu’à départager Tess Red, la championne junior, de Tulipe, la championne senior. Ce sera finalement Tulipe, car c’est un animal « puissant, qui se déplace aisément, qui n’est pas extrême et qui a donc tout pour bien vieillir ». Clic clac on immortalise les vainqueurs avec les photos d’usage, et le concours est fini, il faut laisser la place aux enfants et aux veaux !

Publié le 12/05/2023

L’année dernière, Théo Reiss et Romain Fassel ont remporté le concours de pointage au Festival de l’élevage de Brumath. Une victoire qui leur a permis de se rendre au Salon international de l’agriculture à Paris, pour la finale nationale.

Le concours de jugement d’animaux par les jeunes (CJAJ), organisé par les Jeunes Agriculteur du Bas-Rhin, se déroule chaque année au Festival de l’élevage de Brumath. Le samedi 21 mai 2022, le concours de pointage des jeunes de 15 à 25 ans a notamment eu lieu. Théo Reiss, du lycée agricole d’Obernai, a décroché la première place dans la catégorie race charolaise. Romain Fassel, de Bolsenheim, et prochainement en formation à l’Alpa (Association lorraine pour la promotion en agriculture), près de Nancy, a quant à lui remporté le concours dans la catégorie race prim’holstein. Tous les deux participaient pour la première fois à cette compétition. « Je suis surpris d’avoir gagné ! Je ne m’y attendais pas », s’exclame Romain Fassel. Le Bas-Rhin représenté à Paris En excellant dans leurs pointages à Brumath, les deux jeunes bas-rhinois se sont qualifiés pour la finale nationale. Elle s’est tenue à Paris lors du Salon international de l’agriculture en février dernier. Le principe était le même qu’à Brumath, mais avec des participants venus de la France entière. « En tout, on était 45 pointeurs pour la race charolaise. On avait une heure pour pointer cinq vaches, j’ai fini 32e. Il faut dire qu’il y avait du niveau là-bas ! Ce n’est pas vraiment mon domaine, donc je suis très content du résultat », lance Théo Reiss. Du côté de la race prim’holstein, Romain Fassel s’est retrouvé face à 90 jeunes pointeurs français. Il a terminé à la 84e place. « Je n’avais pas bien révisé, je l’avoue, mais c’était tout de même une bonne expérience », dit-il. En attendant les résultats, les deux Alsaciens ont également pu profiter du salon en tant que visiteur. Un moment très enrichissant pour Théo Reiss. « Il y avait pas mal de choses intéressantes à voir. Rien que les animaux, par exemple. J’ai aussi vu des nouvelles techniques et pratiques en termes d’élevage et d’alimentation qui peuvent être utiles », affirme-t-il. Lors de cette 41ème édition du Festival de l’élevage de Brumath, le concours de pointage aura lieu le samedi 13 mai à 16 h, et l’inscription se fera dès 15 h. Pour le moment, Théo Reiss ne sait pas s’il va à nouveau tenter de décrocher la première place de la compétition. Mais une chose est sûre, il sera présent pour le festival dans sa globalité. « Chaque année c’est le rendez-vous du coin, c’est à côté de chez moi. On croise du monde, on échange et il y a toujours une bonne ambiance », conclut l’élève du Legta d’Obernai.

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