Publié le 29/04/2017
À Dachstein, la famille Wilt produit du lait et de la génétique sans perdre de vue que le premier leur procure toujours la plupart de ses recettes.
Avec Delicia et Wilt Elia en 2015, Wilt Enjy en 2017, le Gaec Wilt a cumulé les prix de championnat au concours Eurogénétique d’Épinal. Pour ces éleveurs, la génétique est une passion familiale que Jean, le grand-père d’Olivier et de Nicolas, puis Jean-Claude, leur père, semblaient déjà avoir dans leur sang. À la fin des années soixante-dix, ils achètent des vaches en Allemagne. Ils transmettent le virus et une bonne base génétique à Olivier qui s’installe en 2003 et à Nicolas qui le rejoint en 2013. « La génétique, c’est le piment de ma vie de tous les jours. Elle me fait m’évader de la routine. Et ici, que ce soit ma sœur, ma compagne ou mes enfants, tout le monde aime ça », confie Olivier. Voir une vache du troupeau sur la plus haute marche du podium est certes un objectif, mais pas un but en soi. « Nous recherchons des vaches fonctionnelles qui produisent du lait au quotidien, avec de bonnes pattes, une mamelle haute et large qui leur permettent de durer, une largeur qui leur procure une bonne capacité d’ingestion. Il faut ensuite des familles qui transmettent ces critères au reste du troupeau ». Olivier prend conscience du potentiel de valorisation de la génétique lors d’un stage de quatre mois dans le Wisconsin aux États-Unis avant son installation. Dans la stabulation construite en 1976, vingt vaches forment l’équipe des postulantes aux trophées dans les concours. « C’est notre vitrine. Leur ration de base ne comporte pas d’ensilage, seulement du foin et de l’enrubanné. Un DAC leur sert correcteur et concentré de production. J’ai appris comment les nourrir en échangeant avec d’autres éleveurs sur les concours », indique Olivier. Ces rendez-vous, tout comme des messages régulièrement postés sur Facebook, font la promotion de l’élevage jusqu’à l’inciter à organiser des ventes aux enchères à la ferme. Après une première édition en 2008, la seconde aura lieu le 1er juillet prochain. Une cinquantaine d’animaux de toutes les catégories, dont quinze de l’élevage Wilt, figurera au catalogue. 28 à 29 litres permis par les fourrages de base Mais la génétique ne fait pas rouler le Gaec sur l’or. « Devenir riche en vendant des vaches est un mythe ! Avant de gagner de l’argent avec cette activité, notre objectif est de ne pas en perdre. Notre premier métier reste la production laitière. Elle nous procure l’essentiel de nos recettes », lance Olivier. L’effort génétique sert surtout à la masse du troupeau. Il tutoie les 10 000 l avec une ration complète qui se compose d’ensilages d’herbe et de maïs dans une proportion deux tiers/un tiers, de foin de luzerne, de paille et de 2,3 kg de correcteur. Les seuls fourrages de base autorisent une production de 28 à 29 litres car Olivier soigne leur qualité. Il fauche ses prairies de mélanges multi-espèces suisses à dominantes ray-grass et dactyle avant épiaison pour viser les 17,5 % de MAT et 94 UF. La place accordée à l’herbe, vue en Allemagne, et mise en pratique depuis plus de dix ans sur des terres humides où la réussite du maïs est aléatoire, a permis de réduire la surface de maïs ensilage et d’accroître l’autonomie fourragère. La famille Wilt gère aujourd’hui un élevage qu’elle a optimisé au fil des ans. Deux exemples. Les éleveurs confectionnent les litières des logettes creuses de leurs vaches avec un mélange de paille, de chaux et d’eau. La chaux restituée via les quelque 45 m3/ha de lisier épandus à l’automne et au printemps ont permis de remonter en quinze ans de 5,5 à 6,8 le pH de leurs prés avec un effet bénéfique sur la flore et la qualité du fourrage. En 2014, ils ont opté pour une salle de traite simple équipement 2x16. « Elle permet à une personne de traire 110 vaches à l’heure nettoyage compris, pour un coût d’investissement 40 % moins élevé qu’un autre équipement », résume Olivier. « Nous souhaitions aussi nous retrouver à l’étable tous ensemble. C’est le lieu de vie de l’exploitation, pas l’endroit où personne ne veut aller ». À l’avenir, la construction d’un bâtiment génisses libérerait assez de places dans les stabulations existantes pour traire 180 vaches. Mais Olivier, Nicolas et Jean-Claude ne font pas une fixation sur l’agrandissement. Ils préféreraient miser sur une diversification ou, encore mieux, constater que leurs produits sont rémunérés à un juste prix.












