Publié le 28/05/2017
Développer les ventes de lait et de produits laitiers régionaux dans le Grand Est : c’est l’ambition exprimée lors des assises régionales organisées le 15 mai par la Région et la Chambre régionale d’agriculture.
Les fruits et légumes avaient ouvert le bal en février. Lundi 15 mai, c’était au tour du lait et des produits laitiers. Entre-temps, les Assises régionales pour le développement des filières et des marchés alimentaires dans la région Grand Est se sont penchées sur d’autres filières agricoles - les viandes bovine, ovine et porcine, les volailles - et sur la distribution. L’exercice consiste à réunir les différents acteurs de la filière et à les faire réfléchir aux moyens d’augmenter la part des produits régionaux dans la consommation du Grand Est. Ces assises, ajoute Sébastien Loriette, représentant la Chambre régionale d’agriculture du Grand Est, visent aussi à rendre la valeur ajoutée à la production et aux différents maillons de la filière. Car si aujourd’hui, « tout le monde veut manger local, il faut d’abord produire et transformer local ». Les réflexions émises lors des quatre ateliers de la journée ont vocation à alimenter la politique agricole de la Région Grand Est, en cours de construction avec les Organisations professionnelles agricoles, a précisé Philippe Mangin, vice-président de l’exécutif régional. La conquête des marchés fait partie des quatre priorités retenues par la Région, les autres étant la modernisation des différents maillons de la chaîne alimentaire, l’innovation et l’installation des jeunes. La Région entend soutenir les efforts des filières agricoles en direction de tous les marchés, précise Philippe Mangin : à l’export, où la France recule faute d’être suffisamment organisée et agressive, mais aussi sur le marché régional, où la demande, « assez récente, ne cesse d’augmenter de façon structurelle ». Répondre à la demande de produits locaux est toutefois moins simple qu’il n’y paraît. Affaiblie par deux années de crise, la filière laitière fait face à un déficit de valorisation du lait susceptible de faire disparaître des élevages. Un recul de la production laitière régionale mettrait les outils de transformation en surcapacité, pointe du doigt l’étude commandée au cabinet Blézat (lire l’encadré ci-dessus). Du local toute la semaine Pour pouvoir approvisionner le marché régional, la filière doit prendre en compte les tendances actuelles de la consommation : une demande croissante pour les produits biologiques, pour les laits produits en petite série, mais aussi une moindre attirance pour les fromages à pâte molle, pourtant très produits dans la région, par rapport aux fromages à pâte pressée. Un autre élément à prendre en compte est l’essor du marché de la restauration hors domicile (RHD), qui a progressé de près de 9 % en valeur entre 2011 et 2015. Ce marché ne pourra pourtant se développer que si les décideurs font le choix des produits locaux de qualité toute la semaine, et non une fois par semaine en privilégiant un approvisionnement à bas prix le reste du temps, prévient Daniel Perrin, au nom du Centre interprofessionnel laitier du Grand Est. La valorisation du lait et des produits laitiers provenant du Grand Est se heurte au poids important des hypermarchés et du hard discount dans la région et à la pression sur les prix exercée par ces distributeurs. Les commerces de proximité et les commerces spécialisés bios y sont en revanche moins présents. Essayer de nouer des partenariats avec les crémiers locaux fait partie des pistes envisagées par l’étude.












