Élevage

Publié le 08/09/2017

Le Gaec Petitdemange ouvre ses portes ce dimanche 10 septembre à partir de 10 h. L’occasion de comprendre ce qu’est une exploitation laitière familiale. Située peu avant Lièpvre, au lieu-dit Bois-L’Abbesse, cette ferme a rénové son bâtiment d’élevage et installé un robot de traite.

C’est en 1997 que Laurent Petitdemange reprend l’exploitation familiale. Il est rejoint par son épouse, Maud, en 1999, en tant que conjoint collaborateur. Un statut qui change en 2013 quand elle s’installe officiellement pour seconder son mari. « Un choix mûrement réfléchi. D’un côté, nous avions payé nos dettes et réalisé la mise aux normes de l’exploitation. Nous étions également en réflexion pour nous doter d’un robot de traite. De l’autre côté, je voulais avoir mon propre statut. Nous avions fait nos preuves ensemble. Nous voulions améliorer notre qualité de vie et avoir moins de contraintes horaires en profitant notamment de nos trois enfants », explique Maud Petitdemange. À partir de 2014 le bâtiment principal de l’exploitation est rénové. Un chantier de 18 mois qui permet de créer 60 logettes pour les vaches, une quarantaine pour les génisses et d’élargir le couloir principal à 3 et 4 mètre, une largeur suffisante pour le passage d’un tracteur. Les poteaux porteurs du bâtiment sont déplacés. Le bâtiment, d’une surface de 1 400 m2 avec la laiterie, est entièrement bardé en bois dans le cadre d’une intégration paysagère demandée par le plan bâtiment soutenu par la Chambre d'agriculture d’Alsace. Le bâtiment est entièrement fermé en raison du climat local. Les hivers sont généralement très froids. Et les lieux sont souvent exposés au vent. « Aujourd’hui, le bâtiment abrite dans les meilleures conditions le cheptel de l’exploitation. À savoir, une centaine de vaches, essentiellement des Holstein, mais également une dizaine de Montbéliardes, et les génisses. Nous avons un contrat de production avec notre laiterie, Sodiaal, pour produire 600 000 litres. Un niveau de production que nous n’avons pas encore atteint. Le lait est la seule production de l’exploitation. Nous faisons, pour les vaches, du maïs sur dix hectares et nous avons encore 70 ha de prairies. L’essentiel de la collecte de lait va à la laiterie. Nous faisons un peu de vente directe avec des sachets d’un litre. Je fais trois tournées par semaine comme ma belle-mère à l’époque. Ce sont les mêmes clients depuis des années », constate Maud Petitdemange. Libérée de trois heures de travail par jour Malgré quelques difficultés administratives, Maud et Laurent Petitdemange, qui ont toujours été soutenus par la municipalité de Lièpvre, ont pu se doter d’un robot de traite de la marque Lely. Ainsi, les conditions de travail se sont effectivement améliorées. « Je me suis libérée trois heures de travail par jour. Et les vaches se sont rapidement adaptées. Elles étaient moins stressées que nous qui devions nous réorganiser en conséquence. Il faut cependant toujours être présent car il y a quand même des pics comme à 17 h où les vaches se présentent ensemble pour la traite. Mais, désormais, nous avons davantage de temps pour faire autre chose », se félicite Maud Petitdemange. Seul hic persistant, c’est le prix du lait. Descendu l’année passée à 270 €/1 000 litres, il est aujourd’hui à 330 €. « C’est mieux évidemment, mais cela ne rattrape pas les années passées. Nous arrivons simplement à nous en sortir. C’est frustrant. On se serre les coudes ensemble. Mais, j’arrive facilement à comprendre, les éleveurs isolés, qui décident d’arrêter », ajoute Maud Petitdemange qui s’occupe de toute la partie administrative de l’exploitation, des veaux et de l’étable. Désormais posés et lancés dans la poursuite de leur aventure professionnelle, Maud et Laurent Petitdemange ont donc décidé d’organiser leur première « portes ouvertes » ce dimanche 10 septembre. « L’idée est de montrer le robot de traite. On nous pose de nombreuses questions sur le sujet. Nous voulons également présenter l’ensemble de la ferme en proposant une visite guidée du bâtiment d’élevage. L’année passée, c’était encore un peu juste pour organiser une telle journée. Nous n’étions pas prêts. Nous n’avons rien à cacher. Au contraire, nous voulons montrer le contraire de ce que nous entendons régulièrement dans les médias nationaux. Ces polémiques sur le bien-être animal. Sur le travail des agriculteurs. Nous voulons montrer qu’ici, les vaches sont bien. Nous voulons aussi renvoyer aux gens l’image de la réalité du métier d’éleveur et d’agriculteur. Nous faisons un travail de qualité. À nous de communiquer, d’expliquer », souligne l’agricultrice. Outre la visite de l’élevage, agrémentés de panneaux pédagogiques de la Chambre d’agriculture d’Alsace et la présentation du robot de traite par un représentant de la marque qui sera spécialement présent, de nombreuses autres animations seront proposées. Il y aura une petite exposition de matériel agricole préparée par la société Schillinger de Neuve-Église, un marché paysan dans le verger familial avec des produits locaux. Le centre équestre d’Albé proposera une mini-ferme et des balades en poney. Un passionné de chevaux de traits et deux marchands de vins compléteront le dispositif. « Comme nous n’avons rien à vendre ici à la ferme, j’ai pensé à proposer toutes ces animations. Nous en profiterons pour proposer des burgers avec la buvette. Sans oublier un bar à lait où il sera possible de déguster du lait avec des sirops », conclut Maud Petitdemange.

Concours de la race charolaise

La fine fleur de l'élevage bovin alsacien

Publié le 25/08/2017

À l’image de l’an dernier, le concours de la race charolaise aura lieu, non pas durant la foire européenne de Strasbourg, mais lors de la finale départementale de labour du Bas-Rhin qui se déroule dimanche 27 août à Mietesheim. Une confrontation qui enregistre un nombre de participants record.

Dimanche prochain à Mietesheim, le concours régional de la race charolaise constituera l’un des temps forts de la finale départementale de labour. Après avoir organisé cette compétition au Parc des expositions de Strasbourg durant des années, le syndicat des éleveurs de la race charolaise d’Alsace a décidé, l’an dernier, de se joindre aux Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin lors de leur grande fête agricole du mois d’août. « C’est essentiellement pour des raisons de logistique que nous avions pris cette décision, explique Thierry Kolb, président du syndicat. C’est beaucoup plus simple en termes d’organisation et de disponibilité des éleveurs. Il est plus aisé de mobiliser les éleveurs sur une seule journée. » Les animaux arriveront le dimanche matin, avant de subir une séance de lifting et une pesée. Les opérations de jury débuteront à 14 h, sous la houlette de Thierry Lechenault, éleveur en Gaec à Saint-Thibault en Côte-d’Or, le juge stagiaire étant Thomas Samyn, venu des Ardennes. La présentation des animaux primés aura lieu à 17 h, juste avant l’annonce des résultats de la finale de labour. Les animaux quitteront le site vers 19 h. Création d’une section « Veaux d’automne » Lors de la réunion de préparation, les éleveurs ont décidé d’apporter quelques modifications au règlement du concours. La première concerne les grands prix d’honneur. « Un animal qui a décroché un grand prix d’honneur l’année précédente ne pourra pas le remporter l’année suivante. » La question était de savoir si, dans ce cas-là, il fallait annuler l’épreuve ou prendre l’animal classé deuxième. « Nous avons finalement choisi de prendre le deuxième de la catégorie. » L’autre modification concerne les veaux. « Nous avons décidé de créer une section Veaux d’automne », explique Thierry Kolb. Jusqu’ici, pour être considéré comme un veau, il fallait que l’animal soit né après le 1er décembre de l’année N-1. Ce qui excluait d’office les veaux nés quelques jours avant la date butoir. Des veaux qui se retrouvaient dans la section Juniors, en compétition avec des animaux beaucoup plus âgés qu’eux. « La majorité des membres du syndicat n’a pas souhaité modifier la date à partir de laquelle les animaux sont admis dans la section Veaux. Ils ont préféré mettre en place une section Veaux d’automne pour que ces animaux concourent entre eux. » Par contre, ils participeront au championnat Juniors, qui regroupe les animaux âgés de 1 à 3 ans. Ce concours est pour les éleveurs participants l’occasion de présenter leur savoir-faire, de montrer le haut niveau génétique de leur troupeau et d’être, en quelque sorte, les ambassadeurs de l’élevage alsacien. Un rôle d’autant plus important que, cette année, la finale départementale de labour aura pour vedette une production végétale, le raifort.

Publié le 03/07/2017

La simmental française continue à se développer dans les élevages : l’effectif a atteint 40 000 animaux en France en 2016 et le cap des 2 000 cheptels est en vue. L’objectif de Simmental France est d’apporter aux éleveurs les outils pour améliorer la génétique dans leur élevage.

Organisme et entreprise de sélection (OES) de la race simmental française, Simmental France organisait son assemblée générale mercredi 21 juin à la Maison des associations de Wœrth. Une assemblée présidée pour la dernière fois par Jean Bernhard, dont le successeur sera désigné à la rentrée. Avant de présenter son rapport moral, le président de l’OES a rendu hommage à André Hance, ancien président de l’unité de sélection décédé début 2017, et Jean-Georges Herr, ancien directeur de Simmental France, disparu en avril, deux infatigables défenseurs de la race simmental. « Ils ont cru à la simmental quand la race était au plus bas. C’est grâce à leur dynamisme qu’elle s’est développée », a-t-il souligné en saluant la mémoire de « deux hommes passionnés ». Les éleveurs sont confrontés depuis deux ans à une crise prolongée : aux mauvais rendements et aux prix anormalement bas s’ajoutent les attaques sur les pratiques d’élevage. « Les éleveurs n’ont jamais fait autant pour le bien-être animal depuis dix ans et pourtant, les attaques continuent », constate Jean Bernhard en appelant à « plus de reconnaissance » vis-à-vis des éleveurs. Autre frustration exprimée par le président de Simmental France : après 30 ans de restriction sur la matière grasse, les bienfaits du beurre sont à nouveau reconnus, d’où la tentation des laiteries de mieux rémunérer le taux butyreux aux dépens du taux protéique. Une telle évolution n’est pas favorable à la simmental, juge Jean Bernhard. Les éleveurs de simmental ont en revanche quelques motifs de satisfaction : une étude récente montre que l’avenir est aux races mixtes. La simmental, qui a l’avantage de produire longtemps et dont la qualité de la viande est reconnue par de nombreux restaurateurs, en fait partie. Dans ce contexte, l’objectif de l’OES est de continuer à apporter aux éleveurs les outils nécessaires à l’amélioration génétique de leurs troupeaux. La percée dans l’Ouest se confirme Depuis 2010, les effectifs simmental ne cessent d’augmenter en France, constate Hervé Vignon, directeur de l’OES. Plus de 40 000 animaux et 1 800 cheptels sont recensés en 2017. « C’est une dynamique qui perdure depuis quelques années ». La Haute-Marne, au cœur du berceau de la race, est largement devancée par l’Aveyron (plus de 200 cheptels). Le Massif central constitue une zone de développement importante et la simmental effectue depuis quelques années une percée dans l’Ouest, qui est « loin d’être anecdotique ». Le nombre de vaches simmental inscrites au Contrôle laitier est en baisse, ce qui se vérifie également dans les autres races. Les performances laitières, elles, « n’ont jamais été aussi hautes » : la production moyenne ressort à 6 224 kg, avec une lactation parmi les plus courtes en vaches laitières. Elle est en hausse de 65 kg par rapport à l’année d’avant, à 40,2 de taux butyreux et 33,7 de taux protéique. Grâce aux données d’abattage des jeunes bovins, on sait maintenant que la simmental produit le meilleur poids de carcasse : 391 kg contre 384 kg pour la montbéliarde et 382 kg pour la normande, avec un âge à l’abattage inférieur à ces deux autres races (617 jours). « On attendait ces résultats pour pouvoir communiquer sur les aptitudes bouchères de la simmental et sa mixité », se réjouit le directeur de Simmental France (lire notre encadré). En tant qu’organisme de sélection, Simmental France est actif dans la promotion de la race. Il participe notamment à tous les grands salons d’élevage. Un nouveau site internet est en cours de déploiement (www.simmentalfrance.fr). Il se veut attrayant et fonctionnel et comportera d’ici peu un module sur l’offre génétique. Le nombre d’IA réalisées en 2016 (41 400) est en légère baisse par rapport à 2015. La situation varie selon l’entreprise de mise en place : dans la zone Élitest, qui représente un gros quart du total des IA, le nombre d’IA est en recul de 5 %, mais dans la zone Évolution (Ouest), il augmente de 6 %. Hervé Vignon relève que le croisement avec d’autres races, en particulier les races bouchères (charolais, blanc bleu) se développe : une tendance à mettre en relation avec les problèmes de trésorerie des éleveurs, qui s’en sortent mieux en vendant des veaux croisés. La part des taureaux génomiques augmente fortement en 2016, comparée à celle des taureaux indexés sur descendance : les deux catégories sont désormais quasiment à égalité. Une importante diversité génétique 340 taureaux différents ont été utilisés en IA en 2016, gage d’une importante diversité génétique. Le taureau le plus demandé, Haddock, ne représente que 8 % des IA. Il est suivi de Barnum et Brocard (5 % chacun). Même si cela complique la logistique, Hervé Vignon considère que la diversité génétique de la race est « un atout à conserver ». Le bilan génétique des IAP est en forte amélioration depuis une dizaine d’années, particulièrement depuis l’arrivée des taureaux génomiques, comme le montre la progression des différents index (production, morphologiques et fonctionnels). Sortis la veille de l’assemblée générale, les résultats d’index ont été présentés par Jean-Baptiste Geoffray. Parmi les taureaux indexés sur descendance, plusieurs nouveautés intéressantes : Guépard, un très bon taureau laitier (156 pt d’Isu, 53 pt d’Inel), positif dans les deux taux. Il est à privilégier sur vaches, si possible sur de grandes vaches, recommande le technicien. Gallius est l’autre bonne surprise du classement (131 pt d’Issu, 32 d’Inel) : « Il est un cran au-dessus en matière de taux et plus complet en morphologie que Guépard, le seul regret, c’est qu’il est négatif en cellules, il faudra faire attention dans les accouplements ». Brocard, Cactus, Barnum et Basta confirment leurs qualités. Le technicien a également présenté les taureaux génomiques du catalogue, ainsi que les taureaux étrangers, suisses notamment.

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