Élevage

Concours de la race charolaise

La fine fleur de l'élevage bovin alsacien

Publié le 25/08/2017

À l’image de l’an dernier, le concours de la race charolaise aura lieu, non pas durant la foire européenne de Strasbourg, mais lors de la finale départementale de labour du Bas-Rhin qui se déroule dimanche 27 août à Mietesheim. Une confrontation qui enregistre un nombre de participants record.

Dimanche prochain à Mietesheim, le concours régional de la race charolaise constituera l’un des temps forts de la finale départementale de labour. Après avoir organisé cette compétition au Parc des expositions de Strasbourg durant des années, le syndicat des éleveurs de la race charolaise d’Alsace a décidé, l’an dernier, de se joindre aux Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin lors de leur grande fête agricole du mois d’août. « C’est essentiellement pour des raisons de logistique que nous avions pris cette décision, explique Thierry Kolb, président du syndicat. C’est beaucoup plus simple en termes d’organisation et de disponibilité des éleveurs. Il est plus aisé de mobiliser les éleveurs sur une seule journée. » Les animaux arriveront le dimanche matin, avant de subir une séance de lifting et une pesée. Les opérations de jury débuteront à 14 h, sous la houlette de Thierry Lechenault, éleveur en Gaec à Saint-Thibault en Côte-d’Or, le juge stagiaire étant Thomas Samyn, venu des Ardennes. La présentation des animaux primés aura lieu à 17 h, juste avant l’annonce des résultats de la finale de labour. Les animaux quitteront le site vers 19 h. Création d’une section « Veaux d’automne » Lors de la réunion de préparation, les éleveurs ont décidé d’apporter quelques modifications au règlement du concours. La première concerne les grands prix d’honneur. « Un animal qui a décroché un grand prix d’honneur l’année précédente ne pourra pas le remporter l’année suivante. » La question était de savoir si, dans ce cas-là, il fallait annuler l’épreuve ou prendre l’animal classé deuxième. « Nous avons finalement choisi de prendre le deuxième de la catégorie. » L’autre modification concerne les veaux. « Nous avons décidé de créer une section Veaux d’automne », explique Thierry Kolb. Jusqu’ici, pour être considéré comme un veau, il fallait que l’animal soit né après le 1er décembre de l’année N-1. Ce qui excluait d’office les veaux nés quelques jours avant la date butoir. Des veaux qui se retrouvaient dans la section Juniors, en compétition avec des animaux beaucoup plus âgés qu’eux. « La majorité des membres du syndicat n’a pas souhaité modifier la date à partir de laquelle les animaux sont admis dans la section Veaux. Ils ont préféré mettre en place une section Veaux d’automne pour que ces animaux concourent entre eux. » Par contre, ils participeront au championnat Juniors, qui regroupe les animaux âgés de 1 à 3 ans. Ce concours est pour les éleveurs participants l’occasion de présenter leur savoir-faire, de montrer le haut niveau génétique de leur troupeau et d’être, en quelque sorte, les ambassadeurs de l’élevage alsacien. Un rôle d’autant plus important que, cette année, la finale départementale de labour aura pour vedette une production végétale, le raifort.

Publié le 03/07/2017

La simmental française continue à se développer dans les élevages : l’effectif a atteint 40 000 animaux en France en 2016 et le cap des 2 000 cheptels est en vue. L’objectif de Simmental France est d’apporter aux éleveurs les outils pour améliorer la génétique dans leur élevage.

Organisme et entreprise de sélection (OES) de la race simmental française, Simmental France organisait son assemblée générale mercredi 21 juin à la Maison des associations de Wœrth. Une assemblée présidée pour la dernière fois par Jean Bernhard, dont le successeur sera désigné à la rentrée. Avant de présenter son rapport moral, le président de l’OES a rendu hommage à André Hance, ancien président de l’unité de sélection décédé début 2017, et Jean-Georges Herr, ancien directeur de Simmental France, disparu en avril, deux infatigables défenseurs de la race simmental. « Ils ont cru à la simmental quand la race était au plus bas. C’est grâce à leur dynamisme qu’elle s’est développée », a-t-il souligné en saluant la mémoire de « deux hommes passionnés ». Les éleveurs sont confrontés depuis deux ans à une crise prolongée : aux mauvais rendements et aux prix anormalement bas s’ajoutent les attaques sur les pratiques d’élevage. « Les éleveurs n’ont jamais fait autant pour le bien-être animal depuis dix ans et pourtant, les attaques continuent », constate Jean Bernhard en appelant à « plus de reconnaissance » vis-à-vis des éleveurs. Autre frustration exprimée par le président de Simmental France : après 30 ans de restriction sur la matière grasse, les bienfaits du beurre sont à nouveau reconnus, d’où la tentation des laiteries de mieux rémunérer le taux butyreux aux dépens du taux protéique. Une telle évolution n’est pas favorable à la simmental, juge Jean Bernhard. Les éleveurs de simmental ont en revanche quelques motifs de satisfaction : une étude récente montre que l’avenir est aux races mixtes. La simmental, qui a l’avantage de produire longtemps et dont la qualité de la viande est reconnue par de nombreux restaurateurs, en fait partie. Dans ce contexte, l’objectif de l’OES est de continuer à apporter aux éleveurs les outils nécessaires à l’amélioration génétique de leurs troupeaux. La percée dans l’Ouest se confirme Depuis 2010, les effectifs simmental ne cessent d’augmenter en France, constate Hervé Vignon, directeur de l’OES. Plus de 40 000 animaux et 1 800 cheptels sont recensés en 2017. « C’est une dynamique qui perdure depuis quelques années ». La Haute-Marne, au cœur du berceau de la race, est largement devancée par l’Aveyron (plus de 200 cheptels). Le Massif central constitue une zone de développement importante et la simmental effectue depuis quelques années une percée dans l’Ouest, qui est « loin d’être anecdotique ». Le nombre de vaches simmental inscrites au Contrôle laitier est en baisse, ce qui se vérifie également dans les autres races. Les performances laitières, elles, « n’ont jamais été aussi hautes » : la production moyenne ressort à 6 224 kg, avec une lactation parmi les plus courtes en vaches laitières. Elle est en hausse de 65 kg par rapport à l’année d’avant, à 40,2 de taux butyreux et 33,7 de taux protéique. Grâce aux données d’abattage des jeunes bovins, on sait maintenant que la simmental produit le meilleur poids de carcasse : 391 kg contre 384 kg pour la montbéliarde et 382 kg pour la normande, avec un âge à l’abattage inférieur à ces deux autres races (617 jours). « On attendait ces résultats pour pouvoir communiquer sur les aptitudes bouchères de la simmental et sa mixité », se réjouit le directeur de Simmental France (lire notre encadré). En tant qu’organisme de sélection, Simmental France est actif dans la promotion de la race. Il participe notamment à tous les grands salons d’élevage. Un nouveau site internet est en cours de déploiement (www.simmentalfrance.fr). Il se veut attrayant et fonctionnel et comportera d’ici peu un module sur l’offre génétique. Le nombre d’IA réalisées en 2016 (41 400) est en légère baisse par rapport à 2015. La situation varie selon l’entreprise de mise en place : dans la zone Élitest, qui représente un gros quart du total des IA, le nombre d’IA est en recul de 5 %, mais dans la zone Évolution (Ouest), il augmente de 6 %. Hervé Vignon relève que le croisement avec d’autres races, en particulier les races bouchères (charolais, blanc bleu) se développe : une tendance à mettre en relation avec les problèmes de trésorerie des éleveurs, qui s’en sortent mieux en vendant des veaux croisés. La part des taureaux génomiques augmente fortement en 2016, comparée à celle des taureaux indexés sur descendance : les deux catégories sont désormais quasiment à égalité. Une importante diversité génétique 340 taureaux différents ont été utilisés en IA en 2016, gage d’une importante diversité génétique. Le taureau le plus demandé, Haddock, ne représente que 8 % des IA. Il est suivi de Barnum et Brocard (5 % chacun). Même si cela complique la logistique, Hervé Vignon considère que la diversité génétique de la race est « un atout à conserver ». Le bilan génétique des IAP est en forte amélioration depuis une dizaine d’années, particulièrement depuis l’arrivée des taureaux génomiques, comme le montre la progression des différents index (production, morphologiques et fonctionnels). Sortis la veille de l’assemblée générale, les résultats d’index ont été présentés par Jean-Baptiste Geoffray. Parmi les taureaux indexés sur descendance, plusieurs nouveautés intéressantes : Guépard, un très bon taureau laitier (156 pt d’Isu, 53 pt d’Inel), positif dans les deux taux. Il est à privilégier sur vaches, si possible sur de grandes vaches, recommande le technicien. Gallius est l’autre bonne surprise du classement (131 pt d’Issu, 32 d’Inel) : « Il est un cran au-dessus en matière de taux et plus complet en morphologie que Guépard, le seul regret, c’est qu’il est négatif en cellules, il faudra faire attention dans les accouplements ». Brocard, Cactus, Barnum et Basta confirment leurs qualités. Le technicien a également présenté les taureaux génomiques du catalogue, ainsi que les taureaux étrangers, suisses notamment.

Publié le 30/06/2017

À Schweighouse-près-Thann, Nicolas et Christophe Dieterich ont d’abord ciblé la productivité de leur troupeau allaitant. Ils veulent à présent mieux en valoriser les produits.

L’Eàrl du Muhlwald a toujours détenu des bêtes. Jean-Paul Dieterich, installé en 1976, a trait 25 vaches jusqu’en 1977. Il a embrayé avec 80 truies naisseur et 80 places de taurillons élevés à partir de veaux de huit jours, puis un atelier de 250 places de veaux de boucherie conduit en intégration. 2003 est une année noire. L’exploitation doit faire face à la sécheresse, à l’incendie d’un hangar de stockage (le troisième en seize ans) et à un accident qui prive Jean-Paul de l’usage d’une main. « Cochons et veaux sont des productions très techniques. Il fallait tout le temps être derrière pour que la performance suive » constate Jean-Paul. C’est ainsi qu’il opte pour la vache allaitante, dont quelques têtes entretenaient jusque-là un verger. Les débuts sont hésitants. Les génisses achetées ne sont pas assez typées élevage. Elles manquent de bassin, de gabarit, et leur suite, de croissance. « Nous nous en sommes rendus compte en nous déplaçant dans les élevages de la région de Limoges. Nous y avons acheté des reproducteurs et nous sommes alors partis dans le bon sens » raconte Nicolas, qui gère le troupeau depuis son arrivée comme salarié de l’exploitation en 2014 et avec un projet d’installation pour 2018. Christophe, son frère aîné, gérant de l’Eàrl, s’occupe des céréales en plus d’un emploi salarié. Nicolas a essayé de grouper ses génisses, mais il a jugé le coût trop élevé par rapport au résultat. La difficulté à détecter les chaleurs est une autre raison qui explique qu’il a peu recours à l’insémination artificielle. Il fait donc confiance aux taureaux qu’il introduit à partir du 1er février dans six lots de 14 à 28 mères encore logés dans le bâtiment le plus récent de 180-190 places, un autre de 100 places sur le site historique de la ferme et un petit solde aménagé dans l’ancienne porcherie. L’objectif est de faire vêler le gros de la troupe entre le 10 novembre et la fin janvier. Cette stratégie fonctionne bien : « en 2016, il y a eu 98 vêlages sur 100 vaches. Seuls deux veaux ont été perdus, dont un par accident » se félicite Nicolas. Au printemps, les bovins sont réallotés en cinq groupes. Les couples mère/veaux sortent dès que le sol est suffisamment portant. Les éleveurs complémentent avec du foin ou de l’enrubanné au râtelier et pratiquent une rotation tous les huit à dix jours. Les animaux reviennent sur la même parcelle toutes les six semaines. « À 3 UGB/ha, le chargement est élevé » reconnaît Nicolas. Un début de vente directe Via le nourrisseur sélectif, les veaux disposent quasiment à volonté d’un complément qui se compose à parts égales d’orge aplati, de bouchons de pulpes de betteraves et de luzerne déshydratée. Les croissances du vêlage à 120 jours s’établissent à 1 300 g pour les mâles et 1 200 g pour les femelles. « Nous avons progressé en adhérant au contrôle de croissance, au syndicat des éleveurs Limousins du Bas-Rhin et grâce aux échanges avec le technicien bovins viande de la chambre d’agriculture, Daniel Renger » insiste Nicolas. Les mâles sont vendus en broutard entre sept mois et demi et neuf mois et demi d’âge à 350-400 kg vifs. Les éleveurs finissent à l’herbe, à la luzerne, à l’orge et au tourteau de colza, et un peu d’ensilage de maïs, toutes leurs génisses et leurs réformes. Ils consacrent une quinzaine de génisses au renouvellement. Dans l’absolu, ils aimeraient « tout engraisser », mais il faudrait ajouter un autre bâtiment que l’achèvement du remembrement facilite désormais. Malgré des journées bien occupées et la vente d’une centaine de bêtes par an dont environ une moitié de mâles, Nicolas se verse chaque mois moins d’un SMIC. « Si je calcule en heures de travail je ne touche presque rien. Pourtant avec autant de bêtes, on se dit qu’il n’est pas possible de ne pas gagner sa vie ! ». Comme il n’est pas jeune éleveur à baisser les bras, Nicolas vient de s’associer à huit collègues pour monter un magasin de 300 m². « L’îlot fermier » a ouvert à Hirsingue le 6 juin. L’Eàrl du Muhwald fournit la viande bovine conventionnelle. Les bêtes sont abattues à Cernay, découpées et transformées au Thillot. « Il en coûte de 1 500 à 1 600 € par tête. L’aller-retour dans les Vosges est facturé 50 €, c’est raisonnable » calcule Nicolas. La prévision de vente tablait sur une bête par semaine. « Il semble que trois sur le mois soit plus probable. Je vois davantage ce circuit comme un moyen de faire quelque chose pour mon revenu que le bio » analyse Nicolas qui effectue une permanence au magasin chaque samedi matin. Jean-Paul, lui, est convaincu de la justesse de la démarche, car aujourd’hui, « le consommateur veut acheter local et connaître l’origine des produits ».

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