Élevage

Organisme de sélection de la race bovine vosgienne

Des éleveurs pleins d’enthousiasme

Publié le 15/04/2017

Nombre de vaches femelles et d’adhérents en hausse, progrès génétiques salués, lancement réussi du fromage Cœur de massif : l’Organisme de sélection de la race bovine vosgienne a vécu une année 2016 très positive. Un dynamisme qui devrait se poursuivre via la valorisation de nouvelles filières viande.

Les éleveurs de vaches vosgiennes peuvent être enthousiastes. Lors de sa dernière assemblée générale, l’Organisme de sélection (OS) de la race a fait état d’un bilan flatteur pour 2016 : 320 animaux de race pure en une année, le nombre d’adhérents qui continue d’augmenter (193 contre 186 en 2015) ou encore le fromage Cœur de Massif qui a su trouver son public. Comme le souligne le président de l’OS, Florent Campello, ce produit « rayonne » et « surprend » au niveau local et national comme il a pu le constater lors du Salon international de l’agriculture (SIA) à Paris. « Grâce à lui, nous maintenons la rusticité de notre race et la modernité de notre travail », se félicite-t-il. Chez les éleveurs qui se sont lancés dans cette aventure, les retours sont très bons. Lionel Vaxelaire en produit une fois par semaine. Il n’a aucun stock. « Il y a une forte demande suite au SIA. C’est un beau produit qui plaît beaucoup. » Même constat chez Christian Ancel, du Gaec des Hautes Huttes. Il a fabriqué 3 000 kg de Cœur de massif depuis avril 2016. « C’est une plus-value importante pour mon exploitation », se réjouit-il aujourd’hui. Au 31 décembre 2016, 21 éleveurs de vosgiennes s’étaient formés à la création de ce fromage. Quatorze sont dans la production opérationnelle, dont trois au sein de la Fromagerie de la vallée de Munster. « Le fromage est tellement apprécié des consommateurs que les caves d’affinage sont vides. La demande est clairement supérieure à l’offre. Pour le moment, on ne peut pas donner suite au marché national. Les nouveaux producteurs sont donc les bienvenus », souligne Laurine Spieser, chargée de mission circuits courts et valorisation au sein de l’OS. Un « modèle » pour les autres races Il semble loin le temps où la vosgienne était au bord du déclin. Aujourd’hui, elle est en passe de devenir un « modèle » pour les autres races en matière de génétique. « Grâce à un budget en hausse, nous sommes plus précis sur les valeurs de nos animaux. Nous connaissons en ce moment même un véritable bond en avant avec la génomique. Tout cela profite à l’ensemble de nos éleveurs et de nos exploitations. » Avec la génétique, l’OS vosgienne travaille quotidiennement pour apporter des solutions aux éleveurs. « C’est essentiel pour nous faire vivre et faire vivre les générations futures. » Et c’est bien loin d’être fini. Avec l’entrée en vigueur du Règlement zootechnique européen (RZE) le 1er novembre 2018 (lire en encadré), le travail de l’OS va considérablement évoluer et place la race vosgienne au « Cœur » de son système génétique. « Ce règlement va fondamentalement changer le cours de notre histoire. L’éleveur sera au cœur de ce changement. C’est lui qui sera le maître de l’avenir de sa race. Car seuls ceux qui touchent physiquement la vosgienne savent ce qu’il lui faut pour son avenir. » Un grain de viande « unique » À commencer par une filière bouchère qui a de nouvelles perspectives devant elle par le biais de Charal. En 2016, 50 animaux ont été commercialisés par ce biais via Bresson Viandes. En 2017, la collecte sera élargie via Gasparini, Haute-Saône Bétail, Ueberschlag et Socobeval. Les animaux sont abattus à Metz. « Grâce à cette filière courte qui se met en place, nous bénéficions d’une nouvelle possibilité de valoriser notre travail, avec une plus-value intéressante de 8 centimes le kg de carcasse pour les éleveurs », développe Florent Campello. De quoi confirmer les bons retours observés lors du dernier SIA. Pour la première fois, les éleveurs de vosgiennes y ont emmené des animaux allaitants. « Cela s’est très bien passé et prouve que notre race a largement sa place dans cette catégorie. » Et ce n’est pas fini. La commission valorisation a repris en main le projet de filière « veau de lait » évoqué en 2014. L’idée est simple : valoriser une viande qui « se finit bien » tout en promouvant la race vosgienne dans sa mixité. « C’est un grain de viande unique qui a déjà été repéré par certains consommateurs. À terme, ce serait une nouvelle plus-value pour les éleveurs, et un nouvel ambassadeur de la marque « Race bovine vosgienne ». » L’enthousiasme « vosgienne », a encore de beaux jours devant lui.

Concours de la race Montbéliarde

Java, championne Espoir

Publié le 14/04/2017

Le challenge de l’école des jeunes d’Eurogénétique a connu un véritable succès et un concours de qualité. Peu avant, l’Esat du Sonnenhof à Bischwiller a remporté avec sa vache Java, le titre de championne « Espoir » du concours des Montbéliardes.

La dernière journée d’Eurogénétique, samedi 8 avril, a été consacrée au concours Montbéliard, au challenge de l’école des jeunes et enfin au concours des Vosgiennes (lire ci-contre). Pour le concours Montbéliard regroupant de superbes animaux, cinq vaches du Haut-Rhin issues de quatre élevages avaient fait le déplacement. Impériale (Urocher X Papayou) de Serge Stimpfling à Aspach a fait sixième sur huit en catégorie espoir, vaches en 1re lactation. Dans la catégorie jeunes vaches, Holly (Ulemo X Tonnage) de l’Earl Hatstatt de Muespach a terminé cinquième de section. Horloge (Afene X Piazzetta) de l’Earl Peter de Saint-Bernard a terminé sixième et Girolle (Vercel X Ugostar) du Gaec du Blochmont a pris la septième place. Enfin en catégorie « vaches adultes », Georgette (Urbaniste X Oxalin) également de l’Earl Peter, en quatrième lactation, finie quatrième de sa section. Mais, la grande performance est venue de l’Esat du Sonnenhof à Bischwiller dans le Bas-Rhin qui faisant concourir quatre vaches : Java (Fusionnel X Urbaniste), Josée (Goldoni X Oriel), Huitre (Ulcoto X Papayou), Haida (Urbaniste X Micmac). La Montbéliarde Java présentée par Jean-Marie Schoenel a été désignée championne Espoir. Née le 2 juillet 2014, son premier vêlage date du 1er mars 2017. « C’est effectivement une belle vache. Et nos jeunes s’en occupent très bien. L’Esat du Sonnenhof dont je suis le responsable de l’exploitation a vocation d’accompagner les jeunes dans le monde agricole et de leur trouver un travail. En attendant, ils sont chez nous et participent, au quotidien, à la vie de l’exploitation. La fondation date de 1876 et l’Esat fête cette année son quarantième anniversaire. Nous sommes là dans une belle lignée puisque la mère de Java a été championne à deux reprises à Paris. Et Java est sa première fille », précise Jean-Marie Schoenel.  

Eurogénétique. Concours prim’holstein

Deux beaux doublés pour les éleveurs alsaciens

Publié le 13/04/2017

Vendredi 7 avril, le ring du centre des congrès d’Épinal a accueilli pour la dernière fois le concours prim’holstein d’Eurogénétique, avant un transfert à Colmar en 2018. Goldblack du Tombuy (Lauthority x Kite), copropriété du Gaec du Tombuy et du Gaec Derrière la Tour à Gimécourt (55), remporte les titres de meilleure mamelle Adulte, championne Adulte et le titre suprême de grande championne de cette édition 2017.

Pour juger le concours prim’holstein 2017, les organisateurs d’Eurogénétique avaient invité Thomas Allard, 35 ans, installé dans le Morbihan où il produit 500 000 litres de lait avec une cinquantaine de vaches laitières, sur 70 hectares. Juge agréé depuis sept ans, Thomas Allard a officié pour des concours départementaux, le régional de Normandie, le national du Mans, mais également le Salon international de l’agriculture à Paris en 2015 et le Tech Elevage en 2017. Les terres vosgiennes n’étaient pas inconnues pour l’éleveur morbihanais qui a parcouru les routes du Grand Est en tant que technicien de Prim’Holstein France durant quelques années. Thomas Allard a été épaulé sur le ring par Jean-Baptiste Pardon, ancien technicien à Élitest, aujourd’hui installé en élevage de montbéliardes. Les deux hommes se sont mis à l’œuvre dès 10 heures du matin. La journée a débuté par le jugement des quatre sections de vaches en première lactation. Janeiro du Tombuy (Atla5G x Sanchez) du Gaec du Tombuy à Gimécourt (55), Prinz Elfrida (Afterschock x Fever Crac) de l’EARL Prinz à Hausgauen (68) et Adam Jocko (Parocas x Vonard) du Gaec Adam à Sorans-les-Breurey (70) ont successivement été choisies comme premières de leur section. « On termine par une section Espoir de très haut niveau. Mon choix s’est joué sur de petits détails », commente le juge avant de désigner, dans la quatrième section, celle qui sera, quelques minutes plus tard, championne Espoir de cette édition 2017 : Riedill Jaste (Impression x Bolton) de l’EARL Wollenburger à Binderheim (67). « C’est une vache qui respire la jeunesse, qui a beaucoup de caractère laitier. C’est un animal très complet avec un très bon système mammaire », souligne le juge. La dauphine de section, Riedill Jeunesse (Impression x Shottle) remporte le titre de meilleure mamelle Espoir et celui de réserve Espoir. « C’est tout ce qu’on recherche chez une vache laitière. Elle a un pis haut qui exprime bien le potentiel laitier », note Thomas Allard. C’est donc un doublé pour l’EARL Wollenburger. Doublé pour le Gaec Wilt La matinée s’est poursuivie avec trois sections de vaches en deuxième lactation. Dans la première section, Coum Iloa remporte la première place. « Elle a beaucoup de caractère laitier », apprécie le juge. Dans la seconde section, Thomas Allard trouve sa meilleure mamelle Jeune et championne Jeune : Wilt Enjy (Shot AL x Sanchez) du Gaec Wilt à Dachstein (67). « C’est une vache très bien équilibrée, bien proportionnée avec un pis impeccable. Elle a fait la différence sur la hauteur du plancher et de l’attache arrière. C’est le modèle de vache en deuxième lactation que je recherche », commente-t-il. Pour lui, dans la dernière section « trois vaches se distinguent. Ce sont trois vaches très harmonieuses avec une belle qualité de mamelle et une belle démarche. » Le juge a toutefois préféré Wilt Emy (Yorick x Shottle) du Gaec Wilt. « Elle domine par l’ensemble de ses qualités, son très bon système mammaire, la qualité de son ligament suspenseur ». Wilt Emy est désignée réserve Jeune quelques minutes plus tard. Le concours est donc marqué par un nouveau doublé, cette fois pour le Gaec Wilt. Place aux sections de vaches adultes Après un intermède pour laisser place au concours de la race brune, Thomas Allard a repris le chemin du ring pour juger les sections de vaches adultes. À commencer par les vaches en troisième lactation. Dans la première section, Thomas Allard apprécie Hippie (Zeus x Bosman) du Gaec Bernard à Vittersbourg (57), pour « sa fraîcheur, la hauteur et la largeur de sa mamelle, la qualité de son ossature et de ses membres ». Dans la seconde section il préfère Nova Gape (Shout x Survivor), copropriété de la SARL Novalait et Philippe Deru à Brainville-sur-Meuse (52). « Ce n’est pas la plus dimensionnée mais elle dégage beaucoup de potentiel laitier ». Vient le temps de la section des vaches en quatrième lactation. On y trouve Goldblack du Tombuy (Lauthority x Kite), copropriété du Gaec du Tombuy et du Gaec Derrière la tour à Gimécourt (55). Goldblack connaît le ring d’Eurogénétique : elle a précédemment remporté les titres de championne Espoir et grande championne en 2014 et de championne Jeune en 2015. Cette fois encore, Goldblack tape dans l’œil du juge qui la désigne première de section. Les derniers animaux à s’avancer sur le ring sont les vaches en cinquième lactation et plus. Le juge tient à souligner la qualité du travail des éleveurs qui font vieillir leurs animaux. La plus vieille vache du concours est une femelle en huitième lactation « C’est une vache remarquable de conservation », apprécie Thomas Allard. Comme première de section, il préfère toutefois Ex Elegence (Sanchez x Mr Sam) du Gaec Adam à Sorans-les-Breurey (70), « une très belle vache très harmonieuse ». Une grande championne remarquable La fin du concours approche. Place au championnat adulte : Goldblack du Tombuy s’illustre une nouvelle fois : Thomas Allard la choisit comme meilleure mamelle Adulte et championne Adulte. « Elle a un très bon bassin, un très bon système mammaire, avec une attache arrière haute. On en prend plein les yeux. » Les championnes Espoir, Jeune et Adulte s’avancent de nouveau sur le ring. Avant de désigner la grande championne, Thomas Allard fait durer le suspense. Le juge prend quelques minutes pour remercier l’organisation. « J’ai pris beaucoup de plaisir à juger ce concours sur ce ring aujourd’hui ». Thomas Allard profite de cette tribune qui lui est offerte pour rappeler que, « ce sont des actes dont on a besoin aujourd’hui dans la profession. Nous faisons énormément de sacrifices. Aux politiques de faire des lois davantage en notre faveur ». Le juge termine en appelant les éleveurs « à faire la fête aujourd’hui. C’est important de prendre du plaisir au quotidien ». Thomas Allard a assez fait durer l’attente, la musique s’élève, il tourne autour des trois championnes avant de taper sur le flanc de Goldblack du Tombuy. « C’est un animal remarquable dans sa stature, sa prestance, avec un squelette et un pis exceptionnels ».

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