Élevage

Publié le 25/02/2017

Pour endiguer l’érosion du cheptel ovin et anticiper les départs à la retraite, la Safer Alsace, le Crédit Mutuel, l’association Agneau Terroir d’Alsace, la Chambre d'agriculture d’Alsace et le syndicat ovin du Bas-Rhin ont signé une charte de développement de la filière ovine alsacienne le 20 février à Mietesheim.

« Pour être éleveur ovin, il faut être passionné », déclare Théo Heim, éleveur ovin à Mietesheim. Mais la passion ne suffit pas toujours. « En agriculture, tous les coups de pouce qui peuvent aider des projets à se concrétiser sont les bienvenus », affirme Laurent Wendlinger, président de la Chambre d'agriculture d’Alsace. C’est tout l’objet de la charte qui a été signée mardi dernier, sur l’exploitation de Théo Heim, dont le parcours (lire en encadré) reflète la vocation et la ténacité dont il faut faire preuve pour s’installer en agriculture lorsque l’on part de pas grand-chose. Freiner l’érosion du cheptel Avec la baisse de la consommation de viande ovine, c’est ce problème de renouvellement des générations et d’installation de jeunes éleveurs qui explique que, depuis 2000, le cheptel ovin s’est érodé de 16 % en Alsace et de 18 % dans le Grand Est, ce qui est moins que dans le reste de l’hexagone. Freiner cette érosion en Alsace « a été un travail de longue haleine », souligne Stéphane Huchot, président de l’association Agneau Terroir d’Alsace, créée à cette fin (lire en encadré). Cinq parties prenantes Cette charte a pour vocation de poursuivre ce travail en facilitant le processus d’installation ou de création d’un atelier ovin complémentaire sur une exploitation existante. « En proposant quelque chose de stable et de viable aux candidats à l’élevage ovin, elle répond à la demande des éleveurs », indique Hervé Wendling, président du syndicat ovin du Bas-Rhin. Pour ce faire, les cinq parties prenantes ont chacune leur mission. La promotion du métier au syndicat ovin ; la promotion du produit ainsi que l’assurance de débouchés et de prix stables à l’association Agneau Terroir d’Alsace ; l’appui technique des éleveurs ovins dans leur projet d’installation et de développement à la Chambre d'agriculture d’Alsace ; l’accès au foncier à la Safer ; et l’appui financier aux actions du syndicat ovin, aux créations d’ateliers de diversification et à l’installation de jeunes agriculteurs au Crédit Mutuel. Hervé Wendling, président du syndicat ovin du Bas-Rhin, détaille le contenu de cette charte : Une dynamique à faire perdurer « La production ovine témoigne que le succès d’une filière repose sur les hommes. C’est pourquoi le Crédit Mutuel, persuadé que ce sont les hommes qui animent les territoires, suit vos initiatives avec bienveillance », affirme Laurent Klein, président de la commission agricole du Crédit Mutuel. Laurent Wendlinger, président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, fait part de sa volonté de « faire perdurer le dynamisme de la filière ovine, qui présente de nombreux atouts, dont celui de s’adapter à de nombreux territoires ». Pour ce faire, outre la charte, il évoque d’autres leviers : de nouveaux processus d’installation, plus progressifs ; et des partenariats au niveau de la région Grand Est pour étoffer la place de l’élevage dans l’économie locale. « Le foncier est devenu une denrée rare et chère en Alsace, donc un sujet délicat », note quant à lui Marc Moser, président de la Safer Alsace. D’autant que l’environnement, par le truchement des compensations environnementales, vient renforcer ce phénomène en devenant « un acteur majeur de la consommation de foncier ». D’où la nécessité de le gérer efficacement. Avec cette charte, Théo Heim, dont l’exploitation n’atteint pas encore l’autosuffisance alimentaire par manque de surface agricole, sera prioritaire si l’opportunité de récupérer du foncier d’une autre exploitation ovine se présente. À redécouvrir sur notre chaîne Youtube Agriculture Innovante : Découvrez la marque Agneau Terroir d'Alsace ! L'Agneau Terroir d'Alsace, une marque de proximité

Publié le 23/02/2017

À l’issue de l’assemblée générale annuelle, David Butsch, 24 ans, éleveur à Ranspach-le-Haut, a été élu nouveau président du Club Holstein 68. Il succède à Thomas Prinz élu président d’Eurogénétique depuis le mois de janvier.

Pour son dernier discours de président, Thomas Prinz a exprimé sa colère : « Même si l’année a été faste pour notre association avec l’organisation de la Confrontation Européenne en juin dernier à Colmar, elle a été très sombre pour les éleveurs et producteurs que nous sommes. Nous avons été confrontés avec une météo compliquée, à l’effondrement des prix des produits agricoles qui impactent fortement nos trésoreries, et à l’absence de perspectives. À qui profite cette situation ? À qui profite ce crime ? Quel corps de métier est aussi malmené en France que le nôtre ? Sommes-nous uniquement des vaches à lait ? Les suicides dans nos rangs se multiplient partout en France. Autour de nous, les gens compatissent. Mais, cela ne nous aide pas. Et surtout, dans le même temps, les banquiers ne prennent plus de risque. Quand ils veulent nous dire non, ils n’hésitent plus. Et les administrateurs des coopératives ne s’insurgent plus. Il est désormais urgent que les choses bougent. Nous demandons un prix pour pouvoir vivre de nos produits et de notre travail », explique Thomas Prinz, lui-même éleveur à Hausgauen. Cette colère froide, ce désarroi, cette lassitude étaient perceptibles dans toute la salle où se sont retrouvés une cinquantaine d’éleveurs qui constatent surtout qu’aucun candidat aux prochaines élections présidentielles n’évoque la question agricole. « Quand il n’y aura plus d’autonomie alimentaire, on s’apercevra trop tard de la disparition de ce qui a été le grenier de l’Europe. Aujourd’hui, on est oublié de tous les côtés. Je ne suis pas défaitiste, mais réaliste. Encore une année comme celle-ci et nous serons au bord du gouffre. Certains y tomberont, il faut arrêter cela. On meurt en silence », ajoute Thomas Prinz. « Nous avons réussi ensemble » Pour autant, les éleveurs restent passionnés et motivés par leur métier. Ils n’hésitent pas à promouvoir la race Holstein lors de chaque manifestation. Ils l’ont brillamment fait lors du concours européen de Colmar du 17 au 19 juin 2016. « Après trois années de travail et de préparations, nous avons réussi à organiser cette manifestation. Nous avons tenu et couvert le budget de 850 000 €. Merci à tous les bénévoles. Vous pouvez être fiers de ce que vous avez fait. Il y a eu plus de 25 000 visiteurs et plus de 5 000 repas ont été servis. Cela a été une manifestation sans égal en Europe voire dans le monde. On nous avait dit de nous prendre en main, de montrer ce que nous savons faire. Nous avons réussi ensemble », s’est félicité Thomas Prinz. Une association dynamique L’assemblée générale du club Holstein 68 a également permis de constater, une nouvelle fois, que l’association était particulièrement dynamique avec une participation au concours général agricole à Paris, la formation régionale des jeunes, l’école des jeunes présentateurs, une présence très importante à la foire de Habsheim, sans oublier les nombreuses participations d’éleveurs Holstein à des concours, comme Swiss Expo à Lausanne. C’est d’ailleurs lors de ce concours, en 2016, que Bruno Dietemann, éleveur à Traubach-le-Bas, féru de génétique bovine, a remporté le cinquième prix avec Coulinge Ivoire. « C’est le prix dont je suis le plus fier. J’ai commencé à concourir en 2011 et je totalise aujourd’hui une cinquantaine de prix ». C’est donc assez logiquement que la visite d’exploitation s’est faite chez ce jeune éleveur particulièrement dynamique. « En 2015, nous avons construit un nouveau bâtiment pour accueillir nos vaches laitières, avec le souci de leur bien-être », explique l’éleveur. La quarantaine d’agriculteurs présents a visité les installations, « un moment d’échange qui nous fait du bien à tous », a confié un éleveur. Des séances de formation Auparavant, lors de l’assemblée générale, Philippe Caussanel était intervenu au nom de la Chambre d'agriculture d’Alsace. L’occasion de féliciter les éleveurs et le club Holstein 68 pour toutes les actions réalisées et notamment le concours européen à Colmar. Mais également pour rappeler toutes les actions de la Chambre dans cette période économique compliquée. « Nous sentons bien le poids de ces difficultés. L’aspect positif, c’est que dans cette période de crise, il est possible ou même nécessaire d’innover. Pour y parvenir, cela passe par la participation à des séances de formation. Cela peut permettre de remettre en cause le fonctionnement de son entreprise, d’avoir et de construire de nouveaux projets. Au niveau du service Elevage, nous avons nous-même changé notre organisation tant dans l’encadrement de la pesée et du conseil, qu’au niveau de la mutualisation des moyens. Depuis quelques mois maintenant, nous travaillons avec la Moselle et la Haute-Marne, notamment au niveau d’un seul laboratoire d’analyse laitière, mais également au niveau de l’identification. Et d’ici deux à trois ans, nous entendons aller encore plus loin en dématérialisant les passeports. L’idée est de travailler ensemble, d’économiser, de maintenir un lien de proximité », précise Philippe Caussanel. Un nouveau conseil d’administration La fin de l’assemblée générale a également permis l’élection du nouveau bureau qui compte pour la première fois une jeune femme, Stéphanie Oser, agricultrice à Biederthal. Elle rentre au bureau avec Lionel Helfenstein, Christophe Nass, Yves Ritzenthaler et Valentin Rué alors que six personnes le quittent : Serge Adam, Jean-Marc Litzler, Claude Nass, Bernard Oser et Bernard Tischmacher. Quelques instants plus tard, le nouveau conseil d’administration du Club Holstein 68 a porté David Butsch à la présidence. Dans son discours inaugural, le nouveau président a exprimé son désir de « faire vivre cette belle association, malgré le contexte perturbé et difficile. C’est une association qui me tient à cœur. Je suis bien entouré avec de nouvelles têtes, mais également quelques personnes expérimentées comme Thomas Prinz qui, en tant que vice-président, sera toujours présent. Son aide me sera précieuse », conclut David Butsch.

Syndicat des éleveurs alsaciens de la race bovine salers

De l’intérêt de sélectionner en élevage allaitant

Publié le 20/02/2017

L’assemblée générale des éleveurs alsaciens de salers a été l’occasion d’expliquer le bien-fondé d’opérer une sélection du cheptel en adéquation avec les caractéristiques de chaque exploitation.

L’assemblée générale des éleveurs alsaciens de la race bovine salers se tenait lundi 6 février dans la ferme-auberge des Hauts-Bois, adossée à l’exploitation agricole d’Évelyne Hazemann, à Ranrupt. La visite de cet élevage de 45 vaches et la suite, conduit en bio, a permis d’apprécier comment le schéma de sélection de la race salers entrepris sur cette exploitation située à 750 m d’altitude avec 110 hectares de SAU, permet d’optimiser les performances technico-économiques. La production est tournée pour partie vers des femelles vendues en direct, tandis que les mâles sont vendus au Comptoir agricole comme broutard à l’âge de 10 mois pour l’engraissement. Le reste des femelles est destiné au renouvellement du cheptel et à la vente à d’autres élevages. Les Hazemann ont recours à la génétique sélectionnée au Domaine du Fau, berceau de la race, à Saint Bonnet de Salers dans le Cantal. En bio, viser une bonne aptitude à valoriser les fourrages grossiers Pierre Laceppe, du herd-book salers, a rappelé l’importance de la sélection en élevage allaitant. Il a apporté des explications sur le standard recherché des animaux. Il a jugé quelques femelles sur leur morphologie et leur pedigree. Il a également commenté le taureau récemment acquis par les éleveurs. Ce fils de Halley, « est bien pointé, avec de grosses épaules, en raison notamment de sa bonne profondeur et de sa bonne largeur de poitrine, conférant une bonne aptitude à valoriser les fourrages grossiers ». Un point important pour les Hazemann qui nourrissent tout leur cheptel au foin, au regain et à l’enrubanné. Pierre Laceppe a également expliqué l’utilité du pointage en post-sevrage pour classer et hiérarchiser les femelles d’un troupeau. Un syndicat impliqué Nicolas Fady, président du syndicat des éleveurs alsaciens de la race bovine salers, a remercié les visiteurs venus du Cantal, en particulier le président du herd-book salers, Lionel Duffayet, et le vice-président, Géraud Trin, ainsi que le technicien, Pierre Laceppe, et Vincent Gaillard, technicien schéma génétique salers de la coopérative d’insémination. Il a également salué le président du service élevage de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Sébastien Stoessel. Ce dernier a félicité le syndicat pour son implication lors de la manifestation de Habsheim en octobre dernier : « Cette participation constitue un signe fort vis-à-vis des collectivités départementales et régionales, impliquées dans le soutien financier de la manifestation, et de la Chambre d’agriculture d’Alsace, sans laquelle ce concours ne pourrait pas être mené à bien. » BVD : le dépistage porte ses fruits Vincent Gaillard a présenté le nouveau catalogue des taureaux d’insémination. Et plus particulièrement, les taureaux Baron et Béguin. Le premier est très complet en taille et en viande, et le second s’illustre par son index lait très élevé. Dans la gamme des nouveaux taureaux, Halley sort du lot grâce à de bonnes performances viande sur broutards. Et Houston est un taureau très mixte, à privilégier sur les génisses. Céline Zuber, du GDS Alsace, a présenté les dernières évolutions concernant la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR) et ses conséquences sur les mouvements des animaux. À noter également que le dépistage de la Diarrhée virale bovine (BVD) mis en place dans le Grand Est permet de diminuer le nombre d’individus infectés persistants et immunotolérants. Nicolas Fady a conclu cette réunion en faisant part de sa volonté d’organiser un voyage pour se rendre à la prochaine vente à la station d’évaluation à Sansac-Veinazès courant avril.

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