Élevage

Association sanitaire régionale Grand Est

Au service du sanitaire animal et végétal

Publié le 14/02/2017

L’Association sanitaire régionale Grand Est a été créée le 26 janvier, lors de son assemblée générale constitutive qui s’est tenue à Laxou.

L’Association sanitaire régionale (ASR) Grand Est a pour objet la prévention, la surveillance et la maîtrise de l’ensemble des dangers sanitaires, conformément à l’article L 201-11 du code rural. La création de l’ASR Grand Est est le résultat d’une initiative portée par la Fédération des organismes à vocation sanitaire (OVS) d’Alsace, de Champagne-Ardenne et de Lorraine : les trois Fédérations régionales de défense contre les organismes nuisibles (Fredon, en charge de la protection sanitaire des végétaux) et les trois Fédérations régionales des groupements de défense sanitaire (FRGDS, en charge de la protection sanitaire des animaux). En présence des services de l’État, du Conseil régional Grand Est, des Conseils départementaux et de représentants des Chambres d’agriculture, les OVS ont présenté les statuts de cette nouvelle instance, adoptés à l’unanimité. L’ASR Grand Est constitue un maillon central de la gouvernance sanitaire française. À ce titre, elle a plusieurs missions décrites dans le code rural (article L 201-12) : élaborer le Schéma régional de maîtrise des dangers sanitaires (SRMDS) et la coordination de sa mise en œuvre. Cette mission va se traduire par la réalisation d’un diagnostic territorial décrivant les productions des différentes filières, le niveau d’occurrence des dangers sanitaires ainsi que les enjeux sanitaires en région. Le diagnostic va ainsi permettre d’identifier les dangers sanitaires pour lesquels une action collective sera proposée ou est déjà conduite. construire des Programmes collectifs volontaires (PCV) contre certains dangers sanitaires, qui structurent des actions de surveillance, de prévention et de lutte ; collecter les informations liées à la détection ou à la suspicion de dangers sanitaires. Fédérer les acteurs du territoire Outre ses membres fondateurs, cette structure régionale accueille également des membres de plein droit que sont l’Organisation vétérinaire à vocation technique (OVVT), le Conseil régional Grand Est, les Conseils départementaux, la Chambre d’agriculture régionale Grand Est, ainsi que toute organisation ou association professionnelle dès lors qu’elle exerce une compétence sanitaire dans le territoire considéré. Toute personne morale intervenant dans la région dans le domaine de la surveillance, de la prévention et de la lutte contre les risques, parasites et maladies animales ou végétales, peut faire une demande d’adhésion. Cette structure régionale se veut un lieu de concertation sur les dangers sanitaires impactant aussi bien les animaux que les végétaux, mais également leurs détenteurs, qu’ils soient professionnels ou non, en tenant compte des enjeux économiques, environnementaux, patrimoniaux et de santé publique.

Publié le 14/02/2017

Suite à un épisode de mortalité survenu en été 2014 dans les ateliers d’engraissement spécialisés, Marc Peterschmitt, vétérinaire à Comptoir Élevage, a mené une étude sur les problèmes de calculs urinaires des bovins à l’engraissement.

En été 2014, plusieurs cas de mortalité sont survenus dans des ateliers d’engraissement de bovins alsaciens, suite à des problèmes de calculs urinaires (urolithiase). « Un cas sur 1 000, ce n’est pas grand-chose, mais ce qui était inquiétant, c’était la gravité des lésions observées à l’abattoir », explique Marc Peterschmitt, vétérinaire à Comptoir Élevage (anciennement Copvial). Pour comprendre ce phénomène, une étude a été menée d’août 2014 à janvier 2016. Le vétérinaire a rendu compte des résultats lors d’une réunion technique organisée le 20 janvier au CFPPA d’Obernai, en présence de 70 engraisseurs spécialisés d’Alsace et de Lorraine. Les mâles d’abord L’étude a d’abord montré une prédisposition sexuelle aux urolithiases : « Les mâles sont beaucoup plus concernés que les femelles. » Et parmi les mâles, les jeunes bovins sont nettement plus affectés. Encore faut-il distinguer les différentes races d’animaux : les jeunes bovins de race à viande le sont plus que les jeunes bovins mixtes, ceux-ci étant eux-mêmes plus concernés que les jeunes bovins de race laitière. « Le charolais est n° 1 sur le podium », précise encore Marc Peterschmitt. La prévalence lésionnelle sur les jeunes bovins charolais est la suivante : un sur deux est atteint de cystite, trois sur quatre présentent du sable dans les urines, un sur deux des calculs urinaires et enfin un sur dix présente des lésions de cystite très sévères. Les cas de subocclusion (énormément de calculs et de sable dans la vessie) suivent la prédisposition raciale, mais Marc Peterschmitt constate que même dans ces situations, le jeune bovin « semble bien vivre avec ses calculs ». Le vétérinaire s’est également posé la question d’une prédisposition géographique aux urolithiases. Il a constaté que les animaux engraissés dans le Bas-Rhin présentaient plus de cystite que ceux engraissés en Moselle, en Meurthe-et-Moselle et dans la Meuse. « Le phénomène s’aggrave en allant vers l’Est », indique Marc Peterschmitt qui constate en parallèle que « les urines sont de plus en plus basiques en allant vers l’Est ». En Alsace même, la fréquence des lésions est plus importante dans le Ried. Ce que le vétérinaire explique en partie par la dureté de l’eau. Marc Peterschmitt avance également un effet saison : les animaux abattus entre avril et septembre présentent plus de lésions que ceux abattus en période hivernale. Le stress hydrique en serait la cause : « Les besoins en eau des animaux sont supérieurs en été, mais ils ne s’abreuvent pas forcément suffisamment à cette période. Ceux qui sont abattus en hiver ont potentiellement la capacité de dissoudre leurs calculs. » Le vétérinaire a aussi comparé les jeunes bovins engraissés dans les ateliers spécialisés et ceux engraissés dans les élevages naisseurs d’origine. Il en ressort que les jeunes bovins engraissés dans les ateliers spécialisés sont « significativement plus atteints que les autres ». Or, une grosse proportion des engraisseurs spécialisés sont dans le Ried et distribuent des rations avec des pulpes de betteraves et du maïs. Abreuvement : pas seulement une question de débit S’agissant de l’abreuvement, le vétérinaire estime que les abreuvoirs à niveau constant sont « inadaptés pour les jeunes bovins en finition ». On leur préférera les abreuvoirs à palette. Les éleveurs qui ont eu des problèmes d’urolithiase en 2014, notamment ceux qui ont eu des cas mortels, avaient des débits d’abreuvement largement inférieurs à la moyenne des élevages audités. Mais le débit n’est pas le seul paramètre à contrôler : « Le nettoyage et la surveillance des abreuvoirs doivent être quotidiens », insiste Marc Peterschmitt. Il faut aussi veiller à ce que la compétition autour de l’abreuvoir ne soit pas trop forte car « un animal qui ne boit pas, ne mange pas et ne croît pas ». Pour cela, il faut prévoir un abreuvoir pour dix animaux, avec un débit minimum de 10 litres/minute. L’accessibilité des abreuvoirs est un autre point de vigilance. Les besoins d’un bovin en finition sont en effet de l’ordre de 40 litres d’eau/jour. S’agissant de l’alimentation, Marc Peterschmitt constate que « plus il y a de pulpes dans la ration, plus les lésions d’urolithiase sont fréquentes ». En revanche, il ne semble y avoir aucune corrélation entre le taux de matière sèche des pulpes et la gravité des lésions. La part de maïs dans la ration étant, en tout cas dans les élevages alsaciens, inversement proportionnelle à celle des pulpes, une ration riche en maïs se traduit par moins de lésions. Pour ce qui est de l’ensilage d’herbe et de luzerne, le vétérinaire juge que les plantes fourragères basses semblent poser plus de problème en raison de leur contamination par la terre. Enfin, « plus la ration est énergétique, plus le GMQ est élevé, plus le risque de lésions sévères est important ». Pour autant, il ne semble pas y avoir de lien entre le type de correcteur énergétique et le niveau de lésions. L’alimentation joue un rôle Pour compléter son analyse, Marc Peterschmitt a étudié la prévalence lésionnelle de l’atelier d’engraissement du lycée agricole d’Obernai. Il s’agissait d’effacer l’effet race et l’effet élevage et de se concentrer sur l’incidence de l’alimentation. Le lycée agricole d’Obernai distribue deux types de ration : une ration mélangée avec 51 % de pulpes de betteraves et une ration maïs. Tous les animaux sont soumis aux mêmes conditions d’abreuvement : de l’eau du réseau avec un abreuvoir pour 17 animaux. La ration mélangée est un facteur de risque plus important, indique Marc Peterschmitt. En étudiant les résultats des pesées, il apparaît que les animaux ayant les lésions les plus marquées grandissent mieux au départ, mais que leur GMQ chute après 14 mois. Les croissances cumulées, quant à elles, « sont dans un mouchoir de poche ». Pour finir, Marc Peterschmitt évoque quelques leviers d’action pour réduire l’impact des urolithiases dans les élevages. La maîtrise des struvites en fait partie, de même que celle de l’abreuvement. Il importe aussi de limiter les contaminations en terre des matières premières et d’être vigilant quant à l’âge d’abattage des animaux.

Avec l’Opaba et la Chambre d'agriculture d’Alsace

L’élevage bio se structure

Publié le 05/02/2017

Sous l’impulsion de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba), la filière bio est particulièrement dynamique. Un nombre croissant de producteurs s’y intéresse. La Chambre d'agriculture d’Alsace, partenaire technique, est désormais présente pour accompagner les producteurs dans la démarche.

En 2014, l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba) avait lancé une étude de faisabilité auprès de l’Agence de l’eau Rhin-Meuse sur un projet collectif bio. « Cette étude avait démontré la pertinence du projet car il était relatif au maintien de l’herbe dans cette zone géographique du département du Haut-Rhin et offrait une solution au problème des points de captage d’eau. Nous avons étudié avec différents partenaires, au sein d’un comité de pilotage élargi, des exemples de valorisation du lait en France, mais également en Suisse et en Allemagne. Tout le monde a été impliqué : les producteurs bios ou non, les collectivités, les laiteries, les partenaires techniques, la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), et bien entendu l’Opaba. Cela a bien fonctionné. Et les producteurs bios ont finalement décidé de privilégier la filière longue. Biolait s’est également montré intéressé par la démarche et a accepté de collecter dans cette zone. Cette vision partagée a fait consensus à l’époque », explique Christophe Ringeisen, chargé de mission à l’Opaba et responsable de l’animation territoriale renforcée dans le sud du Haut-Rhin. Biolait est un groupement de producteurs spécialisé dans la collecte et la revente de lait bio un peu partout en France. Après une expérience réussie et toujours en cours, notamment en Lorraine et dans les Vosges, ce groupement a accepté d’élargir sa zone au Territoire de Belfort et au sud du Haut-Rhin à partir de janvier 2015. « Cette nouvelle collecte a débuté avec 800 000 litres provenant de cinq fermes, et la perspective d’une augmentation rapide du volume et d’une extension de la zone de collecte jusqu’au Centre Alsace », explique Sophie Delattre, conseillère référence en agriculture biologique à la CAA. Parmi ces cinq fermes, celle de la famille Scherrer, la ferme du Galgenbourg à Masevaux, ou encore le Gaec de l’Ill, de Frédéric Tritsch à Sausheim. Au printemps 2015, trois nouvelles fermes ont engagé leur conversion en agriculture biologique, dont celle de Cédric Goldschmidt à Dannemarie (lire notre article ci-contre en page 12) et quatre ont fait ce pas en 2016. « La collecte de Biolait a créé un « appel d’air » pour les éleveurs laitiers du Haut-Rhin et du Centre Alsace. D’autres projets sont depuis en cours de réflexion », ajoute Sophie Delattre. Des solutions pour tout le monde Et pour répondre aux spécificités des éleveurs bios dans les secteurs concernés, la CAA a missionné un conseiller d’élevage du Contrôle laitier sur le bio. Depuis le mois de décembre 2016, Alain Marcillet assure le suivi chez les éleveurs et l’accompagnement des conversions, notamment dans le Sundgau. « Je suis conseiller d’élevage depuis trente ans, spécialisé en qualité du lait. J’avais choisi de postuler pour cette nouvelle responsabilité, car le bio est pour moi un mode de production qui véhicule des valeurs essentielles : placer l’éleveur au centre de son exploitation et surtout donner à manger aux vaches ce pour quoi elles sont faites : de l’herbe. La contrainte en bio, c’est que tout ce qui est acheté à l’extérieur est très coûteux. Nous devons donc aider les éleveurs à viser l’autonomie alimentaire et à raisonner l’achat de concentrés. Ma mission est double : proposer aux éleveurs des informations techniques et les accompagner techniquement et collectivement en les réunissant », précise Alain Marcillet. L’herbe occupe une place essentielle dans le système fourrager. Elle prend la place du maïs. Une plus grande attention doit être portée à la conduite des prairies et à la gestion du pâturage. Au niveau de la conduite du troupeau, le conseil est axé sur la prévention. « Dans mon idée, on parle là de bon sens paysan. Il y a des choses simples à faire. Et du fait de la crise actuelle, les gens raisonnent différemment. Désormais, beaucoup de jeunes sont intéressés et ouverts à la production biologique. Il faut les accompagner, les suivre, répondre à leurs questions, leurs inquiétudes. Il y a des solutions pour tout le monde. Individuellement comme collectivement », ajoute Alain Marcillet. À la CAA, le service s’organise autour de Sophie Delattre, Pascale Knepfler, conseillère économique, et Benoît Gassmann, en charge d’un groupe sur les grandes cultures. Ce « pôle » bien structuré complète les actions menées par l’Opaba. Une aide précieuse pour pérenniser dans le temps cette dynamique. Car Biolait cherche du lait jusqu’au sud du Bas-Rhin. De nouveaux éleveurs seront donc les bienvenus. La conversion à l’agriculture biologique est un choix à long terme qui implique des orientations importantes pour un agriculteur dans la conduite de son exploitation. C’est une décision qui doit être mûrement réfléchie et préparée. Accompagner les producteurs Car la première préoccupation de l’Opaba est de pérenniser cette zone de collecte. « L’objectif est d’arriver à une collecte de 2 millions de litres de lait pour avoir une durabilité économique. Pour y parvenir, nous informons les agriculteurs. En 2015, nous avons organisé une journée technique chez Antoine Richart à Roppentzwiller. Il nous avait fait part de sa propre expérience, expliqué son parcours et sa philosophie. Lors de cette journée, nous avions accueilli pas moins de 80 personnes. Cette journée a suscité de l’intérêt et, depuis, il y a eu des gens qui ont entamé des conversions. Elle a contribué à la vision positive de la production biologique. En 2016, il y a eu 55 engagements toutes filières confondues en Alsace, dont trois professionnels en bovin lait dans le Sundgau : la ferme de la Petite Prairie à Ranspach-le-Haut, le Gaec du Morimont à Oberlarg et le Gaec Green Farm à Burnhaupt-le-Bas. Il y a donc une réelle dynamique et une véritable évolution », se félicite Christophe Ringeisen. De nouvelles journées techniques seront organisées pour la filière laitière. En grandes cultures, une recrudescence des conversions est perceptible depuis deux ans. « Là également, nous cherchons à accompagner les agriculteurs concernés et à structurer la filière car il y a des débouchés variés intéressants. Et les collecteurs et les metteurs en marchés sont en plein développement. Il faut donc que les producteurs s’investissent dans ces nouveaux marchés. Et les producteurs alsaciens y ont toute leur place. Dans le Sundgau, la dynamique de conversion est plus récente. Il n’y a pas encore de « piliers » de l’agriculture biologique. Nous consolidons actuellement les demandes. Je suis là pour suivre les projets, développer les circuits, parler du bio, en lien avec les collectivités de ce territoire spécifique », conclut Christophe Ringeisen.

Pages

Les vidéos