Élevage

Abattoir départemental du Haut-Rhin à Cernay

Optimiser l’accueil et le travail

Publié le 14/12/2016

L’association qui gère l’abattoir départemental du Haut-Rhin a tenu son assemblée générale mardi 13 décembre. Elle cherche de nouvelles pistes d’optimisation de l’outil pour solder rapidement son passif et pérenniser son activité.

A l’image de la situation économique dans le monde agricole, celle de l’élevage est complexe. Comme l’a rappelé à plusieurs reprises le président de l’abattoir Denis Nass, « C’est même compliqué, mais heureusement que nous l’avons, cet abattoir. Il représente une réelle chance, une opportunité et un outil de proximité pour nous professionnels. Il est donc indispensable de nous remettre en question sur l’organisation de notre outil ». D’autant plus que la charge de travail augmente. Il y a cependant des difficultés. « C’est, par exemple, le cas, sur la chaîne du porc ou celle du mouton. Nous sommes dans une phase de reconstruction, d’amélioration de notre façon d’abattre, pour proposer une prestation de qualité. Notre volonté est également de réduire les délais d’abattage et de proposer un accueil différent. Nous avons poussé une réflexion en interne pour évoluer dans cette méthode de travail. Avec, comme toujours, deux priorités : la sécurisation du bien être animal et la satisfaction de nos clients ». Le président s’est félicité des partenariats réaffirmés en 2017 avec la Chambre d'agriculture d’Alsace, le conseil départemental du Haut-Rhin et les bouchers. Ces relations étroites permettent, au quotidien, de sécuriser et de développer l’abattoir de Cernay. « Nous sommes les moins chers » « Le chiffre d’affaires dépasse légèrement le million d’euros, comme l’année précédente. La difficulté vient des premières années de fonctionnement où nous avons enregistré des pertes. Elles étaient de l’ordre de 180 000 €. Elles n’ont bien évidemment pas disparu avec le temps. Pour pérenniser et assurer l’avenir de l’abattoir, il est donc indispensable de faire des bénéfices », rappelle Denis Nass. Les membres du conseil d’administration en conviennent. Pour réussir, le personnel doit pouvoir travailler efficacement. « Il faut tout d’abord revoir les conditions des arrivées des animaux. On va supprimer ce poste pour responsabiliser les éleveurs afin qu’ils effectuent eux-mêmes ce travail. Nous devons encourager les gens à faire cette démarche pour organiser correctement ces arrivées. Le deuxième point concerne le transport « froid » qui doit également être revu. Sur ces aspects, les modifications doivent être opérationnelles pour Pâques », prévient le président de l’abattoir. Enfin, le troisième point concerne les coûts d’abattage. « Même si certains professionnels prétendent le contraire, nous ne sommes pas chers. Au contraire même, sur ce point, nous sommes trop fragiles. Nous avons réalisé des études comparatives avec les prix d’abattage dans d’autres abattoirs des régions voisines et des pays voisins. Nous constatons que nous proposons les prix les plus bas. Nous avons donc décidé, après de longs débats en interne, de les ajuster », commente Denis Nass. Un tableau a été présenté. Il s’agirait d’augmenter le tarif de 5 % pour les ovins et les caprins (cela représente 1 € par animal) et de 3 % pour les porcs. Il y aura également des changements des tarifs à la découpe. « Malgré ces augmentations, nous resterons les moins chers », conclut Denis Nass. L’objectif est d’arriver à dégager des bénéfices et de rembourser la dette actuelle en cinq années. Un maillon essentiel Le conseil d’administration de l’abattoir a par ailleurs mandaté son directeur et son comptable pour identifier les grands usagers de l’abattoir et les inciter à devenir des partenaires économiques de l’abattoir. « Nous ne sommes que 35 actionnaires actuellement. Or, les usagers sont beaucoup plus nombreux. Il faut donc séduire et attirer de nouvelles personnes et entreprises pour être plus nombreux autour de la table », explique Denis Nass. Une assemblée générale extraordinaire sera provoquée à Pâques. Elle permettra alors de faire le point. Pour René Zimpfer, président de l'association des usagers et éleveur à Soultz : « Nous devons effectivement être davantage exigeant. Dans notre manière de travailler, mais également en responsabilisant les usagers. Cela favorisera le travail au quotidien et la bonne marche de l’abattoir ». Au nom de la Chambre d'agriculture, Sébastien Stoessel a salué cet état d’esprit volontaire et positif. « Chaque éleveur doit avoir son rôle dans la bonne marche de l’entreprise. L’abattoir, c’est la filière d’élevage dans son ensemble. Il est donc normal d’être exigeant ». Enfin Serge Sifferlen, président de l’association des fermes-auberges du Haut-Rhin a réitéré sa confiance à l’association qui gère l’abattoir de Cernay. « Nous l’utilisons pleinement, nous, fermiers-aubergistes. Nous pouvons être fier de cet outil. Il nous permet d’être crédible dans notre métier ».

Publié le 04/12/2016

Le dépistage des veaux à la naissance vis-à-vis de la BVD se généralise au cours de cet hiver dans tous les élevages. Cette mesure s’inscrit dans le programme d’éradication de la BVD mené par les Groupement de défense sanitaire du Grand Est. Mais des éleveurs dépistent leurs veaux de façon volontaire depuis plus d’un an. Rencontre avec Nicolas Dieterich (EARL du Muhlwald), qui élève 85 vaches limousines à Schweighouse-sur-Thann, et le Dr Boris Dirrenberger, vétérinaire de l’exploitation.

Fin 2014, le Groupement de défense sanitaire (GDS) intervient dans toutes les assemblées générales des syndicats de race pour présenter le dépistage des veaux par la pose d’une troisième boucle. « Sur le coup, je n’en ai pas vu l’intérêt, se rappelle Nicolas Dieterich. Mais à la suite de cette réunion, j’en ai parlé avec d’autres éleveurs allaitants qui avaient subi des pertes importantes lors d’un passage de BVD. Ça m’a fait changer d’avis. » L’éleveur a appelé le GDS qui lui a commandé des boucles de prélèvement. Le dépistage des veaux pouvait commencer. De l’avis du Dr Boris Dirrenberger, vétérinaire, « les cheptels allaitants ont souvent des vêlages groupés sur l’année et peuvent subir des pertes importantes. Il suffit que le virus circule au mauvais moment dans l’année et les IPI peuvent être nombreux parmi les veaux. » (lire en encadré).   Quels risques de contamination pour le cheptel ? Nicolas Dieterich a conscience de l’enjeu du sanitaire. Les achats sont limités : en fonction des besoins un taureau est introduit l’été quand le bâtiment est vide, le temps de faire les prises de sang d’introduction avant de le mettre avec les femelles. La bétaillère est prêtée à un autre éleveur avec des règles claires : prendre le matériel propre - le ramener propre. Mais Nicolas Dieterich l’avoue, les risques liés aux voisins de parc sont difficiles à maîtriser : « Les pâtures des génisses sont autour de mon bâtiment, j’aime les avoir à l’œil. Par contre j’ai des pâtures jusqu’à 45 km de l’exploitation : c’est impossible de maîtriser le risque lié au voisinage dans ces conditions, sans parler des parcs laissés ouverts par les promeneurs et les cueilleurs de champignons… Il y a trois ans, avec mon vétérinaire, nous avons mis en place un protocole de vaccination de toutes les femelles reproductrices. » Les contacts directs entre bovins sont effectivement les principales sources de contamination d’un troupeau, explique le Dr Boris Dirrenberger. À ce titre, les introductions d’animaux sont des voies de contamination importantes. « Les éleveurs ont souvent le réflexe d’isoler le taureau qu’ils ont acheté. Par contre les veaux à faire adopter en cas de mort d’un veau ou l’introduction de vaches nourrices ne sont souvent pas bien maîtrisés, voire ne représentent pas un danger aux yeux de l’éleveur, précise le vétérinaire. Le risque de contamination en pâture est également difficilement maîtrisable. Lorsque les risques de contamination sont importants ou ne peuvent être maîtrisés, nous recommandons aux éleveurs de vacciner les mères. Dans notre secteur, où les pâtures sont omniprésentes, nous avons fortement encouragé à vacciner les animaux reproducteurs. » Quel bilan après un an et demi de bouclage ? « Le premier bilan, et c’est le plus important, c’est que nous n’avons pas trouvé d’animal positif », constate Nicolas Dieterich. Les vêlages ont lieu en bâtiment. Les veaux sont isolés dans un box derrière les vaches : de bonnes conditions pour boucler sans risque. Les choses vont être simplifiées, explique Nicolas Dieterich : « Depuis un an et demi, je pose une troisième boucle qui permet de faire le prélèvement. J’ai passé ma commande de boucles identification et avec les nouvelles, une des deux boucles d’identification sera préleveuse » (lire en encadré). Mais l’éleveur regrette qu’il n’y ait « pas eu de plus-value pour les veaux bouclés. Les marchands n’ont pas joué le jeu, et ce n’est pas normal. C’est quand même une sécurité pour un acheteur, marchand ou éleveur, d’avoir des animaux non IPI. » Quelle vision du programme d’éradication ? Pour Nicolas Dieterich, le bouclage est à la portée de n’importe quel éleveur. Il y aura des retombées économiques pour les élevages. Avec l’éradication de la BVD, les pertes sanitaires diminueront. Mais pour l’éleveur, il y aura aussi des difficultés : « Il y aura certainement des éleveurs qui ne feront pas les choses correctement. Il faudra des sanctions pour ces gens-là. On ne va pas tolérer d’avoir quelques rebelles qui ne veulent pas entrer dans la démarche. Il faut que ce soit tout le monde ou personne. » Pour le Dr Boris Dirrenberger, il faudra effectivement « entretenir et imposer un « élan collectif » » des éleveurs qui vont devoir boucler pendant quatre ans. Mais il ne faut pas s’y tromper, le chantier est grand : « Une éradication n’est possible qu’en dépistant dans tous les troupeaux, en assainissant les cheptels infectés et en maîtrisant les risques de contamination. L’adhésion de tous les éleveurs est indispensable et des moyens réglementaires seront nécessaires pour contraindre les derniers récalcitrants. Tant que la zone ne sera pas considérée comme assainie et que les risques ne seront pas maîtrisés, la vaccination restera utile. »

Centre d’études techniques apicoles d’Alsace (Cetaa)

Miels d’Alsace à l’honneur !

Publié le 06/11/2016

Châtaigne, acacia, sapin… Pour la seconde édition de la fête du miel, organisée par le Cetaa, quatre apiculteurs alsaciens ont proposé des dégustations sur la place Gutenberg à Strasbourg, l’occasion de découvrir les qualités de cette production locale.

Samedi 29 octobre, le public a pu déguster sur la place Gutenberg à Strasbourg les miels de quatre apiculteurs alsaciens professionnels à l’occasion de la fête du miel. Organisée par le Cetaa, cette seconde édition, également proposée à Colmar le 22 octobre, vise à mettre en avant « l’appellation IGP Alsace et la démarche de qualité entreprise par ces apiculteurs », souligne Alexis Ballis, conseiller technique dédié à cette production, à la Chambre d'agriculture d'Alsace. « Tout est analysé : le pollen, le goût » notamment par des laboratoires indépendants. La certification est octroyée par un organisme certificateur indépendant. Seule cette certification IGP apposée sur les pots de miel garantit et authentifie leur origine Alsace. Une récolte réduite de moitié en moyenne Pour ces quatre producteurs, l’année a été particulièrement difficile, « à l’image des autres filières en Alsace », souligne Alexis Ballis. L’humidité intense du printemps puis la sécheresse ont occasionné « une famine chez les abeilles et engendré des difficultés d’essaimage ». Dans l’ensemble de l’Alsace, « il n’y a pas beaucoup de volume mais la qualité est au rendez-vous ». Pour le miel de sapin, le miellat est arrivé trop tard, « les abeilles n’avaient plus assez de force pour récolter, elles se préparaient déjà à hiberner ». Pour la filière apicole, « c’est une troisième année consécutive de petite récolte », précise le conseiller, « réduite de moitié en moyenne », avec des disparités selon les variétés et les secteurs. « Ça c’est joué parfois à quelques kilomètres, notammentpour la grêle », précise Bernard Tonnelier, du Rucher du Lutenbach, président de l’organisme de défense et de gestion des miels d’Alsace. Dans le val de Villé, cet apiculteur a récolté peu de sapin, mais a par contre réalisé « une bonne année pour le châtaignier ». « L’acacia est fragile et craint l’humidité, la récolte s’est réduite à trois jours au lieu de dix habituellement » note l’apiculteur. Sur le marché de la place Gutenberg, les apiculteurs ont proposé uniquement des produits faits « maison » comme le pain d’épices élaboré par Sylvie Lehr du Rucher des Vosges du Nord. Apicultrice depuis 18 ans, elle est installée à Struth et déplore une perte de récolte de 50 % cette année sur ses 700 ruchers en production. « Celle de sapin était maigre, mais c’est mieux que rien », souligne cette apicultrice. La récolte fut par contre meilleure du côté du concours général agricole de Paris où elle a décroché trois médailles : l’or pour son miel d’acacia et l’argent pour le miel crémeux et de forêt. Savoir-faire et saveurs des miels d’Alsace À Reichstett, avec 350 ruchers, Sébastien Berger, des Apiculteurs Berger, déplore également « une récolte réduite de moitié, sans miel de tilleul, ni d’acacia », suite à des orages. Il a récolté trois tonnes « au lieu des six attendues, et une seule récolte de sapin », début septembre. Pour composer avec cette météo très défavorable, il a choisi « de ne pas faire de miel mais des abeilles », en vue de l’agrandissement de ses ruchers. Sur son stand, le public a pu découvrir les outils quotidiens des apiculteurs, un fumoir, le casque protecteur, le miel en rayon. Ce marché se voulait également pédagogique, avec des panneaux explicatifs dont ceux du cirier gaufreur et apiculteur Laurent Fichter, du Rucher des mûriers à Kingersheim. « La qualité de la cire est primordiale pour les apiculteurs », souligne Alexis Ballis, cet outil de travail, « c’est comme la terre pour le paysan, c’est là que tout pousse ». Il met en garde sur les produits issus du « commerce international, où la cire peut contenir des polluants », ce qui peut ensuite impacter les ruchers.

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