Michel Rohrbach, président de la section lait à la FDSEA du Haut-Rhin
« Méfions-nous des effets d’annonces »
Michel Rohrbach, président de la section lait à la FDSEA du Haut-Rhin
Publié le 15/09/2016
Après les récentes déclarations et accords au niveau national sur le prix du lait, le président de la section lait de la fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (Fdsea) du Haut-Rhin Michel Rohrbach tempère cet enthousiasme. « Méfions-nous des effets d’annonces » lance-t-il aux éleveurs.
Des chiffres à la hausse et des prix du lait plus intéressants sont annoncés certes. Mais, pour l’heure, rien n’est figé, rien n’est clair. C’est en tout cas le constat que fait Michel Rohrbach. « Il faut avoir conscience que si, suite à ces annonces et ces prix, il y a trop de demandes, il y aura automatiquement des abattements qui seront réalisés. Ensuite, l’État n’a pas répondu à toutes les questions. Quid, par exemple, des mesures pour les jeunes agriculteurs ? Le ministre de l'Agriculture n’a pas encore répondu. Avec ces mesures, il y a certainement des opportunités. Mais, je répète à tous les éleveurs, qu’ils fassent attention. S’ils rentrent naturellement dans le processus, alors qu’ils n’hésitent pas à faire leur demande. Mais si ce n’est pas le cas, qu’ils ne fassent pas de demande. Tout le monde doit se méfier et réagir avec réflexion », explique Michel Rohrbach. D’autant plus que le marché se retourne actuellement et les responsables professionnels espèrent que les prix du lait vont réellement augmenter à partir du début de l’année prochaine. Remplir le formulaire de FranceAgrimer Michel Rohrbach invite également les éleveurs à faire attention par rapport à leur propre système de travail. « Celles et ceux qui font du C ou D chez Sodiaal ont effectivement intérêt à rentrer dans cette démarche. Pour les autres, les gens doivent faire attention par rapport à leur système de production. Personnellement, je ne rentre pas dans ce cadre », ajoute le président de la section lait de la Fdsea du Haut-Rhin. Il attire l’attention des professionnels sur la démarche à faire pour obtenir une aide (lire encadré). Pour cela, ils doivent remplir un formulaire qui est disponible sur le site internet de FranceAgrimer. Une démarche à réaliser avant le 21 septembre ! Un délai de réponse qui laisse Michel Rohrbach dubitatif. « La façon de procéder est incroyable. Mais, si ce budget est disponible, il faut le prendre car, sinon, il sera redistribué à d’autres pays ». Concernant la conjoncture, sur la première partie de l’année (janvier à juin), il n’a pas été constaté d'« explosion » des cessations d’activités laitières, mais c’est beaucoup plus difficile depuis le début du mois d’août. « La récolte décevante du blé a accentué la crise actuelle. Les problèmes économiques sont réels pour de nombreuses exploitations qui touchent actuellement le fond au niveau de leurs trésoreries. La dernière chance en Alsace, c’est le maïs », affirme Michel Rohrbach. En conclusion, ceux qui font moins de lait, ne doivent pas hésiter à solliciter l’aide. Pour les autres, une réflexion plus poussée s’impose (cheptel, équilibre alimentaire…). Rendez-vous en fin d’année, après les travaux, pour partager une expertise sur le lait. De son côté, le président de la Fdsea du Haut-Rhin Denis Nass est dubitatif par rapport à la méthode employée. « On demande aux agriculteurs de télécharger et de remplir un document en quelques jours seulement. Cette façon de procéder est méprisante. Une fois de plus, ce dossier est géré de manière technocratique depuis des bureaux parisiens. Quoi qu’il en soit, j’encourage les agriculteurs à bien réfléchir et à individualiser leurs dossiers. N’hésitez pas à faire vos demandes ou à nous demander conseil ».












