Élevage

Concours régional de génisses prim'holstein

C'est qui la championne ? C'est Wilt Quiqui !

Publié le 27/05/2016

Près de 80 animaux étaient en lice, dimanche dernier à Brumath, pour le concours régional de génisses prim'holstein. Une première à Brumath ! Le Gaec Wilt de Dachstein remporte ce championnat avec Wilt Quiqui, le Gaec de Wittelsheim repartant dans le Haut-Rhin avec le titre de championne junior et de réserve grande championne, avec 806.

« Nous accueillons les membres du Club Holstein 68 avec leurs génisses, et nous leur rendrons la pareille au mois d'octobre à Habsheim avec nos vaches », explique Rémy Bierbaum, technicien à Élitest, qui anime ce concours. Jean-François Dintinger, président du Syndicat de la race prim'holstein du Bas-Rhin, a demandé à Bruno Toussaint, éleveur belge, de départager les concurrents. « Un juge, un ring man, un coup d'œil, un signe de la main… Les éleveurs ont les yeux rivés sur le juge et font tout pour mettre en valeur leur animal », ajoute l'animateur. Au côté des routards de cette activité, on trouve des jeunes qui en veulent. Les explications du juge sont précieuses, car elles permettent aux concurrents de savoir pourquoi leur animal n'est pas parmi les premiers de la section. Ce sont les génisses de 5 mois qui ouvrent le défilé. Le juge relève « le très bon niveau de cette série de jeunes génisses, qui présentent toutes un style laitier ». Deux animaux se détachent aisément du lot, « avec beaucoup de longueur ». La première est Louisa du Neuhof, une génisse haut-rhinoise appartenant au Gaec Gutzwiller de Michelbach-le-Haut. Elle se distingue pour « la solidité de son dessus, l'harmonie de son épaule, une meilleure position de ses membres, la profondeur de sa côte arrière ». Sa présentatrice, la jeune Alicia, « a fait une superprestation la veille », souligne Rémy Bierbaum. La deuxième de cette première section est Romane, du Gaec Wilt de Dachstein. Lucky Faith, de l'EARL Schwartz de Hochstett, se classe troisième. Dans la deuxième section, le juge repère un très beau trio de tête. La première est Lilou, de l'EARL Schwartz. Le juge lui trouve un style laitier, une belle longueur dans toutes ses parties. « Je la préfère à la génisse en deuxième position, Lumineuse du Neuhof, du Gaec Gutzwiller, même s'il y a plus de force et de largeur dans cet animal ». Lumineuse présente à son tour plus de taille, de longueur, de solidité du dessus que la troisième, Lorelei du Neuhof, du même élevage. Précision de Rémy Bierbaum : « Le père de Lorelei est le taureau Yorick, dont la semence est actuellement disponible dans la cuve des inséminateurs ». 806, championne junior Dans la troisième section, les animaux se caractérisent par la finesse de leur ossature, une ouverture de côte supérieure, la finesse de leurs membres, le dégagement de leur encolure. Linda, du Gaec Butsch de Ranspach-le-Haut, « une génisse mouchetée », prend la tête du classement par la qualité de son déplacement, son ouverture de côte, la finesse de son ossature. Prinz Arkansas, de l'EARL Prinz à Hausgauen, arrive deuxième. « Elle se déplace bien, a un très bon positionnement. » Et une maman hyperproductive, ajoute Rémy Bierbaum, puisqu'elle a donné 15 000 kg de lait en troisième lactation. À la troisième place, on trouve Love, du Gaec de la Mossig à Wangen, que le juge apprécie pour sa grande puissance. Dans la quatrième section, les animaux arrivés en tête ont plus de dimension, d'ouverture de côte, de finesse dans l'ossature, précise Bruno Toussaint. La 806, du Gaec de Wittelsheim, à Wittelsheim, est « la gagnante facile de cette section : elle est laitière du bout de son museau jusqu'à l'arrière de sa queue ». Elle a de bons membres, une belle ouverture de côte, de la longueur dans toutes ses parties, de la largeur dans l'avant-main, une belle finesse dans l'ossature, de la dimension et de la puissance. La deuxième est une génisse rouge, Prinz Tornade, de l'EARL Prinz, la troisième est Lydie, de l'EARL Schwartz. Huit génisses sont revenues dans le ring pour prétendre au titre de championne junior. « Trois animaux ont dominé le championnat, des animaux comme je les aime avec assez de dimension et de puissance et beaucoup de caractère laitier. » Ce trio de tête s'appelle 806 (« beaucoup de longueur, style laitier, bonne inclinaison de bassin, beauté des ischions »), Linda (« beaucoup d'harmonie, largeur dans son avant-main, solidité du dessus ») et Louisa du Neuhof (« dimension, finesse dans toutes ses parties, profondeur de côte, dégagement dans l'encolure »). Le juge a fait durer le plaisir, avant de désigner 806 comme championne junior et Linda comme réserve. Avec la section 5, on passe dans la classe senior. Avec un très beau trio de tête, une fois encore. Des génisses un peu différentes, mais qui survolent cette section. Wilt Anastasia, du Gaec Wilt à Dachstein, se classe première. Elle se détache par une belle longueur dans ses parties, sa supériorité au niveau de son épaule, mieux soudée. « Il y a énormément de morphologie dans cet animal-là. » Derrière elle, 797, du Gaec de Wittelsheim, dont la mère a produit près de 13 000 kg de lait en troisième lactation. « Un très grand bravo pour Lavande, du Gaec Goos à Blaesheim, qui arrive troisième. Une exploitation qui, pour sa première sortie, fait tout de suite un podium », souligne Rémy Bierbaum. Doublé gagnant pour l'élevage Wilt et le Gaec de la Cigogne L'après-midi se poursuit avec « des animaux bien avancés, beaucoup de largeur, de dimension ». Deux animaux survolent cette sixième section : Wilt Quiqui et Wilt Lisa. « Wilt Quiqui a beaucoup de dégagement, de largeur dans son cou, de longueur dans son avant-main. » C'est un animal qui combine morphologie et production : sa mère a pratiquement produit 10 000 kg en deuxième lactation, précise Rémy Bierbaum. Wilt Lisa se distingue par sa solidité du dessous. Son père est un taureau né dans l'élevage Wilt, Wilt Leader. En troisième position, on trouve DLC Léonie, appartenant au Gaec de la Cigogne à Wolfisheim, « une génisse très longue et très puissante ». La septième section se caractérise par une plus grande hétérogénéité, au niveau de l'état de chair, de la qualité des membres, souligne Bruno Toussaint. Encore un doublé gagnant, cette fois-ci pour le Gaec de la Cigogne, avec DLC Jolidy et DLC Jorrie. Jolidy « se distingue par sa longueur de corps, sa force au niveau de l'avant-main, son style laitier ». Chez Jorrie, le juge relève « la puissance, la largeur, la profondeur de côte, la longueur, la force ». En troisième position, on trouve Jenny TH, du Gaec du Tilleul à Traubach-le-Haut, « une génisse très ouverte ». Dans la section 8, Jasmina, de l'EARL Schwartz, a « beaucoup de longueur, de dimension, de style laitier ». Jessie de l'EARL des Cigognes-Winckel à Hochfelden, se détache par la longueur dans son cou, la finesse de l'ossature, et Jolie, du Gaec Dintinger de Weislingen, est une génisse très puissante qui s'était arrogé le championnat l'an dernier. La consécration pour Wilt Quiqui Huit animaux étaient en lice pour le sacre de la championne génisse senior. « Les trois animaux qui se démarquent allient longueur, dimension, style laitier, comme je les aime. Elles se déplacent avec de très bons membres. » L'occasion de mettre à l'honneur le Gaec Wilt, qui réalise un très beau triplé. Wilt Quiqui l'emporte grâce à sa longueur, son ouverture de côte, la solidité de son dessus, de son épaule, sa largeur globale, son style laitier. Elle est suivie de Wilt Anastasia, un animal au style laitier, et Wilt Lisa, « une génisse blanche que j'aime beaucoup ». Puis vient le moment tant attendu d'élire la grande championne. Le trophée, offert par Prim'Holstein France, revient à Wilt Quiqui. « Une belle largeur de bassin, une grande ouverture de côte ont fait la différence entre les deux demoiselles », explique Bruno Toussaint. Le Gaec de Wittelsheim remporte le titre de championne réserve avec 806. Commentaire du juge à l'issue de cette confrontation : « Je savais que j'allais trouver de bons animaux, je n'ai pas été déçu ! »

Publié le 20/05/2016

La confrontation européenne en race holstein se déroulera les 17, 18 et 19 juin au parc des expositions à Colmar. 180 animaux originaires de quatorze pays européens seront présents. En parallèle de cet événement prestigieux, la « grande fête du lait » permettra de promouvoir l'élevage et le métier d'éleveur laitier.

Toute la filière laitière européenne sera au rendez-vous ! À un mois de cet événement, les organisateurs (le Club Holstein 68, Prim'Holstein France, Eurogénétique et la Chambre d'agriculture d'Alsace) multiplient les rencontres et les réunions pour réussir cette belle manifestation. Pour la première fois depuis vingt ans, ce concours européen itinérant se déroulera en France. La dernière fois, c'était à Paris. « Ce sont les jeux olympiques de la holstein. Ils sont organisés tous les trois ans dans un pays différent. Le prochain pays sera la Belgique. L'association dont je suis le directeur a décidé de l'organiser en Alsace car c'est un projet de qualité qui rassemble un savoir-faire et des gens motivés. Par ailleurs, Colmar est un lieu idéal. La ville est bien centrée au niveau européen. Nous sommes dans une belle aventure humaine avec des gens de terrain qui s'impliquent », explique Denis Biéri, directeur de Prim'Holstein France. Pour le concours, 180 vaches holstein originaires de quatorze pays différents seront présentes. « C'est un record ! Cela montre que les éleveurs sont motivés, malgré les difficultés économiques actuelles. Les problèmes sanitaires, et notamment la fièvre catarrhale ovine (FCO), ont engendré quelques incertitudes concernant certaines participations. Finalement, tout le monde sera là, hormis les vaches danoises. Mais le Danemark sera quand même présent avec des jeunes éleveurs. Des pays seront très bien représentés, d'autres plus modestement comme la Slovénie avec six vaches. Cette confrontation européenne s'annonce belle. Certains éleveurs viendront de loin. Les premières vaches arriveront à Colmar dès le 14 juin », ajoute Denis Biéri. Pour les professionnels et le grand public La manifestation est avant tout professionnelle avec, le vendredi 17 juin, un concours de clippage des jeunes, le « showmanship », qui permettra de mettre en valeur les animaux. Il précédera la cérémonie officielle fixée à 15 h et le concours des holstein rouges à partir de 15 h 45. En soirée, à partir de 19 h 30, une vente aux enchères sera organisée. 35 animaux, entre 6 mois et 1 an, seront proposés à la vente. Cette dernière s'annonce de grande qualité puisque ce sont de futures vaches intéressantes et rares. Samedi 18 juin aura lieu le concours de présentation le matin et, surtout, à partir de midi, le grand concours des holstein noires. Avec, au final, une grande championne et un pays vainqueur. Si la première partie de cette confrontation européenne est destinée aux professionnels de l'élevage, le grand public y trouvera son compte… et toute sa place. De nombreuses animations seront prévues à son intention. La Chambre d'agriculture d'Alsace (CAA) est particulièrement impliquée dans ce projet. « L'objectif est de montrer la diversité et le savoir-faire de l'Alsace et de son élevage. Par le biais, par exemple, du réseau Bienvenue à la ferme, mais également de la Maison des vins d'Alsace », explique Stéphane Janus pour la CAA. Un burger 100 % fermier sera ainsi proposé à la dégustation. Il y aura également des démonstrations de fabrication de fromage à l'ancienne, des dégustations autour de l'élevage et du terroir alsacien, un marché fermier, sans oublier quatre représentations, dans le hall 1, d'un spectacle théâtral spécialement conçu pour la grande fête du lait. Ce spectacle est réalisé par la compagnie Mattagumber qui retracera l'évolution du métier d'éleveur laitier du siècle dernier à nos jours. Dans les halls 2, 3 et 4, animaux et exposants seront répartis pour utiliser au maximum les possibilités du parc des expositions de Colmar. Les visiteurs auront le loisir de découvrir les meilleures vaches laitières d'Europe et de discuter avec les éleveurs exposants. Le ring au théâtre de plein air Et au mois de juin, les stars du théâtre de plein air seront les vaches ! Le théâtre est pour l'occasion complètement relooké en ring pour l'organisation du concours. Après le concours, samedi soir, il se transformera en lieu de fête : la société Aquatique Show et la compagnie Mattagumber uniront leurs talents pour un spectacle inédit. À l’issue du spectacle, Docteur Boost prendra le relais pour faire danser les visiteurs. « Ce sera un grand moment. Nous avons pensé à tout le monde. Les professionnels évidemment, mais également le grand public. La preuve, c'est la première fois que la fête se prolonge jusqu'au dimanche soir. Face à la crise de l'élevage, il faut communiquer et montrer ce que nous vivons au quotidien. Cette confrontation européenne est une bonne occasion pour nous d'avoir une tribune pour le faire. Les 120 exposants, les éleveurs, les organisateurs sont prêts. Au public de venir à notre rencontre », conclut Denis Biéri.

Publié le 19/05/2016

À seulement 16 ans, Lucas Ritzenthaler prépare son deuxième concours en tant que présentateur de génisse. Il défilera samedi soir à Brumath avec Elfie. Son frère Yves, 20 ans, présentera la même prim'holstein le dimanche pour le concours de morphologie. 

En octobre dernier, à Habsheim, Lucas Ritzenthaler était à la cinquième place sur huit pour la présentation de génisses, mais dernier en morphologie. Ce résultat est devenu une motivation, pour évoluer et devenir meilleur. Lucas est élève en première bac pro Conduite et gestion d'exploitation agricole (système à dominante élevage) à la maison familiale et rurale de Ramonchamp (Vosges). C'est son père Alfred, dit Freddy, qui l'a inscrit à l'école des jeunes présentateurs. Le fils y est allé sans conviction au départ, puis avec un réel plaisir. « La tonte, le lavage, le défilé, les postures, le règlement, je n'y connaissais rien. Cette formation m'a beaucoup apporté. Depuis que je suis petit, je vis auprès des animaux. Le mercredi, lorsqu'il n'y avait pas école, je me réjouissais de pouvoir passer la journée avec eux. Désormais, grâce à cette préparation au concours, j'ai appris à me contrôler, à être plus calme et patient. De petites erreurs peuvent vite modifier le comportement de la génisse ». Un concours, une convivialité entre éleveurs Lors du concours, il a apprécié la convivialité entre éleveurs. « Alors que je ne connaissais personne, j'ai été très bien accueilli. Que l'on soit éleveur de holstein ou de montbéliarde, on ne se sent jamais seul, on s'encourage mutuellement. » Cela n'empêche pas la compétition, Lucas espère une troisième place en présentation. Pour la morphologie, ce sera son frère Yves qui interviendra. « La morphologie est importante, et cela peut nous être utile dans notre élevage pour améliorer la génétique, reconnaît Lucas. Nous avons fait venir des généticiens afin de choisir la bête la plus adaptée ». Après de sérieuses réflexions, c'est Elfie, 11 mois qui a été sélectionnée, pour son esthétique et sa couleur blanche notamment. Depuis fin mars, il l'entraîne une heure tous les dimanches. Elle est assez docile, mais il lui arrive de douter, sans que son éleveur ne sache pourquoi. Pour Freddy, l'enjeu est de présenter la qualité des animaux de l'exploitation : « Jebsheim comptait beaucoup de laitiers, il y a quelques années. Aujourd'hui, nous ne sommes plus que deux. Yves est le seul jeune agriculteur à produire du lait dans le canton ». Lucas souhaite obtenir un BTS puis s'installer. L'exploitation s'y prépare en développant le cheptel. La laiterie a accepté une augmentation conséquente de son litrage. Toutes les femelles sont conservées pour préparer le renouvellement, le robot de traite est surchargé. L'installation d'une deuxième machine est prévue. Lucas espère pouvoir s'installer d'ici trois ans. Pour ce faire, Freddy et Yves prévoient déjà une sortie d'exploitation, poussés par les conséquences d'un incendie survenu l'été dernier.

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