Interbev Alsace
Promouvoir la viande, même en période de crise
Interbev Alsace
Publié le 04/05/2016
En 2015, Interbev Alsace a poursuivi ses actions de communication en faveur de la viande. Une communication parfois mise à mal par les attaques des associations de protection animale.
Interbev Alsace, l’échelon régional de l’interprofession bétail et viande, a mené de nombreuses opérations de communication et de mise en avant des viandes en 2015. Ambre Edde, animatrice de l’association depuis février, en a donné le détail lors de l’assemblée générale d’Interbev Alsace, le 18 avril à la Maison de l’agriculture à Schiltigheim. Avec son soutien, les producteurs de l'Association de production animale de l'Est (Apal) et de Copvial ont réalisé plus de 70 journées d’animation dans les grandes et moyennes surfaces alsaciennes, en binôme avec une animatrice d’Interbev. Huit journées de promotion des produits tripiers ont également été organisées, toujours dans les GMS, en relation avec un industriel du secteur. D’autres opérations ont été menées en direction du grand public, pour plus de 32 000 euros. Il s’agissait là davantage de « communication sociétale » que d’actions de promotion directe des viandes. Ainsi, Interbev Alsace était étroitement associée aux 12 journées « fermes ouvertes » organisées dans des élevages bovins durant l’été 2015, ainsi qu’aux visites d’élevage par les scolaires, qui ont lieu chaque année en mai. Autre moment fort de communication pour Interbev Alsace : la Foire européenne de Strasbourg. Sur un stand deux fois plus grand que l’an passé, des animations et des dégustations se sont succédé pendant les onze jours de foire. Les jeunes du lycée agricole d’Obernai ont prêté main-forte à l’animatrice tandis que des éleveurs et une diététicienne se relayaient pour répondre aux questions du public. Le stand de la Fédération des bouchers, également très animé, permettait de mettre en avant le savoir-faire des professionnels de la viande. À peine un mois plus tard, une opération de communication similaire était mise en place aux Journées d’octobre de Mulhouse. Made in viande couplé aux fermes ouvertes Cette stratégie de communication en direction du grand public se double d’actions de communication métier. Interbev Alsace finance ainsi l’intervention de bouchers en milieu scolaire, ainsi que le concours du Meilleur ouvrier de France dans la catégorie boucherie. Enfin, l’association s’est associée aux actions de sensibilisation de la restauration hors domicile à l’achat de viande française. Une grande partie de ces actions seront reconduites en 2016, avec un budget prévisionnel de 119 300 €, dont les deux-tiers provenant d’Interbev. L’opération Made in viande, dont la première édition a eu lieu en 2014, sera renouvelée et couplée avec les « fermes ouvertes » à destination des scolaires, du 21 au 25 mai. La création de la grande région va conduire à une réorganisation des comités régionaux d’Interbev, indique Lucien Simler, président d’Interbev Alsace. La structure Alsace va donc se fondre dans un comité Champagne-Ardenne, Lorraine, Alsace. La Lorraine représentant 60 % de l’élevage, la Champagne-Ardenne 23 % et l’Alsace 17 %, « il nous a paru logique que la future interprofession Grand Est soit basée au centre, c’est-à-dire à Laxou ». Lucien Simler, qui estime « avoir fait son temps », laissera à d’autres « le soin de monter cette structure ». Les présidents des comités régionaux d’Interbev du Grand Est ont rencontré dernièrement Pascale Gaillot, présidente de la commission agricole du Conseil régional. Ils lui ont proposé de soutenir les actions de communication en faveur de la viande. « En 2017, l’argent sera versé à une structure unique, à nous de le répartir, explique Lucien Simler. Rien n’empêche qu’on garde les animateurs sur le terrain dans les trois anciennes régions. » Une communication de fond, positive À un éleveur qui s’inquiète des effets de la crise laitière sur le marché de la viande, Jean-Luc Bouton, coordinateur des comités régionaux Interbev, confirme que ceux-ci se font déjà sentir. « La décapitalisation dans les élevages laitiers amène de la viande à bas prix qui perturbe le marché », constate aussi David Bloch, vice-président d’Interbev Alsace. Daniel Dreyfus, représentant du syndicat des marchands de bestiaux, n'est pas convaincu de l'utilité de Made in Viande que Jean-Luc Bouton présente comme « l’opération de communication la plus rentable en retour médias » organisée par l’interprofession ces dernières années. Dotée d’un budget de 750 000 €, soit 21 € la tonne, cette opération s’inscrit dans le cadre de la communication métier, précise le coordinateur des comités régionaux d’Interbev. « C’est 21 € de trop car on ne vend pas plus et on ne vend pas mieux », rétorque Daniel Dreyfus. Jacqueline Balzer interroge Jean-Luc Bouton sur la réponse envisagée par l’interprofession suite aux vidéos de maltraitance dans les abattoirs diffusées par l’association L214. « Ces vidéos nous font beaucoup de tort. Sur ce type d’attaques, réagir fait beaucoup plus de mal et ne sert à rien », argumente Jean-Luc Bouton, soulignant que la seule réponse possible est « une communication de fond, positive, comme elle se pratique avec Made in viande. Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA, approuve. Cette opération, qui a le mérite d’exister et de mettre en avant la filière et ses métiers, est redimensionnée cette année : 600 à 700 lieux (élevages, boucheries, rayons viande des GMS) ouvriront leurs portes dans toute la France, dont une quinzaine en Alsace, contre 2 000 en 2014.












