Élevage

Organisme de sélection de la race vosgienne

« La valeur ajoutée doit revenir aux façonneurs de paysage »

Publié le 19/04/2016

L’Organisme de sélection de la race vosgienne a réussi à fédérer les éleveurs du massif autour d’un projet : la création du fromage Cœur de massif. L’OS est également impliqué dans le déploiement d’un nouveau schéma de sélection basé sur la génomique.

Malgré la crise de l’élevage, les éleveurs de vosgiennes gardent le moral : le lancement réussi du fromage Cœur de massif, courant 2015, leur donne de l’espoir, a expliqué Florent Campello, président de l’Organisme de sélection de la race vosgienne, mardi 22 mars, à la Maison du Temps libre de Belmont, où se déroulait l’assemblée générale de l’OS. « Après avoir conquis son territoire, après avoir été sauvée de la disparition, et avoir vu remonter ses effectifs, notre race vosgienne a maintenant son fromage. Ce projet fédérateur est unique dans la crise actuelle », s’est réjoui Florent Campello.  Sur le plan technique, les éleveurs sont en attente d’une révolution génétique liée à l’arrivée de la génomique. « Des index officiels sortent début mars 2016 pour nous aider à faire évoluer génétiquement nos troupeaux mais aussi pour permettre à la race de se maintenir sur nos exploitations en répondant à l’évolution et à la modernité actuelle des marchés », a souligné le président de l’OS vosgienne. D’autres défis attendent l'organisme de sélection. « Le règlement zootechnique va nous amener à d’autres responsabilités et à réinventer l’OS de demain. » Dans ce contexte, Florent Campello se dit attaché à « garder l’éleveur au centre des préoccupations ». Les éleveurs doivent garder des filières courtes, « car la valeur ajoutée ne doit revenir qu’aux façonneurs de nos paysages de massif. Par votre travail quotidien avec vos animaux, vous nous permettrez de collecter des données qui vous appartiennent, des performances qui nous permettent de faire des accouplements et aussi faire évoluer notre race. Ces données sont le cœur des enjeux de demain, elles sont les vôtres. Vous en êtes les seuls propriétaires. » Le président de l’OS vosgienne plaide pour le maintien des spécificités de l’agriculture de montagne. « Le massif, pour rester un poumon vert et blanc pour l’est de la France, doit pouvoir respirer, car s’il ne conserve pas ses espaces en herbe qui font sa couleur, c’est son attractivité touristique qui risque d’en pâtir et donc son économie générale. » Les inséminations en race pure au sommet Les quatre commissions de l’OS vosgienne se sont réunies une trentaine de fois au cours de l’année écoulée. Dominique Valdenaire a rendu compte de leurs travaux, en particulier ceux de la commission génétique, qui assure la transition vers un schéma de sélection génomique. L’OS vosgienne compte 186 adhérents, soit une trentaine de plus qu’en 2014, a relevé Philippe Caussanel, directeur du service élevage de la Chambre d’agriculture d'Alsace. Un peu moins de la moitié des cheptels sont également adhérents au Contrôle laitier, pour un effectif de 1 183 vaches contrôlées. Elles affichent une production moyenne de 4 124 kg, contre 4 082 kg l’année précédente. Le nombre des femelles vosgiennes est en augmentation au niveau national, et particulièrement dans le Haut-Rhin, deuxième département en nombre de femelles vosgiennes derrière les Vosges, et premier en nombre de femelles contrôlées. À noter aussi que sur la zone Elitest, le nombre des inséminations artificielles en race pure a atteint 3 657. « Ce nombre n’a jamais été aussi élevé », constate le directeur du service élevage, mais il est en baisse sur le croisement. Plusieurs vosgiennes ont dépassé les 50 000 kg de production dans leur carrière, a indiqué Mélanie Gutzwiller, technicienne de l’OS vosgienne. Pomacle, du Gaec Schoeffel, a franchi le cap des 70 000 kg, Tosca, de l’EARL Wehrey, et Amser, d’Yvan Pierrez, pointent à plus de 60 000 kg. Quelques nouvelles vaches font leur entrée dans le club des animaux à plus de 50 000 kg : Simone et Alouette, de l’EARL Wehrey, Tarabiscot du Gaec du Vacceux, Uranie, du Gaec de la Fourrière et Utopie, de la ferme Holschlag. « Tous les ans, entre cinq et dix vaches sont ainsi récompensées, c’est la preuve qu’elles vieillissent bien », a commenté Mélanie Gutzwiller. Le service SMS proposé par l’OS vosgienne pour l’achat et la vente d’animaux fonctionne de manière satisfaisante : 48 SMS ont été envoyés aux adhérents. Ils ont débouché sur 29 ventes et 19 achats, soit un total de 108 animaux échangés. Quant au site internet, il est de plus en plus visité, avec une pointe de près de 7 000 connexions en février 2016, lors du Salon international de l’agriculture. 120 mères support pour le schéma de sélection Quatre taureaux de testage sont actuellement disponibles en doses sexées : Jumbo (Lancelot x Baron), Ivanhoé (Herbert x Ouragan), Jodler (Veto x Osiris) et Jaguar (Brave x Tango). D’autres sont rentrés en station pour une utilisation la saison prochaine : Jamesbond, Jules, Léon, Loustic. Deux autres sont nouvellement sortis en 2015. Il s’agit de deux fils d’Osiris, ayant des profils très différents : Diabolo est un taureau laitier par excellence, améliorateur en lait et en taux, utilisable sur génisses. Dartagnan, lui, est très améliorateur en morphologie, bon en cellules et donne des naissances faciles, ce qui le rend également utilisable sur génisses.  Le nouveau schéma de sélection repose sur 120 mères support triées sur index génomique et sur ascendance. « On tient compte de certains critères rédhibitoires : ce n’est pas parce qu’une vache est à 160 d’Isu qu’elle va être mère support », a précisé Philippe Caussanel. Pour sélectionner les mères support, la commission génétique a fait le choix de génotyper une génération de femelles par hiver : 222 femelles ont été prélevées dans cet objectif cet hiver, l’objectif étant de génotyper un maximum d’animaux. Chez les mâles, une cinquantaine de veaux mâles seront génotypés annuellement, l’objectif étant d’en garder une dizaine pour les rentrer en station. « On en retiendra quatre à six selon les années ».

Syndicat de la simmental d'Alsace

Une bonne progression génétique

Publié le 11/04/2016

Une trentaine d’éleveurs de la race simmental venus de toute l’Alsace se sont retrouvés pour leurs assises annuelles, mercredi 9 mars à Woerth-sur-Sauer, à l’invite du président Jean Bernhard.

Jean Bernhard, président du Syndicat de la race simmental d'Alsace, a fait un retour sur 2015, « une année difficile » aussi bien à cause de la météo que des prix en baisse. Il a pointé les normes de traçabilité de la viande qui augmentent les coûts quand bien même « 50 % de la viande sont du haché. On sait produire, mais on ne sait pas transformer ou commercialiser ». Il a aussi déploré que la France, dans le domaine agricole, soit passée de la première à la troisième place, car il n’y a « pas de bonne politique nationale en agriculture ». Et de regretter que « chacun joue sa partition (viande ou lait) mais ce n’est pas toujours bien organisé », espérant « une nouvelle politique et des règles valables pour tous ». Parmi les projets et animations de 2016, le président a rappelé qu’il n’y a pas de concours prévu cette année. Il a évoqué l’expo Colmar Holstein 2016 et le traditionnel Festival de l'élevage qui aura lieu cette année le 21 et 22 mai à Brumath, remerciant d’avance les différents organismes qui le soutiennent. Claude Ettlinger, secrétaire, a donné lecture du compte rendu de l’assemblée générale 2015 et présenté un bilan financier traduisant une saine gestion. Le renouvellement du tiers sortant a permis de reconduire dans leurs fonctions Bernard Engel, Jean Bernhard et Christophe Cousandier. Comme le veut la tradition, le syndicat a remis deux trophées : celui de la meilleure carrière simmental Alsace (lactation en 2015) a été décerné à Ottmar, de l’EARL Engel de Buhl, et le trophée de la meilleure moyenne lors de la campagne de contrôle laitier 2014-2015 (lait à 7 %) est revenu au Gaec Bernhard de Wœrth. Allier santé et croissance Hervé Lignon, de l’Organisme et entreprise de sélection (OES), a présenté et commenté différents tableaux détaillant le schéma et le programme de sélection : sélection de 150 vaches et génisses élites, les 60 génotypes sélectionnés et envoyés en Allemagne, les résultats selon les normes allemandes de l’indice génétique calculé (fiabilité de 65 %), leur conversion en bases françaises en sachant que le classement varie entre celui de l’Allemagne et de la France. Il a évoqué le développement de l’offre de services pour l’évaluation génomique, ainsi que le développement de la sélection franco-française. Dans le cheptel des reproducteurs il a présenté ceux qui sont ou vont entrer en service :  Jeannot, Jailly, Joyeux, Jumbo, Jaffar, Janze. Il a apporté quelques précisions sur le service génétique, dont le suivi morphologique ainsi que le bilan génétique de l’élevage (synthèse des performances et de la génétique du troupeau). Pour finir, il est revenu sur le Salon international de l’agriculture où pour la troisième fois Claudie a décroché le titre de championne de France. De son côté Annabelle Ragot, d’Alsace Conseil Élevage, a présenté et commenté la synthèse des résultats techniques de 2015, qui révèlent une augmentation du nombre de primipares, témoignage d’une bonne progression génétique. Du côté des indicateurs technico-économiques, les élevages de simmental d’Alsace affichent une moyenne de 6 668 litres de lait brut par vache. Elle s'est ensuite arrêtée sur l’élevage des génisses : si l’atelier génisse est performant, on produira au meilleur coût avec de futures vaches laitières, bonnes et saines. Pour cela, il convient de se fixer des objectifs clairs quant à l’âge du premier vêlage et d'avoir une bonne stratégie tenant compte des ressources fourragères et des capacités en locaux… Un vêlage précoce ne nécessite pas plus de technicité, a-t-elle souligné. Par ailleurs, plus l’âge du vêlage est précoce, plus la carrière laitière sera longue : approximativement 2,1 litres de lait par jour de vie en plus. Annabelle Ragot a étayé son propos de tableaux comparatifs et de chiffres. En abordant les « points essentiels de 0 à 6 mois, elle a conseillé d’allier santé et croissance tout en bichonnant la génisse, en maintenant le veau en bonne santé et en visant une croissance de 900 GMQ. En guise de conclusion, elle a conseillé de se fixer des objectifs clairs, d’avoir une cohérence globale pour son élevage à moyen et long terme, d’anticiper et de tenir compte des situations économiques et structurelles surtout en période de crise comme en ce moment. Enfin, Céline Zuber, du Groupement de défense sanitaire, a rappelé l’objectif d’éradication de la BVD (Diarrhée virale bovine ou maladie des muqueuses). Après avoir présenté la circulation et la propagation de ce virus, elle a rappelé les mesures à prendre dans le cadre du plan d’assainissement collectif Grand Est, de dépistage à la naissance et de biosécurité. Elle a détaillé les différentes étapes qui visent d’ici six ans l’éradication de la BVD. L’après-midi les participants ont visité l’élevage du Gaec Bernhard sous la conduite de Frédéric Bernard et de son frère, Philippe. Le Gaec totalise 105 hectares, dont 45 ha en labour et le reste en prairies, un troupeau de 145 simmental dont la moyenne s'affiche à 8 500 l de lait/an. Le Gaec Bernhard s’est doté de deux robots de traite, les vaches y vont « en libre-service ».

Publié le 05/04/2016

Sécuriser le besoin en herbe nécessaire à l'alimentation de son cheptel, c'est désormais possible avec l’assurance Prairies de Groupama. Mathieu Freysz, inspecteur technique sur le marché de l'agriculture à Groupama Grand Est, présente les fonctionnalités de cette solution innovante de gestion des risques climatiques réservée aux éleveurs.

On connaissait le contrat Climats, voici le contrat Prairies, une assurance multirisque climatique version « élevage ». Destiné à compenser les pertes de production d'herbe des prairies, qu'elles soient permanentes ou temporaires, il permet de couvrir les besoins en fourrage de l'exploitation d'élevage, même lorsqu'un aléa climatique anéantit la récolte de foin ou de luzerne. Cet outil a été co-construit avec les éleveurs et à la demande de leurs représentants professionnels. Pour souscrire un contrat Prairies, rien de plus simple : il suffit de se rendre sur le site Groupama.fr, explique Mathieu Freysz. « Tout exploitant qui est assuré chez nous possède son code d'accès. Dans le cas contraire, il peut l'obtenir en quelques secondes par SMS. » Une fois connecté, il faut cliquer sur la barre « Exploitants agricoles » puis sur la fenêtre « Assurance prairies ». Ensuite, le processus se déroule en quatre étapes : décrire son atelier d'élevage, déterminer son profil de risque, créer son projet d'assurance et le valider en ligne. « Il faut renseigner tous les éléments pour calculer le montant de la cotisation, en fonction du niveau de risque garanti. » Calculer le besoin fourrager de l'exploitation Le besoin fourrager de l'exploitation est calculé en fonction du nombre d'animaux présents sur l'exploitation, convertis en UGB (unité gros bétail), la base étant une consommation de 4,75 tonnes de matière sèche (MS) par UGB et par an, explique Mathieu Freysz. « Soit l'éleveur connaît le nombre d'UGB présentes sur l'exploitation, soit il peut le calculer en renseignant le nombre d'animaux, en sélectionnant la race, en indiquant le nombre de mères, de veaux vivants, d'animaux en pension, la production de lait en kg (pour les éleveurs laitiers), etc. » L'étape suivante consiste à déterminer la dépendance à l'herbe de l'exploitation, en fonction de la composition de la ration dont il faut indiquer les différents ingrédients et les quantités utilisées. Pour calculer la quantité d'herbe assurée, le logiciel tient compte des fourrages produits sur l'exploitation, en dehors de l'herbe et de la luzerne (maïs ensilage, betteraves fourragères, etc.) et des achats extérieurs (luzerne déshydratée, pulpes de betteraves, drèches de brasserie, coproduits, paille alimentaire) et les déduit du besoin fourrager total. Il tient compte également du mode de production (conventionnel, bio, etc.) et de conduite de l'exploitation (estive, alpage). L'identification des surfaces en prairies se fait sur la base de la déclaration TelePac. « Il suffit à l'éleveur d'entrer son code Pac pour que le logiciel importe automatiquement le parcellaire de l'exploitation et référence les prairies. Il identifie les zones fourragères en les coloriant en jaune, les contours étant matérialisés par des pointillés. » Les zones herbagères cartographiées Comment le logiciel connaît-il les régions herbagères ? « Groupama a un partenariat avec la société Airbus. Depuis 2003, ses satellites collectent les données sur l’état physiologique du couvert végétal, ce qui nous a permis de cartographier les zones fourragères et d'établir des références historiques. » « Chaque année, Airbus nous fournira les indices de pousse de ces zones fourragères tout au long du cycle de production et nous les comparerons à la moyenne des cinq dernières années pour mesurer quand le seuil d'indemnisation est déclenché. » Au moment de la souscription du contrat, l'éleveur peut d'ailleurs voir s'il aurait pu prétendre à une indemnisation au cours des années antérieures. Le niveau de franchise du contrat socle est fixé réglementairement à 30 %. L'éleveur peut l'abaisser jusqu'à 20 % en fonction de la stratégie adoptée. « Plus on diminue la franchise, plus le coût de la cotisation est élevé. » De même, dans le contrat socle, le prix du fourrage de matière sèche est fixé, mais l'éleveur peut opter pour un prix plus élevé, ce qui a bien sûr une incidence sur la cotisation. « Ces franchises sont ajustables d'une année à l'autre », explique Mathieu Freysz. Pour ne pas décapitaliser le cheptel Une simulation permet à l'éleveur de voir, en fonction du coût de rachat du fourrage et du niveau de franchise choisi, quel sera le coût total de la cotisation et, une fois la subvention de l'État déduite, la somme qu'il aura à débourser pour s'assurer contre les risques climatiques sur ses prairies. Ce coût peut varier entre 10 et 20 € l'hectare subvention déduite. La subvention accordée par l'État est fixe, quel que soit le montant de la cotisation. Dans le contrat socle, elle représente 65 % de cette cotisation. Mathieu Freysz rappelle que la réglementation fixe le seuil d'intervention à 30 % au moins de dégâts sur l'ensemble de la surface assurée. Si les indices estiment que la perte est supérieure à la référence historique et au niveau de franchise choisi, une indemnité est versée à l'assuré. Elle est calculée en fonction des stocks disponibles sur l'exploitation en fin d'hiver, du prix de rachat du fourrage fixé par l'éleveur et, bien sûr, du niveau de franchise choisi au moment de la souscription. « La tarification dépend aussi de la fréquence des accidents climatiques dans une région herbagère donnée. » Pour déclencher l'indemnisation, l'éleveur doit faire une déclaration de sinistre. « Le fait de pouvoir acheter des fourrages avec l'indemnité perçue permet de ne pas décapitaliser le cheptel, et donc éviter de vendre des animaux à une période de prix bas. »

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