Élevage

Syndicat de la simmental d'Alsace

Une bonne progression génétique

Publié le 11/04/2016

Une trentaine d’éleveurs de la race simmental venus de toute l’Alsace se sont retrouvés pour leurs assises annuelles, mercredi 9 mars à Woerth-sur-Sauer, à l’invite du président Jean Bernhard.

Jean Bernhard, président du Syndicat de la race simmental d'Alsace, a fait un retour sur 2015, « une année difficile » aussi bien à cause de la météo que des prix en baisse. Il a pointé les normes de traçabilité de la viande qui augmentent les coûts quand bien même « 50 % de la viande sont du haché. On sait produire, mais on ne sait pas transformer ou commercialiser ». Il a aussi déploré que la France, dans le domaine agricole, soit passée de la première à la troisième place, car il n’y a « pas de bonne politique nationale en agriculture ». Et de regretter que « chacun joue sa partition (viande ou lait) mais ce n’est pas toujours bien organisé », espérant « une nouvelle politique et des règles valables pour tous ». Parmi les projets et animations de 2016, le président a rappelé qu’il n’y a pas de concours prévu cette année. Il a évoqué l’expo Colmar Holstein 2016 et le traditionnel Festival de l'élevage qui aura lieu cette année le 21 et 22 mai à Brumath, remerciant d’avance les différents organismes qui le soutiennent. Claude Ettlinger, secrétaire, a donné lecture du compte rendu de l’assemblée générale 2015 et présenté un bilan financier traduisant une saine gestion. Le renouvellement du tiers sortant a permis de reconduire dans leurs fonctions Bernard Engel, Jean Bernhard et Christophe Cousandier. Comme le veut la tradition, le syndicat a remis deux trophées : celui de la meilleure carrière simmental Alsace (lactation en 2015) a été décerné à Ottmar, de l’EARL Engel de Buhl, et le trophée de la meilleure moyenne lors de la campagne de contrôle laitier 2014-2015 (lait à 7 %) est revenu au Gaec Bernhard de Wœrth. Allier santé et croissance Hervé Lignon, de l’Organisme et entreprise de sélection (OES), a présenté et commenté différents tableaux détaillant le schéma et le programme de sélection : sélection de 150 vaches et génisses élites, les 60 génotypes sélectionnés et envoyés en Allemagne, les résultats selon les normes allemandes de l’indice génétique calculé (fiabilité de 65 %), leur conversion en bases françaises en sachant que le classement varie entre celui de l’Allemagne et de la France. Il a évoqué le développement de l’offre de services pour l’évaluation génomique, ainsi que le développement de la sélection franco-française. Dans le cheptel des reproducteurs il a présenté ceux qui sont ou vont entrer en service :  Jeannot, Jailly, Joyeux, Jumbo, Jaffar, Janze. Il a apporté quelques précisions sur le service génétique, dont le suivi morphologique ainsi que le bilan génétique de l’élevage (synthèse des performances et de la génétique du troupeau). Pour finir, il est revenu sur le Salon international de l’agriculture où pour la troisième fois Claudie a décroché le titre de championne de France. De son côté Annabelle Ragot, d’Alsace Conseil Élevage, a présenté et commenté la synthèse des résultats techniques de 2015, qui révèlent une augmentation du nombre de primipares, témoignage d’une bonne progression génétique. Du côté des indicateurs technico-économiques, les élevages de simmental d’Alsace affichent une moyenne de 6 668 litres de lait brut par vache. Elle s'est ensuite arrêtée sur l’élevage des génisses : si l’atelier génisse est performant, on produira au meilleur coût avec de futures vaches laitières, bonnes et saines. Pour cela, il convient de se fixer des objectifs clairs quant à l’âge du premier vêlage et d'avoir une bonne stratégie tenant compte des ressources fourragères et des capacités en locaux… Un vêlage précoce ne nécessite pas plus de technicité, a-t-elle souligné. Par ailleurs, plus l’âge du vêlage est précoce, plus la carrière laitière sera longue : approximativement 2,1 litres de lait par jour de vie en plus. Annabelle Ragot a étayé son propos de tableaux comparatifs et de chiffres. En abordant les « points essentiels de 0 à 6 mois, elle a conseillé d’allier santé et croissance tout en bichonnant la génisse, en maintenant le veau en bonne santé et en visant une croissance de 900 GMQ. En guise de conclusion, elle a conseillé de se fixer des objectifs clairs, d’avoir une cohérence globale pour son élevage à moyen et long terme, d’anticiper et de tenir compte des situations économiques et structurelles surtout en période de crise comme en ce moment. Enfin, Céline Zuber, du Groupement de défense sanitaire, a rappelé l’objectif d’éradication de la BVD (Diarrhée virale bovine ou maladie des muqueuses). Après avoir présenté la circulation et la propagation de ce virus, elle a rappelé les mesures à prendre dans le cadre du plan d’assainissement collectif Grand Est, de dépistage à la naissance et de biosécurité. Elle a détaillé les différentes étapes qui visent d’ici six ans l’éradication de la BVD. L’après-midi les participants ont visité l’élevage du Gaec Bernhard sous la conduite de Frédéric Bernard et de son frère, Philippe. Le Gaec totalise 105 hectares, dont 45 ha en labour et le reste en prairies, un troupeau de 145 simmental dont la moyenne s'affiche à 8 500 l de lait/an. Le Gaec Bernhard s’est doté de deux robots de traite, les vaches y vont « en libre-service ».

Publié le 05/04/2016

Sécuriser le besoin en herbe nécessaire à l'alimentation de son cheptel, c'est désormais possible avec l’assurance Prairies de Groupama. Mathieu Freysz, inspecteur technique sur le marché de l'agriculture à Groupama Grand Est, présente les fonctionnalités de cette solution innovante de gestion des risques climatiques réservée aux éleveurs.

On connaissait le contrat Climats, voici le contrat Prairies, une assurance multirisque climatique version « élevage ». Destiné à compenser les pertes de production d'herbe des prairies, qu'elles soient permanentes ou temporaires, il permet de couvrir les besoins en fourrage de l'exploitation d'élevage, même lorsqu'un aléa climatique anéantit la récolte de foin ou de luzerne. Cet outil a été co-construit avec les éleveurs et à la demande de leurs représentants professionnels. Pour souscrire un contrat Prairies, rien de plus simple : il suffit de se rendre sur le site Groupama.fr, explique Mathieu Freysz. « Tout exploitant qui est assuré chez nous possède son code d'accès. Dans le cas contraire, il peut l'obtenir en quelques secondes par SMS. » Une fois connecté, il faut cliquer sur la barre « Exploitants agricoles » puis sur la fenêtre « Assurance prairies ». Ensuite, le processus se déroule en quatre étapes : décrire son atelier d'élevage, déterminer son profil de risque, créer son projet d'assurance et le valider en ligne. « Il faut renseigner tous les éléments pour calculer le montant de la cotisation, en fonction du niveau de risque garanti. » Calculer le besoin fourrager de l'exploitation Le besoin fourrager de l'exploitation est calculé en fonction du nombre d'animaux présents sur l'exploitation, convertis en UGB (unité gros bétail), la base étant une consommation de 4,75 tonnes de matière sèche (MS) par UGB et par an, explique Mathieu Freysz. « Soit l'éleveur connaît le nombre d'UGB présentes sur l'exploitation, soit il peut le calculer en renseignant le nombre d'animaux, en sélectionnant la race, en indiquant le nombre de mères, de veaux vivants, d'animaux en pension, la production de lait en kg (pour les éleveurs laitiers), etc. » L'étape suivante consiste à déterminer la dépendance à l'herbe de l'exploitation, en fonction de la composition de la ration dont il faut indiquer les différents ingrédients et les quantités utilisées. Pour calculer la quantité d'herbe assurée, le logiciel tient compte des fourrages produits sur l'exploitation, en dehors de l'herbe et de la luzerne (maïs ensilage, betteraves fourragères, etc.) et des achats extérieurs (luzerne déshydratée, pulpes de betteraves, drèches de brasserie, coproduits, paille alimentaire) et les déduit du besoin fourrager total. Il tient compte également du mode de production (conventionnel, bio, etc.) et de conduite de l'exploitation (estive, alpage). L'identification des surfaces en prairies se fait sur la base de la déclaration TelePac. « Il suffit à l'éleveur d'entrer son code Pac pour que le logiciel importe automatiquement le parcellaire de l'exploitation et référence les prairies. Il identifie les zones fourragères en les coloriant en jaune, les contours étant matérialisés par des pointillés. » Les zones herbagères cartographiées Comment le logiciel connaît-il les régions herbagères ? « Groupama a un partenariat avec la société Airbus. Depuis 2003, ses satellites collectent les données sur l’état physiologique du couvert végétal, ce qui nous a permis de cartographier les zones fourragères et d'établir des références historiques. » « Chaque année, Airbus nous fournira les indices de pousse de ces zones fourragères tout au long du cycle de production et nous les comparerons à la moyenne des cinq dernières années pour mesurer quand le seuil d'indemnisation est déclenché. » Au moment de la souscription du contrat, l'éleveur peut d'ailleurs voir s'il aurait pu prétendre à une indemnisation au cours des années antérieures. Le niveau de franchise du contrat socle est fixé réglementairement à 30 %. L'éleveur peut l'abaisser jusqu'à 20 % en fonction de la stratégie adoptée. « Plus on diminue la franchise, plus le coût de la cotisation est élevé. » De même, dans le contrat socle, le prix du fourrage de matière sèche est fixé, mais l'éleveur peut opter pour un prix plus élevé, ce qui a bien sûr une incidence sur la cotisation. « Ces franchises sont ajustables d'une année à l'autre », explique Mathieu Freysz. Pour ne pas décapitaliser le cheptel Une simulation permet à l'éleveur de voir, en fonction du coût de rachat du fourrage et du niveau de franchise choisi, quel sera le coût total de la cotisation et, une fois la subvention de l'État déduite, la somme qu'il aura à débourser pour s'assurer contre les risques climatiques sur ses prairies. Ce coût peut varier entre 10 et 20 € l'hectare subvention déduite. La subvention accordée par l'État est fixe, quel que soit le montant de la cotisation. Dans le contrat socle, elle représente 65 % de cette cotisation. Mathieu Freysz rappelle que la réglementation fixe le seuil d'intervention à 30 % au moins de dégâts sur l'ensemble de la surface assurée. Si les indices estiment que la perte est supérieure à la référence historique et au niveau de franchise choisi, une indemnité est versée à l'assuré. Elle est calculée en fonction des stocks disponibles sur l'exploitation en fin d'hiver, du prix de rachat du fourrage fixé par l'éleveur et, bien sûr, du niveau de franchise choisi au moment de la souscription. « La tarification dépend aussi de la fréquence des accidents climatiques dans une région herbagère donnée. » Pour déclencher l'indemnisation, l'éleveur doit faire une déclaration de sinistre. « Le fait de pouvoir acheter des fourrages avec l'indemnité perçue permet de ne pas décapitaliser le cheptel, et donc éviter de vendre des animaux à une période de prix bas. »

Groupement de défense sanitaire d'Alsace

Éradiquer la BVD : tous les éleveurs sont concernés !

Publié le 04/03/2016

Après ses voisins mosellans, allemands et belges, le GDS d'Alsace a décidé de se lancer dans un plan de lutte obligatoire contre la BVD (diarrhée virale bovine). Largement présenté lors des assemblées générales des syndicats de races bovines, ce plan sera financé par une augmentation de cotisation.

« Depuis longtemps, le porc est en crise. Aujourd’hui, le lait et la viande sont eux aussi dans la tourmente, a rappelé Patrick Bastian, en ouvrant l’assemblée générale du Groupement de défense sanitaire (GDS) d’Alsace. Les prévisions des économistes sont pessimistes, mais la situation peut se retourner rapidement. » Beaucoup de mesures ont été prises par le gouvernement pour venir en aide aux éleveurs mais il est difficile de compenser les méfaits de la crise, vu son ampleur. La nouvelle Région a pour mission de s’investir dans l’économie. « Un certain nombre d’idées ont déjà été lancées. » Cependant, a insisté Patrick Bastian, accorder des aides, c’est important, mais à condition de les verser rapidement. Le président Philippe Richert en est conscient. Pour le plan de modernisation des bâtiments d’élevage, par exemple, il faudra passer par le versement d’acomptes pour faire démarrer les projets et soutenir l’investissement. « La gestion des crises, laissons-la à l’État, mais à notre niveau, faisons tout ce que nous pouvons pour assurer la pérennité des exploitations agricoles. » La lutte sanitaire est l’un de ces leviers. La loi NOTRe enlève la compétence économique aux Départements qui subventionnaient fortement les GDS. Que réservera l'avenir ? « Certains départements vont continuer à nous soutenir, d’autres se voient contraints d’arrêter. Le Bas-Rhin nous accordait des aides importantes pour lutter contre les maladies et pour soutenir le laboratoire départemental. Cette politique risque d’être remise en cause à l'avenir. Dans le Haut-Rhin, les aides étaient différentes. » La Région va reprendre la compétence économique, et donc certainement l’aspect sanitaire. « Les GDS du Grand Est se réunissent aujourd'hui, 4 mars, pour voir comment ils vont se structurer. » Pour Patrick Bastian, il faut avancer sur des dossiers comme l'OVS (Organisme à vocation sanitaire) et l'ASR (Association sanitaire régionale). « Ce n’est qu’au niveau de la grande région que nous pourrons être reconnus comme ASR. Mais la lutte sanitaire doit se faire au plus près du terrain et nous avons besoin des départements pour être efficaces. » Épargnés par les crises sanitaires… pour l'instant « En Alsace, nous sommes passés à côté des crises les plus graves », a poursuivi Patrick Bastian. La fièvre catarrhale ovine (FCO) est apparue très brusquement en France, mais pour le moment l’Est n’est pas touché. Le président du GDS ne se fait pas d’illusion : « Cet été, cela risque de changer… Heureusement, le dossier est géré de manière plus simple et plus lucide par les autorités sanitaires, nous avons appris à gérer ce genre de crise. » De son côté, la crise aviaire a pris une ampleur sans précédent : un tiers de la production française va être euthanasié et un vide sanitaire sera effectué. « Au niveau national, nous sommes dans l'attente de la parution d'un accord ministériel pour mettre en place un programme d’éradication de l'IBR (rhinotrachéite infectieuse bovine), a annoncé Patrick Bastian. Je suis satisfait de cette décision : les derniers cas nous coûtent très cher et il était temps d'adopter des mesures plus radicales. Les Conseils départementaux ont apporté une contribution importante à la lutte contre cette maladie, mais nous ne pouvons pas éternellement les solliciter sur ce dossier. Cet arrêté ministériel nous permet d’aller vers l’éradication de l’IBR. » BVD : aller rapidement vers l’éradication Mais la vedette du jour était incontestablement la BVD. « La BVD, j’ai appris à la connaître sur mon exploitation en 1994, avec des pertes considérables. » Depuis, un travail énorme a été accompli, a souligné Patrick Bastian, mais certains départements ont avancé plus vite que d’autres. « Si j’ai défendu la nécessité de foncer, dans notre région, c’est que les régions et départements voisins sont déjà passés à la vitesse supérieure, depuis longtemps. » La Moselle, par exemple, s'est engagée dans la lutte contre cette maladie, avec des résultats exceptionnels. « C’est efficace et cela marche bien. » Patrick Bastian a indiqué que le département des Vosges a décidé à son tour de se lancer dans l'aventure. Un nouveau pas vient d'être franchi. « Nous avons obtenu que la lutte contre la BVD soit rendue obligatoire au niveau national, même si certains départements avanceront à leur propre rythme, parce qu’ils ont d’autres priorités sanitaires, comme la tuberculose. » Les deux départements alsaciens ont décidé de fixer une ligne de conduite par rapport à l’éradication de la BVD qui permettra aux régions voisines de les rejoindre dans cette lutte. « Ensuite, nous conseillerons à nos voisins italiens d’acheter des animaux indemnes, et cela ira très vite. »

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