Association de la race bovine vosgienne du Haut-Rhin
Dynamique et pleine de jeunesse
Association de la race bovine vosgienne du Haut-Rhin
Publié le 11/02/2015
Entre une production laitière qui augmente, un cheptel qui grossit et des performances génétiques qui progressent d'une année à l'autre, la race bovine vosgienne confirme plus que jamais son dynamisme dans le Haut-Rhin et au-delà. Une tendance qui devrait se poursuivre en 2015.
En un mot : dynamique. Année après année, l'Association de la race bovine vosgienne du Haut-Rhin confirme le rôle clé qu'elle joue dans le développement et le rayonnement de la Vosgienne dans le département et bien au-delà. « Cette vache fait partie de notre identité. Son berceau se trouve ici », résume le président de l'association, Florent Campello. C'est dans ce berceau, qui l'a vu renaître il y a quarante ans, que la Vosgienne enregistre aujourd'hui ses meilleures performances toutes lactations brutes : 4 311 kg en 2014 alors que la moyenne nationale n'est « que » de 4 082 kg au cours de la même période. « Il y a presque 300 kg de différence. Ce n'est pas rien », fait remarquer Florent Campello. Cette évolution de la production est assez notable, si on la compare à celle de 2013 : 4 167 kg dans le Haut-Rhin pour une moyenne nationale de 4 037 kg, soit une différence d'un peu plus de 100 kg. Dans le même temps, le nombre de bêtes évolue sensiblement. L'an passé, 1 344 vaches de race vosgienne ont été enregistrées au contrôle laitier sur toute la France, soit 72 de plus qu'en 2013. Le Haut-Rhin représente a lui seul 41 % de ces « nouvelles » vaches avec pas moins de 569 bêtes au compteur, contre 539 un an auparavant. Des résultats forcément gratifiants et encourageants pour l'Association de la race bovine vosgienne du Haut-Rhin qui a la chance de pouvoir s'appuyer sur un noyau de jeunes particulièrement impliqués. « Il y a trente vaches en plus qui sont entrées au Contrôle laitier, et nous avons plein de jeunes qui veulent continuer à s'investir dans cette race. C'est un atout et une force pour nous. » Eurogénétique s'ouvre aux jeunes Lors de la finale nationale de labour qui aura lieu à Metz du 11 au 13 septembre, ces jeunes éleveurs vont avoir une nouvelle occasion de mettre en avant leur passion lors du concours des jeunes présentateurs d'Eurogénétique 2015. « C'est la première fois qu'il y aura une section génisse vosgiennes à l'École des jeunes d'Eurogénétique », se félicite Florent Campello. « Le concours a été décalé à cette date par manque de temps et de place lors d'Eurogénétique 2015. Il y aura 80 vaches montbéliardes en plus qui participeront au concours de cette race. Après réflexion, on s'est dit qu'on pourrait organiser le concours des jeunes présentateurs lors de la finale de labour », explique Mélanie Gutzwiller, conseillère spécialisée Élevage à la chambre d’agriculture de région Alsace (Cara). Restait alors à placer les trois jours de formation de l'École des Jeunes. « Elle aura lieu sur l'exploitation de Yannick Schubnel, à Stosswihr, du 26 au 28 août. Une quarantaine de jeunes, âgés de 16 à 21 ans, sont attendus. On leur apprendra comment se comporter avec l'animal, comment le brosser, le conduire », précise-t-elle. Entre sept et huit jeunes éleveurs de Vosgiennes prendront part à l'événement. Une grande première qui sera forcément scrutée de près parmi les amoureux de la race. Un week-end « grand public » autour de la Vosgienne Tout comme le concours départemental et la vente aux enchères qui auront lieu les 17 et 18 octobre à Gunsbach. Après le succès de la précédente vente aux enchères en 2013, l'association présidée par Florent Campello a voulu reconduire l'expérience après une année 2014 « blanche » en termes de manifestations. Sauf que cette fois-ci, cette vente aux enchères de Vosgiennes se fera dans la soirée. « Nous avons voulu l'intégrer dans un grand week-end festif et grand public où nos meilleures bêtes s'affronteront sur le ring », indique Mélanie Gutzwiller. Au programme le samedi après-midi : les sections génisses, vaches taries et vaches allaitantes. Le lendemain, ce sont les vaches laitières qui égraineront leurs mamelles sous l'œil pointilleux du juge. « Cela faisait longtemps que l'on n’avait pas fait de concours de Vosgiennes dans le département. On s'est dit qu'il était temps, et que c'était l'occasion de montrer à tous, le dynamisme du Haut-Rhin autour de cette race emblématique du massif », complète Florent Campello. L'association compte maintenant sur une forte mobilisation des éleveurs pour assurer la réussite de ce week-end, avec pas moins de 80 vaches attendues. La génétique progresse toujours Dynamique, le Haut-Rhin l'est aussi dans le domaine de la performance génétique avec deux nouveaux taureaux indexés en juin dernier : Buffalo, né en 2006 d'Oscar sur Lupin, et Antonio, né en 2005 de Dalton sur Tarzan. « Buffalo est complet en mamelle mais est négatif en taux protéique et taux butyreux. Il faudra faire attention à le mettre sur des vaches qui ont des taux bien fixes. Antonio est lui, le taureau laitier par excellence. Il fait des bons pis et présente des taux corrects », analyse Mélanie Gutzwiller. L'indexation de deux nouveaux taureaux, Diabolo et Dartagnan, est quant à elle prévue début mars. Ils sont tous les deux nés en 2008 et ont engendré 67 et 76 filles sur plus de 400 doses sexées posées dans des femelles. « C'est là que l'on peut voir les bienfaits de la dose sexée : on fait plus de femelles en moins longtemps. Et cela continue d'évoluer dans le bon sens. Gusty, un taureau de 2011, a déjà engendré 43 filles avec seulement 117 doses. C'est un laps de temps très court. Si, au moins trente filles arrivent au vêlage, on pourra indexer le taureau sur seulement un an », prévoit Mélanie Gutzwiller. Ces résultats, déjà très encourageants, pourraient connaître une évolution notable dans les années à venir grâce à la génomique. Grâce à cette technique révolutionnaire, il sera possible de connaître ce qu’un animal est capable de transmettre génétiquement, tout en écartant les paramètres inhérents au milieu. Les travaux de recherche sur le génome de la race vosgienne ont eu lieu en 2014. Et pour le moment, les résultats sont « très encourageants » s'enthousiasme Florent Campello. « Nous aurons bientôt les premiers index génomiques de toute la pollution génotypée. Si nous obtenons un CD (coefficient de détermination) supérieur à 0,60, nous disposerons alors d'une fiabilité génomique de la race. Cela devrait nous aider à faire les bons choix », ajoute-t-il. Il ne reste plus qu'à attendre l'indexation pilote prévue au mois de juin pour savoir si oui ou non la Vosgienne s'inscrit, elle aussi, dans cette démarche de progrès.












