Élevage

Gaec Butsch à Ranspach-le-Haut

Fidèles au concours 

Publié le 29/10/2016

Les trois frères Butsch prennent la suite de leur père, Claude, participant des premières éditions du concours Prim’Holstein. Ils présenteront cinq bêtes. 

Claude Butsch faisait concourir ses holsteins depuis la deuxième édition de la foire Simon et Jude à Habsheim. Il a remporté un prix en 1997. Ses fils, David, Mickaël et Lionel, présentaient les veaux, dès qu’ils ont pu. Puis, au fur et à mesure, ils ont pris part au concours. Pour cette édition, cinq holsteins ont été préparées à la compétition. Elles ont été choisies pour leur allure générale, les caractéristiques de leurs membres et notamment les pis et leur style. « Le prix serait un plus bien sûr, mais la concurrence est rude avec des participants de plus en plus nombreux, venus du Bas-Rhin également », relate David, 23 ans. David et Mickaël sont associés à la ferme depuis 2014. Avec leurs parents, ils élèvent une centaine de vaches laitières à Ranspach-le-Haut, pour un million de litres par an. Lionel de son côté, est mécanicien agricole. « Par passion de la belle vache » Quelques semaines, avant le concours, les génisses ont été mises à part et leur nourriture a été adaptée avec du foin et du concentré. La préparation est plus intense lors des dernières semaines. « Le concours permet de se mesurer aux autres, d’évaluer la progression génétique du troupeau. Il met aussi en avant notre travail. Mais avant tout, j’aime le concours par passion de la belle vache », conclut David.

Lancement de la marque « Goutez l’Alsace - s’esch güat »

Un boucher content, un éleveur content

Publié le 21/10/2016

Créée il y a quelques mois, la nouvelle marque « Goutez l’Alsace - s’esch güat *» établit une nouvelle « relation de confiance » entre les bouchers-charcutiers alsaciens et les éleveurs en proposant aux consommateurs une viande 100 % locale, de « grande qualité bouchère », et vendue au prix « le plus juste ».

« Avec cette marque, on veut créer un circuit court de qualité et de proximité avec les éleveurs alsaciens. » En quelques mots, le président de la Fédération régionale des bouchers - charcutiers - traiteurs d’Alsace, Bernard Jauss, résume la philosophie qui anime la nouvelle marque « Goûtez l’Alsace - s’esch guat » créée il y a un peu plus de six mois par les Artisans bouchers-charcutiers traiteurs d’Alsace, la coopérative des bouchers-charcutiers Sabreco, et l’Association de production animale de l’Est (Apal) qui regroupe plus de 1 500 éleveurs dans le Grand Est. L’idée de départ est simple : offrir aux éleveurs alsaciens de race à viande un débouché valorisant en écoulant leur production chez des artisans-bouchers haut-rhinois et bas-rhinois. À l’heure actuelle, une quinzaine de bouchers-charcutiers ont intégré cette démarche. Ils bénéficient chaque semaine de dix génisses nées, élevées et engraissées en Alsace, toutes abattues à Sarrebourg ou Haguenau. « Avec nos capacités actuelles, on pourrait monter jusqu’à vingt bêtes par semaine au maximum. C’est un objectif que l’on souhaite atteindre à moyen terme », explique le directeur de la Sabreco, Bernard Sturm. Le ramassage et le transport des animaux des fermes aux abattoirs sont assurés par la Socobeval. La logistique en aval est prise en charge par la Sabreco qui utilise ses camions frigorifiques pour livrer la viande aux bouchers-charcutiers. Un partenariat « gagnant-gagnant » À l’origine de cette nouvelle marque exclusive aux artisans-bouchers, il y avait la volonté des bouchers-charcutiers de récréer une filière de proximité avec les éleveurs, à l’image de ce qui existait autrefois dans les campagnes. « Mais progressivement, ce lien s’est perdu. Le boucher n’ayant plus la capacité logistique d’assurer le transport de l’animal jusqu’au lieu d’abattage », explique Bernard Jauss. En tant que vice-président de la Confédération Française de la Boucherie, Boucherie-Charcuterie, Traiteurs (CFBCT), ce dernier s’est mué en porte-parole de sa corporation au sein d’Interbev. « On voulait remettre cette filière viande en marche en permettant à l’éleveur de mieux valoriser son travail », ajoute-t-il. Une idée qui séduit l’Apal, désireuse de mettre ses éleveurs face à des « débouchés de qualité ». L’association crée la marque - qui devient pour le coup la propriété exclusive des agriculteurs - et rédige le cahier des charges. Elle crée le « lien » entre les différents partenaires pour que le projet voie le jour. Derrière la motivation de l’Apal, il y a la conviction que le système actuel est « arrivé au bout ». Pour son président Stéphane Peultier, il est aujourd’hui nécessaire de « reprendre les choses à la base. Trop souvent, l’éleveur livrait sa bête sans savoir comment elle était valorisée ensuite. C’est pour cela que cette marque est la propriété des agriculteurs : pour reprendre les choses en main et arrêter de se faire déposséder. C’est une autre vision du commerce qui s’appuie sur une relation de confiance et un juste partage de la valeur ajoutée. C’est un partenariat gagnant gagnant. De toute manière, si on veut que la filière viande continue d’exister, il faut miser sur la qualité et redonner envie aux éleveurs de faire des belles bêtes. » Le cousin « le plus proche » de l’éleveur Avec cette marque, les bouchers ont l’assurance de n’avoir que des génisses ou jeunes femelles issues uniquement de races à viande, toutes élevées et engraissées en Alsace. Pour les éleveurs, c’est l’assurance d’une rémunération juste avec une plus-value prise en charge par la Sabreco et versée par l’Apal, mais aussi la valorisation de leur travail. Et pour le consommateur, c’est l’assurance d’une viande de qualité, « hyper tracée » et « hyper identifiée », à un prix correct. Avec chaque morceau de viande acheté, il peut recevoir la fiche d’identité de l’animal : la commune d’origine, le nom de l’éleveur, etc. « Dans cette démarche, on recrée du lien entre l’éleveur, le transformateur, le boucher-charcutier et le consommateur. C’est le circuit court tel qu’on l’a toujours considéré », souligne Bernard Jauss. « À titre personnel, j’ai toujours privilégié cet échange avec les éleveurs. Nous partageons les mêmes valeurs : la passion de notre travail et la qualité de ce qu’on produit. Le boucher, c’est le cousin le plus proche de l’éleveur. De l’autre côté, le consommateur a une identité et un repère derrière le produit qu’il achète. Il peut mettre un visage sur la personne qui produit la viande qu’il mange. Il peut aller à sa rencontre, lui poser des questions sur son travail et ses animaux. C’est un tout autre rapport. Et ça fait du bien à tout le monde au final. » Le vice-président de la CFBCT insiste également sur la notion de « respect » présente dans cette démarche : « On respecte l’éleveur, le client, le bien-être animal, et le produit vendu par le boucher. C’est un cercle vertueux en quelque sorte. » Une approche que l’Apal applique déjà avec succès avec une filière locale « veau rosé » lancée en Lorraine et Champagne il y a plusieurs mois. Une démarche également très jeune qui séduit de plus en plus de magasins et de consommateurs. « Dans notre région, [NDLR : la Lorraine], les gens n’étaient pas habitués à faire ça. Mais aujourd’hui, on peut dire que ça marche bien. Nous avons pas mal de magasins qui prennent un veau rosé par semaine. Il y en a même un qui en prend deux. C’est une filière qui se développe bien, mais doucement », témoigne Stéphane Peultier avant d’ajouter : « La difficulté de créer une démarche comme celle-ci est de monter la production en même temps que les débouchés. Il faut éviter de faire des déçus, que ce soit du côté des éleveurs ou du côté des magasins. Il faut donc prendre son temps pour faire les choses correctement. C’est une aventure à long terme. »

Publié le 20/10/2016

En 1918, une souche très virulente du virus de l’Influenza aviaire a fait de 50 à 100 millions de morts, soit plus que la peste noire. C’était la grippe espagnole. C’est la raison pour laquelle ce virus est autant surveillé par les autorités sanitaires. Le récent épisode d’Influenza aviaire dans le sud-ouest de la France a conduit à renforcer les mesures de biosécurité dans les élevages.

Le 10 février 2016, un arrêté relatif aux mesures de biosécurité dans les exploitations de volailles est paru au Journal officiel dans le cadre de la prévention contre l’Influenza aviaire. Depuis le 1er juillet 2016 (sauf demande de dérogation jusqu’en 2018), les élevages de volailles sont soumis à un certain nombre de nouvelles règles : mesures de protection physique des élevages, instauration de la bande unique… Et tout détenteur de volailles doit pouvoir présenter aux autorités publiques un plan de biosécurité. Pour aider les éleveurs à mettre en œuvre ces mesures sur leur exploitation, Costal organise des sessions de formation animées par le docteur vétérinaire Arnaud Schmitt, spécialiste des volailles. « Il s’agit d’une formation obligatoire et diplômante pour tout éleveur de volaille commercial », précise Mario Troestler qui, en accueillant une de ces sessions de formation le 10 octobre, s’est voulu rassurant : « Pour ceux qui sont soumis au cahier de charges de la production de poulet label, c’est surtout du formalisme, il n’y a pas grand-chose à faire de plus que ce qui y est inscrit ». Ce que confirme Arnaud Schmitt : « Pour les producteurs qui n’élèvent qu’une seule espèce de volaille, l’arrêté biosécurité ne va pas révolutionner leurs pratiques. Il s’agit surtout de les mettre sur papier, peut-être parfois de réorganiser la circulation. » « Il est inenvisageable de vivre avec ce virus » Car l’objectif principal de l’arrêté biosécurité, c’est d’instaurer des barrières entre les espèces. Il est donc désormais interdit de faire cohabiter des gallinacées et des palmipèdes, à moins d’unités de production totalement séparées et indépendantes. Néanmoins, ces mesures sont accueillies avec une certaine circonspection par une partie des éleveurs. Car pour eux, elles signifient la fin des petites unités de production et vont à l’encontre de la biodiversité et de la vente directe, prônées par ailleurs. Arnaud Schmitt est plus mesuré : « Ce n’est pas la fin des petites unités de production, mais il va falloir les gérer différemment : il faut des unités de production indépendantes, avec des barrières ». Car dans le récent épisode d’Influenza aviaire qui a sévi dans le sud-ouest de la France, c’est bien l’homme, par ses pratiques, qui a disséminé le virus du genre Anas (canard) au genre Gallus (poulet) (lire en encadrés). Et Arnaud Schmitt prévient : « Dans les autres pays européens, tous les élevages de volailles sont cloisonnés et fonctionnent en bande unique, avec une seule espèce. C’est le modèle qui s’impose au niveau européen en matière de production de volaille. Donc en cas de nouvel épisode d’Influenza aviaire en France, ces pays pourraient activer une clause de sauvegarde pour protéger leur production intérieure d’une contamination venue de France, ce qui fermerait la porte à nos exportations de volailles. » Grave pour les espèces sensibles, l’Influenza aviaire est considérée comme un danger sanitaire de première catégorie parce qu’elle peut potentiellement toucher l’homme (comme lors de la pandémie de grippe espagnole). La police sanitaire qu’elle engendre est coûteuse - le dernier épisode a représenté 500 millions d’euros (M€) de pertes pour la filière volaille française - et les pertes commerciales peuvent être très importantes. « Il est donc inenvisageable de vivre avec. » Une bande, une espèce Pour justifier les mesures de biosécurité à mettre en œuvre afin d’éviter une catastrophe sanitaire, Arnaud Schmitt a présenté le virus (lire en encadré) et illustré : « Les barils d’explosif, c’est le genre Gallus, les mèches, ce sont les canards, et ce qui allume le feu, c’est l’homme. La biosécurité consiste à mettre des barrières entre les espèces. » Concrètement, à faire des bandes uniques d’espèce unique, donc à n’avoir en présence que des animaux d’un seul âge et d’une seule espèce, afin de limiter le nombre de mèches. « S’il part d’un élevage, le virus de l’Influenza aviaire met en danger toute la filière », rappelle Arnaud Schmitt. Il faut donc identifier les voies d’entrée (éleveur, paille, poussin, aliment, technicien, contrôleur, vétérinaire, chien, visiteur, faune sauvage, tracteur et matériel d’élevage, gaz, eau) mais aussi de sortie (éleveur, visiteur, poulet, caisse, fumier, matériel agricole, faune sauvage, eaux de lavage, air, équarrissage). Et évaluer la fréquence et le niveau de risque de contamination. Des barrières, avec changement de tenue plus ou moins complet en fonction du risque, doivent être mises en place entre les unités de production (changement de chaussures minimum entre volailles et porcs) et entre le site d’élevage et les voies publiques. La session de formation s’achève sur la rédaction d’un plan de biosécurité pour chaque participant et des rappels sur les modalités de nettoyage et de désinfection des bâtiments, « un point important pour assurer la biosécurité des élevages ».

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