Élevage

Inauguration du 22e concours interdépartemental d’Habsheim

Une édition « particulière »

Publié le 03/11/2016

Lors de l’inauguration de la 22e édition du concours interdépartemental d’Habsheim, Sébastien Stoessel, président du service élevage de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) a souligné le contexte particulier dans lequel vivent les éleveurs depuis trois ans. Il appelle les partenaires financiers et les collectivités à davantage de soutien moral et financier.

Attention, vaches en circulation ! Dimanche, la première journée du 22e concours interdépartemental d’Habsheim a fait quelques dégâts dans les rangs des organisateurs. Le matin, c’est Fabienne Menges, du service élevage de la CAA, qui a tout d’abord été envoyée à l’hôpital par une génisse salers un peu trop vigoureuse. Certainement stressé par l’agitation ambiante, l’animal a réussi à renverser l’une des barrières qui entoure le ring sur la salariée de la Chambre d’agriculture. Quelques heures plus tard, c’est son collègue Daniel Renger qui se blesse méchamment en glissant sur une bouse. Lui aussi terminera sa journée à l’hôpital. « Heureusement, il n’y a rien de grave pour eux », rassure le président du service élevage de la CAA, Sébastien Stoessel, lors de l’inauguration en présence des élus, des responsables professionnels et des partenaires. Mais sans le président de la Chambre d'agriculture, Laurent Wendlinger, immobilisé depuis la veille… pour une mauvaise chute dans son exploitation. Résultat, des béquilles et une attelle pour le jour de ses cinquante ans, et une drôle de loi des séries pour cette 22e édition du concours bovin d’Habsheim. « Cela contribue au caractère particulier de ce millésime 2016 », commente Sébastien Stoessel. « Particulier pour les mesures de sécurité exceptionnelles qui ont dû être prises pour que la manifestation puisse se dérouler. Et particulier par le contexte dans lequel le monde agricole vit. Même les céréaliers sont touchés maintenant. » Face à cette « crise sans précédent », il estime les agriculteurs ont besoin d’être soutenus par leurs partenaires financiers et par les collectivités. « Ces dernières ont fait ce qu’elles pouvaient pour nous accompagner, et c’est bien. Mais aujourd’hui, à l’heure où tout fait le buzz en un rien de temps, nous avons surtout besoin d’un soutien moral. Même si nous rencontrons des difficultés, nous travaillons et restons positifs. On a confiance dans ce qu’on fait. » Sébastien Stoessel rappelle également aux banques leurs responsabilités dans la survie des exploitations agricoles. « Vous êtes avec nous quand ça va, soyez à nos côtés quand ça ne va pas. Aujourd’hui, nous avons besoin de vous, pas dans six mois. Il nous faut un soutien clair, net et précis de votre part. » Des propos complétés par le vice-président de la région Grand Est et maire de Mulhouse, Jean Rottner. « On doit se battre tous ensemble pour défendre cette partie de l’économie française qui souffre. On a tous une part de responsabilité, du politique au consommateur. Plus on saura se parler, plus la situation devrait changer. » Le temps presse, le sol des agriculteurs est de plus en plus glissant.

Publié le 30/10/2016

Naisseur-engraisseur à Schwindratzheim, Thomas Urban s’interroge en profondeur sur les moyens dont il dispose pour restaurer la rentabilité de son atelier de bovins viande.

Courir tous les lièvres à la fois. C’est un peu le quotidien de Thomas Urban depuis son installation en 2010 quand il reprend 60 % des parts de l’Eàrl créée par Charles, son père. Il y a l’atelier de bovins viande dont les effectifs atteignent jusqu’à 350 têtes selon la période de l’année, les cultures dont il délègue seulement l’ensilage, la tête prise en permanence par la réflexion sur ses orientations techniques et… une faible disponibilité en main-d’œuvre ! Elle le pénalise dans la mesure où le manque de temps pour repérer les chaleurs l’a poussé à ramener le taux d’insémination artificielle de 90 à 50 %. « Cela ne me plaît pas » glisse Thomas. Alors plutôt que de continuer à faire confiance aux trois taureaux mis avec les vaches à partir de six semaines après vêlage, il va équiper ses mères de colliers de détection d’activité avec l’ambition de remonter le pourcentage d’IA dès 2017. Thomas intercale ses travaux de récolte et de semis entre ses deux périodes de vêlages. Il réserve un mois du 15 août au 15 septembre aux génisses et du 15 novembre au 15 décembre aux vaches. Les premières vêlent au pré sans assistance, les secondes sont surveillées par une caméra si elles ont déjà regagné leur bâtiment à structure métallique. « La facilité de vêlage est le premier critère de choix du taureau. Un vêlage qui se passe bien enclenche une bonne phase de reproduction » lance Thomas. L’été, l’éleveur doit jongler avec un parcellaire éclaté entre une trentaine d’ares et 18 ha pour caser au pré un lot de génisses et de trois à quatre de vaches. Il ne complémente pas ses animaux mais essaye de tirer le meilleur parti de l’herbe. Il apporte de 20 à 30 unités/ha d’azote en sortie d’hiver et des bactéries et micro-organismes au printemps. Depuis cette année, il a remplacé son maïs ensilage par une association à base de trèfle, de ray-grass anglais et de dactyle en ayant soin de mélanger les variétés de chaque. « Sa valeur alimentaire et sa productivité sont supérieures » indique Thomas. En hiver, le menu des vaches se compose d’ensilage d’herbe et éventuellement de pulpes selon leur état. Pulpes, drèches de brasserie et de soja, tourteau de colza, paille hachée et minéraux composent la ration d’engraissement servie aux mâles à partir du sevrage et aux femelles pendant deux mois. Ces dernières repassent ensuite à de l’herbe ensilée. Changer de schéma de sélection En seize à dix-sept mois, Thomas obtient des mâles de 430 à 450 kg de carcasse. Ses femelles partent entre vingt-quatre et trente-six mois. Il écoule chaque mois trois jeunes bêtes auprès d’un magasin de vente directe qui en gère la découpe. L’essentiel de ses animaux est vendu à la Socobeval depuis 2007. Les génisses qui satisfont le cahier des charges « Goûtez l’Alsace, s’esch guät » bénéficient d’une prime de 0,15 €/kg (1). Les mâles sont commercialisés sous la marque  de Charal, « Caractère d’Alsace », entre octobre et mars. « Saisonnaliser les sorties me coûte en temps et en main d’œuvre. Mais mes animaux arrivent à une période de l’année où l’offre est moins abondante. Sous cahier des charges, j’obtiens un prix un peu supérieur au marché. Mais dans son ensemble la recette viande reste trop juste » juge Thomas. « Depuis deux ans, je ne capitalise plus dans mon cheptel. Je ne renouvelle plus qu’en urgence par de l’occasion du matériel en bout de course. Je peux rembourser mes prêts. Mais pour gagner de l’argent, il me faudrait un kilo payé 0,50 € de plus, soit 4,35 €. J’ai 105 ha de prairies à valoriser. Si d’ici cinq ans, rien ne change, ils finiront dans le méthaniseur. Là au moins, j’aurai de la visibilité en prix sur plusieurs années ». Avant d’en arriver à se séparer de ses bêtes, Thomas a décidé de redonner un maximum de place à l’herbe. Il creuse en même temps une autre piste. « La Charolaise a sélectionné sur la croissance et le poids. En 2000, les carcasses pesaient environ 380 kg. Aujourd’hui, c’est bien 80 à 90 kg de plus. Des critères comme le caractère, la sensibilité aux boiteries, la fertilité, ont été oubliés ». L’idée de Thomas est donc d’opter pour un schéma de sélection anglais qui lui promet d’avoir « un coût de production viande le plus faible possible à l’hectare d’herbe ». Il s’informe encore, mais il envisage d’acheter des vaches et de commencer un croisement d’absorption sur ses génisses dès 2017. S’il prend bien ce virage, il espère pouvoir faire un jour ce dont il rêve depuis quelque temps déjà : embaucher !

Gaec Butsch à Ranspach-le-Haut

Fidèles au concours 

Publié le 29/10/2016

Les trois frères Butsch prennent la suite de leur père, Claude, participant des premières éditions du concours Prim’Holstein. Ils présenteront cinq bêtes. 

Claude Butsch faisait concourir ses holsteins depuis la deuxième édition de la foire Simon et Jude à Habsheim. Il a remporté un prix en 1997. Ses fils, David, Mickaël et Lionel, présentaient les veaux, dès qu’ils ont pu. Puis, au fur et à mesure, ils ont pris part au concours. Pour cette édition, cinq holsteins ont été préparées à la compétition. Elles ont été choisies pour leur allure générale, les caractéristiques de leurs membres et notamment les pis et leur style. « Le prix serait un plus bien sûr, mais la concurrence est rude avec des participants de plus en plus nombreux, venus du Bas-Rhin également », relate David, 23 ans. David et Mickaël sont associés à la ferme depuis 2014. Avec leurs parents, ils élèvent une centaine de vaches laitières à Ranspach-le-Haut, pour un million de litres par an. Lionel de son côté, est mécanicien agricole. « Par passion de la belle vache » Quelques semaines, avant le concours, les génisses ont été mises à part et leur nourriture a été adaptée avec du foin et du concentré. La préparation est plus intense lors des dernières semaines. « Le concours permet de se mesurer aux autres, d’évaluer la progression génétique du troupeau. Il met aussi en avant notre travail. Mais avant tout, j’aime le concours par passion de la belle vache », conclut David.

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