Élevage

Publié le 12/04/2017

Une vingtaine d’éleveurs ovins commercialisent leurs agneaux sous la marque Agneau Terroir d’Alsace. Lancée il y a cinq ans, cette marque leur permet de valoriser la viande provenant d’animaux nés, élevés et abattus localement.

Pour fêter ses cinq ans d’existence, l’association Agneau Terroir d’Alsace organisait une rencontre éleveurs-abatteurs-bouchers, lundi 27 mars à la ferme Huchot à Preuschdorf. La filière, qui regroupe aujourd’hui 19 éleveurs, 2 abattoirs, et 41 points de vente, a été montée pour offrir « un cadre protecteur » aux éleveurs ovins, qu’une précédente tentative d’organisation de la production avait laissés insatisfaits. Stéphane Huchot et Jean-Pierre Saulet-Moes, respectivement président et animateur de l’association, l’ont rappelé aux élus présents lors de cette rencontre, le député Frédéric Reiss, le sénateur Guy-Dominique Kennel, la conseillère départementale Nathalie Marajo-Guthmuller et le maire de Preuschdorf Stéphane Wernert. En créant une marque à destination du marché alsacien, les membres de l’association souhaitaient vendre leur production sans intermédiaire, à un prix suffisamment rémunérateur pour offrir des perspectives d’avenir. Cet objectif est aujourd’hui rempli, constate Stéphane Huchot. « Agneau Terroir d’Alsace est une marque pérenne et reconnue », se réjouit-il. Les 19 éleveurs concernés - ils n’étaient que 15 au départ - commercialisent 5 500 agneaux par an auprès des bouchers-charcutiers et des GMS de la région. Jean-Luc Hoffmann, boucher à Haguenau, est l’un des premiers à avoir franchi le pas. Au début, il achetait deux agneaux par semaine à la ferme Huchot. Désormais, il écoule jusqu’à sept à huit agneaux par semaine dans ses deux magasins de Haguenau et sur les marchés où il est présent. « Mon père et mon grand-père achetaient déjà en filière courte, témoigne le boucher, qui est aussi vice-président de la corporation des bouchers-charcutiers du Bas-Rhin. C’est une démarche qui me plaît bien et qu’il faut soutenir. J’aimerais bien qu’on arrive à persuader nos confrères de n’acheter que de l’agneau local. » Étaler les agnelages Pour pouvoir approvisionner les points de vente tout au long de l’année, les éleveurs s’astreignent à étaler les agnelages, ce qui engendre un surcroît de travail et renchérit le coût de production. « En général, sur une exploitation, il y a un ou deux lots d’agnelage. Passer à quatre ou cinq lots est plus compliqué, explique Jean-Pierre Saulet-Moes. Pour pouvoir rallonger la période d’agnelage, nous avons demandé à nos adhérents de produire à contre-saison. » C’est ainsi que Stéphane Huchot a introduit la race romane dans son troupeau, une race qui agnelle naturellement à partir de septembre, sans utilisation d’hormones. Soucieuse de ne pas « trop chambouler les systèmes de production individuels », l’association Agneau Terroir d’Alsace mise aussi sur la mutualisation de l’offre pour pouvoir répondre à la demande toute l’année et au pic de consommation de Pâques. Lorsqu’un éleveur ne peut fournir les agneaux demandés, d’autres membres de l’association prennent le relais. Cinq ans après son lancement, la marque Agneau Terroir d’Alsace est maintenant bien installée dans le paysage alsacien. « Rares sont les filières où on n’a pas de souci pour écouler sa production. Quand il y a un jeune qui prévoit de s’installer derrière, ça ouvre une voie », remarque Stéphane Huchot. Le prix de vente des agneaux, déterminé en janvier, est fixe sur l’année, ce qui assure aux adhérents une visibilité qui fait défaut dans d’autres secteurs. Reste tout de même quelques points noirs. Le dépôt de bilan de Copvial, l’an dernier, a affecté plusieurs adhérents de l’association, qui ont toujours des créances non réglées. Dans cette situation, Agneau Terroir d’Alsace a réussi à nouer un partenariat avec l’abattoir de Haguenau. Un outil de proximité construit en 1969 dont l’avenir est cependant incertain. « Notre souci, c’est que cet abattoir reste en place. Il y va de la survie de notre filière », fait valoir Stéphane Huchot. Une préoccupation partagée par Jacqueline Riedinger-Balzer, présidente de la corporation des bouchers-charcutiers du Bas-Rhin. « Il est vital de conserver cet abattoir, car le transport rajoute au prix, le consommateur n’en a pas conscience », insiste-t-elle. Des frais d’abattage trop élevés L’abattoir est la propriété de la communauté d’agglomération de Haguenau, après avoir été longtemps celle de la Ville de Haguenau, précise Dominique Platz, en charge du développement économique auprès de la collectivité. Son exploitation est confiée à la société Muller, dans le cadre d’une délégation de service public. « L’abattage est une activité complexe : il y a toute une série de normes à respecter, pour lesquelles des investissements sont faits régulièrement. La communauté d’agglomération injecte chaque année 50 à 60 000 € pour avoir un outil aux normes. Elle se rémunère par une taxe d’usage. » Suite au placement en redressement judiciaire de l’abattoir en 2013, la collectivité avait renoncé à percevoir cette taxe. Un plan d’apurement est toujours en cours. « Comme toute entreprise, l’abattoir doit parvenir à un équilibre économique permettant sa viabilité. Si demain, il n’y a pas d’équilibre financier, c’est le contribuable qui paie », prévient Dominique Platz. Interpellé sur le montant des frais d’abattage, que les membres d’Agneau Terroir d’Alsace jugent trop élevés, le représentant de la communauté d’agglomération accepte d’en discuter. « Haguenau est l’un des abattoirs où les frais sont les plus élevés. Nous sommes au taquet, nous ne pouvons plus répercuter ces frais sur le prix de vente », argumente Stéphane Huchot. « Haguenau est un petit abattoir multi-espèces de proximité. Il n’arrivera jamais à faire des économies d’échelle comme un abattoir spécialisé, précise Ilan Fuks, son directeur. C’est cette proximité qui fait sa valeur ajoutée. » « Si on fait un abattoir spécifique pour les ovins, on sera liquidé tout de suite », ajoute David Bloch, cogérant de la société Muller, qui se base sur le rapport entre le coût de la main-d’œuvre et le tonnage de viande traitée, défavorable à la viande ovine. David Bloch dénonce par ailleurs l’accumulation des normes imposées aux abattoirs, qui pèse sur la viabilité des entreprises. Sur ce point, Guy-Dominique Kennel fait état des 20 propositions émises par la délégation aux entreprises du Sénat, à laquelle il appartient. Parmi ces propositions figure l’interdiction de toute nouvelle norme si elle n’est pas compensée par la suppression de deux autres normes dans le même domaine et l’interdiction de surtransposer la norme européenne.

Association des producteurs de lait des huit cantons

Promouvoir une marque pour mieux se vendre

Publié le 15/03/2017

Le prix du lait et la valorisation d’un produit local en circuit court à travers une marque ont été les deux sujets principaux de l’assemblée générale de l’association des producteurs de lait des huit cantons à Illfurth.

Confrontés à la libéralisation du marché du lait et à la concurrence internationale, les producteurs laitiers du département subissent de plein fouet la crise laitière. Ceux de l’association des huit cantons font même partie des moins bien payés de France. Ils sont dans le dur depuis des années, avec des conditions économiques très difficiles. Leur prix de base n’était que de 271,34 € pour 1 000 litres en 2016. Les bons derniers de toutes les coopératives laitières. C’est pour cette raison que les négociations se poursuivent pour signer un nouveau contrat avec Eurial-Senagral espéré ficelé à la fin du mois de mars 2017. « Le contrat a pris fin le 31 décembre dernier. Depuis, nous avons pris le risque de ne rien signer et d’entrer dans une négociation difficile. Il faut quand même savoir que le prix moyen était encore de 377 €/1 000 l en 2014 et de 324 € en 2015. L’objectif du prochain contrat est d’obtenir un mode de fixation du prix qui reflète au plus près la valorisation de nos livraisons, mais également qui respecte la loi Sapin 2, soit une clause de sauvegarde équilibrée avec la prise en compte de l’évolution de nos charges de production. Nous avons nos entreprises à faire vivre », explique Michel Rohrbach, président de l’association des producteurs de lait des huit cantons. L’association regroupe 28 producteurs. Ils sont essentiellement situés dans le sud du département du Haut-Rhin. Heureusement pour eux, l’année 2017 a mieux débuté avec des prix de 310,78 €/1 000 l en janvier, 305,78 € en février et 300,78 € pour le mois de mars. « Pour le reste de l’année, le prix est estimé entre 310 et 315 €. Mais ce n’est qu’une estimation. On ne sait pas si l'embellie va se poursuivre. Il y a encore une certaine fragilité », ajoute Michel Rohrbach. Et le discours des représentants de la coopérative n’incite guère à l’optimisme. Ces derniers n’ont rien d’ailleurs rien promis. « Il y a des gens qui ont leur trésorerie à sec. Nous avons besoin de plusieurs années de mieux, et surtout d’une lisibilité », conclut Michel Rohrbach. Les éleveurs de l’association ont livré l’année écoulée 15,23 Ml de lait soit 92 % de leur droit à produire. Valoriser la production Dans ce contexte compliqué, les producteurs cherchent des pistes de valorisation de leur production. Le bio est l’une de ces pistes. Trois des adhérents de l’association sont déjà tournés vers ce mode de production. La coopérative a rappelé qu’elle était ouverte à ces conversions et qu’elle était prête à soutenir les producteurs. Pour les trois premiers mois de l’année 2017, les prix payés étaient de 473 €/1 000 l de lait en janvier, 462 € en février et 431 € en mars. « La collecte va prendre de l’ampleur partout en France. Pour le Grand Est, elle va être transférée sur notre site de Château-Salins », indique le représentant d’Eurial-Senagral. Une autre piste de valorisation concerne la création d’une marque avec la conception et la réalisation d’un yaourt haut de gamme, au niveau de l’organisation des producteurs de lait Senagral (OPLASE). « Le but est d’avoir un savoir-faire au cœur de l’Alsace et de la Lorraine. L’idée est d’avoir une marque authentique, qui nous appartienne et qui soit décalée par rapport à des produits qui existent déjà ailleurs », précise Michel Rohrbach, qui préside également l’OPLASE. Le projet est en cours de finalisation avec la laiterie. Il a été rappelé que l’assemblée générale de l’association aura lieu en juin 2017 en Alsace. « Ce sera alors l’occasion de faire le point sur la situation économique des producteurs et d’évoquer avec la laiterie les actions à mettre en place pour pérenniser l’avenir professionnel des producteurs. Notre association est à l’image de l’avenir des producteurs de lait. On est tous ensemble autour de la table et on avance ensemble. Depuis deux ans, les conditions économiques sont très difficiles. Or, une laiterie est heureuse si elle permet une bonne rémunération de ses producteurs », conclut Michel Rohrbach.

Trophée du meilleur jeune pointeur en race prim’holstein

Une 4e place pour Émilie Pfauwadel

Publié le 12/03/2017

Trois jeunes alsaciens représentaient les couleurs de leur région au trophée du meilleur jeune pointeur en race prim’holstein. Émilie Pfauwadel termine 4e, Johann Schoenel 19e et Laura Schoepfer 71e.

Lundi 27 février, à 8 h 30, avant même que les portes du Salon international de l’agriculture (SIA) ne s’ouvrent au grand public, 93 jeunes sont à pied d’œuvre sur le grand ring. Ils participent au trophée du meilleur jeune pointeur en race prim’holstein. Ces 93 candidats se sont au préalable distingués dans leurs départements respectifs, parmi les 988 jeunes qui ont participé aux finales de pointage départementales. L’Alsace est représentée à ce trophée par Johann Schoenel de Wintershouse, finaliste du concours départemental de pointage du Bas-Rhin ainsi que par Émilie Pfauwadel de Wattwiller et Laura Schoepfer de Hundsbach, respectivement première et seconde du concours départemental de pointage du Haut-Rhin. Leur objectif ce matin-là : juger en une heure les quatre animaux qui sont présentés sur le ring, c’est-à-dire estimer au plus juste leurs qualités morphologiques, fonctionnelles, d’après une série de critères bien précis allant des aplombs aux mamelles en passant par l’ossature. Pour les départager, leur fiche de notation est comparée à celle des juges du concours, des pointeurs expérimentés. Dans les trois meilleurs pour le classement En début d’après-midi, alors que le concours prim’holstein bat son plein, les six candidats qui se sont le plus approchés de la notation des juges sont appelés sur le ring. Cette fois ils doivent juger les vaches de la section qui défile, soit les femelles en troisième lactation et plus du concours rouge, désigner les trois vaches qu’ils consacreraient s’ils étaient juges, et argumenter leur choix au micro. À ce stade du concours, seule Émilie Pfauwadel est encore en lice pour représenter l’Alsace. Elle décrit une « section homogène avec beaucoup de qualité ». Pour elle, la meilleure vache est Gabellered, parce qu’elle est « large des épaules, avec une très bonne attache arrière, des côtes très fines et une belle aisance ». Pour elle, la seconde meilleure vache de cette section est Saluden Fusee red, qui présente « moins de largeur d’épaule, qui est plus étroite, mais bien équilibrée, avec de bons aplombs ». Enfin, elle désigne Ganache comme troisième de la section parce qu’elle a « moins d’espace entre les épaules, mais beaucoup d’aisance ». Du point de vue du classement, Émilie Pfauwadel figure parmi les trois premiers. Mais elle est un peu moins à l’aise à l’oral que les cinq autres concurrents. Elle finit donc 4e, frôlant de très peu le podium. Fière d’être arrivée à ce niveau, Émilie déclare : « Je vais m’entraîner et essayer de revenir l’année prochaine ! »

Pages

Les vidéos