Élevage

Concours de la race Vosgienne

Esmeralda, grande championne

Publié le 13/04/2017

Le concours de la race vosgienne a tenu toutes ses promesses. Il a couronné le Gaec Schubnel de Stosswihr. Esmeralda, la vosgienne présentée par Clément, 12 ans, a été désignée meilleure mamelle Adulte, championne Adulte et grande championne.

Les éleveurs de vosgiennes haut-rhinois sont fidèles au rendez-vous d’Eurogénétique. Le Gaec des Hautes Huttes à Orbey est venu avec Idylle, une vache en première lactation, et Frida, en quatrième lactation. L’EARL Deybach à Mittlach présentait Issa en première lactation. Yvan Pierrez de Sondernach proposait deux vaches : Iris, en deuxième lactation, et Déesse, en cinquième lactation. Le Gaec des Trois Fours à Muhlbach-sur-Munster présentait Fara, en quatrième lactation. L’EARL Jean Wehrey à Breitenbach avait fait le déplacement avec Flora et Carmen, deux vaches en cinquième lactation. Et le Gaec Schubnel proposait Esmeralda en quatrième lactation. Neuf vaches parmi vingt-huit concurrentes réparties en quatre sections étaient en lice pour le concours de la race vosgienne, présidé par le juge Florent Campello de Mittlach, président de l’association des éleveurs de la race vosgienne du Haut-Rhin. Il n’a pas caché son enthousiasme et sa satisfaction de voir un concours d’une telle qualité. Dans la première section, Imelle du Gaec Saint Ajol de Saint-Bresson en Haute-Saône, a été sacrée meilleure mamelle Jeune puis championne Jeune. Une belle satisfaction pour l’éleveur de cette vache née le 11 novembre 2013 dont le premier vêlage est survenu le 17 juin 2016. Triplé haut-rhinois Dans la troisième section, celle des vaches en troisième et quatrième lactation, le Haut-Rhin a placé ses trois vaches aux trois premières places. À savoir : Esmeralda devant Frida et Fara. Une nouvelle reconnaissance pour le département et la qualité de ses élevages. Pour Esmeralda, c’était le début d’une belle série. Le jeune Clément n’en était qu’à ses premiers tours de piste quand sa vosgienne préférée a été sacrée meilleure mamelle Adulte, puis championne Adulte. Quelques instants plus tard, c’est encore Esmeralda qui a été sacrée grande championne. Pour Florent Campello, la satisfaction est entière. « Cela a été un magnifique concours avec de superbes animaux dans toutes les catégories. Pour les vosgiennes, il y avait de tout. De la mixité, de la longévité, de la mamelle, des aplombs. On a vu tout ce que l’on aimait dans la vosgienne. Et cette grande championne, c’est exactement le standard de la race. On a envie de l’avoir sur son exploitation. » Une belle conclusion pour cette édition d’Eurogénétique. Rendez-vous est pris l’an prochain, à Colmar cette fois.

Publié le 12/04/2017

Une vingtaine d’éleveurs ovins commercialisent leurs agneaux sous la marque Agneau Terroir d’Alsace. Lancée il y a cinq ans, cette marque leur permet de valoriser la viande provenant d’animaux nés, élevés et abattus localement.

Pour fêter ses cinq ans d’existence, l’association Agneau Terroir d’Alsace organisait une rencontre éleveurs-abatteurs-bouchers, lundi 27 mars à la ferme Huchot à Preuschdorf. La filière, qui regroupe aujourd’hui 19 éleveurs, 2 abattoirs, et 41 points de vente, a été montée pour offrir « un cadre protecteur » aux éleveurs ovins, qu’une précédente tentative d’organisation de la production avait laissés insatisfaits. Stéphane Huchot et Jean-Pierre Saulet-Moes, respectivement président et animateur de l’association, l’ont rappelé aux élus présents lors de cette rencontre, le député Frédéric Reiss, le sénateur Guy-Dominique Kennel, la conseillère départementale Nathalie Marajo-Guthmuller et le maire de Preuschdorf Stéphane Wernert. En créant une marque à destination du marché alsacien, les membres de l’association souhaitaient vendre leur production sans intermédiaire, à un prix suffisamment rémunérateur pour offrir des perspectives d’avenir. Cet objectif est aujourd’hui rempli, constate Stéphane Huchot. « Agneau Terroir d’Alsace est une marque pérenne et reconnue », se réjouit-il. Les 19 éleveurs concernés - ils n’étaient que 15 au départ - commercialisent 5 500 agneaux par an auprès des bouchers-charcutiers et des GMS de la région. Jean-Luc Hoffmann, boucher à Haguenau, est l’un des premiers à avoir franchi le pas. Au début, il achetait deux agneaux par semaine à la ferme Huchot. Désormais, il écoule jusqu’à sept à huit agneaux par semaine dans ses deux magasins de Haguenau et sur les marchés où il est présent. « Mon père et mon grand-père achetaient déjà en filière courte, témoigne le boucher, qui est aussi vice-président de la corporation des bouchers-charcutiers du Bas-Rhin. C’est une démarche qui me plaît bien et qu’il faut soutenir. J’aimerais bien qu’on arrive à persuader nos confrères de n’acheter que de l’agneau local. » Étaler les agnelages Pour pouvoir approvisionner les points de vente tout au long de l’année, les éleveurs s’astreignent à étaler les agnelages, ce qui engendre un surcroît de travail et renchérit le coût de production. « En général, sur une exploitation, il y a un ou deux lots d’agnelage. Passer à quatre ou cinq lots est plus compliqué, explique Jean-Pierre Saulet-Moes. Pour pouvoir rallonger la période d’agnelage, nous avons demandé à nos adhérents de produire à contre-saison. » C’est ainsi que Stéphane Huchot a introduit la race romane dans son troupeau, une race qui agnelle naturellement à partir de septembre, sans utilisation d’hormones. Soucieuse de ne pas « trop chambouler les systèmes de production individuels », l’association Agneau Terroir d’Alsace mise aussi sur la mutualisation de l’offre pour pouvoir répondre à la demande toute l’année et au pic de consommation de Pâques. Lorsqu’un éleveur ne peut fournir les agneaux demandés, d’autres membres de l’association prennent le relais. Cinq ans après son lancement, la marque Agneau Terroir d’Alsace est maintenant bien installée dans le paysage alsacien. « Rares sont les filières où on n’a pas de souci pour écouler sa production. Quand il y a un jeune qui prévoit de s’installer derrière, ça ouvre une voie », remarque Stéphane Huchot. Le prix de vente des agneaux, déterminé en janvier, est fixe sur l’année, ce qui assure aux adhérents une visibilité qui fait défaut dans d’autres secteurs. Reste tout de même quelques points noirs. Le dépôt de bilan de Copvial, l’an dernier, a affecté plusieurs adhérents de l’association, qui ont toujours des créances non réglées. Dans cette situation, Agneau Terroir d’Alsace a réussi à nouer un partenariat avec l’abattoir de Haguenau. Un outil de proximité construit en 1969 dont l’avenir est cependant incertain. « Notre souci, c’est que cet abattoir reste en place. Il y va de la survie de notre filière », fait valoir Stéphane Huchot. Une préoccupation partagée par Jacqueline Riedinger-Balzer, présidente de la corporation des bouchers-charcutiers du Bas-Rhin. « Il est vital de conserver cet abattoir, car le transport rajoute au prix, le consommateur n’en a pas conscience », insiste-t-elle. Des frais d’abattage trop élevés L’abattoir est la propriété de la communauté d’agglomération de Haguenau, après avoir été longtemps celle de la Ville de Haguenau, précise Dominique Platz, en charge du développement économique auprès de la collectivité. Son exploitation est confiée à la société Muller, dans le cadre d’une délégation de service public. « L’abattage est une activité complexe : il y a toute une série de normes à respecter, pour lesquelles des investissements sont faits régulièrement. La communauté d’agglomération injecte chaque année 50 à 60 000 € pour avoir un outil aux normes. Elle se rémunère par une taxe d’usage. » Suite au placement en redressement judiciaire de l’abattoir en 2013, la collectivité avait renoncé à percevoir cette taxe. Un plan d’apurement est toujours en cours. « Comme toute entreprise, l’abattoir doit parvenir à un équilibre économique permettant sa viabilité. Si demain, il n’y a pas d’équilibre financier, c’est le contribuable qui paie », prévient Dominique Platz. Interpellé sur le montant des frais d’abattage, que les membres d’Agneau Terroir d’Alsace jugent trop élevés, le représentant de la communauté d’agglomération accepte d’en discuter. « Haguenau est l’un des abattoirs où les frais sont les plus élevés. Nous sommes au taquet, nous ne pouvons plus répercuter ces frais sur le prix de vente », argumente Stéphane Huchot. « Haguenau est un petit abattoir multi-espèces de proximité. Il n’arrivera jamais à faire des économies d’échelle comme un abattoir spécialisé, précise Ilan Fuks, son directeur. C’est cette proximité qui fait sa valeur ajoutée. » « Si on fait un abattoir spécifique pour les ovins, on sera liquidé tout de suite », ajoute David Bloch, cogérant de la société Muller, qui se base sur le rapport entre le coût de la main-d’œuvre et le tonnage de viande traitée, défavorable à la viande ovine. David Bloch dénonce par ailleurs l’accumulation des normes imposées aux abattoirs, qui pèse sur la viabilité des entreprises. Sur ce point, Guy-Dominique Kennel fait état des 20 propositions émises par la délégation aux entreprises du Sénat, à laquelle il appartient. Parmi ces propositions figure l’interdiction de toute nouvelle norme si elle n’est pas compensée par la suppression de deux autres normes dans le même domaine et l’interdiction de surtransposer la norme européenne.

Association des producteurs de lait des huit cantons

Promouvoir une marque pour mieux se vendre

Publié le 15/03/2017

Le prix du lait et la valorisation d’un produit local en circuit court à travers une marque ont été les deux sujets principaux de l’assemblée générale de l’association des producteurs de lait des huit cantons à Illfurth.

Confrontés à la libéralisation du marché du lait et à la concurrence internationale, les producteurs laitiers du département subissent de plein fouet la crise laitière. Ceux de l’association des huit cantons font même partie des moins bien payés de France. Ils sont dans le dur depuis des années, avec des conditions économiques très difficiles. Leur prix de base n’était que de 271,34 € pour 1 000 litres en 2016. Les bons derniers de toutes les coopératives laitières. C’est pour cette raison que les négociations se poursuivent pour signer un nouveau contrat avec Eurial-Senagral espéré ficelé à la fin du mois de mars 2017. « Le contrat a pris fin le 31 décembre dernier. Depuis, nous avons pris le risque de ne rien signer et d’entrer dans une négociation difficile. Il faut quand même savoir que le prix moyen était encore de 377 €/1 000 l en 2014 et de 324 € en 2015. L’objectif du prochain contrat est d’obtenir un mode de fixation du prix qui reflète au plus près la valorisation de nos livraisons, mais également qui respecte la loi Sapin 2, soit une clause de sauvegarde équilibrée avec la prise en compte de l’évolution de nos charges de production. Nous avons nos entreprises à faire vivre », explique Michel Rohrbach, président de l’association des producteurs de lait des huit cantons. L’association regroupe 28 producteurs. Ils sont essentiellement situés dans le sud du département du Haut-Rhin. Heureusement pour eux, l’année 2017 a mieux débuté avec des prix de 310,78 €/1 000 l en janvier, 305,78 € en février et 300,78 € pour le mois de mars. « Pour le reste de l’année, le prix est estimé entre 310 et 315 €. Mais ce n’est qu’une estimation. On ne sait pas si l'embellie va se poursuivre. Il y a encore une certaine fragilité », ajoute Michel Rohrbach. Et le discours des représentants de la coopérative n’incite guère à l’optimisme. Ces derniers n’ont rien d’ailleurs rien promis. « Il y a des gens qui ont leur trésorerie à sec. Nous avons besoin de plusieurs années de mieux, et surtout d’une lisibilité », conclut Michel Rohrbach. Les éleveurs de l’association ont livré l’année écoulée 15,23 Ml de lait soit 92 % de leur droit à produire. Valoriser la production Dans ce contexte compliqué, les producteurs cherchent des pistes de valorisation de leur production. Le bio est l’une de ces pistes. Trois des adhérents de l’association sont déjà tournés vers ce mode de production. La coopérative a rappelé qu’elle était ouverte à ces conversions et qu’elle était prête à soutenir les producteurs. Pour les trois premiers mois de l’année 2017, les prix payés étaient de 473 €/1 000 l de lait en janvier, 462 € en février et 431 € en mars. « La collecte va prendre de l’ampleur partout en France. Pour le Grand Est, elle va être transférée sur notre site de Château-Salins », indique le représentant d’Eurial-Senagral. Une autre piste de valorisation concerne la création d’une marque avec la conception et la réalisation d’un yaourt haut de gamme, au niveau de l’organisation des producteurs de lait Senagral (OPLASE). « Le but est d’avoir un savoir-faire au cœur de l’Alsace et de la Lorraine. L’idée est d’avoir une marque authentique, qui nous appartienne et qui soit décalée par rapport à des produits qui existent déjà ailleurs », précise Michel Rohrbach, qui préside également l’OPLASE. Le projet est en cours de finalisation avec la laiterie. Il a été rappelé que l’assemblée générale de l’association aura lieu en juin 2017 en Alsace. « Ce sera alors l’occasion de faire le point sur la situation économique des producteurs et d’évoquer avec la laiterie les actions à mettre en place pour pérenniser l’avenir professionnel des producteurs. Notre association est à l’image de l’avenir des producteurs de lait. On est tous ensemble autour de la table et on avance ensemble. Depuis deux ans, les conditions économiques sont très difficiles. Or, une laiterie est heureuse si elle permet une bonne rémunération de ses producteurs », conclut Michel Rohrbach.

Pages

Les vidéos