Publié le 20/12/2017
Alsace Volaille réunit 35 éleveurs alsaciens de volailles label rouge. La filière, qui vient de fêter ses 30 ans sous signe officiel de qualité, continue à se développer : 21 nouveaux bâtiments sont en projet, dont 16 dédiés au poulet jaune. Une demande de label rouge est en cours pour la race cou nu noir, dont la production pourrait démarrer en Moselle fin 2018.
La filière Alsace Volaille a fêté les 30 ans de l’obtention du label rouge, vendredi 1er décembre dans les locaux de la Région à Strasbourg. Il a fallu cinq ans à l’association pour obtenir ce signe de qualité, a rappelé son président, Jean-Michel Schaeffer, dont le père fait partie des cinq éleveurs pionniers qui ont lancé la démarche de certification (les autres sont Jean-Pierre Fix, Michel Gintz, Daniel Pflug et Paul Schiellein). Depuis janvier 1987, la filière a connu un développement continu : 35 éleveurs sont aujourd’hui impliqués dans la production de volailles label rouge, qui nécessitent un temps d’élevage deux fois plus long qu’une volaille standard. Ils produisent 1,2 million de poulets annuellement. Le nombre de bâtiments augmente régulièrement : 90 bâtiments sont consacrés à cette production et 21 nouveaux sont en projet. Les volailles d’Alsace ont obtenu une IGP (indication géographique protégée) en 1994 et le label rouge s’est étendu aux volailles festives (chapons et dindes noires), puis aux découpes de volailles dix ans plus tard. Celles-ci constituent depuis le « levier de croissance de la filière », précise Jean-Michel Schaeffer. Cous nus jaunes, cous nus noirs Un nouveau cahier des charges a été mis en place pour le poulet cou nu jaune en 2016. 16 bâtiments sur les 21 en projet seront d’ailleurs consacrés à cette production. Et bientôt, grâce à un partenariat avec la Chambre d’agriculture de Moselle, une production de poulets cous nus noirs va voir le jour. Alsace Volaille, qui se chargera d’accompagner les éleveurs mosellans, espère décrocher un label rouge pour cette production en 2018, ce qui constituerait « un vrai élargissement de toute la gamme label rouge ». Maillon essentiel de la filière volaille de qualité, les éleveurs sont entourés de nombreux partenaires : les Couvoirs de l’Est à Willgottheim, qui fournissent les poussins, les fabricants d’aliments (Sanders Nord-Est et Lorial-Costal), les abatteurs (René Meyer et Siebert) et les metteurs en marché. Ils sont accompagnés depuis le début par la Chambre d’agriculture d’Alsace. Jean-Michel Schaeffer souligne l’importance du partenariat entre les différents maillons de la filière. « C’est dans la confiance qu’on a construit notre développement. Il est essentiel de garder cette confiance et de maintenir un esprit collectif », dit-il. Et d’insister sur la nécessité de préserver les liens avec les réseaux de distribution qui perçoivent mieux que quiconque les attentes des consommateurs, en perpétuelle évolution. Un vecteur de valeur ajoutée Évoquant les États généraux de l’alimentation, le président d’Alsace Volaille constate que la production sous signe de qualité reste un vecteur de valeur ajoutée. Toutefois, « on sent au niveau du consommateur une volonté d’acheter local, mais aussi de consommer à l’extérieur, c’est une vraie évolution ». La montée en puissance des attentes sociétales n’est pas nouvelle, précise Thomas Kelhetter, du service élevage de la Chambre d’agriculture d’Alsace, animateur d’Alsace Volaille. Les préoccupations des consommateurs, qui étaient centrées sur l’environnement dans les années 1980, ont évolué vers le bien-être animal, l’antibiorésistance et plus récemment vers les questions éthiques liées à l’animal. La consommation de viande est remise en question. « Nous ne pouvons pas ne pas prendre en compte cette évolution pour l’avenir de la filière », juge Thomas Kelhetter. Un récent sondage, détaillé par l’animateur de l’association, a mis en évidence différentes pistes d’action pour les filières d’élevage : donner la priorité à l’accès au plein air, renforcer la réglementation en matière de bien-être animal et de sécurité sanitaire des produits, augmenter la part du bio et celle des produits sous signes officiels de qualité. « Cette étude permet d’alimenter la réflexion et de trouver des pistes de progrès pour la filière, estime Thomas Kelhetter, qui insiste sur la nécessité d’instaurer un dialogue avec la société. « Même pour construire un poulailler, il faut vaincre les peurs par rapport aux nuisances ». Et si le poulet label rouge répond à de nombreuses attentes des consommateurs, la filière ne doit pas moins « communiquer de manière plus dynamique ». À cet égard, Alsace Volaille se réjouit du lancement prochain par le Synalaf (Syndicat national des labels avicoles de France) d’une grande campagne de communication cofinancée par l’Union européenne. Ce coup de pouce vient en renfort des aides apportées par la Région Grand Est pour la modernisation des bâtiments d’élevage et pour celle des industries agroalimentaires, dont le détail a été apporté par Patrick Bastian, président de la commission agricole de la Région.












