Élevage

Publié le 10/11/2017

Courant octobre, la CAAA du Haut-Rhin a piloté dans le département une formation transfrontalière permettant à des conseillers en prévention et des formateurs allemands et autrichiens de se former à la manipulation et la contention des bovins.

Dans le box tapissé de paille, les vaches ont l’air bien circonspectes. Alors qu’elles broutaient tranquillement leur ration matinale, un visiteur imprévu a décidé de se coucher à quelques centimètres d’elles. Les yeux fermés, celui-ci ne bouge pas. Intriguées, les habitantes du lieu s’approchent de lui pour le renifler et le lécher. Baptisée la technique du « veau mort », cette approche en douceur permet de construire une confiance réciproque entre l’animal et celui ou celle qui va être amené à le manipuler. Un « truc » qu’une dizaine de conseillers en prévention et de formateurs allemands et autrichiens ont pu apprendre lors de leur formation à la manipulation et la contention des bovins organisée pendant deux semaines, au mois d’octobre, dans plusieurs élevages du Sundgau. Elle a été mise en place par le Service de Prévention des Accidents en Agriculture (SPAA) suisse et le Beratungsstelle für Unfallverhütung in der Landwirtschaft (BUL), en collaboration avec la Caisse d’Assurance Accidents Agricoles (CAAA) du Haut-Rhin et l’Institut de l’élevage. « L’idée est de former nos homologues allemands à toutes ces techniques pour qu’ils puissent à leur tour former les agriculteurs dans leur pays », explique Anthony Metzger, conseiller en prévention à la CAAA 68. Pourquoi venir jusqu’en France pour cela ? « C’est un savoir-faire français », souligne Jean-Marie Davoine, formateur au sein de l’Institut de l’élevage. « On a plus de trente ans de d’expérience sur la question. En Allemagne, on commence seulement à s’y intéresser tandis qu’en Suisse, cela n’existe que depuis 2007. » La CAAA du Haut-Rhin s’occupe de la gestion logistique, tandis que l’Institut de l’élevage, le SPAA et le BUL mettent à disposition des formateurs. Apprendre à « lire » l’animal La formation a vu le jour en 2011 pour être ensuite reconduite en 2014, 2015 et 2017. Un succès croissant qui s’explique, selon Étienne Junod, responsable Romandie au SPAA, par l’intérêt manifeste des techniques apprises lors de ces sessions « intensives ». « C’est une question de sécurité. Les élevages sont de plus en plus grands et il y a de moins en moins de temps pour s’occuper de chacun des animaux. Du coup, ces derniers adaptent leur comportement et deviennent en quelque sorte un peu plus sauvages. Du coup, il est essentiel de maîtriser les techniques de base qui permettent de les approcher sans danger pour ensuite les maîtriser en toute tranquillité, que ce soit au sein d’un box ou d’une prairie. » Ainsi, les participants apprennent à ne pas se comporter comme un prédateur afin que la vache ne se sente pas comme une proie. « Par défaut, c’est comme ça que les vaches nous voient », précise Étienne Junod. Du coup, celui ou celle qui souhaite approcher l’animal doit d’abord apprendre à le « lire ». « Certains sont sur le qui-vive tandis que d’autres sont plus détendus. Il faut savoir qu’il y a pour la vache une zone de sûreté et une zone d’observation. Après, il faut s’approcher d’elle sans la regarder directement dans les yeux. C’est une étape sensible. Si on la rate, ça devient très difficile après. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne faut pas avoir peur de lui tourner le dos. C’est une idée reçue qui n’a pas lieu d’être. Il ne faut pas oublier que la vache est un animal fondamentalement très pacifique, elle n’attaque que si elle raison valable de le faire. » Une fois le contact avec la vache établi, il convient de la toucher de différentes manières pour créer un climat de détente : on peut lui toucher l’oreille, lui fermer l’œil ou poser sa main sur l’épi… « Ce qui est intéressant, c’est que chaque animal est capable d’apprendre. Du coup, cela devient un peu un jeu pour celles et ceux qui se forment à ces techniques. » Comme faire le « veau mort » finalement.    

Publié le 08/11/2017

Dans la crise du beurre, même si le ministère de l’Agriculture dit que les choses sont en train de s’arranger, on assiste depuis quelques semaines à un mélodrame commercial à la française que seul le monde agricole et agroalimentaire est capable de générer. Il s’agit en fait d’un bras de fer entre les industriels laitiers et la grande distribution, alors que les producteurs comptent les points.

Si l’envolée du prix mondial en est l’origine, la « pénurie » dans les rayons relève de causes bien plus complexes, en lien direct avec le mode de contractualisation entre transformateurs et distributeurs. Faute d’avoir pu renégocier les prix du beurre, les industriels ont dénoncé les contrats sur le beurre MDD, d’où une rupture d’approvisionnement des supermarchés, et ils ont commercialisé la crème et le beurre sur le marché libre, bien plus rémunérateur. Pour régler ce conflit, il ne sera sans doute pas suffisant d’invoquer « l’esprit des États généraux de l’alimentation » comme le fait Stéphane Travert. Cet épisode montre en tout cas que la guerre des prix est loin d’avoir pris fin et que les États généraux de l’alimentation s’attaquent à un vaste chantier. Des rayons vides dans les supermarchés… Dans notre société de consommation et d’abondance, un tel spectacle interpelle. Il nous renvoie à un passé lointain, mais toujours enfoui dans nos mémoires collectives. Ces rayons vides, ou moitié vides, de beurre ont provoqué une flambée médiatique qui, sans aucun doute, a attisé les achats des consommateurs. « La crainte de la pénurie crée la pénurie », a résumé Stéphane Travert, dans une intervention sur RTL le 31 octobre. Les raisons de cette situation sont multifactorielles. On peut vite écarter l’argument de la baisse de la collecte laitière. Celle-ci reste modérée à -1,2 % pour la France depuis le début de 2017 selon FranceAgriMer, et dans les mêmes proportions pour d’autres pays de l’UE comme l’Allemagne (- 1,1 %) ou les Pays-Bas (- 1 %). Au niveau mondial, on assiste plutôt à une légère hausse aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande et une stabilité en Australie. Certains mettent en avant une moindre incitation de la part des producteurs à produire de la matière grasse dans le lait. « Il faut aujourd’hui 23 litres de lait pour produire un kilogramme de beurre, alors qu’il en fallait 20 litres il y a trois ans », souligne Matthieu Labbé, délégué général de la fédération des entreprises de boulangeries (Feb) qui ont été les premiers à alerter sur la crise à venir, dès le printemps, car ils s’approvisionnent en beurre sur le marché libre et n’ont pas réussi à répercuter la hausse de leur prix de revient auprès de la grande distribution. Des modes de contractualisation inadaptés à la volatilité des prix Cette crise du beurre a pris ses racines sur des « fondamentaux » du marché tout ce qu’il y a de plus classiques. Le prix européen du beurre vrac connaît un pic actuel à 7 000 euros la tonne, contre 4 000 euros il y a un an et 2 500 euros en 2015. En effet, alors que la production mondiale de beurre devrait augmenter en 2017 de 7 000 tonnes, la consommation, elle, « est attendue en hausse de 50 000 tonnes », d’où un « déséquilibre entre l’offre et la demande mondiale en matière grasse », explique Pierre Begoc, directeur des affaires internationales chez Agritel, dans un communiqué le 26 octobre. Au niveau mondial, on redécouvre les vertus de la matière grasse, notamment du beurre. « Nous constatons cette mutation dans les pays asiatiques, avec le succès du croissant au beurre, illustre Matthieu Labbé. L’industrie de boulangerie-pâtisserie française en bénéficie avec 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires à l’export ». Dans le même temps, au niveau mondial, il est vrai que la production de beurre est en légère baisse (- 4 %), notamment en Nouvelle-Zélande. Par ailleurs, la hausse de la consommation américaine de beurre fait que les États-Unis sont moins présents sur le marché mondial. Mais ce n’est pas cela qui explique la pénurie de beurre dans les supermarchés français. « La raréfaction de beurre dans les linéaires des GMS est aussi la conséquence de modes de contractualisation qui ne sont pas adaptés à la volatilité touchant les matières premières », explique Agritel. Les industriels sont incités à « aller chercher une meilleure valorisation à l’export plutôt que via des engagements à prix fixes avec la grande distribution française qui ne permettent pas d’ajustement de prix en fonction des cours mondiaux ». « Certains us et coutumes de filières sont donc à dépoussiérer, poursuit Agritel, car la volatilité est là, bien installée et il faudra faire avec en utilisant de nouveaux outils de couverture ». Fin de non-recevoir de la grande distribution Depuis la loi de modernisation de l’Économie (LME) adoptée en août 2008, les fournisseurs doivent envoyer leurs conditions générales de vente (CGV) aux centrales d’achat des distributeurs avant le 30 novembre de chaque année. L’ensemble des déterminants du prix final facturé aux centrales d’achat doit être discuté avant une période limite fixée au 1er mars. « En cas de forte variation du prix en cours d’année, il est prévu des clauses de revoyure du contrat. Il y a obligation de renégociation, mais les parties ne tombent pas forcément d’accord », explique Hugues Beyler, directeur agriculture de la fédération du commerce et de la distribution (FCD). Courant 2016, le prix du beurre avait déjà commencé à augmenter, mais pas suffisamment pour que les industriels changent leur stratégie commerciale. En revanche, en 2017, la flambée des prix s’est amplifiée chaque mois. Et les industriels ont reçu une fin de non-recevoir quant à une éventuelle renégociation des prix. Un petit nombre d’enseignes ont accepté de passer une hausse dans le courant de l’été, mais autour de 10 % seulement. Les fabricants de beurre ont dénoncé les contrats sur le beurre MDD Les fabricants de beurre s’approvisionnent en crème auprès des fabricants de yaourts qui utilisent du lait ½ écrémé (dont 60 % de la crème est extraite). « Au printemps, cette crème s’est retrouvée à un prix de marché de 7 €/kg d’équivalent beurre alors que la grande distribution n’acceptait pas d’acheter le beurre davantage que 4,50 €/kg au printemps puis 5 €/kg en été », explique Gérard Calbrix, directeur des affaires économiques de l’association de la transformation laitière française (Atla). Les fabricants de beurre ont alors assuré leurs contrats sur les marques nationales. En revanche, à partir du printemps, ils ont dénoncé leurs contrats sur les marques de distributeurs (MDD), « or, en France, quand on dénonce un contrat, on a une obligation de continuer à livrer pendant trois mois, ce qui nous a conduits jusqu’à l’été », poursuit-il. C’est pourquoi la crise n’est intervenue qu’à l’automne. Et les laiteries se sont tournées vers le marché spot et vers l’export, marché nettement plus rémunérateur. Ainsi, selon les dernières données des Douanes disponibles, en août 2017, les exportations françaises de crème conditionnée ont augmenté de 19 %, celles de beurre de 5 % et celles de poudre grasse de 6 % par rapport à août 2016. « Nous avons renégocié cet été, mais nous n’avons pas voulu concéder une hausse importante considérant que ce n’est pas à la grande distribution, donc aux consommateurs, de donner une prime à la spéculation, explique un responsable d’une enseigne. C’est trop facile : quand les prix mondiaux des produits montent, on nous demande de nous aligner à la hausse, et quand ils baissent, on nous demande de faire tampon pour soutenir les producteurs, ce n’est pas logique ». « Les producteurs encore les dindons de la farce » Cette crise du beurre fait dire à André Bonnard, secrétaire général de la FNPL, que « rien ne change, rien ne bouge, nous sommes toujours dans la guerre des prix ». Selon André Bonnard, la LME oblige les fournisseurs à fournir le marché alors que les distributeurs ont le droit de ne pas réévaluer les prix. Les industriels leur font payer sur les marques distributeurs parce qu’aujourd’hui ils sont dans un rapport de force favorable sur la matière grasse. « Ils se comportent de la même façon que la grande distribution, analyse-t-il. Et quand le rapport de force va changer, ces derniers vont leur faire payer à leur tour. Et au final, les dindons de la farce sont toujours les producteurs, alors qu’ils sont totalement hors du jeu. » Fin octobre, les éleveurs laitiers ont distribué aux clients des supermarchés des tracts où l’on pouvait lire : « Si ce rayon est vide, c’est que ce magasin ne veut pas payer le beurre à son juste prix ! ». Pour sortir de ce conflit commercial entre la distribution et les industries laitières, Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture, a proposé, dans son intervention sur RTL le 31 octobre, que « l’esprit des États généraux de l’alimentation souffle sur ces négociations », ce bras de fer étant selon lui « un test grandeur nature » pour les États généraux. Il a demandé aux distributeurs de « passer des hausses de prix auprès des transformateurs ». « Je sais que certains ont déjà accepté », a précisé le ministre citant Système U et Auchan (qui ont une centrale d’achat commune). « J’appelle chacun à prendre ses responsabilités pour que les consommateurs puissent trouver du beurre en quantité suffisante, et dans les négociations commerciales qui vont démarrer bientôt, je veux qu’il y ait de l’écoute et de la concertation ». « La phrase de trop » de Stéphane Travert Stéphane Travert a expliqué dans cet entretien qu’il avait fait parvenir un courrier le 30 octobre à l’interprofession laitière (Cniel). « Nous souhaitons que l’interprofession puisse entamer une discussion avec les producteurs, les distributeurs et les transformateurs pour permettre de sortir de cette situation. » Une déclaration qui est « la phrase de trop » pour la FNPL. « Le ministre est en dehors des réalités, s’insurge André Bonnard, de la FNPL. L’interprofession n’a pas le droit de discuter des prix, du fait du droit de la concurrence. Il ne s’agit en rien d’un problème interprofessionnel mais de relations commerciales entre deux types d’opérateurs », dont l’un – la grande distribution – ne fait d’ailleurs pas partie du Cniel. « Nous ne sommes pas dans le monde des Bisounours, a réagi Gérard Calbreix, d’Atla. Système U et Auchan sont les deux enseignes les plus intelligentes et les plus réalistes par rapport au marché, mais c’est le plus extrême (Leclerc, N.D.L.R.) qui remporte chaque année 0,5 à 1 % de part de marché, ce qui tétanise tous les autres ». Le 31 octobre au soir, le ministère de l’Agriculture assurait que les choses étaient en train de se débloquer, qu’outre Système U et Auchan, Carrefour avait aussi accepté des hausses sur les marques nationales et la MDD, et même que Leclerc « avait fait savoir qu’il allait faire un effort ». « Que chacun prenne ses responsabilités » Pour André Bonnard, le ministre de l'Agriculture regrette que ce dernier ait « sous la main un cas d’école » montrant les dysfonctionnements commerciaux et « qu’il n’en fasse rien ». Au contraire, au ministère, on assure avoir volontairement évité de convoquer tous les acteurs pour trouver une solution venant d’en haut et « reprendre le même schéma : crise, réunion, règlement temporaire du problème et re-crise trois mois plus tard », l’idée étant « que chacun prenne ses responsabilités » comme le répète inlassablement Stéphane Travert. « Nous sommes favorables à la prise en compte du coût de production. Ceci doit s’accompagner d’une réelle transparence de la part des industriels, notamment sur le mix produit », insiste Hugues Beyler de la FCD qui demande aussi d’intégrer l’interprofession laitière. C’est dans cet esprit qu’une charte devrait voir le jour, engageant les producteurs, les transformateurs et les distributeurs à respecter « l’esprit des États généraux » dans les prochaines négociations commerciales, faute de texte législatif. La signature serait imminente. Esprit des États généraux, où es-tu ? Agrapresse

Concours et championnat de la race prim’holstein

Le Gaec Gutzwiller fait le plein

Publié le 02/11/2017

C’est ce qu’on appelle un « carton ». Pour le 23e concours départemental de prim’holstein qui s’est déroulé lundi à Habsheim, le Gaec Gutzwiller, de Michelbach-le-Haut, n’a pas laissé beaucoup de chances à ses concurrents en remportant pas moins de neuf trophées.

 

Pages

Les vidéos