23e édition de la foire Simon et Jude
Des éleveurs et des transformateurs engagés
23e édition de la foire Simon et Jude
Publié le 02/11/2017
L’inauguration de la foire Simon et Jude a été présidée pour la première fois par Brigitte Klinkert, présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin. L’événement est l’occasion pour les représentants du monde agricole d’évoquer les sujets qui les préoccupent.
La cérémonie est ouverte par Gilbert Fuchs, maire de Habsheim, ville hôte de la foire : « C’est un plaisir de vous accueillir ici. En tant qu’agriculteurs, vous exercez un métier très difficile, pas seulement au niveau économique, mais aussi au niveau sanitaire. Pourtant, on a besoin de nos agriculteurs pour nourrir notre planète. Faisons leur confiance. En tout cas, à Habsheim, nous leur faisons confiance ». Sébastien Stoessel, président de l’association des éleveurs de bovins du Haut-Rhin empoigne le micro : « Je ne voulais pas revenir sur les conditions de notre métier, mais j’aimerais tout de même dire que le beurre flambe, alors que le prix du lait a perdu 10 euros ce mois ». Difficulté morale Il tente d’éclaircir le tableau : « Nous avons eu une année bénéfique en termes de météo, ce qui nous a permis d’avoir de bons rendements en blé et en maïs et ainsi d’assurer du stock. Cela vient compenser les prix qui ne sont toujours pas là. Mais ce qui nous marque, au-delà de la difficulté financière, c’est la difficulté morale. J’en ai assez de ces dictateurs des médias qui nous disent comment travailler. Nous savons que nous avons des progrès à faire, nous le faisons au quotidien ». Il cite les efforts qui sont faits dans le département : « Sous ce chapiteau, nous avons des éleveurs engagés, des sponsors et des bouchers, des artisans présents pour la première fois avec la marque « Goûtez l’Alsace - S’esch güat » et des producteurs de lait avec les yaourts « A Güeter ! ». On ne rougit pas de ce qu’on produit, de ce qu’on fait ». « Ras-le-bol de ces mesures de sécurité inadéquates ! » Sébastien Stoessel déplore cependant l’intensification des contraintes sécuritaires inhérentes à l’organisation d’un événement tel que la fête de l’élevage : « Le risque zéro n’existe pas. Nous sommes ici avec des animaux. Nous avons vécu deux accidents l’an passé, il y a encore eu un pépin aujourd’hui (N.D.L.R. : une spectatrice a été bousculée par une vache lors du concours de race Montbéliarde. Elle a été prise en charge par les pompiers). Mais à force de réglementer les manifestations, on écœure les bénévoles qui luttent pour mettre ses manifestations en œuvre. Ras-le-bol de ces mesures de sécurité inadéquates ! Si on veut encore des manifestations en France, il ne faut pas que le coût soit exorbitant pour les organisateurs et que ça les épuise. Tous les ans, nous sommes présents pour montrer que ce que nous faisons, nous le faisons avec amour ». Après une dernière intervention invitant à s’adapter à la nouvelle organisation territoriale française « pour que l’Alsace veuille encore dire quelque chose », Sébastien Stoessel a cédé la parole à Thomas Prinz, président d’Eurogénétique pour la présentation de la manifestation Cœur d’élevage, le grand rendez-vous des professionnels prévu du 21 au 23 juin 2018 au Parc des expositions de Colmar. Thomas prinz aimerait qu’y soient représentés « tous les éleveurs du Grand Est ainsi que ceux du bassin rhénan ». « On souhaite que ce soit un temps fort pour le Grand Est. C’est un défi pour nous et on ira au bout », lance-t-il. Pour une « exception agriculturelle » Laurent Wendlinger, président de la Chambre régionale d’Agriculture Alsace, a rappelé qu'« après 23 ans, cette manifestation n’a pas pris une ride et elle s’est même adaptée aux enjeux du XXIe siècle : le lien entre le monde rural et le monde urbain, le lien entre les producteurs et les transformateurs. Or aujourd’hui, la problématique du beurre est révélatrice. Quand on voit qu’en Allemagne il n’y a pas de pénurie de beurre, que la grande distribution joue le jeu lorsqu’il y a des augmentations de prix, je pense qu’en France on a un véritable problème. Il faut qu’on milite. En France, nous avons l’exception culturelle. Il faut que nous ayons l’exception agriculturelle ». Évoquant la manifestation Cœur d’Élevage, Laurent Wendlinger a, au nom conseil régional, assuré les organisateurs du soutien de la région. Selon lui, l’événement n’aura pas seulement des retombées pour l’agriculture, mais aussi pour le tourisme et toute l’économie, comme cela a été le cas avec la Confrontation Européenne Holstein Colmar 2016 et ses plus de 25 000 visiteurs. Brigitte Klinkert, présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin s’adresse tout d’abord à Sébastien Stoessel : « Nous devrions nous comprendre car nous sommes tous les deux des pragmatiques, tout comme mes collègues conseillers départementaux. Bravo pour les valeurs que vous portez : les valeurs de la terre et de l’Alsace. Nous apprécions votre dynamisme, vous avez la passion chevillée au corps. Félicitations ». Elle se dit surprise de voir autant de personnes réunies pour cette fête. S’adressant aux éleveurs plus particulièrement, elle rappelle « nous avons conscience de votre rôle stratégique pour la qualité de l’alimentation et la gestion du territoire. Nous serons à vos côtés dans le cadre du Gerplan (N.D.L.R. : plan de gestion de l’espace rural et périurbain), de l’abattoir départemental et dans ce beau projet pour 2018 au parc-expo de Colmar. Votre sens des responsabilités mérite d’être reconnu par une plus juste rémunération du travail qu’est le vôtre, difficile et précieux ».












