Valentin Rué
Le « plaisir » comme moteur
Valentin Rué
Publié le 25/10/2017
Lundi, Valentin Rué participera pour la deuxième fois au concours de prim’holstein de Habsheim avec deux de ses génisses. Avec un seul mot d’ordre : le plaisir.
Petit à petit, il gravit les échelons. À 25 ans, Valentin Rué, salarié de l’exploitation familiale située à Osenbach, s’apprête à participer à son deuxième concours départemental de l’élevage de Habsheim. L’an passé, il avait terminé troisième dans la section « Femelles non vêlées ». Sa meilleure performance jusqu’à maintenant qu’il attribue très modestement à « la chance du débutant ». « J’étais déjà très heureux d’y participer. C’est vraiment une ambiance unique avec tout ce monde qui te donne des conseils, qui t’encourage à venir et à continuer », explique-t-il. Cet engouement pour le concours d’élevage est né en 2008. Un stagiaire de l’exploitation l’emmène à Eurogénétique pour y présenter quelques Vosgiennes. Pendant trois jours, il découvre l’ambiance, et regarde du coin de l’œil les concours de prim’holstein. L’année suivante, il tente lui-même sa chance avec l’une des Vosgiennes du cheptel. Il termine bon dernier de sa section. Peu importe, il est déjà très fier d’avoir pu essayer. Cette première expérience lui permet de mieux comprendre l’exigence que requiert ce type de concours. Cette prise de conscience s’accentue lors de son stage au Gaec Herrscher à Andolsheim, pendant son BTS. « J’ai pu mesurer l’importance de bien suivre les vaches au quotidien, ainsi que leur alimentation », se souvient Valentin Rué. Après son BTS, il reste six mois à la maison à se poser des questions sur la suite à donner à sa carrière naissante. Il décide de partir en stage pendant six mois au Canada dans un élevage. Il y côtoie ce qui se fait de mieux à ses yeux. « Les numéros un de l’élevage au niveau mondial, ce sont les pays d’Amérique du Nord », estime-t-il. Ce qu’il voit là-bas lui confirme ce qu’il avait compris lors de son passage dans le Gaec Herrscher, l’aspect génétique en plus. Il participe à plusieurs concours sur place et se forge une expérience qui va considérablement l’aider à son retour. Lorsqu’il revient, le jeune éleveur adhère au Club Holstein 68, quelques mois avant la confrontation européenne de Colmar. Là, on lui parle de la première école régionale de jeunes présentateurs. Il suit la formation pendant un week-end au Gaec Wilt, à Dachstein. Quelques jours plus tard, un copain lui prête une génisse pour participer au Festival de l’élevage de Brumath. Il y finit troisième… en partant de la fin. Pas grave, encore une fois. L’expérience est une nouvelle fois très enrichissante. Les échanges avec les autres éleveurs le font mûrir dans son approche. « Je savais que je ne pouvais pas rivaliser avec ceux qui font de la morphologie depuis des années », analyse-t-il lucidement. « On discute avec des éleveurs qui font ça depuis vingt ans, alors que nous, ça fait six mois qu’on a démarré. » Un enthousiasme intact Pour gagner un prix, Valentin Rué comprend alors qu’il devra passer par un autre biais. Lors de l’édition 2017 du Festival de l’élevage, il tente sa chance dans le concours de présentation, en plus du concours « classique » en race prim’holstein. Si le second ne lui permet toujours pas de se démarquer, il recueille en revanche la reconnaissance du juge en terminant premier de sa section dans la catégorie des jeunes présentateurs. Un moment évidemment très fort en émotion qui récompense alors le travail, l’observation et l’humilité qui caractérisent le jeune homme. Cinq mois plus tard, le voilà de retour à Habsheim avec toujours le même enthousiasme. Cette fois, il viendra un peu mieux « armé » avec deux génisses : Magouille et Maybrit. La première vient de la ferme familiale, la deuxième a été achetée à un élevage allemand au mois de juillet. « Ça va me donner un point de comparaison par rapport aux vaches de notre élevage qui ont une morphologie plutôt squelettique », souligne-t-il. Valentin Rué compte arriver à Habsheim un peu mieux préparé que lors de sa première expérience. « Ma génisse ne marchait pas très bien et bougeait un peu dans tous les sens. Du coup, cela fait plusieurs semaines que je travaille bien avec elles pour leur apprendre à marcher correctement. C’est essentiel si on veut prendre du plaisir le jour du concours. » La vache doit être prête à marcher, mais elle doit aussi parfaitement tondue. « Il y a des clippers qui font les lignes de dos, je ne vais pas les embêter avec la tonte de ma génisse. Et puis de toute manière, on n’a vraiment pas envie de s’embêter avec ça à ce moment. Ça aussi, je l’ai appris au fur et à mesure des années. » Magouille et Maybrit seront donc parfaitement tondues et lavées, et ne devraient pas poser de problème lors de leur passage sur le ring. « Elles ont bon caractère », se satisfait Valentin Rué. Pour le reste, il s’interdit de faire un quelconque pronostic. « Il n’y a qu’une seule personne qui décide, c’est le juge. Alors autant y aller en prenant le maximum de plaisir. Je ne fixe pas d’objectif de résultat, juste un objectif de plaisir. »












