Pratique

Mutualité sociale agricole d'Alsace - Échelon local de Strasbourg

Stress au travail : de la réflexion à l'action

Publié le 02/07/2016

Quelle qu'en soit l'origine, la souffrance au travail se traduit par de multiples conséquences sur la santé : anxiété, stress, troubles du sommeil, ou pire encore. En 2015, l'échelon local de Strasbourg de la MSA d'Alsace a choisi de se pencher sur ce sujet en proposant un cycle de débats, de rencontres et d'ateliers qui a attiré un public nombreux.

Le stress au travail est un sujet d'actualité, « qui interroge fortement les salariés, jeunes ou plus âgés, tous aspirant à un retour à davantage d'humanité et de sens », explique Karin Greiner, chargée de projets à la Mutualité sociale agricole d'Alsace. C'est pourquoi les membres de l'échelon local de Strasbourg ont décidé de proposer des actions permettant d'en limiter les répercussions sur la vie personnelle et professionnelle, de réduire les troubles du sommeil et au final d'améliorer la santé de la population active. Mais au préalable, un ciné-débat devait poser la problématique de la souffrance au travail, des intervenants pluridisciplinaires apportant, dans la foulée, des éclairages différents. L’échelon local de Strasbourg a souhaité aller vers un public de salariés actifs sur le secteur de l’hypercentre de Strasbourg. Attention : il ne s'agit pas ici d'opposer les salariés et les exploitants agricoles, mais au contraire de montrer que chacun, à son niveau, a besoin d'un environnement de travail sécurisé et motivant. La MSA s’est rapprochée de la Camieg (régime d’assurance maladie et maternité des industries électriques et gazières) et de la MGEN pour monter un projet en interrégime. Elles se sont ensuite tournées vers la SNCF, le Cinéma Vox, la clinique Sainte-Barbe et l’université de Strasbourg, le centre Bien vieillir Agir Arrco qui ont accepté de tenter cette expérience. À l'arrivée, un programme en trois parties, en partenariat avec ses homologues de la Camieg et de la MGEN (Éducation nationale). L'action a commencé en avril par deux soirées cinéma au Vox, autour du film Le Couperet de Costa Gavras et J'ai (très) mal au travail de Jean-Michel Carré, projection suivie d'un débat sur la souffrance au travail, le dérapage des relations interpersonnelles, le dérèglement de la santé. D'éminents spécialistes ont participé à ce débat : Mickael Labbé, philosophe, professeur à l'université de Strasbourg, Marie Gonzalez, professeure en pathologie professionnelle aux HUS, et Dominique Hen, psychologue du travail. Ces deux soirées ont réuni près d'une centaine de personnes. « Elles nous ont permis de mobiliser un public bien plus jeune que d'habitude. La majorité avait moins de 46 ans », souligne Karin Greiner avec satisfaction. Elles ont donné lieu à des échanges riches et intenses, avec des exemples concrets qui ont touché les personnes présentes. Commentaire d'un participant : « Avant, le travail c’était la santé, aujourd’hui c’est l’aliénation ! » Comment faire pour trouver le sommeil ? La qualité du sommeil était au cœur des trois rencontres suivantes, programmées tout au long du mois de mai : l'hygiène de vie, le rythme de vie, l'insomnie, avec la participation de trois neurologues, Serge Chassagnon, Anne Thibault-Stoll et Christophe Petiau, ainsi que de Patricia Tassi, professeure en psychologue clinique à l'université de Strasbourg. Elles se déroulaient dans un lieu inédit, la salle du Quai 1 à la gare de Strasbourg, et ont été l'occasion d'intéressants échanges, même si elles étaient moins fréquentées. Au mois de juin était programmée une série de séances d'initiation au yoga et à la sophrologie, techniques de relaxation permettant de retrouver un meilleur sommeil, voire une attitude plus sereine face à des situations difficiles au travail. Ces ateliers ont affiché complet. « Nous avons organisé 6 groupes de 15 personnes, et nous avons une liste d'attente pour l'automne… » Au total, une centaine de personnes se sont intéressées à ces ateliers organisés au Centre de prévention Bien vieillir Agirc Arrco, rue Georges Wodli à Strasbourg. La proximité de la gare n'est pas due au hasard : nombre de salariés vivant en dehors de Strasbourg peuvent ainsi y participer avant de rentrer chez eux. Créer un cercle vertueux « Dans un second temps, nous aimerions proposer directement à des entreprises de mettre en place dans leurs locaux des ateliers de massage, de sophrologie et ou de yoga pour permettre aux salariés, à certains moments dans la semaine, de bénéficier d'une parenthèse "pause bien-être"», explique Karin Greiner. La pratique régulière de ces techniques s'apparentant à la méditation pourrait induire non seulement une meilleure santé physique, mais aussi un état d'esprit plus calme et positif. « Ces petits changements individuels pourraient, nous l'espérons, instaurer des relations plus saines, plus apaisées et respectueuses, davantage propices à l'expression des talents de chacun et redonner ainsi au travail sa fonction d'épanouissement à laquelle aspirent une grande majorité de Français », estime Karin Greiner.

Caisses d'assurance-accidents agricoles d'Alsace

Être vigilant et organisé pour limiter les accidents

Publié le 25/06/2016

Les Caisses d'assurance-accidents agricoles d'Alsace ont enregistré une nette hausse des accidents de travail graves depuis le début de l'année 2016. Une conséquence indirecte des difficultés économiques et des préoccupations qu'elles engendrent pour de nombreux agriculteurs ? En tout cas, ces accidents - qui entraînent des handicaps permanents - auraient pu être évités.

C'est une bien triste liste qu'égrène Sébastien Rohmer, conseiller spécialisé en prévention à la Caisse d'assurance-accidents agricole (CAAA) : un bras arraché par une presse à balle ronde, deux doigts sectionnés par un taille-haie suite à une mauvaise réception lors d'une chute, une main écrasée par un convoyeur nettoyé sans avoir été éteint, des doigts sectionnés par une scie circulaire, d'autres par un sécateur électrique, d'autres par une vis sans fin nettoyée alors qu'elle était encore en mouvement, des nerfs et des tendons sectionnés au flex parce que la victime prenait une mesure en même temps qu'elle découpait, encore une phalange sectionnée par une vis sans fin, la perte de la vision d'un œil suite au retour d'un crochet fixé sur une sangle qui a lâché, et enfin un accident de tracteur - mortel -, ce dernier s'étant retourné sur sa victime. Des accidents graves donc, et qui, s'ils ne sont pas mortels, vont handicaper les victimes dans leur quotidien et leurs relations aux autres. Cette augmentation du nombre d'accidents graves concerne essentiellement des non-salariés. Pour Sébastien Rohmer, cela reflète la propension des chefs d'exploitation à s'exposer aux risques plutôt que leur(s) salarié(s), notamment pour les interventions dangereuses : « Ils estiment que cela relève de leur responsabilité, donc ils s'en chargent ». Pour la CAAA, ces accidents représentent des montants de prise en charge importants, au gré des indemnités journalières, des frais d'hospitalisation… Ne pas s'exposer inutilement Un certain nombre de ces accidents est lié à la mauvaise utilisation de machines en mouvement. Les agriculteurs sont particulièrement exposés à ce risque, puisqu'ils en utilisent presque tous les jours. Certes la plupart d'entre elles sont aujourd'hui bien sécurisées, « mais il n'est pas rare de voir des agriculteurs se défaire des éléments de sécurité pour mieux accéder au cœur des machines, ou les détourner de l'usage pour lequel elles ont été conçues, ce qui augmente le risque d'accidents », constate Sébastien Rohmer. En effet, les accidents surviennent le plus souvent lorsque la machine présente un dysfonctionnement : « On s'en approche, on l'ausculte pour trouver la panne, on essaie de réparer… » Ou lorsqu'il faut l'entretenir : « Le cas le plus parlant, c'est celui du graissage des presses à balles rondes : c'est bien plus pratique et rapide de graisser les chaînes quand elles tournent que de le faire par étapes successives. » Or si Sébastien Rohmer a une recommandation à formuler, c'est bien celle-là : « Il faut absolument éteindre les machines avant d'intervenir dessus ! » Ça a l'air facile à respecter comme ça, mais c'est sans compter le poids des habitudes, la transmission des gestes - bons ou mauvais - de génération en génération : « Même les jeunes prennent des risques de ce genre, parce qu'ils ont vu leurs parents procéder ainsi, et parce qu'ils se disent que ça fait partie du métier. » Mais Sébastien Rohmer met en garde : « Les mauvaises habitudes s'installent parce qu'elles ne sont pas systématiquement suivies d'un accident. Vous pouvez décrocher votre téléphone au volant un certain nombre de fois sans qu'il ne se passe rien. Et puis un jour il y aura de la tôle froissée. Ou un mort. Mais pour que cela arrive, il faut statistiquement un certain nombre de situations de prise de risque. » Pour résumer, les accidents n'arrivent que parce qu'on s'expose à un risque. Et souvent aussi parce qu'on multiplie les facteurs de risque : on conduit vite, fatigué, avec des pneus usés… « Le contexte, le moral peuvent jouer aussi », indique Sébastien Rohmer. Prévoir l'imprévu Concrètement, comment faire pour éviter de tels accidents ? « On ne peut pas tout éviter. Donc la solution miracle n'existe pas », reconnaît Sébastien Rohmer. Mais il est possible de ne pas tirer le diable par la queue ! Pour les travaux les plus dangereux, faire appel à des entreprises spécialisées, même si cela représente un surcoût, peut s'avérer judicieux. Lorsque l'agriculteur décide d'effectuer les travaux lui-même, il doit utiliser du matériel spécifique, et toujours mettre en œuvre des moyens de protection collectifs plutôt qu'individuels : « Pour travailler en hauteur, on utilisera en priorité un échafaudage plutôt qu'une échelle - qui constitue d'ailleurs un moyen d'accès et pas un poste de travail - ou une nacelle et on disposera un filet anti-chute. Les moyens de protection individuels (harnais, corde) sont à mettre en œuvre de manière secondaire. » Il est également important de fixer des consignes de sécurité, et de les respecter ! Organiser pour gagner du temps Sébastien Rohmer souligne aussi l'efficacité d'une bonne organisation : « Être organisé permet d'être plus productif, cela entraîne un gain de temps et de confort de travail ». Il illustre : « Étant donné la météo, de nombreux agriculteurs n'ont pas encore pu rentrer leur foin. Dès qu'il va y avoir trois ou quatre jours de beau temps, ils vont se ruer dehors et enchaîner les heures de travail. Pourquoi ne pas profiter de ne pas pouvoir mettre un tracteur dehors pour préparer le matériel de fenaison en changeant les pièces d'usure, en graissant les mécanismes… On peut même anticiper les pannes en prévoyant quelques pièces de rechange - et les outils pour les poser - dans le tracteur. » Une bonne organisation représente donc une décharge en termes de stress et de temps « parce qu'on en perdra moins à faire des allers-retours du champ à l'atelier, à chercher les bonnes pièces et les bons outils… » Sébastien Rohmer cite en exemple un agriculteur suisse qui s'est constitué des kits : « Dès qu'il a eu besoin de quelque chose, il l'a noté puis l'a rajouté dans son kit. Du coup dans son tracteur il a du papier, des stylos, une corde, un couteau… Il a un autre kit qui va avec sa tronçonneuse (lubrifiant, lime, équipement de sécurité). Et comme ça pour chaque activité. » Dans le même ordre d'idée, équiper ses différents véhicules d'une trousse de secours constitue une précaution qui peut s'avérer salvatrice, tout comme de disposer de matériel de signalisation. Lire les notices des outils, aussi rébarbatif que ce soit, peut néanmoins s'avérer utile. Et puis les agriculteurs doivent savoir s'accorder des pauses : « Cela permet de se reposer l'esprit, de reprendre le travail plus sereinement. » Pour effectuer certaines tâches, il est plus pertinent d'être à deux, voire plus, pour d'autres moins, car on risque la coactivité. Mais si on travaille seul, il faut penser à avoir un téléphone en état de marche sur soi. Il estime aussi que tout le monde devrait être formé aux premiers gestes de secourisme : « Il est important de savoir réagir. La première règle, c'est de se protéger soi, en arrêtant une machine en mouvement, en s'éloignant et en alertant les secours en composant le 18, le 112 ou encore le 15. Ensuite seulement, et si on n'est pas la victime, on peut lui porter secours en effectuant une compression pour arrêter un saignement, en la mettant en position latérale de sécurité… » Enfin, Sébastien Rohmer insiste sur le devoir d'exemplarité qui incombe aux exploitants agricoles : « Ils doivent montrer le bon exemple à leurs enfants, qui sont souvent leurs futurs repreneurs, ainsi qu'aux salariés, aux apprentis, qui ont tendance à reproduire leurs gestes. »

Société d'aménagement foncier et d'établissement rural (Safer) Alsace

Les transactions agricoles augmentent, mais baissent en valeur

Publié le 25/05/2016

La Safer s'est réunie pour la dernière fois en tant qu'entité régionale avant de devenir la Safer « Grand Est ». Le résultat de son dernier exercice est positif et marqué par un marché agricole en très légère hausse en surface, mais en baisse de valeur.

« Les Safer se sont emparées de la problématique foncière et s'investissent pour le foncier rural depuis bientôt 60 ans, rappelle Marc Moser, président de la Safer Alsace. Forte de son expérience au service des territoires ruraux, la Safer Alsace propose des solutions équilibrées valorisant des exploitations agricoles compétitives à taille humaine et dont le renouvellement des générations reste la priorité. » En 2015, le marché foncier régional a progressé légèrement, avec une hausse de 2 % des surfaces échangées. En revanche, la valeur baisse de 6 %. Le même constat est fait au niveau du marché agricole, les transactions ont augmenté de 4,5 % (2 986 opérations pour 2 507 hectares), les surfaces de 1 % ; la valeur globale du marché, elle, diminue de 20 %. « Dans cet environnement toujours difficile, notre société constate un résultat positif pour l'année 2015, grâce à une forte activité de fin d'année et un développement de nos activités de prestations », remarque pourtant Marc Moser. Le directeur, Francis Risacher, détaille les opérations réalisées l'an dernier. Au titre du marché de l'espace rural, 5 874 opérations ont été notifiées à la Safer Alsace en 2015. L'ensemble des transactions a porté sur 3 850 ha, en hausse de 2,4 % par rapport à 2014. L'ensemble du marché baisse de 6,4 % en valeur. Ainsi, le montant total des transactions passe de 234 millions d'euros (M€) en 2014 à 219 M€ en 2015. Comparé au marché total, le marché agricole représente 65 % de la surface vendue, 51 % du nombre de transactions, mais seulement 16 % de la valeur globale. Ces chiffres présentent une forte stabilité depuis quelques années. Les ventes des terres et prés baissent de 3 % dans le Bas-Rhin (prix moyen de l'are : 57,30 euros) et augmentent de 5,7 % dans le Haut-Rhin (prix moyen de l'are : 66,20 €). Le marché des cultures spéciales connaît une baisse de 6 % en surface, passant de 63 ha en 2014 à 59 ha en 2015. « Les rétrocessions constituent l'essentiel de notre chiffre d'affaires visant à couvrir les charges de fonctionnement de notre société, expose le directeur. Ces opérations s'avèrent déterminantes pour permettre de conforter les outils de production et de pérenniser les exploitations. » Le maintien des preneurs en place (locataires) représente 55 % des surfaces attribuées. Les autres rétrocessions ont servi à la consolidation d'exploitation (6 % de la surface totale rétrocédée), à l'amélioration parcellaire ou remaniement (5 % de la surface totale rétrocédée et 20 % du nombre de rétrocession, notamment en viticulture), à l'installation ou l'agrandissement préparant une installation (5,6 %), à la réorientation en faveur des collectivités, aux opérations forestières (1 %) et à la rétrocession d'intérêt général agricole (24 %). « En la matière, le choix décisionnel s'avère de plus en plus difficile et délicat au regard notamment d'un grand nombre de candidats et de la complexité des dossiers. Pour les 356 rétrocessions, 1 322 personnes ont fait acte de candidature, soit en moyenne 3,7 candidats par bien vendu », note Francis Risacher. Le droit de préemption utilisé dans 121 cas Durant l'année écoulée, la Safer Alsace a appréhendé 485 ha, soit une surface identique à 2014 pour 10,70 M€ (10,90 M€ en 2014). Sur les 5 875 notifications de vente en 2015, la Safer a usé de son droit de préemption dans 121 cas. Les préemptions effectuées représentent 2 % du nombre des transactions notifiées et 3 % des surfaces mises en vente. Le stock foncier de la Safer s'élève à 313 ha, contre 323 en 2014, il s'agit principalement de stock récent (moins de cinq ans). Le stock ayant plus de 10 ans représentant 40 % des surfaces et 24 % en valeur. Le résultat de l'exercice 2015 de la Safer Alsace présente un bénéfice de 82 869,41 € contre 48 036,15 € en 2014. Le directeur en donne les raisons : « Malgré une diminution du chiffre d'affaires et un résultat d'exploitation en baisse, la marge dégagée est forte, de nombreuses facturations de prestations et une diminution des charges de structure permettent ce bon résultat ».

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