Pratique

56e journées d’octobre de Mulhouse

La filière du paysage à l’honneur

Publié le 12/10/2016

Les 56e journées d’octobre de Mulhouse, associées à la seizième édition de Folie’Flore, se poursuivent jusqu’à ce dimanche 16 octobre au Parc-Expo. Le monde agricole est cette année encore associé à la manifestation par le biais de la filière du paysage et des paysagistes.

« Les Journées d’octobre sont l’une des manifestations, voire la manifestation la plus importante de l’année à Mulhouse. D’année en année, la magie de Folie’Flore attire de plus en plus de monde », se félicite Maryvonne Buchert, adjointe au maire de Mulhouse et vice-présidente des Journées d’octobre. Jusqu’à dimanche, le Parc-Expo accueille des dizaines de milliers de visiteurs. Les journées d’octobre se composent de quatre villages à thème (créateurs, habitat, gourmand et jardin), avec Folie’Flore en fil conducteur. « Chaque année, on essaie de faire entrer un peu plus Folie’Flore dans les villages », précise Laurent Grain. Ainsi, cette année, les scènes créées par la corporation des fleuristes, à savoir quatre arbres de trois mètres de haut sur le thème des saisons, sont installées à l’entrée du village de l’habitat. Le village du jardin a été agrandi, de même que la boutique de Folie’Flore, où l’on trouve des compositions florales et des produits dérivés estampillés Folie’Flore, mais aussi des Lapi’Flores en chocolat, spécialement créés par la chocolaterie Abtey. Grande nouveauté au village gourmand : un espace animé par le groupement d’intérêt économique Alsace authentique, créé en 2010 par une dizaine d’entreprises et qui en compte aujourd’hui 18. « Ce sont des entreprises non délocalisables qui ont fait le pari de rester et produire en Alsace », souligne Hervé Laforêt, son vice-président. « La vie débute le jour où l’on commence un jardin » Après les fruits et légumes l’an dernier, ce sont les jardins qui occupent cette année le devant de la scène avec comme partenaire principal l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep). Onze entreprises haut-rhinoises ont planché sur l’aménagement de quelque 850 m². Baptisés « post-apocalyptique », « éco-bio esthétique » ou « nature sublimée », les jardins des paysagistes proposent une vision parfois décalée, qui fait appel aux émotions des visiteurs. Ils mêlent végétal et minéral, œuvres d’art, eau, bois… et cherchent à mettre en exergue le lien primaire qui unit l’humain à la nature. Que ce soit à la campagne, en milieu « sauvage », ou en ville. L’entrée à Folie’Flore se fait par le jardin des fleuristes en folie, qui ont imaginé l’Arbrevoir, un arbre imposant dont les branches se terminent par des arrosoirs laissant s’échapper des cascades d’eau. Les jardins éphémères des communes sont au rendez-vous, avec une place privilégiée pour Bâle, invitée d’honneur sur 600 m². Le chapiteau de cirque est le terrier des Lapi’Flores, avec des murs végétaux, des jets d’eau et arbres à sucreries… Un jardin à la française accueille les créations des participants au concours de la Coupe espoir Interflora. « La vie débute le jour où l’on commence un jardin », a rappelé la présidente des journées d’octobre de Mulhouse Betty Muller lors de l’inauguration. L’agriculture omniprésente Le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace Laurent Wendlinger a rappelé lors de l’inauguration, la chance pour l’agriculture d’être présente aux journées d’octobre pour notamment expliquer ses métiers dans cette période économique difficile. « 2016 est une année préoccupante pour la quasi-totalité de nos filières. Aux difficultés économiques, s’ajoutent une météo compliquée et une asphyxie administrative avec des normes franco-françaises toujours plus contraignantes. Nous sommes au bord de l’overdose normative. Pour autant, nous menons des politiques dynamiques pour trouver des solutions pour sauver le plus grand nombre d’exploitations. Nous sommes ici aux journées d’octobre pour montrer notre savoir-faire et pour communiquer auprès du grand public. Cette année, nous valorisons le monde du paysage et des paysagistes et les formations y afférentes avec nos lycées de Wintzenheim et Rouffach qui proposent une filière paysage allant du CAP au BTS. Ils représentent l’avenir car les entreprises du paysage sont une véritable richesse économique pour notre région ». Et de saluer l’action de l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace et de Flhoreal qui, cette année encore, sont présentes aux journées d’octobre. Laurent Wendlinger a également rappelé que « les JO ont toujours été la rencontre de la ville et de la campagne, des producteurs et des consommateurs, des commerçants et de leurs clients ». Et de conclure en rendant hommage à Patrick Stehlin qui, en tant que directeur de la fédération des coopératives, a toujours œuvré pour promouvoir « cette Alsace authentique, notamment ici à Mulhouse, aux journées d’octobre ».

Mutualité sociale agricole d’Alsace

La tactique anti-tiques

Publié le 07/10/2016

Véhiculée par les tiques, la maladie de Lyme est particulièrement répandue en Alsace, où elle représente 3 000 cas par an. À Illkirch-Graffenstaden, la MSA d’Alsace organisait récemment une conférence sur cette maladie et les moyens de prévention.

Avec 3 000 cas recensés annuellement en Alsace, sur les 10 à 15 000 comptabilisés en France, la maladie de Lyme est fréquente dans la région. Très connue des forestiers, qui y sont particulièrement exposés, elle peut aussi toucher les simples particuliers, dès lors qu’ils se font piquer par une tique porteuse de la bactérie Borrelia. La probabilité de contracter la maladie de Lyme suite à une piqûre de tique est de 3 à 10 % selon les endroits. En Alsace, elle s’approche de 10 %. Les tiques vivent dans les milieux humides des zones tempérées, telles que l’Europe, l’Asie ou l’Amérique du Nord, explique le professeur Yves Hansmann, responsable du service des maladies tropicales et infectieuses au CHU de Strasbourg. Elles ont une durée de vie de deux ans, passant du stade de larve à celui de nymphe, puis d’insecte adulte. À chaque stade de leur développement, les tiques se nourrissent de sang. C’est lors de leur repas sanguin, sur de petits rongeurs ou sur du gibier, qu’elles entrent en contact avec la bactérie Borrelia. Elles peuvent alors contaminer à leur tour d’autres animaux, voire des humains. Selon une enquête menée par la Mutualité sociale agricole entre 2001 et 2009, certains secteurs d’Alsace sont plus touchés que d’autres : c’est le cas des vallées vosgiennes - Munster ou Guebwiller par exemple, où la forêt est très présente. « Nous sommes dans le top 10 des régions les plus infectées dans le monde », précise le professeur Hansmann. Une tique étant capable de pondre 2 000 à 4 000 œufs, la prolifération de l’insecte est très importante. De plus, la tique peut transmettre bien d’autres bactéries, donnant lieu à d’autres maladies, moins connues que la maladie de Lyme. Les animaux, qui constituent le réservoir de Borrelia, ne semblent pas gênés par la présence de la bactérie. Retirer la tique rapidement Pour qu’un humain contracte la maladie de Lyme, il faut qu’il soit piqué par une tique infectée et que la piqûre soit longue, précise le professeur Hansmann. « Si la tique est bien fixée, qu’elle reste en place quatre à cinq jours et qu’elle se détache seule, le risque de transmission est au maximum. Au contraire, si on retire la tique rapidement, sous 24 heures, le risque est faible. Après 72 h, il atteint 100 %. » Une fois que la tique a transmis la bactérie Borrelia, la personne piquée peut voir apparaître une tache rouge autour de la piqûre. C’est ce que l’on appelle un érythème migrant. Cette tache, qui s’agrandit, peut atteindre 30 à 40 cm de circonférence. Elle ne démange pas et finit par disparaître spontanément. Lorsque la bactérie se dissémine dans le corps, elle touche d’autres cibles, ce qui donne lieu à des manifestations secondaires. Des troubles neurologiques sont susceptibles d’apparaître, sous la forme d’une méningite lymphocytaire, parfois associée à des douleurs radiculaires « assez pénibles ». Des troubles de la sensibilité et une atteinte des nerfs périphériques et crâniens sont possibles. Certaines personnes développeront plutôt des troubles articulaires, comme une oligo-arthrite, qui se manifeste par des douleurs dans les articulations (les genoux très souvent). Des troubles cardiaques - ralentissement du cœur ou péricardite - sont également signalés. « Si l’on ne fait rien surgissent alors des manifestations dites tertiaires », indique le professeur Hansmann. Il cite l’encéphalomyélite progressive, qui engendre grosse fatigue, perte de mémoire et difficultés à se concentrer ; la dermatite chronique atrophiante, qui se manifeste par une inflammation de la peau ; voire l’arthrite chronique destructive. Sérologie : uniquement en cas de symptômes Les symptômes de la maladie de Lyme étant « peu spécifiques », il est recommandé de faire une prise de sang pour s’assurer du diagnostic par la recherche d’anticorps. Si celle-ci est négative, on peut en conclure que le patient n’est pas atteint de la maladie de Lyme. En revanche, si la sérologie est positive, cela signifie simplement qu’il a été en contact avec la bactérie, « mais cela ne veut pas dire que la bactérie est encore là ». La sérologie est sujette à polémiques, reconnaît le médecin. Plusieurs tests sont disponibles dont le test Elisa, qui offre « une bonne sensibilité sur les formes articulaires et neurologiques de la maladie, mais pas sur les formes érythème migrant ». Un autre test, le Western Blot, est utilisé pour établir un diagnostic de confirmation. Depuis la conférence de consensus de 2006, il a été décidé de n’utiliser la sérologie qu’en cas de symptômes de la maladie et pas après une simple piqûre de tique, précise le professeur Hansmann. Le traitement consiste à éliminer la bactérie Borrelia par antibiotiques. « Les antibiotiques ont montré leur efficacité, d’autant plus si l’on intervient tôt : au stade érythème migrant, on guérit tout le monde. Quand on arrive au deuxième stade de symptômes, si le diagnostic est certain, l’efficacité reste excellente, de l’ordre de 80 %. Par contre, dans les phases tertiaires, les antibiotiques ne marchent plus très bien. On a une vraie difficulté », admet le professeur Hansmann. Aucun vaccin n’est pour l’instant disponible : le seul mis sur le marché il y a quelques années a été décrié, puis retiré des ventes. La recherche continue, malgré tout.

Mutualité sociale agricole d’Alsace

Arrêt de travail longue durée : quels droits ?

Publié le 22/09/2016

Fragilisées par la maladie ou victimes d’un accident du travail, les personnes en arrêt de travail longue durée ignorent très souvent leurs droits et les aides qui leur sont proposées. Elles s’interrogent sur la possibilité et la manière de réintégrer leur poste de travail. La MSA d’Alsace organise régulièrement des réunions d’information afin d’échanger avec eux sur leurs difficultés, de répondre à leurs préoccupations et de les accompagner dans leurs démarches.

Bien souvent, les personnes victimes d’un arrêt de travail consécutif à une maladie ou à un accident du travail se sentent déboussolées, ne connaissant pas les aides auxquelles elles peuvent prétendre, les démarches à suivre ou les personnes à contacter. C’est pour les informer que Colette Bievelot, assistante sociale à la Mutualité sociale agricole d’Alsace, a animé une réunion d’information le 6 septembre à la MSA Écospace de Molsheim. « Nous avons invité toutes les personnes étant en arrêt de travail depuis plus de six semaines, que ce soit pour cause de maladie ou d’accident du travail », a-t-elle expliqué. Une dizaine de personnes ont répondu à l’invitation, certaines d’entre elles témoignant d’une grande souffrance, physique ou morale. Quelle indemnisation ? Les conditions d’indemnisation diffèrent selon qu’il s’agit d’un arrêt de travail consécutif à une maladie ou à un arrêt de travail. En cas de maladie, il faut avoir cotisé 150 heures dans le trimestre précédant l’arrêt de travail, ou avoir cotisé 1 015 fois le taux horaire du Smic dans les six mois précédant l’arrêt. Si l’arrêt de travail dure plus de six mois, il faut être immatriculé depuis douze mois, avoir effectué 600 heures de travail au cours des douze mois précédents et avoir cotisé 2 030 fois le taux horaire du Smic dans les douze mois précédent l’arrêt. L’indemnité journalière (IJ) de base, versée par la MSA, correspond à la moitié du gain journalier moyen. Elle peut éventuellement être complétée par une IJ complémentaire versée par une caisse de prévoyance (à vérifier sur la fiche de paie). En cas de maladie classique, le salarié peut prétendre au maximum à 360 jours d’IJ sur une période de trois ans. S’il s’agit d’une affection longue durée, la durée d’indemnisation peut aller jusqu’à 3 ans maximum. En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, l’indemnisation démarre dès le premier jour, sans délai de carence. Les IJ sont calculées sur la base du dernier mois de salaire et sont versées jusqu’à la consolidation ou la guérison par la Caisse d’assurance accidents agricole (CAAA). Les dépenses de médicaments et les soins liés à l’accident du travail sont remboursés à 100 % par la CAAA. « Les frais médicaux en lien avec l’accident sont payés même à la retraite », a précisé Colette Bievelot. Le salarié concerné percevra 60 % du salaire journalier de base durant les 28 premiers jours d’arrêt, puis 80 % à partir du 29e jour. Là aussi, des IJ complémentaires peuvent éventuellement être versées. Si les indemnités journalières sont trop faibles, le salarié en arrêt de travail peut, sous certaines conditions de ressources, prétendre au RSA (Revenu de solidarité active). Il peut également bénéficier, dans certains cas, d’une aide à domicile versée par la complémentaire santé, notamment suite à une hospitalisation ou à un traitement lourd. « Après trois mois, l’assurance peut prendre en charge les échéances du prêt immobilier. » La reprise du travail, un moment clé La reprise du travail est un moment clé. « Pensez à informer votre employeur le plus tôt possible de votre reprise », a conseillé Colette Bievelot. Si l’arrêt de travail dépasse 40 jours, le médecin-conseil doit statuer sur la stabilisation de l’état de santé du salarié (aptitude au travail). Il est également chargé d’examiner la demande de mi-temps thérapeutique prescrite par le médecin-conseil et d’assurer sa mise en place dans l’entreprise, en cas d’accord de l’employeur. Dans ce cas, le salarié perçoit un revenu composé pour moitié d’IJ et pour moitié de salaire. Dans certains cas, le salarié peut demander la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) auprès de la MDPH. Elle permet notamment l’accompagnement du salarié par Action et Compétence, par exemple pour l’aménagement du poste de travail ou pour l’accompagnement vers la recherche d’un emploi adapté. Si la victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle est reconnue inapte à la reprise du travail, elle peut prétendre à l’indemnité temporaire d’inaptitude (ITI), versée sans délai de carence dès le lendemain de la déclaration d’inaptitude. Mais son versement ne peut pas excéder un mois. Là encore, le médecin-conseil peut informer le salarié concerné. Si la reprise du travail n’est pas possible, le salarié a droit, sous certaines conditions à une pension d’invalidité, en fonction de la capacité de travail restante, de l’état général, de l’âge et des facultés physiques et mentales de l’assuré. « L’état de santé doit réduire au moins de deux tiers la capacité de travail de l’assuré. » Cette prestation est calculée en fonction du salaire annuel moyen brut des dix meilleures années. Le salarié peut percevoir dans certains cas un complément versé par une caisse de prévoyance, ou prétendre à une allocation supplémentaire d’invalidité. Colette Bievelot a également évoqué la possibilité de solliciter l’allocation aux adultes handicapés auprès de la Maison départementale des personnes handicapées. Durant l’arrêt de travail, l’assuré continue à bénéficier du remboursement des soins, au taux de 90 % pour les salariés du régime local. Éventuellement, si son revenu ne dépasse pas un certain plafond, il peut demander la couverture maladie universelle complémentaire (CMUC), voire une aide à la complémentaire santé (ACS). D’autres aides ont été mises en place par les différents organismes. Le service social de la MSA d’Alsace, par exemple, peut être sollicité pour améliorer les conditions de vie (aide à domicile, secours financiers…)  afin de faciliter la réinsertion et la reconversion professionnelle. Conclusion de Colette Bievelot : « N’hésitez pas à contacter un travailleur social de la MSA si vous rencontrez des difficultés ! »

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