Pratique

Publié le 27/09/2020

Ce 27 septembre, les élections sénatoriales se déroulent dans plusieurs départements de France pour renouveler 172 des 348 sièges. Dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, 125 candidats lorgnent le Palais du Luxembourg, où, avec leurs partenaires de l’Assemblée nationale, ils bâtiront le socle législatif. Mais cette mission est loin d’être la seule motivation pour ces futurs représentants des collectivités.

Lorsqu’ils ont répondu à notre appel, certains des candidats aux élections sénatoriales de ce 27 septembre jonglaient avec leur conseiller bancaire afin de fournir à l’État tous les documents nécessaires pour leur déclaration d’intérêt. Intégrité oblige. D’autres terminaient un tour à vélo entre amis. À chacun sa façon de se préparer à une nouvelle vie, entre l’Alsace et Paris. Avant, surtout, d’embrasser un nouvel engagement : celui de porter la voix des collectivités territoriales au Parlement. C’est la raison première affichée par les candidats. « À l’Assemblée nationale, nous passons notre temps à débattre. Au Sénat, il est plutôt question de faire avancer des projets concrets : c’est ce qui m’attire aujourd’hui », remarque Antoine Herth, à la fin de son 3e mandat de député, et tête de la liste La République en Marche – Agir – Modem Agir pour l’Alsace, dans le Bas-Rhin. Représenter les territoires, et en particulier les maires, qui forment la majeure partie des 4 763 grands électeurs de la région, chargés de choisir les sénateurs. Les édiles sont un public averti car aux premières loges. Certains sont frustrés au point de s’inviter parmi les candidats. « J’ai rencontré beaucoup d’élus de la vallée ou du bord du Rhin, avec des problématiques différentes, constate Christian Klinger, maire de Houssen, président de l’association des maires du Haut-Rhin et candidat aux sénatoriales sur la liste Les Républicains Majorité alsacienne 68. Je me suis surtout rendu compte que j’avais du mal à pousser les portes pour solutionner les problèmes et, que les députés et sénateurs actuels ne m’aidaient pas tant. Notamment sur le projet de méthanisation des territoires et les investissements difficiles à obtenir pour accéder aux réseaux de distribution de gaz. Au Sénat, j’espère réussir à ouvrir les portes du ministère de l’Agriculture et servir de liant avec les distributeurs d’énergie. » Du pouvoir aux collectivités Des candidatures sont motivées par l’espoir de développer des grands projets, d’autres par celui de se faire entendre. « Mon idée est vraiment de défendre les maires ruraux car ils doivent gérer beaucoup, avec très peu de moyens », regrette Pascale Ludwig, ancienne maire de Keffenach, une commune de 187 habitants, dans le nord de l’Alsace. Pour elle, il est grand temps d’éveiller les consciences pour revaloriser le rôle des maires des petites communes. C’est pourquoi elle a initié la liste de divers droite Ruralité, une vitalité partagée. « Les maires des petites communes doivent souvent travailler car leur indemnité n’est pas suffisante mais, quand l’agent technique tombe malade, ce sont eux qui se retrouvent à sortir les poubelles de l’école. En plus, ils sont en bout de chaîne et peinent à obtenir des financements pour leur commune. Des années, j’ai espéré recevoir des subventions pour faire construire une piste cyclable. En vain. Les communes voisines, plus grandes, raflaient la mise. C’est hypocrite de vouloir placer la ruralité au cœur des territoires, si on l’oublie, alors que de nombreuses personnes travaillant à la ville y habitent ou viennent s’y approvisionner », déplore cette assistante commerciale. Des citoyens, encore jamais élus, ont même décidé de s’engager dans la bataille pour relayer cette voix des maires. « Dans ma commune de Richwiller, par exemple, le maire a voulu limiter l’épandage, à l’approche d’Ehpad ou d’écoles, pour des raisons de santé publique, mais il n’a pas pu. Les élus locaux devraient pouvoir promulguer ce genre d’arrêtés », attend Yann Flory, habituellement porte-parole du collectif Destocamine-Nappe phréatique en danger. Cette fois, il mènera la liste Écologie, notre avenir à tous, et espère toucher l’électorat sénatorial alsacien, traditionnellement plus conservateur. Redonner du pouvoir aux collectivités territoriales, des plus petites aux plus grandes, c’est le souhait commun des candidats. Une mesure qui rime avec davantage de décentralisation : de l’autonomie fiscale pour les maires à plus de compétences pour la prochaine Collectivité européenne d’Alsace, en passant par des rêves encore plus fous. « Notre idée est d’impulser une VIe République décentralisée pour que les décisions ne soient plus prises dans les cabinets de l’Élysée », clame Gérard Bouquet, candidat pour le Parti radical de gauche sur la liste Alsace et République. « De notre côté, nous souhaitons réformer le Sénat pour qu’il joue vraiment son rôle de Chambre des territoires, comme c’est le cas en Allemagne, avec le Bundesrat, qui représente chaque Land et non des partis politiques », ambitionne Jean-Georges Trouillet, à la tête de la liste régionaliste Pour l’Alsace – FER’S ELSASS, dans le Haut-Rhin. Co-constructeur plus qu’opposition Toutes ces idées résonneront ou verront le jour, qui sait, si les sénateurs activent avec brio leur deuxième casquette : celle de législateur, aux côtés des députés, qui ont le dernier mot dans l’élaboration des textes de loi. De quoi provoquer ou encourager les futurs sénateurs. « Je pense qu’aucun sénateur n’a jamais ressenti de complexe d’infériorité. Il connaît les règles du jeu et les accepte. Son rôle en sera renforcé », analyse André Reichardt, sénateur depuis 2014 et de nouveau prétendant au poste dans le Bas-Rhin, sur la liste de divers droite Les Voix de l’Alsace au Sénat. Pour lui, bien que dominé aujourd’hui par la droite, le Sénat ne doit pas être une chambre d’opposition mais de co-construction. « Quand j’ai été vice-président de la commission des lois, j’ai été saisi de 9 textes de loi sur 10. Toujours, j’ai cherché à enrichir la loi en faveur des collectivités. Parfois, nous avions envie de tout rayer, mais ça n’aurait servi à rien car l’Assemblée nationale aurait repris la version initiale à l’issue de la navette entre les deux Chambres. Finalement, nous sommes plutôt fiers, car plus de 60 % des amendements déposés par le Sénat sont retenus », détaille-t-il. Une image qui a fini par séduire aussi les députés. « En tant que rapporteur de la loi sur l’orientation agricole, en 2006, j’ai travaillé avec mes homologues du Sénat. J’ai pu constater que l’Assemblée nationale légiférait sous la pression de l’opinion et des lobbies. Au Sénat, une ambiance de travail plus sereine régnait, sans hiérarchie, ni pression », se souvient Antoine Herth, aujourd’hui candidat pour la majorité gouvernementale. Aucun de ces candidats n’envisage son mandat au Palais du Luxembourg comme un sas de décompression ou un moyen de remplir ses poches avant la retraite, comme on le reproche souvent aux sénateurs. « Pour ma part, j’y suis déjà, je n’ai pas besoin de ça. J’y vais pour travailler et pour rejoindre tous mes collègues qui ne rechignent pas à partir à 5 h de la gare de Strasbourg pour Paris, à veiller la nuit ou le dimanche, si besoin », déclare Gérard Bouquet, l’ancien maire de Schiltigheim.    

Halles du Scilt à Schiltigheim

Un côté « village »

Publié le 23/09/2020

Créées en 2016, les Halles du Scilt ont réussi à se trouver un public et à devenir un véritable lieu de vie qui marie culture et gastronomie. Ces halles gourmandes rassemblent des commerçants permanents et des invités chaque week-end.

Les débuts des Halles du Scilt ont été difficiles, le public n’était pas au rendez-vous comme espéré. D’après Benoît Steffanus, conseiller municipal délégué, « la plage horaire d’ouverture était trop importante et les commerçants devaient rester jusqu’à soixante heures par semaine sur place alors même qu’il n’y avait personne. Nous avons donc décidé de réduire les horaires d’ouverture et de ne garder que les créneaux susceptibles d’accueillir plus de monde. L’affluence en semaine est moindre mais on s’en doutait. Par contre, le week-end est bien vivant. Les politiques commerciales et d’animation qu’on a appliquées au lieu ont porté leurs fruits. Il y a eu de gros investissements sur le lieu, on a voulu qu’il soit au service des Schillickois ». Aujourd’hui, les Halles du Scilt accueillent un certain nombre de commerçants et proposent une large gamme de produits à sa clientèle. « Cinq commerçants sont présents en permanence : un maraîcher, un fromager épicier, un poissonnier, un boucher charcutier ainsi qu’un restaurateur », explique Benoît Steffanus. D’autres commerçants ne sont que de passage et ne sont pas établis à l’année au sein des halles. « Le week-end, il y a des invités qu’on appelle « non-sédentaires » et qui viennent très régulièrement : un caviste, un boulanger bio, un vendeur de macarons, un vendeur de terrines et même un glacier l’été », détaille-t-il. À côté des différents commerces, les halles proposent aussi de nombreux événements. « Expositions, concerts, soirées et autres animations », détaille le conseiller à la Mairie. Pour dynamiser le lieu à l’automne, des week-ends à thème seront organisés à partir d’octobre, notamment une foire aux vins où plusieurs cavistes seront présents.       Voici les nouveaux horaires d’ouverture des Halles du Scilt pour le mois de septembre ? Pour les commerçants : - Du... Publiée par Les Halles du Scilt sur Lundi 8 juin 2020     « Tout le monde est le bienvenu ! » Depuis 2016, les Halles du Scilt n’ont cessé d’évoluer. Autant d’habitués que de nouveaux clients passent les portes des halles et Nicolas Diemer, maraîcher et commerçant, en est satisfait : « Ça ne fait qu’évoluer dans le bon sens. J’ai beaucoup d’habitués et de nouveaux clients. J’ai renouvelé le contrat pour trois ans ». Xavier Brun, gérant de l’épicerie Grand Cru, déjà propriétaire d’une boutique Grand’Rue et situé juste en face de l’étal de la ferme Diemer au sein des halles, renchérit : « Si on est venus aux Halles du Scilt, c’est parce qu’on croit à ce genre de projets. C’est un lieu de vie avec de bons produits, on défend des producteurs, on essaie de les mettre en avant. Cela représente une bonne part du chiffre d’affaires. Chaque week-end, de nouveaux clients sont au rendez-vous, il y a un vrai potentiel ». À l’image du poissonnier, Loïc Fox, qui prône un retour à la passion : « J’aimerais revenir à des valeurs de commerce de proximité, à des gens qui connaissent leurs métiers et leurs produits : c’est ce que je défends et représente à travers ma présence aux halles ». Les Halles du Scilt devaient - et doivent toujours - contribuer à l’objectif de création d’un centre-ville à Schiltigheim. Pour Benoît Steffanus, « c’est un objectif à court et long terme pour la municipalité. Lors des évènements, notamment lors de la fête de la musique, ça fait un peu « village » : il n’y a pas de voitures, les enfants peuvent courir partout sans crainte, c’est un espace clos et convivial, c’est ce qu’on cherche ». La municipalité compte aussi sur l’aspect unique du lieu : « Dans l’Eurométropole, je ne pense pas qu’il y ait un autre endroit où on puisse acheter son poisson le dimanche matin, puis boire un café et écouter un concert pour 2 € », ajoute Benoît Steffanus. Le projet est encore jeune et un appel à candidatures pour les commerçants est lancé : « Pour adhérer au projet, il faut rentrer en contact avec les services de la Ville. Toute demande est prise en compte. Nous sommes à la recherche de commerçants, tout le monde est le bienvenu ! », scande Benoît Steffanus. Gilles Occansey, du service attractivité de la ville de Schiltigheim et coordinateur des Halles du Scilt, évoque des besoins plus précis : « Nous recherchons un boulanger permanent et quelqu’un sur les week-ends, éventuellement une épicerie sèche ou en vrac qui propose ses produits de temps en temps ».       Encore de beau produits chez votre poissonnier Publiée par Les Halles du Scilt sur Jeudi 17 septembre 2020    

Publié le 23/08/2020

La Folie Marco, grande demeure mi-seigneuriale mi-bourgeoise, est devenue un musée grâce à une donation faite en 1960 à la ville de Barr. Les bâtiments et les collections qui y sont réunies sont autant de connaissances de la vie alsacienne proposées au public. On y trouve également un clos viticole.

Le musée de la Folie Marco est installé dans une demeure aristocrate du XVIIIe siècle. Il abrite des collections de mobilier bourgeois alsacien du XVIe au XIXe siècle. L’édifice fait, partiellement, l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis 1935 et le musée, fondé en juin 1964, possède le label « musée de France ». Alors que « Marco » est le patronyme de son constructeur, le bailli strasbourgeois Louis-Félix Marco, l’appellation « folie » suggère le type de résidences en vogue à partir du XVIIe siècle. Le bâtiment est situé à la sortie nord de la ville de Barr, en direction de Strasbourg, et à l’extérieur de l’ancienne enceinte fortifiée. Sur le terrain acquis par Marco, devant l’ancienne porte Feyl (Feylthor), se trouvait auparavant la chapelle Saint-Wolfgang, que la ville venait de faire démolir. Louis-Félix Marco (1718-1772), bailli à partir de 1750, a lancé la construction dès 1760. La Folie Marco, achevée en 1763, est alors officiellement devenue la maison du bailli. Après la mort du bailli Marco, son fils a vendu le domaine aux créanciers. Trois familles vont se succéder dans la maison, la transformer, l’embellir, puis la transmettre à la ville à compter de 1960. « Depuis, la maison a été conservée avec tous ses souvenirs. Elle est officiellement devenue le musée de la Folie Marco en juin 1964. Les visiteurs peuvent découvrir un mobilier bourgeois alsacien du XVIIe (l’époque de la Renaissance rhénane, caractérisée par des bahuts, crédences et armoires imposantes à colonnes), jusqu’au XIXe siècle (époque du Premier Empire et de la Restauration), en passant par le mobilier raffiné du XVIIIe siècle (tables, fauteuils, commodes des époques Louis XV et Louis XVI) », explique Floriane Tinetti, en charge du musée. À l’extérieur, le jardin a été conçu pour permettre une promenade pédagogique. Les différents points de vue et perspectives permettent d’apprécier le vignoble du Kirchberg, d’avoir un panoramique exceptionnel sur la plaine d’Alsace et la Forêt Noire, et des vues tout aussi intéressantes sur l’architecture du musée. Le site s’organise en une succession de chambres vertes ou minérales et de seuils. Pour faire vivre le lieu, de nombreuses animations sont proposées. L’une d’elle, de juillet à fin septembre, s’articule autour de la viticulture. Intitulée « La folie des vins barrois », elle permet de vivre une expérience œnotouristique scénarisée dans l’atmosphère des années 1900 avec une balade viticole, la découverte du musée de la Folie Marco et la dégustation de vins de viticulteurs barrois.     Le clos de la Folie Marco La Folie Marco a également en face d’elle un clos de vigne. Il a été acquis par la famille Kienlin, propriétaire des lieux entre 1780 et 1816, lors de la Révolution. Ce clos, référencé dès le Moyen Âge, faisant partie des vignes du Grand Chapitre de Strasbourg, fief des Uttenheim de Ramstein. La ville de Barr l’a ensuite reçu en donation en 1960 à la mort des derniers héritiers. « Notre famille exploite ce clos depuis 1962, date à laquelle la ville de Barr, propriétaire de l’ensemble des biens depuis la mort des derniers héritiers, mît aux enchères le droit d’exploiter ces vignes. Louis Hering a acquis ce privilège pour une période de 99 ans », explique Jean-Daniel Hering, l’actuel responsable du domaine familial. Un clos qui est bien mis en valeur par la géographie des lieux, par la municipalité et par le musée qui, lors de chaque visite guidée, en raconte l’histoire. « Ce vignoble est protégé des vents du nord. Ceci lui apporte toujours une belle précocité à la sortie de l’hiver où l’on observe un débourrement huit à dix jours plus tôt qu’ailleurs. Nous cultivons deux cépages dans ce clos, toujours vinifiés séparément : le sylvaner Clos de la Folie Marco et le riesling Clos de la Folie Marco. Ces deux vins sont récoltés à maturité optimale pour produire des vins secs et fruités, parfaits pour la gastronomie et fidèles à la typicité alsacienne. Nous ne recherchons pas de sur-maturité, mais bien un style léger et une belle fraîcheur préservant les notes florales et fruitées », ajoute Jean-Daniel Hering.      

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