Pratique

Marcel Edel, collectionneur de vieux tracteurs

Un musée en héritage

Publié le 12/07/2020

À Obernai, dans leur entreprise Edel qui commercialise des pièces de rechange pour véhicules agricoles et industriels, Catherine et Laurent Edel perpétuent la passion de leur père Marcel pour les tracteurs dans leur musée. Des modèles rares et uniques y sont exposés.

Dans la zone artisanale sud d’Obernai, le long de la rocade, discrètement en retrait, un hangar avec une grande baie vitrée laisse apparaître de vieux tracteurs. Une vingtaine en tout. Certains sont abrités dans un hall d’exposition en vitrine, d’autres sont alignés devant… On devine que cette devanture étonnante dissimule une entreprise de mécanique, et pourtant rien n’indique au passant ce qu’elle cache réellement. Le hangar abrite la société Edel, l’un des spécialistes français de la pièce de rechange et de la pièce d’usure pour tracteur, poids lourd et véhicule utilitaire. Des pièces « de qualité constructeur » : embrayages agricoles, pour poids lourds et engins de travaux publics… Une dizaine de salariés réceptionnent, téléconseillent, expédient dans toute la France des alternateurs, démarreurs et autres pompes hydrauliques. L’affaire est aujourd’hui gérée par Catherine et Laurent Edel. C’est leur père Marcel qui est à l’origine de l’entreprise en 1969. Après avoir vendu des tracteurs dans sa prime jeunesse, il a fondé Emma à Krautergersheim près d’Obernai, une entreprise de maintenance en mécanique. Puis en 1969, il se lance dans la distribution de pièces. « Notre père était un entrepreneur passionné. En bon connaisseur du secteur du machinisme agricole, il a vu qu’il y avait un marché dans la distribution des pièces d’usure et de rechange en s’appuyant sur l’Allemagne pour se fournir et distribuer dans l’Hexagone », raconte Catherine Edel. Une réputation de collectionneur Très vite, Marcel Edel acquiert une réputation de collectionneur de tracteurs dans le milieu du machinisme. Sa position de fournisseur-distributeur de pièces pour tracteur lui donne l’occasion de repérer tous les vieux coucous qui traînent dans le Grand Est et de les sauver de la casse. Comme ce tracteur Somua de 1913 récupéré in extremis dans une casse à Saverne : « Il était sur le tas de ferraille. » Véritable pièce de musée, unique avec sa scie, ce tracteur forestier était fabriqué dans les usines De Dietrich pour la Société d’outillage mécanique et d’usinage d’artillerie (Somua). Comme tous les passionnés, Marcel Edel n’a cessé d’accumuler des vieux tracteurs et de consacrer sa vie à leur restauration. « Il y passait ses samedis. Et à raison de deux à trois tracteurs restaurés par an, il y en a eu beaucoup, il y en a eu partout », racontent Catherine et Laurent. Alors en 2003, quand il s’est agi de construire dans la zone artisanale, pas question pour les enfants de se séparer de la collection paternelle. Se consacrant pour leur part au développement de l’entreprise, ils ont néanmoins réservé un hall d’exposition à la fabuleuse collection. Un gage de crédibilité « C’est à la fois notre identité d’entreprise, car nous sommes dans la pièce de tracteur. C’est aussi un message d’engagement sur la qualité de nos services, notre capacité à répondre à des demandes spécifiques, comme les re-garnitures d’embrayage, notre cœur de métier. Tous les connaisseurs savent qu’ils peuvent disposer de conseils éclairés. » La collection Edel comprend 25 tracteurs, certains bien sûr plus rares que d’autres : on y trouve trois tracteurs Porsche, un Farmall McCormick-Deering de 1929 « dans son jus », récupéré en 1971, un classique Lanz Bulldog de 1937, un étonnant Fordson de 1946 arrivé avec le plan Marshall, équipé de roues à chenilles de half-track, « introuvable aujourd’hui », ou encore un « petit gris » Ferguson de 1929. « Des gens viennent nous proposer des sommes sympathiques », témoigne Catherine. Mais rien n’y fait… Les enfants de Marcel avouent leur attachement sentimental. Le musée Edel n’est pas ouvert au grand public, « cela supposerait une mise en conformité avec la réglementation », explique Catherine Edel, par ailleurs très impliquée dans la vie publique. « Par contre, nous accueillons très volontiers des passionnés de mécanique, des petits groupes. »

Brasserie Radwulf à Vieux-Ferrette

Le lexique de la bière

Publié le 11/07/2020

Depuis son ouverture en janvier 2017 à Vieux-Ferrette, la brasserie Radwulf ne cesse de séduire. Raoul Zimmermann diversifie en proposant 57 variétés de bières différentes. L’une d’elle, « la Gose », a décroché un premier prix au prestigieux concours national du Musée français de la brasserie.

Dans une première vie, Raoul Zimmermann a travaillé pendant quinze ans dans le domaine du handicap mental à l’institut Saint-André à Cernay, puis en Suisse. Passionné de cuisine, il a également été barman dans un bar à Mulhouse à la fin des années 1980. Au hasard de ses rencontres, il découvre et déguste une bière dans un magasin bio. Il rencontre le brasseur. Le sujet va lui donner envie d’aller plus loin et de se lancer à son compte. Il loue un local de 400 m2 dans la zone artisanale de Vieux-Ferrette qui ouvre finalement en janvier 2017. « Je me suis formé en étudiant la fabrication de la bière, en observant des professionnels et en prenant quelques conseils. J’ai démarré doucement. Rapidement, le succès a été au rendez-vous. Ce que je fabrique est entièrement vendu le week-end suivant », explique Raoul Zimmermann. Les ventes se font directement au local, dans le hall de 280 m2. Le bouche-à-oreille fonctionne bien. Il y a tout d’abord des gens du secteur puis la zone géographique s’élargit. On vient acheter la bière de la brasserie Radwulf depuis Mulhouse, Belfort ou Saint-Louis.     Banane, pop-corn, quetsche… Les amateurs apprécient d’avoir le choix parmi 57 bières différentes. « J’aime tester de nouvelles choses et aller dans la difficulté. J’étudie beaucoup les accords de saveurs entre un met et une bière. Je cherche les meilleurs équilibres. Je ne fais jamais d’essais, mais je ne produis jamais en grosse quantité. Toutes mes bières sont réalisées sur une production située entre 250 et 300 litres. Les plus réussies ou appréciées, je les refais. Les autres, je trouve de nouveaux mélanges », indique le brasseur. Sa bière à la banane a ainsi eu un succès inattendu. Il y a également une bière au pop-corn grâce à sa rencontre avec un agriculteur bio de Blodelsheim. Sans oublier, la « bière du fonctionnaire » à la sève de bouleau locale, celle à la quetsche et au thé noir ou encore la « Moonshine » qu’il est le seul à faire dans un fût de chêne fermé pendant deux ans et qui a servi à faire du bourbon. Six brassins de 1 000 litres Pendant le confinement et la crise sanitaire, Raoul Zimmermann a testé de nouvelles bières. Il n’a évidemment pas pu accueillir ses clients. Il a effectué quelques livraisons à domicile et un peu de vente à emporter. Pour la fabrication des bières, il est seul à exercer - même s’il est aidé dans le quotidien de la brasserie par sa fille Laurine (elle est en train d’apprendre à brasser à son tour) et de sa compagne, Aurore. Cette dernière s’occupe plus spécifiquement de la décoration du bâtiment, des étiquettes et de l’embouteillage. Après le concassage du malt (de l’orge principalement), il fait le brassage et le houblonnage avant de passer à la fermentation qui dure entre six et huit jours. Il se sert des levures qu’il ne filtre pas pour faire la gazéification des bières. « J’attends ensuite qu’elles se fassent naturellement. Cela prend environ trois semaines. En termes de goût, cette façon de procéder est la meilleure. Ensuite, la bière est directement vendue », précise Raoul Zimmermann. Il vient de se doter d’un nouveau matériel de travail. C’était devenu nécessaire car il produit deux brassins par semaine, donc deux embouteillages et deux mises en rayon. Là, les six brassins de 1 000 litres vont lui permettre de travailler dans les meilleures conditions. « Je ne veux pas non plus devenir trop grand. Car cela nécessiterait de changer le process de fabrication. Or, je veux continuer à maîtriser mon outil. Je veux garder la qualité et ne pas rentrer dans un process industriel », prévient-il. Il ne manque pas d’idées pour attirer de nouveaux consommateurs. Il propose tout au long de l’année des soirées mets/bières avec la fromagerie Antony et son club de vin. Des accords ont ainsi été testés comme une bière brune avec un roquefort, une bière à la tourbe sur un maroilles, une bière traditionnelle sur un vieux comté, etc. La recherche de ces bières atypiques permet à Raoul Zimmermann de se distinguer auprès de ses pairs. En décembre 2017, il a été honoré d’une première médaille de bronze au concours des meilleurs brasseurs de France pour sa bière « Mac Alsace », une bière aux notes fumées tourbées, réglissées et camphrées. Il vient cette fois de recevoir un « Fourquet d’Or » (du nom de cette pelle percée en son milieu utilisée pour de la confection de la bière) au concours national du Musée Français de la brasserie organisé près de Nancy, le plus vieux concours national. 906 bières ont été présentées en 2019 au jury de patrons de brasserie.     À l’eau salée « C’est une bière qui a 1 000 ans. Elle a la particularité d’être réalisée à l’eau salée. Je me suis basé sur une recette emblématique de « sour beer », ou bière acide, pour créer « la Gose ». Il s’agit d’un breuvage né à Goslar, dans le centre de l’Allemagne, autour du XIIe siècle. La particularité de cette bière est d’être fabriquée avec l’eau de la Goslar, la rivière du même nom, légèrement salée. J’ai utilisé l’eau de Vieux-Ferrette, mais en y ajoutant le taux de sel idéal avec davantage de blé, de l’orge ainsi que de la coriandre en grains et de l’acide acétique, pour ce côté piquant propre aux « sour beer ». J’apprécie son côté acidulé et ce goût particulier. Elle est très désaltérante. Elle révèle des notes d’agrumes, de citron, avec une petite pointe de sel qui arrive derrière », note Raoul Zimmermann qui se félicite d’avoir été récompensé. C’est une belle reconnaissance de la profession. Cela assoit notre réputation. C’est un peu le Graal. Des concours de bières, il y en a de tous les côtés mais celui-là est vraiment prestigieux. Les clients suivent ensuite. » Rouverte depuis le 5 juin, la brasserie Radwulf accueille à nouveau sa clientèle les vendredis et samedis, de 18 h à 23 h. Avec, évidemment, les restrictions sanitaires qui s’imposent. Un lieu idéal pour déguster une bonne mousse artisanale ou un cocktail, accompagné de burritos ou planchettes garnis de bons produits locaux, l’autre passion de Raoul Zimmermann. La microbrasserie devrait bientôt acquérir une licence IV. Et le patron prévoit de faire monter en puissance sa production. Pour y ajouter évidemment de nouvelles variétés de bières…    

Association Germa-Emploi Alsace

Accompagner les entreprises, insérer les salariés

Publié le 09/07/2020

Association intermédiaire d’insertion et de travail, en lien avec la Mutualité sociale agricole (MSA), Germa-Emploi Alsace a tenu son assemblée générale, mardi 30 juin, dans les locaux de la Chambre d'agriculture à Sainte-Croix-en-Plaine. L’accompagnement des entreprises et la formation des salariés sont des missions encore plus nécessaires à la sortie de la crise sanitaire.

Germa-Emploi Alsace est le partenaire privilégié des entreprises pour le recrutement et la mise à disposition de salariés. « Nous garantissons une sélection des candidats sur la base du savoir être et des compétences en lien avec vos postes de travail. La proximité et l’accompagnement des salariés visent la sécurisation des missions et de leurs parcours professionnels. Notre activité s’inscrit dans un réseau de partenaires sur les territoires », explique Sylvie Maa, responsable de Germa-Emploi Alsace. L’association intervient auprès de ses clients exerçant dans les secteurs de l’agriculture, de la viticulture, de l’horticulture, des espaces verts, de l’agroalimentaire, le bâtiment, l’industrie ou encore des activités tertiaires, de nettoyage, data center et autres. « Nous mettons à disposition de nos clients des salariés avec des qualifications adaptées aux besoins de ceux qui font appel à nous. De ce fait, nous les libérons de contraintes administratives supplémentaires. Nous proposons une offre de services dans toute l’Alsace, en prise directe avec les besoins de nos clients et au profit de nos salariés. Cela valorise l’insertion professionnelle », ajoute Sylvie Maa. Cette finalité sociale différencie l’association d’une agence d’intérim. « Nous intervenons auprès des entreprises pour que les conditions d’accompagnement et d’intégration des salariés se passent bien. Nous sommes en convention avec les services de l’État. De ce fait, nous avons des conseillers en insertion professionnelle », assure Joseph Lechner, président de Germa-Emploi Alsace, aussi responsable du dossier emploi à la FDSEA. L’activité est importante. En 2019, elle a bien progressé puisqu’elle a occupé, sur 87 711 heures, près de 55 équivalents temps plein (ETP) en plus des onze salariés permanents de l’association. Le chiffre d’affaires a dépassé 1,80 M€ (million d’euros). Nous avons travaillé avec 204 clients dont 161 entreprises et 43 particuliers. « Notre objectif est de poursuivre le développement de l’activité de mise à disposition dans de nouveaux secteurs d’activité tout en poursuivant nos premières missions. Nous avons, par exemple, un partenariat avec La Poste. C’est une activité qui se développe bien, notamment dans le Haut-Rhin, avec les facteurs », ajoute Joseph Lechner. Des salariés sensibilisés au protocole sanitaire Forcément, 2020 est une année particulière. Comme pour l’ensemble du monde économique et social, tout s’est arrêté le 17 mars dernier avec la crise sanitaire. Des salariés étaient en arrêt maladie ou en garde d’enfants. Une période encore plus compliquée pour les intérimaires. En lien avec la MSA, Germa-Emploi Alsace a accompagné certains de ses salariés pour qu’une activité de télétravail puisse se réaliser. « C’était le cas pour 51 personnes (salariés en insertion) que nous avons mis en activité partielle sur les mois de mars, d’avril et de mai. Cela représente 3 330 heures de travail. Nous avons assuré l’accompagnement de nos salariés par téléphone. Nous leur avons fait des attestations. Nous avons gardé contact avec nos clients et cela a été apprécié dans ces moments de stress. Aujourd’hui, l’État nous a remboursés en très grosse partie », indique Sylvie Maa. Il a ensuite fallu préparer puis accompagner la longue période de déconfinement. « Aujourd’hui, une partie de nos clients n’a pas encore repris. À la fin du mois de mai, la baisse d’activité était toujours très importante, de l’ordre de 30 à 60 % selon les secteurs d’activité. Des entreprises n’ont pas de visibilité jusqu’en septembre-octobre. Fort heureusement, il y a des secteurs où cela va mieux. L’agriculture, par exemple, redémarre. Et, dans le Haut-Rhin, cette baisse d’activité n’est « que » de 20 % car on a des clients qui n’ont pas arrêté, comme La Poste. Il y a également des contraintes de travail supplémentaires depuis la reprise liées aux précautions sanitaires. Nous sommes donc là pour informer nos salariés. Nous les sensibilisons en leur demandant de faire attention et de prendre leurs précautions », conclut Sylvie Maa. À travers son engagement et sa proximité, l’association Germa-Emploi Alsace compte poursuivre ses missions en proposant à ses clients des salariés bien préparés car bien formés et aux profils adaptés aux missions demandées. Un savoir-faire spécifique en matière de recrutement qui est apprécié. Il permet d’allier efficacité et insertion professionnelle.  

Pages

Les vidéos