Pratique

L’épidémie de Covid-19 et ses conséquences

Comment les banques aident les agriculteurs à passer le cap

Publié le 14/05/2020

Malgré huit semaines de confinement, les établissements bancaires sont restés en contact étroit avec leurs clients agriculteurs et viticulteurs. Pour les aider à surmonter cette crise inédite, ils ont mis en place un dispositif d’accompagnement. Les principales mesures se retrouvent d’un établissement à l’autre avec toutefois quelques variantes.

Quelles sont les conséquences du confinement sur la santé des entreprises du secteur agricole et viticole alsacien ? Huit semaines après son commencement, les banques tirent un premier bilan. Jean-Luc Beil, responsable du marché de l’agriculture et de la viticulture à la Direction régionale Nord du Crédit Mutuel, évoque des répercussions très différentes selon les filières. La viticulture, qui était déjà confrontée à un problème de stock et à la difficulté de retrouver des marchés, est la plus frappée, relève-t-il. Katia Ebersold, responsable du marché agricole et des professionnels au Crédit Agricole Alsace-Vosges et Marc Thirion, directeur du réseau entreprises et financements spécialisés, dont les équipes sont en charge notamment des agriculteurs et des viticulteurs à la Banque Populaire Alsace-Lorraine-Champagne (BPALC), confirment. « Pour les viticulteurs, c’est dur. Financièrement et moralement. On sent une grande inquiétude », souligne Katia Ebersold. La fermeture des restaurants, des caveaux de vente, l’annulation des salons et de tous les événements festifs ont tari une grande partie de leurs débouchés. Et nul ne sait quand les affaires vont pouvoir reprendre. Moins nombreuses, mais gravement touchées aussi, les entreprises du secteur horticole, les paysagistes et les forestiers. « Les horticulteurs ont perdu bien plus que deux mois de chiffre d’affaires », indique Katia Ebersold qui s’attend à de graves difficultés chez les professionnels de ce secteur, contraints de fermer leurs établissements au plus mauvais moment. À l’inverse, constate Jean-Luc Beil, certaines filières agricoles ont vu leur activité boostée pendant le confinement, mais elles ont dû s’adapter à de nouveaux modes de vente. C’est le cas des maraîchers qui ont dû se réorganiser dans l’urgence pour pouvoir approvisionner leurs clients en direct malgré la fermeture des marchés. Dans la plupart des cas, l’engouement des consommateurs pour les produits locaux a largement compensé la perte des restaurateurs et des marchés, remarque la représentante du Crédit Agricole Alsace-Vosges. « Entre ces deux situations extrêmes, certaines filières suscitent tout de même quelques inquiétudes », note Jean-Luc Beil. C’est le cas de l’élevage qui souffre de la fermeture de la restauration hors domicile et fait face à une évolution de la consommation un peu erratique. Crédit Mutuel : le pari de la réactivité « Dans ce contexte, nous avons cherché à être très réactifs vis-à-vis de nos clients agriculteurs et viticulteurs, indique Jean-Luc Beil. Nous avons suspendu les échéances de prêt mensuelles pendant six mois. Et nous l’avons fait d’office en laissant la possibilité à ceux qui n’avaient pas besoin de cette suspension de remettre en route leurs remboursements sur demande. » Cette suspension d’échéance est accordée sans intérêts supplémentaires. Au bout de six mois, les professionnels se verront proposer une remise en route de leurs échéances si leur trésorerie le permet, ou un étalement de celles-ci avec un réaménagement de la durée du prêt. « Six mois, ça laisse à nos clients le temps de voir venir », estime le responsable du marché agricole et viticole à la Direction régionale Nord du Crédit Mutuel. Deuxième dispositif : le prêt garanti par l’État (PGE). Ce prêt, proposé jusqu’à la fin de l’année, s’adresse aux entreprises dont la trésorerie est impactée par l’épidémie de Covid-19, y compris les entreprises agricoles et viticoles. Celles-ci peuvent emprunter jusqu’à 25 % du montant de leur chiffre d’affaires. Il s’agit d’un crédit de trésorerie d’un an suivi, si le client le sollicite, par un prêt amortissable de un à cinq ans, précise Jean-Luc Beil. Aucun remboursement n’est donc exigé la première année. Au Crédit Mutuel, la demande de PGE est très importante, constate Jean-Luc Beil. Toutefois, les agriculteurs ont été moins nombreux à déposer un dossier que les artisans et les autres professionnels. Malgré ce volume soutenu, « on arrive à répondre rapidement à ceux qui nous sollicitent car nous avons des mesures d’accord simplifié. » Enfin, le Crédit Mutuel accompagne ceux de ses clients qui ont dû se mettre à la vente directe, en leur mettant à disposition des solutions de paiement, comme le terminal de paiement (TPE) virtuel, ou le TPE saisonnier. « C’est une gamme qu’on avait déjà avant cette crise, mais qu’on renforce actuellement, pour que ceux qui ont la possibilité de commercialiser leurs produits ne soient pas freinés dans leurs efforts. » Comme toutes les banques, le Crédit Mutuel a par ailleurs relevé de 30 à 50 € le plafond de paiement sans contact depuis le 11 mai.     Crédit Agricole : rassurer d’abord Au Crédit Agricole Alsace-Vosges, le dispositif d’accompagnement proposé est assez proche, même s’il comporte des variantes. « Nous avons pris contact très rapidement avec nos clients pour les écouter, les rassurer », explique Katia Ebersold. La suspension des échéances a été proposée aux clients pour six mois, puis rapidement étendue à un an pour tenir compte des prêts à échéance annuelle. « Nous n’avons pas fait le choix de la mettre en place de manière automatique car tous nos clients n’en ont pas besoin », explique la responsable du marché agricole. Environ 2 000 prêts agricoles à moyen terme ont ainsi été mis en pause sur la zone Alsace-Vosges. Et ce, sans frais d’avenant ni majoration de taux. Même les « prêts à piloter », qui ne peuvent normalement être mis en pause qu’une fois, ont pu bénéficier une seconde fois de cette option. Comme ses confrères, le Crédit Agricole Alsace-Vosges propose le prêt garanti par l’État. « C’est une très bonne solution qui apporte de la trésorerie immédiate aux entreprises ayant perdu du chiffre d’affaires, précise Katia Ebersold. La technique est innovante avec un prêt court terme sur la première année, puis une deuxième phase amortissable au choix du client. » Le Crédit Agricole applique la gratuité sur le court terme, hors coût de la garantie de l’État de 0,25 %, avec la volonté d’accompagner un maximum d’exploitations. Pour l’instant, le nombre de PGE souscrits reste assez limité - 200 dossiers pour le marché agricole sur le secteur Alsace-Vosges, ouverts à 80 % par des viticulteurs - mais elle s’attend à un deuxième round de souscriptions d’ici la fin de l’année. L’apport de trésorerie grâce au PGE ne dispensera pas les entreprises d’une réflexion sur leur rentabilité à plus long terme, estime Katia Ebersold, qui reste confiante dans la résilience des filières agricole et viticole. « Comme à chaque crise, c’est la capacité à se poser, à réfléchir, à écouter les conseils des experts et à prendre de nouvelles habitudes qui permettront de traverser le cap. » Face au développement soudain du « drive » et des différentes formules de vente directe, le Crédit Agricole Alsace-Vosges a déployé d’office le paiement sans contact sur les derniers TPE qui n’en étaient pas pourvus et a activé sa solution de vente à distance afin de permettre les encaissements au moment des commandes en ligne. Et pour ceux qui n’avaient pas de site internet, une formule simplifiée à coût réduit a été proposée. Cette crise a bel et bien donné un coup d’accélérateur aux moyens digitaux, obligeant certains clients à une mise à niveau accélérée. Au Crédit Agricole Alsace-Vosges, une dizaine de collaborateurs ont ainsi prêté assistance aux clients peu habitués à utiliser les services en ligne en les accompagnant pas à pas dans les différentes fonctionnalités.  

Chambre d'agriculture d’Alsace

En service et en télétravail

Publié le 30/04/2020

Depuis le début de la crise sanitaire et du confinement, les salariés de la Chambre d'agriculture Alsace n’ont jamais cessé de travailler. Ils sont nombreux à privilégier le télétravail. À l’exemple de Marielle Pascolo, conseillère d’entreprise et installation, qui est aussi en charge du suivi des dossiers de déclarations Pac des exploitants agricoles.

Nous sommes le lundi 16 mars, il est midi. À la cantine de la Chambre d'agriculture à Sainte-Croix-en-Plaine, le personnel déjeune. Le principal sujet de discussion concerne la propagation du Covid-19. Le soir même, le président de la République Emmanuel Macron doit s’exprimer. Mais, les salariés le savent déjà, c’est leur dernier déjeuner ensemble avant longtemps. Dans l’après-midi, à l’issue d’une réunion interne, on leur demande de ne pas revenir le lendemain et de « télétravailler ». À 20 h, l’annonce est officielle : la France entre en confinement pour une durée indéterminée. Parmi ces salariés, il y a Marielle Pascolo, conseillère d’entreprise et installation. Elle est présente à la Chambre depuis juillet 2007. Domiciliée à Steinbach, elle est mariée avec Sébastien, sapeur-pompier volontaire et employé à la cave vinicole du Vieil Armand à Soultz-Wuenheim. Le couple a deux garçons : Camille 7 ans et Baptiste 5 ans. « J’ai pris l’essentiel de mes dossiers d’adhérents pour les emmener à la maison. J’ai déménagé le bureau. J’ai ramené mes plantes. Je suis arrivée à la maison avec mon coffre plein, raconte Marielle Pascolo. C’est une sensation bizarre de dire au revoir à ses collègues sans savoir quand on va les revoir. C’est une période anxiogène. » En temps normal, ses missions concernent tout d’abord le suivi et la gestion technico-économique des exploitations de montagne. Une trentaine pour sa part. Il s’agit d’apporter un appui à l’agriculture pour l’aider dans sa prise de décision liée à la conduite des activités de son exploitation. Après réalisation du dossier de suivi de gestion technico-économique annuel, elle commente les résultats et construit des solutions avec l’exploitant. Son appui la conduit à proposer des recommandations ou à orienter vers des expertises plus spécifiques si nécessaire. Cette assistance repose sur une analyse préalable du fonctionnement économique, technique et humain de l’entreprise, et notamment le calcul du dossier de gestion pour chaque adhérent. Cette partie est inchangée dans la situation actuelle. La conseillère fait partie de l’équipe en charge des dossiers d''installation des jeunes agriculteurs. Les stages 21 h, le travail en amont avec le plan de professionnalisation personnalisé, le rendez-vous commun avec son collègue Jean-Paul Ringeisen et les JA permettant de faire le point sur son parcours et les besoins de formation. « Tout au long de l’année, il s’agit de suivre ces dossiers, d’effectuer les demandes d’aides à l’installation, de faire le point avec le jeune dans le cadre du suivi post-installation, de faire les mises à jour des dossiers via les avenants. Anne-Laure Dujardin-Rolli est ma responsable d’équipe », ajoute Marielle Pascolo.     Le trajet en moins Elle est désormais 100 % en télétravail. « L’avantage de cette situation, c’est que le travail se fait comme au bureau, moins le trajet à effectuer. Mais j’ai souvent du mail le soir. Je prolonge. Le trajet, justement, permet habituellement de couper. On covoiture avec deux, trois ou quatre collègues. Ce temps-là a disparu. Le matin, j’arrive à m’y mettre facilement. Je reprends aussi plus vite l’après-midi. Finalement, j’ai la sensation de travailler davantage. » Une situation plutôt exceptionnelle qui donne des idées aux employés. « Auparavant, on avait droit à cinq jours par an de télétravail. Mais, déjà, il y avait des demandes de membres du personnel pour télétravailler plus souvent », observe Marielle Pascolo. Son mari était en arrêt pour garde d’enfants en mars. En avril, il a posé ses congés. Il travaille à nouveau depuis ce lundi 27 avril. Jusque-là, Marielle Pascolo a pu se concentrer sur son boulot. Sébastien prenant la charge de l’école pour le grand. « Sans cela, la situation aurait été plus difficile à gérer. J’aurai certainement eu moins de disponibilités. Là, je mettais les pieds sous la table comme à la cantine. La logistique était gérée », apprécie la jeune femme. Au niveau de la CAA, la majorité des conseillers étaient déjà équipés d’un ordinateur portable, d'un téléphone et d'un accès au réseau interne, comme au bureau. Ceux qui n’en disposaient pas encore, ont eu ce matériel grâce à la réactivité des informaticiens de la Chambre qui, dans des temps records, ont pu raccorder tous les salariés au réseau. « Du coup, nous faisons régulièrement des visioconférences pour faire le point sur les dossiers et se partager le travail », précise la conseillère. Partage d’écran Une autre charge de travail importante actuellement concerne les déclarations Pac des exploitants agricoles et viticoles. « Nous nous réunissons habituellement début avril pour reprendre les procédures, les nouveautés, la réglementation… Là, en cette période exceptionnelle, nous faisons des points réguliers, mais en visioconférence. Ce vendredi 24 avril, nous sommes une dizaine pour échanger. C’est la troisième réunion de ce type. Et elles sont intenses, souligne Marielle Pascolo. Quelques conseillers sont absents. Précisément pour garder leurs enfants. » Pour accompagner les déclarations, les salariés de la Chambre disposent d’un outil informatique qui leur permet de partager leur écran avec chaque exploitant. « Chacun peut prendre la main à distance pour éclairer une difficulté ou apporter une précision. Ce matin (jeudi 23 avril), l’exploitant avec qui j’ai échangé l’a utilisé. Il m’a montré avec sa souris la modification à apporter à son îlot. J’ai pu en tenir compte et faire avancer son dossier », ajoute la conseillère.     Habituellement, les professionnels reçoivent un courrier de « demande d’accompagnement », qu’ils remplissent puis renvoient. Claire-Lise Raeppel centralise les demandes et répartit les dossiers entre les conseillers. La collègue du système d’information géographique (Sig), Catherine Brauer prépare certains dossiers en amont des rendez-vous. Tout est alors en ligne dans le réseau interne. S’il faut rajouter des îlots, c’est possible grâce aux références cadastrales. « Quand les exploitants viennent au rendez-vous, nous finalisons les déclarations Pac. Avec le confinement, nous nous sommes réorganisés. La procédure en amont des rendez-vous est la même. Mais, nous avons un fichier informatique supplémentaire et tout est scanné. La grande différence par rapport à « avant », c’est qu’il n’y a plus de courrier pour les rendez-vous. À l’inverse, nous donnons à Claire-Lise nos disponibilités et nous fixons le rendez-vous avec le professionnel, téléphonique ou en visioconférence. On passe alors les îlots en revue. Nous allons jusqu’au bout de la déclaration. Là où c’est plus rapide, c’est dans la manière de procéder. Comme on est à distance, nous allons plus rapidement à l’essentiel », constate une autre conseillère d’entreprise, Caroline Brunner. Quelle reprise ? Habituellement, ces déclarations Pac doivent se faire entre le 1er avril et le 15 mai. Compte tenu de la situation, ce délai a été reporté. « Pour les dossiers « montagne » avec des contrats MAEC, tout n’est pas encore calé. La procédure risque donc de se prolonger et se finit par des entretiens par visioconférence. C’est l’occasion pour les professionnels de rentrer de nouvelles parcelles, d’actualiser les dossiers », complète la conseillère. Tout ce travail réalisé en équipe a permis de former d’autres salariés de la Chambre d'agriculture. L’occasion de solidifier les liens professionnels du service avant la reprise tant attendue. « Pour le moment, il est difficile de se projeter sur l’avenir et de savoir quand nous pourrons tous nous retrouver. Pour ma part, je suis également déléguée du personnel au comité social et économique (CSE). Nous avons une réunion le 6 mai prochain pour tenter de voir et de mieux apprécier cette reprise. Nous aurons des précisions et des informations du gouvernement d’ici là. Notamment, sur les conditions de travail et les accès au bureau », conclut Marielle Pascolo.

Publié le 17/04/2020

À partir de la semaine prochaine, le laboratoire départemental d’analyses du Bas-Rhin (LDA 67), aidé de renforts haut-rhinois, devrait commencer à fournir les résultats de tests virologiques de dépistage du Covid-19 opérés sur des personnels et des résidents d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) d’Alsace. Les agriculteurs, principaux clients des laboratoires publics alsaciens, sont assurés de la continuité normale de leurs activités habituelles.

« Le LDA 67 a l’habitude de gérer les crises sanitaires et de produire des résultats rapidement. Ces dernières années, il a participé aux dépistages de la peste porcine classique, de l’influenza aviaire, de la bactérie Xylella fastidiosa, qui décime de nombreux végétaux, et il est aujourd’hui l’un des deux laboratoires publics français à être investi dans la gestion de la peste porcine africaine », rassure, d’entrée de jeu, Céline Contal, responsable de l’unité biologie moléculaire et virologie du LDA 67. Le laboratoire départemental d’analyses du Bas-Rhin est spécialisé dans les analyses vétérinaires, la protection des végétaux et l’hygiène alimentaire. « Nous serons capables d’effectuer 500 analyses de tests de dépistage du Covid-19 en 24 h, grâce aussi à l’appui d’agents du laboratoire vétérinaire départemental du Haut-Rhin (LVD 68). Ils nous donneront un coup de main puisque les autres analyses ne seront ni suspendues ni ralenties. Il n’y aura pas de changement pour les agriculteurs, nos clients. Nous aurons une surcharge d’activité durant cette période de crise mais nos clients principaux n’en pâtiront pas », poursuit Céline Contal. Le LDA 67 est le premier laboratoire départemental vétérinaire de France à avoir reçu l’autorisation d’une Agence régionale de santé (ARS) d’effectuer les analyses de tests de dépistage du Covid-19, après celui de Marseille, qui a la double spécialité : biologie médicale humaine et animale. Le LDA 67 dispose d’un local de type 3, où sont manipulés des organismes pathogènes. Le matériel d’analyse et les principes analytiques sont les mêmes en santé humaine et animale. « Nous travaillerons avec les réactifs analytiques (nécessaires pour révéler le virus, NDLR) de Thermo Fisher, fournisseur également de nos réactifs vétérinaires », indique Céline Contal. Le LDA 67 est en attente de sa commande (12 000 kits, d’après le Conseil départemental). Il attend aussi le matériel de prélèvement : des écouvillons nasaux. L’approvisionnement est compliqué, actuellement, de l’aveu de la responsable de l’unité virologie du LDA 67. Pourtant des fabricants français de tests et réactifs vétérinaires se sont portés volontaires pour produire massivement des kits PCR (de détection du coronavirus). BioSellal et IDvet attendent aujourd’hui la validation de leurs kits par le Centre national de référence (CNR) Institut Pasteur. La production de ces kits est déjà en cours sur le site de Dardilly, à Lyon, fait savoir Eric Sellal, vétérinaire et PDG de BioSellal. A Montpellier, Lise Grewis, dirigeante d’IDvet Genetics et d’IDSolutions, attend le feu vert de l’Institut Pasteur pour démarrer la production : 300 kits de 100 tests par jour, soit le matériel chimique pour effectuer 30 000 analyses par jour, précise-t-elle ! Le groupe américain Idexx qui s’est aussi porté volontaire pour la fabrication de ces kits en France n’a pas donné suite à nos sollicitations. 400 000 € pour l’opération de détection dans les Ehpad Le LDA 67 a conventionné avec un laboratoire de biologie humaine pour les dépistages du Covid-19. Concrètement, ce dernier est chargé des prélèvements parmi les personnels et les résidents des Ehpad alsaciens, ainsi que des restitutions des résultats. Le LDA 67 réalise uniquement les analyses. Si une personne est testée positive au Covid-19, elle sera placée en quarantaine. « Ce sont des tests virologiques pour le moment. Nous aurons certainement l’autorisation de réaliser des analyses sérologiques, par la suite, lorsque ces dernières seront validées », conclut Céline Contal. Les analyses sanguines permettent, elles, de révéler la présence d’anticorps au Covid-19, de savoir si une personne asymptomatique a déjà contracté le virus. Frédéric Bierry, le président du Conseil départemental du Bas-Rhin (CD 67), œuvre depuis le début du confinement, mi-mars, à ce que les analyses puissent être réalisées par le LDA 67. Le 5 avril, un décret a autorisé les laboratoires vétérinaires agréés à réaliser les analyses sur le Covid-19. Un arrêté préfectoral doit encore paraître afin que le LDA 67 puisse mener les tests virologiques mais Frédéric Bierry est confiant, il est assuré du soutien de la préfète. 400 000 € de commandes ont déjà été dépensés par le Département pour l’opération de détection dans les Ehpad, souligne le président. Il souhaite élargir dès que possible la détection aux personnels et aux résidents des établissements d’accueil d’handicapés, et de protection de l’enfance. « L’objectif est de réaliser progressivement plus de tests. En regard de nos capacités, les publics les plus fragiles, dont nous avons la responsabilité, sont visés en priorité », expose-t-il. Il espère déployer au maximum bientôt aussi les tests sérologiques, à raison d’un millier par jour, « pour déconfiner intelligemment, laisser sortir les gens qui ont été atteints mais n’ont pas développé la maladie ». Un décret devra, bien sûr, aussi être signé pour autoriser ces analyses sanguines. En attendant, une filière de détection la plus large possible est en cours de construction en Alsace, dévoile Frédéric Bierry.    

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