Pratique

Publié le 06/07/2020

L’agence de l’eau Rhin-Meuse lance la première édition d’un appel à manifestation d’intérêt relatif aux paiements pour services environnementaux (PSE). Les projets 2020 sont à déposer pour le 1er août au plus tard.

Les paiements pour services environnementaux (PSE) visent à rémunérer les agriculteurs pour les services qu’ils rendent à la nature à travers des actions de préservation de la qualité de l’eau et des milieux aquatiques, de préservation de la biodiversité, de lutte contre les phénomènes d’érosion. Cette expérimentation introduite par le Plan national de biodiversité repose sur la mobilisation des collectivités et des établissements publics compétents au regard des enjeux ciblés. Ils pourront bénéficier d’un soutien financier lors du déploiement d’actions sur des territoires à enjeux. Ces actions reposent sur une contractualisation de cinq ans. Elles pourront concerner le maintien ou la création de prairies, l’allongement des rotations culturales, l’implantation de cultures à bas niveau d’impact pour la qualité de l’eau, la couverture des sols, l’implantation et la préservation des haies, des bois et des zones humides… Appréciées selon les surfaces en jeu, les aides se basent sur des montants plafonds de 66 à 676 €/ha. En fonction des critères de sélection, l’agence de l’eau Rhin-Meuse pourra apporter une aide jusqu’à 80 %. Elle consacrera une enveloppe de 2 millions d’euros en 2020. Un second appel à manifestation est d’ores et déjà prévu pour début 2021. Les candidatures seront examinées par un comité composé des services de l’agence de l’eau Rhin-Meuse au plus tard le 11 septembre. Quatre critères seront pris en compte : le lien avec un territoire à enjeu ; le niveau d’ambition du projet, notamment au travers des services environnementaux visés, des indicateurs choisis et des objectifs à atteindre ; la présence d’une animation active de terrain ; la justification d’une organisation administrative solide. Le dépôt du dossier de candidature se fait sur une plateforme dédiée aux demandes d’aide : http://rivage.eau-rhin-meuse.fr Les paiements pour services environnementaux complètent un dispositif qui, depuis quelques années, s’illustre par un renforcement d’actions garantissant des résultats pérennes sur les ressources en eau (filière, foncier) et par la mise en cohérence des actions agricoles avec les autres enjeux « eau » dont l’adaptation au changement climatique, la préservation de la biodiversité ou la gestion de phénomènes de type inondation, coulées de boues…    

Publié le 30/06/2020

Comment assurer les récoltes de céréales dans un contexte sanitaire fragilisé à cause de l’épidémie de Covid-19 ? Face à une crise d’une telle ampleur, les organismes stockeurs alsaciens ont décidé d’apporter une réponse commune en mettant en place les « 7 règles du jeu pour une moisson réussie ». Des instructions à respecter scrupuleusement lors de la livraison de ses céréales, quel que soit le point de collecte, du nord du Bas-Rhin au sud du Haut-Rhin.

Lundi 16 mars, J-1 avant le confinement décrété quelques jours plus tôt par le président de la République. Devant les supermarchés, des files d’attente impressionnantes de consommateurs inquiets se forment. On veut faire le « plein » avant des semaines qui s’annoncent bien longues. Chez les organismes stockeurs (OS) alsaciens, un phénomène similaire se produit. Ici, pas de paquets de papier toilette ou de kilos de pâtes sur la liste des courses. On veut faire le plein d’intrants et de fournitures, au cas où. À ce moment, les agriculteurs ne savent pas encore que leurs points d’approvisionnement et de collecte habituels resteront bel et bien ouverts. En interne, les équipes des OS sont pleinement mobilisées pour répondre à cet afflux quelque peu disproportionné. À la Coopérative agricole de céréales (CAC), au Comptoir agricole, chez Armbruster et chez Gustave Muller, le topo est le même : les procédures habituelles, pourtant bien rodées, ne sont pas adaptées à un tel scénario. « Qui aurait pu imaginer, il y a quelques mois, ce à quoi nous allions être confrontés », souligne aujourd’hui le directeur général de Gustave Muller, Nicolas Koenig. Si le maintien du service apporté aux agriculteurs était - et l’est toujours - primordial pour ces entreprises, il fallait en premier lieu assurer la sécurité de l’ensemble des collaborateurs. « Tout cela a généré une prise de conscience », relate le directeur général de la CAC, Jean-Marc Schacherer. Chaque OS a d’abord mené des réflexions en interne pour voir les mesures à mettre en place sur chacun de leurs sites. « Au final, on est tous arrivés aux mêmes conclusions. On s’est alors mis d’accord pour mettre en place une cellule commune au niveau de nos ressources humaines afin d’avoir un partage des bonnes pratiques », développe le directeur de la CAC. Chaque semaine, une réunion inter-OS autour du sujet Covid-19 était organisée. Naturellement, la question de la récolte à venir est arrivée sur la table. Le « point d’orgue » d’une saison agricole qui allait être contrainte cette année par une crise sanitaire exceptionnelle.     « On ne peut pas se relâcher » En clair, il fallait s’assurer que les règles sanitaires ne deviennent pas des « éléments de différenciation commerciales » entre les OS alsaciens. « Cet enjeu a prévalu naturellement chez tout le monde », fait remarquer Jean-Marc Schacherer. C’est comme cela que sont nées les « 7 règles à respecter » (voir encadré) qui vont être mises en application durant la toute proche récolte des céréales d’hiver et, plus tard, pour celle des céréales de printemps. Un dispositif unique pour tous les céréaliers alsaciens, qu’ils soient du Kochersberg, du Sundgau, de la Plaine ou de l’Outre Forêt, et qu’ils soient adhérents du Comptoir agricole, de la CAC, d’Armbruster ou de Gustave Muller. « Il vaut mieux anticiper plutôt que de subir », résume très simplement Nicolas Koenig. Même si l’épidémie de Covid-19 n’est plus à son intensité du début du printemps, le virus continue de circuler ; les clusters apparus ici et là sur le territoire national au cours des derniers jours sont là pour le rappeler. « On ne peut pas se relâcher, rien que par respect pour nos collaborateurs. Certains ont vu la maladie de près. Les inquiétudes sont réelles parmi eux. C’est notre rôle en tant que dirigeants d’assurer leur sécurité », poursuit le responsable de Gustave Muller. Tous les OS alsaciens ont été touchés à divers degrés par l’épidémie. Par exemple, au Comptoir agricole, le taux d’arrêt maladie est monté jusqu’à 15 %, tandis que chez Gustave Muller, vingt collaborateurs sur cent ont été absents en même temps à cause du virus. À la CAC, le taux d’absentéisme est resté « faible », tout comme chez Armbruster. Comme toutes les entreprises, les OS ont mis rapidement en place les mesures nécessaires pour sécuriser leurs collaborateurs : télétravail quand la fonction le permet, distance minimale de sécurité, gel hydroalcoolique, etc. « Il y a eu un peu de chômage partiel sur des boulots mineurs mais cela n’a pas duré longtemps. Concrètement, on n’a pas arrêté de travailler ne serait-ce qu’une seule journée. Et puis, dans la mesure où on n’est pas quinze à travailler dans le même lieu, les gestes barrières sont plus faciles à appliquer sur nos sites », considère le directeur général du Comptoir agricole, Denis Fend. Quel que soit l’OS, aucun décès ou admission en réanimation n’est à déplorer parmi les salariés. La volonté est évidemment que cela continue dans ce sens.     La « mission » de collecte sera assurée Grâce à ces sept règles validées par tous - dont FDSEA et JA -, il ne pourra pas y avoir d’ambiguïté pour les agriculteurs qui livreront leurs récoltes de céréales. « Il était essentiel d’apporter un message clair et unique à tous. Depuis le début du déconfinement, nous déplorons malheureusement des comportements inappropriés de certains clients par rapport au Covid-19. Ce n’est pas parce qu’on est déconfiné, qu’on est revenu à la normale. Pour d’autres, c’est la situation inverse avec une grande peur à sortir de chez soi. Au milieu de tout ça, il y a un entre-deux à avoir, à appliquer et à faire respecter », insiste Nicolas Koenig. Par exemple, il sera obligatoire, lors de la moisson, de prendre rendez-vous 48 heures à l’avance avec son collecteur. Une « contrainte supplémentaire » déjà expérimentée ces trois derniers mois qui devra être impérativement respectée. Pour autant, pas d’inquiétude à avoir, tous les OS sont unanimes : cela ne les empêchera pas de mener à bien la mission qui leur est dévolue, à savoir assurer la récolte de leurs adhérents en temps, en heure et en qualité. Jean-Michel Schacherer l’assure : « Avec ce dispositif, le temps d’attente et de livraison peut être divisé par deux ou par trois. Cela nous permet de calibrer les ressources. Certes, la moisson du blé est particulière car elle doit être faite rapidement. Mais on peut mettre les moyens en face. Et la planification est un outil extrêmement important pour y arriver. » C’est d’autant plus indispensable qu’en aval, une qualité irréprochable de la production est attendue, Covid-19 ou pas. « Ce qu’on va mettre dans nos silos va être primordial pour la commercialisation de demain. Pour l’instant, on déplore une certaine morosité sur les marchés. Il faut donc qu’on soit capable de proposer le meilleur à l’ensemble de nos débouchés », précise Jean-Marc Schacherer. Il reste à espérer qu’une deuxième vague épidémique ne soit pas à déplorer cet automne, au moment de la récolte de maïs, le « gros morceau » de la moisson en Alsace. « C’est un scénario pris de plus en plus au sérieux par les spécialistes. Évidemment, j’espère que cela ne sera pas le cas. Mais si ça devait l’être, au moins on sera prêt dans la mesure où les règles sanitaires auront été mises en place et éprouvées au sein de tous les points de collecte d’Alsace », conclut Nicolas Koenig.

Publié le 29/06/2020

Jusqu’au 3 juillet, une cinquantaine de Centres de formation des apprentis (CFA) du Grand Est se mobilisent pour une E-Semaine de l’apprentissage. De nombreux événements en ligne sont au programme.

C’est une initiative de la Région Grand Est, de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) et de Pôle emploi Grand Est : la Semaine de l’apprentissage se déroule du 29 juin au 3 juillet. Pas de rencontre en direct, ni de portes ouvertes des établissements de formation, cet événement prend la forme d’une suite d’événements en ligne en direction des jeunes de 16 à 29 ans, de leurs familles et des entreprises.     Mis en place dans un délai record, ce salon virtuel a pour vocation de mettre en relation les jeunes à la recherche d’un apprentissage, les CFA et les entreprises susceptibles de les accueillir, précise Valérie Debord, vice-présidente de la Région en charge de l’emploi. La Région, qui envisage de « l’inscrire dans un dispositif au long cours », l’a imaginé dans le prolongement du Business Act initié avec l’État. La volonté de la collectivité est d’éviter que la crise économique post-Covid-19 ne soit aggravée par des difficultés de recrutement dans les entreprises. L’apprentissage pourrait, en effet, faire les frais de la crise sanitaire. « On s’attend à une baisse de 20 à 40 % du nombre d’apprentis, selon les branches, alors que les demandes d’entrée dans cette voie n’ont jamais été aussi fortes », témoigne Philippe Siebert, directeur régional de Pôle Emploi Grand Est. Du 1er janvier au 19 juin, le nombre des offres d’apprentissage a baissé d’un tiers par rapport à la même période de 2019. Durant le confinement, elles se sont tout bonnement effondrées, constate Philippe Siebert. Au point que certains directeurs de ressources humaines craignent des effets à long terme sur la compétitivité des entreprises. Et si un frémissement se fait sentir depuis le début du mois de juin (+7,8 %), rien n’est encore gagné. Dans les PME (petites et moyennes entreprises) et les TPE (très petites entreprises) notamment, où la reprise de l’activité est encore timide et les perspectives incertaines, nul ne sait si les chefs d’entreprise vont recruter des apprentis et dans quelle proportion. Des salons de recrutement en ligne Jusqu’au 3 juillet, la Région Grand Est et l’ensemble des acteurs de l’apprentissage se mobilisent donc pour informer de manière innovante et interactive sur les opportunités que présente ce mode de formation. De nombreux événements en ligne sont au programme, dont le salon virtuel Live Orient’Est, les mardi 30 juin et mercredi 1er juillet. Les jeunes et leurs familles pourront y rencontrer une cinquantaine de CFA du Grand Est, tous secteurs confondus (hors agriculture), échanger en ligne avec des conseillers d’orientation, consulter ou télécharger de la documentation, visionner des vidéos sur les métiers et assister à des conférences thématiques. Des offres d’apprentissage pourront également être proposées. Des stands virtuels seront accessibles par thématique (artisanat/métiers d’art, bâtiment/travaux publics, bois/ameublement, commerce/vente, gestion/administration/management, hôtellerie/restauration, logiciels/services numériques, métiers de la nature et du vivant, santé/social, services, sport/animation, transport/logistique, etc.). S’il est conseillé de se pré-inscrire, une connexion le jour J est également possible. Une journée de conférences et d’échanges entre les professionnels de l’emploi et de la formation est organisée, le jeudi 2 juillet. Sept conférences sont programmées sur des thèmes tels que les aides aux entreprises pour favoriser l’apprentissage ou le contrat d’apprentissage en intérim. Pôle Emploi se mobilise également en organisant des salons de recrutement en ligne dans tous les départements du Grand Est. Les demandeurs d’emploi seront invités à s’y inscrire.  

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