Publié le 27/02/2023
La commune de Munster est confrontée, comme les professionnels de l’agriculture, à des récurrents dégâts de gibier sur ses hauteurs et les chaumes. Des surfaces qu’elle tente de préserver. Le maire, Pierre Dischinger, cherche également à valoriser son patrimoine et ses traditions locales en accueillant tous les deux ans la transhumance, la fête la plus importante de la ville en lien avec les associations locales.
Si Munster ne compte qu’un seul agriculteur, ils sont une dizaine à valoriser les chaumes des hauteurs de la commune et les prés de toute la vallée. Il y a également des forêts que la municipalité cherche à préserver pour en tirer le meilleur. « Malheureusement, il y a un problème : ce sont ces dégâts de gibier. Nous faisons tous les ans une réunion avec la commission communale consultative de la chasse (4C) qui permet d’échanger avec les agriculteurs et les chasseurs locaux. Nous avons des clauses particulières comme celle de ne plus pouvoir agrainer dans des lots particuliers. Mais cela donne peu de résultat positif. Chacun reste souvent sur ses positions. C’est un triste constat pour moi car les dégâts sont là et représentent des coûts importants », explique Pierre Dischinger. Sur les chaumes, la situation est parfois dramatique. « Il y a toujours davantage de gibier sur un territoire de plus en plus important. 30 % de la capacité fourragère est perdue à certains endroits car mangée par les cervidés. Il est temps de changer les règles de la chasse. Il faut pouvoir tirer beaucoup plus. La chasse est devenue un loisir, mais en face, ce loisir est coûteux pour celles et ceux qui subissent. Nous constatons toutes et tous que les parcelles agricoles comme les forêts sont un patrimoine en danger qui ne se régénère plus de façon satisfaisante », ajoute Pierre Dischinger. Concernant la gestion de la forêt (1 800 hectares concernés autour de Munster), il s’agace des scieurs qui profitent de la fermeture ces dernières années des différentes scieries. Dans le même temps, la ville de Munster reste très impliquée dans sa volonté de mettre en avant le monde agricole. « Je suis moi-même issu d’une famille où mon père était boucher-charcutier alors que mon frère a repris la ferme familiale. Il écoule toute sa production laitière de façon autonome. Ses enfants ont repris la partie commerçante. De mon côté, je m’étais occupé de la boucherie. Le bon sens paysan, cela me parle. Désormais maire, je tente au mieux de valoriser cette tradition agricole. La période de la crise sanitaire a été le bon moment pour repenser notre marché, avec les agriculteurs et les commerçants présents. Nous sommes passés de 50 exposants à 75, dont 65 en abonnement à l’année. Il tourne très bien le mardi matin et le samedi matin. Il s’est embelli sur cette place principale de Munster », se félicite Pierre Dischinger. Une dynamique qui profite également à tous les artisans locaux et à la dizaine de restaurants, et qui attire un nombre croissant de touristes. « Le tourisme représente 30 % de l’activité économique de Munster. Et 70 % de cette activité est locale avec le développement des circuits courts. C’est toute l’économie de la vallée de Munster qui en profite », rappelle-t-il. En tenue marcaire L’édile est également attaché aux traditions locales. Tous les deux ans, la municipalité s’implique dans l’organisation de la transhumance. Il s’agit de la fête la plus importante de Munster et la plus connue de la vallée avec celle de Muhlbach-sur-Munster. Les associations locales sont également impliquées. « Nous l’organisons tous les deux ans car elle demande beaucoup d’investissement des bénévoles. Tous les élus locaux ont l’obligation de s’habiller en tenue marcaire. À mes yeux, la meilleure image qu’on peut vendre, c’est notre identité. Nous sommes ainsi plus de 200 personnes dans cette tenue l’espace d’une journée. Cette identité est reconnue par les touristes. Nous sommes fiers de cette fête qui est une très belle vitrine du monde agricole », poursuit Pierre Dischinger. Il se dit très attaché au bien-être de ses habitants et à l’environnement. « Munster a appliqué sur ses espaces verts et l’entretien de sa voirie le zéro phyto quatre ans avant que ce ne soit rendu obligatoire. Sur certains espaces, nous favorisons l’écopâturage avec des moutons. Nous veillons à avoir des espaces de biodiversité. Je ne peux qu’inciter les agriculteurs à aller vers la production biologique et à eux-mêmes ne plus utiliser des produits phytosanitaires. Leurs collègues qui sont déjà dans cette démarche produisent peut-être un peu moins mais dans de bonnes conditions. Il faut aujourd’hui que nous allions tous ensemble vers une démarche la plus naturelle possible. » Cet état d’esprit, il l’applique dans la gestion de la commune. Il affirme que l’endettement de la ville a fortement décru. « Les années Covid nous ont empêchés de faire des investissements mais cela nous a permis de passer cette période plus sereinement. Nous investissons à la hauteur de notre capacité. Pour l’eau, c’est la même chose. Nous avons un réseau de qualité qui permet d’alimenter quatre communes autour de nous. L’eau est à son juste prix à l’échelle communale. Nous sommes les seuls à avoir un service eau et assainissement avec trois personnes. Mais c’est un sujet intercommunal car pour les plus petites communes, cela devient compliqué à gérer. » Concernant les autres dossiers communaux, il affirme agir au quotidien pour que les habitants de Munster et de la vallée aient le plus de plaisir possible à y vivre. « Il est important d’être bien chez soi mais aussi de savoir accueillir. Je pense évidemment aux touristes. Je pense aussi aux personnes en difficulté qui cherchent à s’insérer. À Munster, il y a un centre d’accueil pour les réfugiés de tout bord. Nous devons continuer à être solidaires avec eux », conclut Pierre Dischinger.












