Viticulture

Publié le 11/01/2019

Les boutiques des cavistes sont un débouché pour un peu plus de 2 % des vins d’Alsace. Ces professionnels sont attachés à des Alsace typés sec. Cinq d’entre eux expriment ici leurs attentes.

A Strasbourg, l’Art du vin ne peut décemment se priver de vins d’Alsace. « Beaucoup de touristes nous en demandent » déclare Xavier Iung, en poste depuis dix ans chez ce caviste indépendant. Les grands crus forment la colonne vertébrale de l’offre. « Nous ne voulons pas de vin standardisé. La diversité des terroirs est une richesse que nous voulons mettre en avant, comme le millésime. Chaque année donne des vins différents et c’est tant mieux » poursuit Xavier. Il sélectionne les vins lors de portes ouvertes ou mieux, lors de salons. « Le caractère sec est un critère. Mais en fonction de l’acidité, j’accepte qu’un riesling présente de 5 à 10 g de sucre résiduel ». Le prix est un garde-fou. « Les Alsace retenus ne dépassent pas les 30 €/col sauf pour les fêtes ». D’année en année, le magasin conserve environ 60 % de sa gamme. « Les clients qui veulent de la nouveauté, le viticulteur qui monte ou le domaine qui vient d’être repris par la nouvelle génération sont les éléments qui peuvent ouvrir un chemin vers une place en rayon forcément limitée. En fin de circuit, une rotation de deux à trois semaines est idéale : elle permet d’avoir une recette avant le paiement légal à trente jours ! « Je connais bien les Alsace. J’ai obtenu mon BTA à Rouffach et j’ai passé les diplômes de dégustation du Civa » enchaîne Johan Valleton, de la cave Les Domaines à Nancy. Ce fan de riesling recherche des Alsace « minéraux », « tendus », « gustativement secs ». « L’Alsace a beaucoup progressé dans ses pratiques viticoles. La culture bio ou biodynamique magnifie les terroirs. A 30-40 €/col on peut s’offrir ce qui se fait de mieux » estime Johan. Cela dit, « dans la tête des gens, l’Alsace reste un vignoble très compliqué. Sans pictogramme, ils sont encore davantage perdus. Chaque producteur devrait indiquer la sucrosité de son vin sur l’étiquette. La dose de sulfites peut être un renseignement complémentaire. Les consommateurs deviennent demandeurs ». Les Domaines privilégient le partenariat avec des vignerons indépendants. « Notre relation de confiance nous engage sur un volume non contractuel et nous y restons fidèles » résume Johan. Depuis 2012, il ne manque aucune édition du salon Millésime Alsace qui lui permet de découvrir « un maximum d’opérateurs ». Les Domaines les invitent aussi en Lorraine chaque troisième week-end d’octobre aux Rencontres œnologiques à Pont-à-Mousson. Trois milles personne défilent en deux jours et demi devant une cinquantaine de viticulteurs venus présenter leur propre vin. La différence est qu’il est sélectionné par le caviste (et non le producteur). « Le client décide d’acheter ou non en sortant » précise Johan. Chaque édition accueille deux ou trois domaines alsaciens. Rosé d’Alsace contre côte de Provence A Lyon, Le pressoir n’a pas changé un iota à la formule qu’il a inauguré à son ouverture en 2004. « Je travaille avec un seul fournisseur alsacien, toujours le même. Son tarif est compétitif » indique le sommelier, Nicolas Gerbe. « Je mets régulièrement ces vins en avant, été comme hiver. Le rosé fait joliment contrepoids à un côte de Provence. Avec lui, j’ai créé l’étonnement. Sa rotation est bonne. Le pinot noir léger vinifié en cuve inox passe bien sur les raclettes, le saumon ou le thon. On revient en racheter ». Son partenaire ne l’a « jamais déçu », mais en y réfléchissant, « il y a un travail à faire sur la sucrosité, entrées de gamme comprises. Je vends plus de riesling et de pinot blanc que de pinot gris, qu’il faudrait passer de demi-sec en sec, et de gewurztraminer qui gagnerait à descendre de moelleux à demi-sec. Mais je ne veux pas m’immiscer dans les choix de vinification, sinon je contribue à uniformiser l’offre ». Il apprécie l’apparition depuis peu d’une échelle de sucrosité sur l’étiquette de son fournisseur. En revanche, rentrer une bouteille d’Alsace dans un carton cadeau à plat de six cols, reste un problème. « L’Alsace est la seule à dépasser. Je dois donc proposer une autre origine. De l’Alsace en BIB ne me dérangerait pas. Bien d’autres vignobles prestigieux conditionnent leur vin comme ça ».   « L’Alsace possède de beaux terroirs et produit de beaux vins. Mais nous en vendons au compte-gouttes toute l’année, un peu plus pour les fêtes. La région doit faire un effort de notoriété » souligne Thomas Allaria, de l’enseigne les Vins gourmands à Lille, avant de poursuivre. « Nous écoulons dix fois plus de vins de Loire. Il est vrai que nous en référençons plus de dix domaines contre deux réguliers en Alsace. Les accords en Loire paraissent plus faciles à notre clientèle. Ce sont aussi des vins un peu moins cher. Un sauvignon démarre à 5 € ». Pour l’Alsace, la demande spontanée est « rare ». Thomas doit donc « l’accompagner ». Les clients recherchent des vins secs. Il y a deux ans environ, l’enseigne a cessé de travailler avec un viticulteur bas-rhinois. « Son riesling était trop sucré. En fait, c’est toute sa gamme qui n’allait plus » glisse Thomas. Un domaine haut-rhinois l’a remplacé. « Seul l’un de mes deux fournisseurs principaux fait figurer une échelle de sucrosité sur l’étiquette. Ce serait bien que le second s’y mette aussi ». Un peu curieusement, le gewurztraminer constitue la première vente d’Alsace en grillant assez fréquemment, aux dires de Thomas, la politesse pour l’apéritif à un côte de Gascogne. Le crémant vendu en carton de six, est aussi sur une bonne dynamique. Installé en centre-ville, fréquenté en permanence, le magasin n’invite pas ses fournisseurs à animer ses rayons. « Mais si quelqu’un se propose, il est le bienvenu » rigole Thomas.

Publié le 09/01/2019

Les vignerons indépendants ont le sentiment que la charge administrative qu’ils supportent n’en finit plus d’enfler. Impression justifiée ?

« La paperasse nous envahit ! ». Cette phrase appuyée par un geste éloquent ou un rire nerveux, tombe régulièrement au détour de la conversation. « C’est un vrai sujet. Il empêche les viticulteurs de dormir. Ils ne pratiquent plus leur métier. Ils passent plus de temps devant leur ordinateur que dans leurs vignes » balance Patricia, appelons la ainsi, occupée à gérer l’administratif d’un domaine haut-rhinois de plus de 10 ha. « Je passe mes journées à ne faire que de l’administratif, à démêler les textes, à comprendre les exceptions » soupire Maurice dans le Bas-Rhin. Patricia est intarissable pour narrer son quotidien. « Quand on commence à savoir comment s’y prendre, c’est là que ça se termine. Le TESA mensuel est une horreur. Il faut cocher la bonne case, mais elle n’existe pas. Personne ne vous paye pour gérer ces conneries. On perd en rentabilité. Ce sont des coûts qui pèsent alors qu’ils ne valorisent pas davantage notre produit. Tout cela est difficile à quantifier, mais cela prend un temps fou. Nous faisons un métier par passion, mais on nous tue à tous les niveaux. C’est le monde qui marche à l’envers ». Que les obligations de déclaration et d’enregistrement s’appliquent de manière uniforme au grand comme au petit opérateur, interpelle. « Noter chaque traitement parcelle par parcelle quand on ne change pas de cuve ou chaque transfert de vin quand on n’en a qu’un tonneau, n’a pas de sens sur un domaine qui vend moins de 50 000 bouteilles par an. Il faudrait différencier les contraintes par taille d’entreprise » constate et suggère Jean, installé sur moins de 10 ha dans le Bas-Rhin. La dématérialisation est-elle en train de faire progresser les choses dans le bon sens ? En théorie oui. La déclaration sociale nominative (DSN) mise en place 2018 constituera sans doute une « avancée » à terme, mais en attendant la pratique est moins glorieuse. La première raison est que tous les outils informatiques prévus ne fonctionnent pas encore comme ils le devraient à l’instar du titre emploi simplifié agricole (TESA). La mise en place de sa version web a été reportée à 2019. « Le chèque emploi service universel (CESU) avec lequel il suffit de déclarer et de payer répond pourtant parfaitement aux besoins de la viticulture. Pourquoi ne le reprend-on pas ? » se demande Patricia. L’autre réalité est que les vignerons sont souvent encore loin de maîtriser toute cette nouvelle mécanique. « Nous étions déjà vigneron, mécanicien, vinificateur, commercial. Et maintenant pour couronner le tout, il nous faut être fonctionnaire ! » résume Claude, également du Bas-Rhin. « C’est sûr, l’Administration simplifie les démarches. Mais pour elle. Le viticulteur, lui, est toujours vissé devant son écran à saisir ses données » grince-t-il. « Deux hommes avec une mallette » Cette évolution inéluctable n’est pas sans provoquer un changement fondamental. « Le viticulteur est responsable des documents qu’il remplit. Les logiciels repèrent immédiatement les erreurs. Au moindre écart, on ne nous loupe pas » soupire ce vendeur de raisins bas-rhinois. « L’informatique doit pallier la diminution du nombre de fonctionnaires. C’est désormais au viticulteur de se substituer aux services de l’État, de renseigner des informations qu’il ne saisissait pas jusque-là, de savoir quand et comment faire ses déclarations. S’il sait faire, il est sauvé. Si le document est mal rempli, il est fautif. Et il paye ! » analyse cet expert-comptable. Beaucoup de domaines n’hésitent pas à faire appel à une aide extérieure. Mais cette solution a elle aussi, un coût. Au bout du compte, le risque d’être en dehors des clous augmente. En ce sens, l’obligation d’ici le 31 juillet 2020 de détailler chaque mois dans son registre de cave les entrées, les sorties et les stocks par cépage et non plus par grands groupes (blancs, rouges, crémants, grands crus) inquiète. « Une déclaration tous les deux mois en alternant les communes obligées d’y satisfaire serait un compromis » avance Francis, vigneron haut-rhinois sur moins de 10 ha. « On va rentrer dans le détail. On ne sera jamais au litre près. Le niveau de précision qu’on nous demande est impossible à tenir » estime Denis, vigneron sur plus de 10 ha dans le Bas-Rhin. « L’Administration comprendra-t-elle que des litres disparaissent par évaporation ? » s’interroge Jean. Il se méfie tout autant du volume complémentaire individuel (VCI). « J’aurais pu en rentrer en 2018. Mais j’attends que ce soit rodé. Dans l’immédiat, j’élimine un risque de contrôle ». Le contrôle, voilà la grosse épine dans le pied des vignerons. Le passage des Douanes revient le plus souvent. Personne n’accueille « deux hommes avec une mallette » sans appréhension. « Le summum ! » ne décolère pas Patricia en évoquant la visite de trois douaniers « pas méchants, mais incompétents » qui ont, eux, pris leur temps en lui faisant perdre sa journée, à elle. Jean est à peine plus calme quand il se remémore avoir écopé d’une forte amende pour avoir inscrit des données pourtant justes sur un support… non prévu par les textes ! « On est toujours présumé coupable. L’équipe qui s’est déplacée a vérifié jusqu’aux joints des murs pour s’assurer qu’il n’y avait pas de cuve dissimulée dans une cache. Bientôt, on va nous demander un plan de masse ! » s’agace-t-il. Paul a lui hérité d’une « petite prune » pour une modeste non-conformité. « Quand je m’en suis ému, le duo m’a fait comprendre que ramené au nombre d’années où je n’avais plus été visité, l’amende ne représentait finalement pas grand-chose ». Un tel épisode l’a amené à ne presque plus communiquer sur son domaine. À quoi la « peur du contrôle » peut mener…

Publié le 24/12/2018

Siegwald matériels, dont le siège est situé à Logelbach-Wintzenheim, a organisé trois après-midi de démonstration en Alsace. L’occasion de découvrir les nouveautés parmi lesquelles un tracteur à chenilles et une prétailleuse.

Porte-outil idéal pour le palissage, le tracteur à chenilles Siegwald DMP, équipé d’un moteur Perkins, affiche une puissance de 50 cv. Il possède quatre distributeurs double effets et un distributeur cranté avec un régulateur. Le dévers de la machine est à plus ou moins 20 cm. Il possède une transmission hydrostatique avec frein négatif et, en option, un mât et un relevage avant. Il peut servir à tous types de travaux et s’adapte à tous les vignobles. L’encombrement dans chaque rang est très faible, avec un positionnement du portique double conférant une bonne ergonomie à l’ensemble. La position des palisseuses ou des autres machines à l’intérieur et sous le portique améliore l’équilibre de l’ensemble de l’enjambeur. Le poste de conduite, bas, est à proximité de la tête d’agrafage. La hauteur du siège est adaptée à la grande majorité de travaux. Ce qui apporte plus de sécurité et de visibilité. Le chenillard dispose de deux fixations à l’avant et de deux à l’arrière, pouvant recevoir soit un mât, soit un relevage hydraulique. Un gain de temps La démonstration organisée à Pfaffenheim a porté sur son utilisation avec une prétailleuse offrant un gain de temps de 40 %, grâce à une vitesse de travail de 5 à 7 km/h. La prétailleuse s’adapte à tous les mâts. Les différentes hauteurs de coupe sont de 300, 600, 900 et 1 200 mm. En option, des palpers permettent de détecter les piquets, évitant aux utilisateurs de manipuler la prétailleuse manuellement. Siegwald a également fait la promotion de son porte-outils à écartement hydraulique, d’une largeur de 94 à 134 cm et d’une longueur de 1,30 replié et 1,55 en action. Ses vérins sont équipés de clapets anti-retour. Il y a la possibilité d’adapter des roues de terrage. On y trouve une bride de fixation rollhacke réglable et une bride de fixation bineuse à doigts réglable. L’épaisseur de la structure en métal est de 8 mm. La machine est produite au sein de l’entreprise Siegwald, avec la possibilité d’adapter d’autres accessoires. À travers ses nouveautés et l’ensemble de sa gamme de matériels viticole, forestier et espaces verts, Siegwald s’inscrit dans sa politique de proximité avec ses clients en leur proposant des produits de qualité, conçus et réalisés localement.

Pages

Les vidéos