Lors de cette 71e foire aux vins d’Alsace de Colmar, la confrérie Saint Étienne proposait trois ateliers de découverte des vins d’Alsace de millésimes « anciens » autour de vins de terroirs et de cépages variés en visitant les millésimes des années 1990 aux années 1960. Le premier, samedi 28 juillet, s’est intéressé aux années en huit : 1998, 1988, 1978, 1968. Avec cette question : La nature aime-t-elle les cycles réguliers ?
Un record. Pas moins de 30 personnes (du jamais vu) se sont inscrites pour ce premier atelier consacré aux millésimes anciens. « Nous ne pouvons pas accueillir davantage de monde si nous voulons favoriser les échanges pendant la dégustation », se félicite le délégué général de la confrérie Saint Étienne, ÉricFargeas. Un rapide tour de table permet de constater que seules quatre personnes viennent pour la première fois. Toutes habitent en Alsace où dans les départements limitrophes. Une grande majorité déguste du vin plus ou moins régulièrement. ÉricFargeas débute cet atelier en présentant la confrérie Saint Étienne. L’occasion de rappeler que son siège se trouve au château de Kientzheim depuis 1973 et que l’œnothèque rassemble désormais plus de 60 000 bouteilles. « Tout au long de l’année, nous organisons des ateliers et des chapitres. Le prochain, le 22 septembre, sera consacré au bio et celui du 20 octobre aux femmes. Deux thèmes chers à Martine Becker, Grand Maître 2018 de la confrérie », ajoute ÉricFargeas.
Les vins d’Alsace vieillissent bien
La dégustation débute. Elle est présentée par le chancelier receveur Jean-Paul Goulby, le major de l’année passée, Christian Beyer, et celui de cette année, Ignace Kuehn. « Vous allez déguster des vins qui, au fil des années, prennent de la valeur. Cela va être l’occasion de constater que, 30 années après, ils tiennent toujours la route. C’est maintenant qu’il faut acheter et consommer ces vins d’Alsace. C’est aussi l’occasion de préciser et de répéter que les vins d’Alsace se gardent bien, qu’ils vieillissent comme d’autres vins de l’hexagone », annonce Jean-Paul Goulby. Le thème choisi, celui des années en huit, permet de le constater dès le premier vin présenté. Il s’agit d’un Auxerrois 1998 de la maison Barmes Buecher à Wettolsheim. Une occasion de rendre hommage à François Buecher, parti bien trop rapidement, et qui a lui-même été membre de la confrérie Saint Étienne. Le vin dégusté est localisé sur des parcelles situées au niveau du Herenweg. « Sa robe est très marquée par le millésime. On trouve des tons jaunes, or, vif avec de superbes reflets. Le nez nous emmène sur des notes de fruits confits, d’abricots surmûris. Il est très expressif et ouvert. L’attaque en bouche est souple et se termine de façon fine et droite. C’est un vin d’une grande fraîcheur, avec un côté minéral, salin et qui ne donne pas d’impression de sucrosité, avec au contraire une légèreté persistante. Ce vin n’est pas issu d’un grand cru, mais montre un beau potentiel de garde qui n’est pas encore terminé », explique Christian Beyer. La dégustation se poursuit avec un riesling Schœnenbourg de la maison Hueber 1998, un riesling de chez Klipfel 1988, un tokay pinot gris de la cave de Sigolsheim 1988, un riesling de chez Gisselbrecht 1978, un muscat de la cave de Bennwihr 1978, un tokay de chez Pierre Sparr 1968 ou encore un gewurztraminer de chez Kuehn 1968. « Cette dégustation nous permet de voir qu’à chaque fois, et quel que soit le terroir, la touche du viticulteur est très influente dans la concentration des vins », se félicite Ignace Kuehn.
De superbes vins
Pendant toute la durée de la dégustation, les échanges permettent de rehausser encore l’appréciation des vins et la connaissance du public. Ce dernier est ravi. « Je suis un vrai amateur des vins d’Alsace qui, pendant des années, s’est formé dans des clubs de vins. Ce n’est pas la première fois que je viens à un tel atelier à la foire aux vins. Car c’est une occasion unique de déguster des produits exceptionnels, comme un gewurztraminer 1968 ou un riesling 1978. Ailleurs, on n’en trouve quasiment plus », explique Jean-Baptiste Muller, venu avec son épouse de Village-Neuf. « Pour ma part, je suis venu pour découvrir ces vieux millésimes. Nous avons appris énormément de choses pendant cette dégustation. Nous avions face à nous des vins magnifiques présentés par des gens passionnés », se félicite Jean-Christian Haudy d’Holtzwihr. La dégustation a également permis de réunir des amis, dont un groupe de onze jeunes personnes. « Personnellement, j’habite à Verdun, la ville de mon épouse. Nous nous sommes tous retrouvés pour ce week-end en Alsace. La foire aux vins est un moment de partage tout comme cet atelier. Nous avons découvert de superbes vins », conclut Nathan Probst.