Viticulture

Institut d’État de la viticulture à Fribourg

Drones, conduite assistée et robots en démonstration

Publié le 28/07/2018

Le Deutsch Weinbauinstitut du Blankenhornsberger proposait le 18 juillet dernier à Ihringen une démonstration de drones, robots et autres engins téléguidés.

Toujours prisées des viticulteurs alsaciens, les démonstrations du Deutsch Weinbauinstitut (WBI Freiburg) avaient pour thème cette année les hautes technologies : drones, engins télécommandés, capteurs, GPS… L’institut de Freiburg s’est procuré un drone de traitement DJI Agras MG-1S. (Voir notre article « une drone de révolution se prépare », publié le 12 décembre dernier). Objectif : en évaluer son efficacité et acquérir des références en vue de faire évoluer la législation allemande sur les aéronefs en agriculture. Chez Clémens était présenté le C-Control, premier dispositif qui centralise simultanément dans un joystick toutes les commandes de transmissions depuis le tracteur à des engins animés - prises de force, sorties hydrauliques, relevages avant et arrière - avec mémorisation des commandes pour faciliter les manœuvres en bout de rang. La firme suisse Aebi, surtout spécialisée dans l’outillage d’entretien des espaces verts en forte pente et des terrains de sport, proposait un porte-outil radiocommandé, à centre de gravité particulièrement surbaissé pour les pentes les plus raides. Ce porte-outil fonctionne avec des batteries lithium-ion. L’originalité de la présentation résidait dans le capteur couplé à ce porte-outil. Le Row Crop Pilot est développé par la société allemande RobotMakers. Il permet d’autoguider l’engin grâce à un balayage laser et à un système de traitement des données de reconnaissance de formes lui permettant de circuler sans assistance humaine dans les rangées de vigne. Il était couplé à un chien-porteur Niko sur chenillettes. Chez Fendt, le Vario 210 VA était équipé du système d’autoguidage PSR de Reichhardt électronics, qui présente l’originalité de coupler le GPS et des senseurs (palpeurs mécaniques ou capteurs ultrasons) pour plus de précision de guidage. Deux autres outils d’aide à la décision étaient présentés dans les locaux du WBI : Vitimeteo Plasmopara, un modèle d’estimation du risque maladie développé par l’Agroscope et le WBI, et Weinmannpro, un logiciel de gestion et de traçabilité en cave. Retrouvez cet événement en vidéo :  

Publié le 27/07/2018

L’agence Claire D sera à nouveau présente dans le Parc Agricole pour présenter l’ensemble de ses créations, dont sa dernière innovation (candidate au Trophée de l’Innovation 2018) : l’impression céramique pour les étiquettes des bouteilles de vin. Une technique qu’utilise déjà la Cave de Turckheim pour « sublimer » ses grands crus.

Il faut parfois peu de chose pour sortir du lot. Pour les étiquettes de vins, une couleur, une forme ou une matière permettent à la bouteille d’attirer l’œil du chaland. C’est la première étape. Après, il faut que cette étiquette soit suffisamment séduisante pour déclencher l’acte d’achat. Belle, oui, sans pour autant être provocante ou tape-à-l’œil. Une équation que tente de résoudre quotidiennement l’agence Claire D depuis 2004 pour ses nombreux clients situés dans le Bordelais, en Champagne et en Alsace. À chaque fois, la réponse apportée est différente. « Avec Claire, on travaille ensemble, progressivement, pour aboutir au résultat espéré », explique Corinne Vonarx, responsable marketing d’Union Alliance Alsace, qui regroupe la Cave de Turckheim et celle du Roi Dagobert. Voilà sept ans que les deux entités travaillent avec Claire Deffarge pour élaborer de nouvelles étiquettes plus « design » et « attractives ». Toute la gamme de la cave du Roi Dagobert y est passée. À Turckheim, le « dernier gros bébé » était la gamme de grands crus. « Nos vins de terroirs n’étaient pas assez mis en avant. On cherchait quelque chose pour les sublimer », poursuit Corinne Vonarx. Plusieurs pistes sont explorées pendant des mois, sans succès. « On était partis sur du nacré, et des étiquettes dessinés avec des motifs complexes. Mais cela n’allait pas. Il manquait le lien avec le terroir, il manquait la magie », confie Claire Deffarge. Et puis, impossible d’être trop novateur pour des bouteilles déjà marquées historiquement et commercialement. « Pour les grands crus, il faut quelque chose de rassurant. Ces bouteilles sont connues depuis longtemps. Il ne fallait pas les dénaturer », justifie Corinne Vonarx. « Raffiner » les codes et couleurs existants La solution sera finalement trouvée « un peu par hasard » après moult essais sur la machine : l’impression sur céramique sur un tout nouveau papier réagissant à la chaleur. « Il a fallu près de trois ans à un industriel italien pour réussir à créer ce papier magique qui est ni mat, ni brillant, mais neutre. Et quand on pose un fer chaud dessus, il devient transparent. Cela a ouvert la porte à de nouvelles possibilités créatives comme l’impression céramique », souligne la créatrice. Seule la lettre du grand cru en question est imprimée selon cette méthode. L’idée étant que la nouvelle étiquette garde les codes et les couleurs de l’ancienne, tout en ajoutant une subtilité qui la rend « sublime » et « raffinée ». Cela fait deux mois que les grands crus commercialisés par la Cave de Turckheim (Ollwiller, Brand, Hengst, Sommerberg) sont vendus avec ce nouvel habillage, plus le pinot noir rouge qui est produit à partir de raisins situés sur des parcelles de grands crus. Ce sont les premiers vins en Alsace à bénéficier de cette technique d’impression sur céramique. La Cave de Turckheim espère maintenant que le succès commercial sera aussi probant que celui rencontré avec les autres bouteilles « rhabillées » par l’agence Claire D, à l’image de la gamme « Racines & Terroirs » de la cave du Roi Dagobert, qui est retenue tous les ans dans les foires aux vins des supermarchés. « Et à chaque fois, ils sont en rupture au bout de quelques jours », se satisfait la responsable marketing de l’Union Alliance Alsace. Il suffisait juste de sortir du lot.

6e édition du prix de l’innovation

Des étoiles pour Costral

Publié le 26/07/2018

Ils étaient 11 concurrents cette année à prétendre au titre de prix de l’innovation EAV/PHR, organisé dans le cadre de la Foire aux vins. Le prix est décerné en partenariat avec la Chambre d'agriculture d’Alsace, la fédération des Cuma, l’Union des Œnologues et le Parc-expo de Colmar.

S’il met en évidence les tendances économiques, techniques et même sociologiques de la viticulture et de l’agriculture alsacienne, ce prix démontre un dynamisme très innovant des acteurs économiques des filières des vins et de l’agriculture alsacienne : fournisseurs, constructeurs, tant d’ailleurs dans les domaines classiques de la mécanique, que des services et du marketing. Que dire de ces tendances ? Un effort significatif est proposé dans l’innovation du marketing, de l’habillage et du conditionnement des vins, traduisant une nécessité impérieuse de rajeunir l’habillage des vins d’Alsace et de libérer la créativité. Étiquettes, bouchons, impression d’étiquettes, capsules de surbouchage : cinq des 11 innovations présentées proposent de quoi revoir de fond en comble son habillage de bouteille pour une meilleure valorisation sur le marché. Véritable signe des temps : les techniques innovantes d’habillage frappent à la porte des vins d’Alsace… Une autre tendance est véritablement agronomique avec une prise en compte des nouvelles exigences environnementales visant à améliorer la fertilité naturelle des sols ou la protection des cultures : bineuse intercep rotative, épandage de compost en prestation rendu à la parcelle et épandu, nouveau tracteur surbaissé et léger, station météo connectée, et outils d’entretien des espaces verts et vigne électroportatifs. Enfin en œnologie, une innovation était proposée pour améliorer la qualité de l’égrappage des raisins. Comme pour les éditions précédentes, le jury s’est montré sensible aux innovations alsaco-alsaciennes. En 2016, c’était la greffe F2 de Christophe Hebinger, qui avait été couronnée. Et en 2017, le tracteur Carraro Tony 9800SR avait beaucoup de « sang alsacien » grâce au génie inventif d’Étienne Berger. En 2018, ce sont les établissements Costral à Riquewihr qui obtiennent un prix qui vient récompenser la success-story de cette PME alsacienne produisant des groupes d’embouteillage. Les groupes d’embouteillage peuvent désormais, y compris sur des modèles de petite cadence, admettre différents formats de bouteille sans avoir à changer les étoiles dans lesquelles les bouteilles s’insèrent sur la ligne. C'est un dispositif inédit sur ces machines de petite cadence qui sont très compactes, ce qui complexifie la possibilité d'intégrer cet équipement en réduisant suffisamment la mécanique tout en garantissant longévité et robustesse. Les étoiles s’ajustent sans outil. Leurs pinces s’adaptent à des diamètres de 62 à 110 mm et assurent le maintien et le centrage de la bouteille lors de chaque transfert vers la boucheuse et la tireuse. Au final, le vigneron ou l’opérateur embouteilleur y trouveront plus de souplesse dans l’offre de conditionnement à proposer sur le marché des vins d’Alsace. Un prix reflétant là encore une tendance de diversification des conditionnements, répondant à des consommateurs, tournés vers des produits de moins en moins standardisés. Bravo à l’équipe Costral qui démocratise l’accès technique des vignerons en matière d’embouteillage.

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