Déphy Tour 2018. Étape à Rouffach
Objectif : mieux traiter
Déphy Tour 2018. Étape à Rouffach
Publié le 28/07/2018
Environ 200 viticulteurs ont participé au Déphy Tour 2018 qui faisait étape sur l’exploitation viticole du lycée de Rouffach. Au menu : drones, cuivre, panneaux récupérateurs, diffusion des matières actives dans l’air, et les témoignages de Florian Beck-Hartweg, vigneron bio, et de Christine Klein, responsable de l’exploitation viticole du lycée de Rouffach.
Organisé conjointement ou même simultanément dans tout le Grand Est dans différentes filières, le Déphy Tour se tenait le 19 juillet à Rouffach, où de nombreux vignerons sont venus écouter les intervenants. C’est dans le cadre du plan national Écophyto, publié en 2015, qu’a été mis en place le réseau de fermes Déphy, devant servir de référence technique pour engager la révolution technique qui vise à réduire de 25 % d'ici 2020 et de 50 % d'ici 2025 les épandages de produits phytosanitaires. Une équation délicate pour la filière viticole alsacienne, qui cherche parallèlement par tous les moyens à réduire ses coûts de production, dans un contexte économique tendu… Réduire l’IFT et donc la dose épandue Constitué en 2012, ce réseau comprend, s’agissant de la viticulture alsacienne, deux exploitations : celle du lycée viticole et celle de Florian et Mathilde Beck-Hartweg. Concrètement, elles sont le lieu de démonstrations, d’expérimentations, et servent de référence à l’élaboration de systèmes économes en intrants. Dans l’ensemble des filières, à l’échelle du Grand Est, et entre 2010 et 2015, l’indice de fréquence des traitements (IFT) a baissé de 12 % pour les grandes cultures, de 30 % pour les cultures légumières en plein champ, de 6 % en arboriculture et de 17 % en viticulture. Rappelons que l’IFT se calcule à partir du rapport entre la dose réellement appliquée et la dose de référence, elle-même définie à partir de la dose homologuée. Pour diminuer l’IFT, et donc pour être plus économe en produits phytosanitaires, il faut donc diminuer la dose épandue dans l’environnement. Comment ? Des panneaux efficaces mais encombrants L’Écospray de Lipco, un pulvérisateur à panneaux récupérateurs, était présenté par les établissements Niess. L’Écospray revendique 40 % d’économie de produit phytosanitaire grâce à son système de récupération et de recyclage des bouillies. De 20 à 70 % en réalité sur l’ensemble de la campagne en fonction de la densité de feuillage. Relativement encombrant, ce pulvérisateur dispose en outre de réglages hydrauliques sur la flèche. Le double essieu et les rampes/panneaux de pulvérisation lui permettant de rester parfaitement centré sur le rang de vigne. La démonstration a fait état d’un confinement parfait de l’application, sans aucune dérive. Quali’Drop Une autre solution, plus accessible pour réduire l’IFT, consiste à bien régler les pulvérisateurs, de manière à ce qu’un maximum de produit atteigne sa cible. C’était l’objet de l’atelier consacré à Quali’Drop de Syngenta, un banc d’essai d’évaluation de la bonne répartition de la pulvérisation. Le panneau cible permet de visualiser la bonne qualité du « mouchetage » révélant les impacts de gouttelettes et leur bonne répartition sur l’ensemble du plan de palissage de haut en bas. Et donc de régler en conséquence les buses et leur orientation pour éviter la dérive au-dessus du palissage et les pertes au sol. Drones : des avancées techniques à attendre Une autre voie d’avenir pour réduire le recours aux intrants réside dans la viticulture de précision afin de ne traiter que les zones touchées par les maladies ou les ravageurs. Au stand consacré aux drones, Arnaud Sohler, fondateur de la société AéroVision, présentait plusieurs engins équipés de caméras. L’état de la technologie des caméras dites multispectrales permet d’apprécier la vigueur, les stress hydriques, les pieds manquants et l’état de maturation pour les cépages rouges. Dans un avenir proche, on peut espérer qu’elles renseignent également sur les attaques fongiques. De manière à pouvoir ensuite cibler les traitements par drone sur la zone géoréférencée : c’était l’objet de l’autre démonstration proposée par Frédéric Billard, de la société Europulvé, spécialisée dans le contrôle des pulvérisateurs, et qui s’intéresse désormais aux drones de traitement. L’originalité de l’aéronef DroneVolt, présenté ce jour-là, réside dans le mode de traitement, avec une cuve à produits sous pression, donc sans pompe embarquée. Les premières applications concernent le maïs, avec la dispersion de capsules de trichogrammes pour lutter biologiquement contre la pyrale. Nous reviendrons ultérieurement sur le bilan de l’observation des flux de cuivre dans l’environnement à partir d’un dispositif mis en place sur une parcelle de l’exploitation du lycée, sur un exposé de Sylvain Payraudeau, de l’Engees, et sur le point proposé par Alfred Klinghammer sur les pollutions diffuses de produits phytosanitaires dans l’air, les mesures de surveillance et les prescriptions à venir sur ce dossier.












