Viticulture

Mini-foire aux vins de Colmar du 6 juillet au 25 août

La jeunesse au comptoir

Publié le 06/07/2018

À partir de ce soir, la Mini-foire aux vins de Colmar fait découvrir pendant six semaines les vins issus des cinq domaines de la ville. Touristes et locaux sont attendus en nombre, notamment les plus jeunes qui ont bien répondu présents en 2017.

Devenue aussi incontournable que la « grande », la Mini-foire aux vins de Colmar s’apprête une nouvelle fois à faire découvrir les vins issus des cinq domaines de la ville. Dès ce soir, à 18 h 30 au Koïfhus, touristes et locaux pourront déguster les vins issus en grande partie du vignoble colmarien. C’est le domaine Schoffit qui ouvre le bal pendant les dix premiers jours. Il sera ensuite relayé par le Domaine de la Ville de Colmar, le Domaine Karcher, le Domaine Martin Jund et enfin le Domaine Jux qui fermera la marche à la fin du mois d’août. Comme l’an passé, les organisateurs ont diffusé affiches, flyers… et messages sur Facebook pour attirer le maximum de monde. Créée en 2017, leur page sur le réseau social égrène régulièrement des nouveaux fans. A-t-elle réussi à attirer davantage de monde sous le porche du Koïfhus ? « Difficile à dire », estime Alexandre Schoffit. « En revanche, on a constaté un petit rajeunissement des personnes qui venaient à notre rencontre. Pour nous, c’est une très grande satisfaction, surtout quand on sait que certains pensent que des événements comme celui-là ont un petit côté vieillot. » Et ce rajeunissement va de pair avec une volonté de découvrir les vins servis. « On voit que les jeunes apprécient mieux. Ils viennent goûter un verre et, si ça leur plaît, ils reviennent le lendemain avec des amis pour prendre une bouteille et la partager ensemble. C’est un changement de philosophie qu’on observe à cette foire mais aussi dans nos caveaux », poursuit Alexandre Schoffit. Ce regain d’intérêt de la part des jeunes générations est forcément vu de manière positive pour l’avenir de la foire. D’autant plus que les jeunes en question sont avant tout des locaux. « Si on n’avait que des touristes, je ne sais pas si prolongerait la foire de la même manière. Là, on sait que ça plaît aux Colmariens. C’est très gratifiant. »

Publié le 29/06/2018

Quelles conséquences physiologiques sont à attendre de cette première partie du cycle végétatif, marquée par une inflorescence globalement généreuse et une croissance rapide. En tout état de cause, les opérateurs du vignoble à la production seront « sur le pied de guerre » dès la mi-août.

Côté phénologie pour le riesling, la mi-débourrement était observée le 21 avril à Obernai. Et la mi-floraison le 27 mai pour Colmar Hardt, le 30 mai à Obernai, et le 3 juin à Ergersheim. Les prévisions de mi-véraison oscillent entre le 27 juillet et le 9 août. À la station de Bergheim où l’on a accès à l’historique des données, toujours pour le riesling, la mi-floraison s’est située autour du 29 mai. C’est la troisième mi-floraison la plus précoce après 2011 (le 26 mai) et 2007, (le 24 mai). À Bergheim, la mi-véraison serait aussi atteinte entre le 27 juillet et le 9 août. Rappelons que ce stade était atteint le 3 août en 2011 et en 2003, et le 1er août en 2007. Pour le gewurztraminer, la mi-véraison oscillerait entre le 21 juillet et 3 août. En 2003, la mi-véraison du gewurztraminer à Bergheim était le 24 juillet. L’ensemble de ces données est disponible sur le site du Civa, partie professionnelle. Bref ! le millésime 2018 peut d’ores et déjà être considéré comme précoce. Ce qui met les opérateurs en alerte dès la mi-août. Si toutefois les réserves hydriques restent suffisantes pour accumuler les sucres. Car il faudra de l’eau étant donné l’important potentiel de vendanges lié aux nombreuses inflorescences… Côté maladies, les vignerons pourront encore assister à un Labo vert à la cave de Cleebourg (67) le mercredi 4 juillet à 18 h. Sur mildiou et oïdium, le dernier bulletin de santé du végétal (BSV) se veut rassurant « Les pluies de la semaine dernière n’ont donc pas généré de fortes attaques. Plus aucun cycle n’est en cours. » De même pour l’oïdium : « L’état sanitaire est tout à fait satisfaisant, avec toujours, plus de 95 % des parcelles indemnes. » Le réseau Facebook de viticulteurs « Combien il a plu de mm » montre aussi qu’il a pu y avoir des pluies de début juin contaminatrices avec certaines parcelles bien tachetées en mildiou sur les feuilles. Rien à voir cependant avec ce qui s’est passé dans l’Hérault. La vigilance est de mise pour le mildiou mosaïque. Écimage lors de la pose du second fil de palissage « Le problème cette année avec cette pousse rapide, c’est que les vignerons qui ont coutume d’écimer en même temps que la pose du deuxième fil de palissage, ont coupé beaucoup trop tôt les cimes », fait observer un vigneron. Les feuilles sont le siège de la photosynthèse, là où s’effectue la production de sucres et de métabolites organiques nécessaires dans un premier temps à la croissance de la plante. Or la vendange 2018 s’annonce généreuse : il va falloir du sucre à la vigne pour remplir tous ses raisins et suffisamment d’eau pour le transporter et l’accumuler. Dès lors mieux vaut ne pas priver trop tôt la vigne de « ses capteurs photosynthétiques » et qu’il y ait au sol de la réserve hydrique… On distingue trois périodes principales durant le cycle végétatif de la vigne, où les flux de métabolites photosynthétiques diffèrent. Cela explique pourquoi l’écimage de l’apex et le rognage des deux plans de palissage peuvent devenir préjudiciables à la physiologie de la vigne et à l’accomplissement de la maturité. Du débourrement à la floraison, la croissance végétative s’effectue sur les réserves de la vigne. À partir de la floraison, les excès de sucres photosynthétisés dans les premières feuilles adultes et donc basales, migrent vers les organes en croissance : les jeunes feuilles apicales, les inflorescences (qui, à ce stade post-floraison, n’accumulent pas encore de sucres) et les radicelles. Après la floraison, et à mesure que les feuilles deviennent adultes, progressivement les métabolites photosynthétisés migrent dans les parties vivaces de la plante entière (bois, bras, tronc et racines). L’arrêt de croissance marque normalement le signal du stockage des sucres dans les différentes parties accumulatrices, bois et raisins.

Publié le 21/06/2018

À Ottrott, le domaine Fritz-Schmitt mélange finement et astucieusement vins d’Alsace et cuisine espagnole dans une ambiance décontractée. Cette initiative doit participer à sa promotion.

Le fond de l’air est un peu frais, mais la soirée s’annonce douce comme les morceaux de l’orchestre à quatre musiciens originaires du village. Il est vingt heures ce 15 juin et Catherine, Bernard et Antoine Schmitt peuvent être rassurés. La troisième édition de leur soirée tapas a quasiment fait le plein, soit les 150 personnes inscrites. Quand ils ne sont pas dans la file d’attente à la caisse tapas ou à la caisse boissons, devant le poste de distribution des tapas ou celui du vin, les participants à la soirée devisent à table, debout ou assis, à l’abri d’un chapiteau ou en plein air. La formule inspirée à Catherine par des collègues de Rhône-Alpes est rodée. La viticultrice accueille les convives en leur expliquant « comment ça se passe ». Chaque couple ou groupe de convives ayant réservé sa place reçoit un verre et est invité à choisir une bouteille lestée d’eau dans le bouchon de laquelle a été piqué un fanion portant un numéro. Il la dépose à la place qu’il a repérée, par exemple sur un mange-debout ou un madrier improvisé en table posé sur deux bottiches renversées. Il note sur une feuille ce qu’il désire consommer et va passer commande. Il est servi directement en vin. Les tapas lui sont apportés à table. Ce soir-là, il a le choix entre six suggestions à 3, 5, 6 ou 7 €. La plupart est préparée à la minute par un traiteur et son équipe de quatre personnes. Au menu cette année : albondigas (boulettes de viande et sauce tomate), accras de morue, tortillas de pomme de terre, assiette de charcuterie ou de fromage, moules. Des mini-crème brûlée à 2 € et des mini-tartelettes citron à 3 € font office de douceurs. Le nombre de places est volontairement limité. Il n’est pas question d’accueillir des groupes de plusieurs dizaines de personnes. Depuis l’an passé, les viticulteurs installent des bancs car « l’Alsacien veut s’asseoir au bout de deux heures passées en station debout ». Ce soir douze vins figurent sur la carte. Comptez cinq blancs, deux crémants, deux rouges, un rosé, deux vendanges tardives. Ils sont vendus de 2 à 4 € le verre et de 11 à 17 € la bouteille à l’exception d’un riesling vendanges tardives qui grimpe à 23 €. « Cela correspond peu ou prou au prix caveau. Ce sont les vins qui sont déjà sur notre tarif 2018. Le budget à prévoir par participant est le même que pour une soirée dans un bar à vins » précise Catherine. Exceptionnellement cette année, un treizième vin complète l’offre. Invité par Justine, la reine des vins d’Alsace en titre et fille de Catherine et Bernard, le Comité des reines propose sa cuvée dont le profit de la vente est reversé à deux associations caritatives. La promotion deux mois avant Des habitués sont venus « par sympathie », « pour la convivialité » et pour « passer un bon moment entre nous ». Le nombre de nouveaux visages est important. « C’est la première fois que nous étions libres à cette date » confie Sylvie, venue avec cinq amis. Le côté « guinguette » plaît à Mélanie et Morgan. Le cadre champêtre, la vue sur le mont Saint-Odile, « ça change du restaurant » jugent Yves, René, Sylvie et Deborah. La liberté de vadrouiller de table en table, de lier conversation avec les uns et les autres séduit. Sonia relève le « paradoxe » du mariage entre tapas et vins d’Alsace. Elle n’est pas la seule. Marc trouve que « les blancs passent bien avec des mets un peu épicés ! ». Il a déjà apprécié qu’Antoine lui ai fait faire un rapide tour de cave et qu’il ait eu toutes les informations sur le déroulement de la soirée à son arrivée. Catherine a fait la promotion de l’initiative deux mois en amont de sa date programmée en publiant un encart dans un gratuit local, en l’annonçant sur la page facebook du domaine, sur le dépliant qui contient les tarifs 2018 et par l’inévitable bouche-à-oreille. Le rendez-vous obéit à des horaires bien cadrés. Tout démarre à 19 h. L’orchestre joue à partir de 20 h et donne un concert de 21 h à 22 h 30. La fin est programmée à 23 h 30, pour ne pas jouer les prolongations et pouvoir débuter le rangement dans la foulée. « C’est un bon public. À la différence du pique-nique du vigneron où l’assistance est plus familiale, de l’apéro gourmand où nous voyons davantage de couples de plus de cinquante ans, ici ce sont souvent des connaissances, des collègues de travail, des clients. Ils comprennent qu’un cadre soit fixé » lance Catherine. « Ce genre d’occasion fidélise par les bons moments que les participants ont partagés. Elle enclenche des ventes au caveau dans le mois qui suit. Mais nous l’organisons en premier lieu pour faire parler du domaine et de ses vins ».

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