Vie professionnelle

Section des anciens de la FDSEA du Haut-Rhin

« Non à l'isolement, oui à la revalorisation de nos retraites »

Publié le 05/04/2018

Alors qu'ils attendent toujours une revalorisation de leurs retraites, les anciens de la FDSEA du Haut-Rhin entendent peser dans les débats économiques et sociaux à venir. Le projet de loi de finances 2018 ne les rassure pas. Au quotidien, ils sont également incités à se former à...l'informatique.

« Nous avons péniblement obtenu 75 % du Smic, nous attendons toujours les 85 %. Qui accepterait aujourd'hui de vivre avec de telles retraites? Une nouvelle fois, les retraités agricoles passent après tout le monde  », s'agace le président de la section des anciens de la FDSEA du Haut-Rhin Jean-Paul Obrecht. Il s'est exprimé devant une belle assistance mardi 27 mars lors de l'assemblée générale à Sainte-Croix-en-Plaine. L'occasion de revenir sur une année 2017 difficile comme l'ont rappelé dans leurs rapports d'activités, les vice-présidents Gabrielle Rolli et René Quintlé. Le dossier du moment reste celui de la loi de finances 2018 adoptée le 21 décembre 2017. « Nous vivons avec une moyenne de 760 € de retraite par mois et nous sommes 1,4 millions de retraité agricoles. Dans le même temps, l'Etat se permet de voter des budgets déficitaires depuis 1974. Celui de 2017 dépasse les 69 milliards. La dette est de 2 170 Md€ soit 98,4 % du produit intérieur brut (PIB) », constate Jean-Paul Obrecht. Le projet de loi finances 2018 part cependant sur une croissance de 1,7 % avec comme objectifs, le redressement durable des comptes publics par la baisse de la dépense publique, l'amélioration de la sincérité du budget et la transformation en profondeur des politiques publiques. « Il est évoqué le fait de redonner du pouvoir d'achat, de valoriser le travail, de lutter efficacement contre le chômage, mais rien sur les retraites. Par contre, l'Etat veut supprimer l'impôt sur la fortune (ISF) et créer un impôt sur la fortune immobilière (IFI) ». Initiation à l'informatique Dans une société en mouvement, les retraités ne restent pas immobiles. Ils constatent que l'Etat dématérialise ses services (déclaration d'impôt) et de nouveaux services se développent spécifiquement sur Internet (MSA, assurances et banques en lignes, TéléPac, achats, etc...). « Comme nous ne voulons pas dépendre de l'aide de nos enfants ou de nos familles et surtout, garder notre indépendance, il est primordial de savoir utiliser ces nouveaux outils. Nous entendons proposer, avec nos partenaires, des formations d'initiation à l'informatique, mais également à des outils comme des tablettes spécifiques au public des retraités », précise Gabrielle Rolli. « FACILOTAB », une tablette facile d'accès avec une ergonomie et une taille de caractères adaptées pour faciliter la lecture et la vision est présentée. Il est possible d'y installer différentes applications, d'avoir un accès facile aux messages (mails), de stocker des photos et de se divertir avec des jeux. Des demies journées de formations ouvertes au plus grand nombre sont prévues. L'autonomie, c'était également le sujet de l'intervention de Daniel Rebert, représentant du conseil départemental de la citoyenneté et de l'autonomie (CDCA). Il s'agit d'une instance consultative chargée, dans le Haut-Rhin, de participer à l'élaboration et à la mise en oeuvre des politiques liées à l'autonomie et à la citoyenneté des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Perte d'autonomie, accès aux soins, accessibilité des logements, transport, activité physique ou encore le soutien des proches sont autant d'enjeux majeurs avec l'avancée dans l'âge.  

JA's Day à Mulhouse

L'agriculture est en ville

Publié le 04/04/2018

Associés aux commerçants des « Vitrines de Mulhouse », les jeunes agriculteurs du Haut-Rhin ont réussi leur exercice de communication à l'occasion du « JA's Day » samedi 31 mars, place de la Réunion à Mulhouse. Une belle occasion de présenter l'agriculture aux consommateurs urbains.

Des vaches, des tracteurs, des chèvres, un cochon, des produits du terroir, des organisations professionnelles et surtout des jeunes agriculteurs. Le monde agricole a profité, l'espace d'une journée, pour communiquer sur la réalité du métier. Pas celle, volontairement imagée et très souvent négativement, présentée dans les médias nationaux. Pas celle des lobbies anti-tout et surtout anti-agriculture qui se nourrissent des peurs et des méconnaissances pour promouvoir un « agri-bashing » toujours plus consternant. Mais, celle d'un monde paysan qui produit, qui travaille, qui entretient les paysages, qui respecte l'environnement et qui participe, positivement, à l'évolution de la société. Une belle occasion pour le public, à commencer par de nombreux parents, de se faire expliquer le lien entre la vache et le lait. « Au fait, elle a combien de mamelle la vache ? », demande l'animateur. Quatre ? Cinq ? Six ? En fait, elle a une seule mamelle, le pis, divisée en quatre quartiers qu'on appelle aussi des trayons » poursuit-t-il. De nombreux visiteurs apprennent également que la vache de race Salers est la seule qui a besoin d'avoir son veau à ses côtés pour donner du lait et dont les cornes sont en forme de lyre. « Et avec le lait, qu'est-ce qu'on fabrique ? », questionne encore l'animateur. Du fromage et du beurre bien sûr, que l'on retrouve au marché paysan tenu par les jeunes agriculteurs. « C'est bon, c'est quoi ? Du munster ? Ah, d'habitude j'aime pas trop mais celui-là, il est bon », s'étonne une passante face aux cinq variétés de munster issues d'exploitations différentes. « La vallée de Munster est dynamique, il y a une grande variété de produits et beaucoup de transformateurs à partir de lait de vache et de chèvre. Les gens sont surpris de voir qu'on fait du si bon fromage », confirme Gilles Lochert, secrétaire des JA du canton de Munster. Carré de Hachimette, bleu des Vosges, mais aussi saucisson et terrine de chèvre, miels, confitures et coulis de fruits, les consommateurs mulhousiens ont pu apprécier la richesse et la diversité de l'agriculture alsacienne. Une manifestation positive Lors de l'inauguration officielle, le président des JA 68, Ange Loing s'est félicité de l'organisation de cette journée. « C'est une belle opportunité de pouvoir venir ici sur ce marché de Pâques. Nous sommes là pour parler de l'agriculture. Il est important de montrer au public, aux consommateurs, les facettes positives de notre métier. Nous sommes souvent attaqués. Il est désormais temps de répondre et d'expliquer la réalité agricole. Cet agri-bashing a trop duré. Nous proposons des produits de qualité. Nous travaillons dans le respect de toutes et de tous, et surtout de notre environnement. Merci à la municipalité, aux « Vitrines de Mulhouse », à la Chambre d'agriculture Alsace et à nos différents partenaires de nous permettre d'organiser une telle journée. Car, oui, notre agriculture est belle dans toute sa diversité ». Des propos complétés par le député Raphaël Schellenberger : « Nous sommes dans une société où on a un retour vers une recherche de la qualité, de l'équilibre alimentaire. Et, en même temps, on tape sur les agriculteurs. Or, ce sont bien eux qui nourrissent la population et entretiennent les paysages. La polémique est toujours plus facile que la réflexion. Cette manifestation est positive. Elle permet de s'intéresser à la réalité de votre vie. Les agriculteurs sont des gens passionnés et engagés. Ils proposent tout au long de l'année, comme sur ces JA's Day, une agriculture riche et diversifiée. Bravo ». Le président de la Chambre d'agriculture Alsace, Laurent Wendlinger, a salué la présence du monde rural en ville. « Nous avons besoin de parler, d'échanger avec le monde urbain. Le contact en direct, sans intermédiaires, est important. Il permet d'expliquer, d'informer. Cette manifestation en est un exemple parfait. Elle présente la multiplicité des filières en Alsace. A l'avenir, nous allons continuer à évoluer, dans le respect de toutes et de tous, en développant les filières courtes, en dynamisant encore davantage ces filières qui ont été créées par nos grands-parents et nos parents. Oui, demain, l'avenir de l'agriculture passera par ces circuits courts. Nous devons y travailler en préservant, évidemment, toutes les formes d'agriculture ». Enfin, la maire de Mulhouse, Michèle Lutz a salué l'intérêt de la manifestation. « Nous ne le disons pas assez et nous ne le montrons pas assez. Votre métier est extraordinaire. C'est magnifique d'avoir une ferme au centre-ville de Mulhouse. Elle permet de découvrir votre métier, de promouvoir le bien manger et le bien vivre. Il faudra réitérer à l'avenir une telle journée ».

Mutualité sociale agricole d’Alsace

Mutualisation des services : bientôt la deuxième étape

Publié le 29/03/2018

La MSA d’Alsace a invité, le mercredi 21 mars à Schiltigheim, les délégués des échelons locaux de Strasbourg et de Molsheim à une réunion d’information. L’occasion de faire le point sur le chantier de la mutualisation des services.

La première étape de la mutualisation entre les Caisses de MSA d’Alsace, de Lorraine et de Sud Champagne a démarré en octobre dernier, explique Christelle Jamot, directrice de la MSA d’Alsace. Elle se traduit par la prise en charge par l’Alsace de l’activité santé-prestations en nature, à l’exception des indemnités journalières qui sont gérées par la Caisse lorraine. « Nous avons cédé l’activité retraite à la Lorraine (gestion des carrières) et à Sud Champagne (liquidation des retraites). » La réponse téléphonique suit les activités : les appels sont pris par les pôles téléphoniques compétents, mais les bureaux décentralisés sont toujours là pour accueillir les adhérents, c’est une exigence forte des administrateurs. La deuxième étape interviendra le 3 avril, avec la prise en charge par l’Alsace de l’activité cotisation des exploitants (hors employeurs) pour le compte de la MSA Sud Champagne. Dans le cadre de cette restructuration, l’activité prestations familiales est désormais gérée par la MSA Sud Champagne. « Les trois petits pôles devenaient trop fragiles, surtout en cas d’arrêts de maladie. Nous n’aurions pas pu tenir beaucoup plus longtemps. » La MSA Sud Champagne a étoffé son pôle prestations familiales et reprend une activité nationale, la garantie contre les impayés de pension alimentaire. Un gros effort de formation Cette nouvelle organisation entraîne un gros effort de formation : « 40 % de nos salariés sont en train de changer de métier ». Christelle Jamot a lancé un appel à l’indulgence : « Il faudra encore six mois pour atteindre la vitesse de croisière ». Deux numéros de téléphone à retenir : pour les adhérents (hors cotisations) : 03 89 20 78 68, de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 17 h du lundi au jeudi et jusqu’à 16 h 30 le vendredi ; pour les cotisants, 03 89 20 79 37 dès 8 h 30 et jusqu’à 17 h tous les jours. Une enquête récente montre que 83 % des adhérents sont satisfaits de la qualité de l’accueil téléphonique de la MSA d’Alsace, indique Christelle Jamot. Mais il est difficile de maintenir un personnel suffisant sur la plateforme téléphonique, dans une perspective de diminution des effectifs. « Nous sommes en train de mettre en place une organisation complètement différente de la plateforme de Strasbourg, avec plus de personnel, plus de rotations et une réponse à fournir sur un seul aspect, les prestations santé en nature. Nous sommes une des Caisses qui ont le moins poussé à la dématérialisation, pour permettre à nos adhérents de s’adapter progressivement et d’être formés aux outils numériques par nos formateurs. » Philippe Wolff, secrétaire de la Section des anciens exploitants de la FDSEA du Bas-Rhin (SDAE67), plaide pour le maintien des bureaux décentralisés afin de permettre une prise en charge locale des difficultés des adhérents, notamment des plus âgés qui ne sont pas à l’aise avec les outils informatiques. Nhan Ton TA, président de l’échelon local de Strasbourg, précise : « À la MSA d’Alsace, nous faisons tout pour garder la proximité avec nos adhérents ». 2 807 entreprises ont souscrit à la DSN en Alsace La déclaration sociale nominative (DSN) remplace désormais la majorité des déclarations sociales. « À la demande des pouvoirs publics, ce n’est plus nous qui calculons les cotisations sociales à la place de l’employeur. » Seules trois entreprises doivent encore rejoindre le dispositif. « Le démarrage a été compliqué : les logiciels des entreprises étaient obsolètes ou mal paramétrés et les contrôles effectués par le logiciel de la MSA trop lourds. Désormais, les contrôles se feront a posteriori sur les déclarations des employeurs. Quand tout fonctionnera, ce sera une simplification pour les employeurs, car la DSN leur permettra de faire plusieurs déclarations dématérialisées en un seul clic. » L’augmentation de la CSG, dont le taux passe de 7,5 % à 9,2 %, a fait couler beaucoup d’encre. Pour les non-salariés agricoles, la cotisation prestations familiales a baissé, son taux variant en fonction des revenus professionnels. En ce qui concerne la cotisation maladie, l’ancien gouvernement avait acté une baisse du taux de sept points. « Le nouveau gouvernement a décidé de manière unilatérale d’aligner le taux sur celui des autres régimes, variable en fonction du revenu professionnel. » De nombreux changements sont intervenus pour les salariés : en contrepartie de l’augmentation de la CSG, ils ne paient plus de cotisation salariale maladie. Par ailleurs, la cotisation chômage diminue, cette baisse se faisant en deux temps. À noter aussi une légère augmentation de la cotisation patronale maladie. « On observe une fiscalisation accrue de la sécurité sociale, puisque les recettes proviennent de plus en plus de l’impôt (CSG et CRDS) portant sur tous les revenus, et de moins en moins des cotisations. Cela permet de réduire les prélèvements sociaux sur les entreprises et les salariés : c’est plus équitable, puisque la sécurité sociale profite à tous les Français, et pas seulement aux actifs », précise Christelle Jamot. RCO : trop-perçu à rembourser Une erreur d’interprétation a conduit les MSA à verser trop de RCO (retraite complémentaire obligatoire) à de nombreux retraités, dont près de 4 000 en Alsace. Le montant moyen du trop-perçu est de 300 €. « Il s’agissait d’une mauvaise interprétation du Smic servant de base à la revalorisation des petites retraites agricoles. » Les remboursements sont en cours et s’étalent sur quatre mois, ou davantage si les retraités le demandent. « Nous avons réagi très tôt et prévenu les adhérents concernés avant qu’ils aient reçu leur extrait bancaire. La FNSEA et la SDAE nous ont aidés à expliquer le problème et ont négocié la neutralisation de l’impact fiscal de ce trop-versé. » La MSA va envoyer un courrier pour expliquer aux adhérents la procédure à suivre pour neutraliser l’impact fiscal de ce trop-versé. Attention : cela ne se fera pas automatiquement, il faudra faire la rectification à la main sur la déclaration d’impôt. « Nous avons demandé une revalorisation des retraites agricoles pour arriver à 85 % du Smic, indique Philippe Wolff, secrétaire de la SDAE67. Mais le gouvernement a botté en touche, nous renvoyant à la réforme des retraites en 2019. »

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