Vie professionnelle

Publié le 17/12/2020

D’habitude, la bière de Noël a le don de réchauffer les corps et les esprits, à l’approche des fêtes. Cette année, avec la fermeture des cafés, hôtels et restaurants, et l’annulation des marchés de Noël, elle peine à remplir sa mission. Une situation qui inquiète les petits comme les grands brasseurs de la région.

« Je ne vous promets pas de trouver une bouteille, si vous voulez prendre une photo », a averti Erwin Sohn, fondateur de la brasserie des 3 Mâts à Strasbourg, avant notre rencontre. Car, surprise en pleine morosité, Erwin a quasiment vendu toute sa production de bière de Noël. 20 hectolitres, soit près de 6 000 bouteilles. « L’année dernière, nous avons vendu 5 hectolitres au marché de Noël de Strasbourg. Depuis, nous avons eu la chance de trouver un distributeur et d’accéder aux GMS », se réjouit ce microbrasseur. En cherchant bien dans son hall de production de 300 m2, Erwin a trouvé une dernière « fabrika », comme il l’a nommée cette année, en clin d’œil à la fabrique du Père Noël et ses petits lutins. « Je l’ai brassée avec du rooibos, de l’orange et de la cannelle. C’est ça, le plaisir, avec la bière de Noël, tu peux prendre beaucoup de liberté dans la recette, aucune ne se ressemble », trouve Erwin. Même si cette ambrée pèse peu dans ses 1 000 hectolitres annuels, « elle est incontournable, car les gens l’attendent ».       [Vie de brasseur]… en carton ! Le résultat de 16h de boulot quotidien, quand on commence le brassage à 4h du matin et qu’on sait que la journée n’est pas finie ! Publiée par Brasserie 3 Mâts - Fabrique de bières artisanales sur Vendredi 6 novembre 2020     « C’est une bière charpentée, goûteuse, qui réconforte », confirme Nathalie Blessing, cogérante d’une microbrasserie à Waldhambach, sans tirer un bilan aussi positif qu’Erwin. « Généralement, nous sommes en rupture de stock dès le 23 décembre. Cette année, il nous reste la moitié de nos 3 000 litres », regrette la brasseuse, adepte du circuit court, des caves à bières et des magasins d’alimentation bio. « Notre boutique et ces relais sont restés ouverts, mais les gens ne consomment pas du tout comme au premier confinement, où l’envie de boire chez soi après une journée à retaper sa maison régnait. Là, le ras-le-bol l’emporte », constate Nathalie.     Moins de brassins Pour mettre à l’honneur sa bière de Noël, et montrer qu’elle « ne se marie pas seulement avec des tartes flambées mais se déguste aussi avec de la mousse au chocolat », la brasserie Blessing s’était associée avec un restaurateur de Graufthal. Une initiative tombée à l’eau, tout comme le marché de Noël de Bouxwiller, où Nathalie écoule, dans la convivialité, sa « ravigote », fabriquée sans arômes, comme au bon vieux temps, où la bière de Noël servait à vider les greniers, en fin d’année, pour faire de la place aux nouveaux grains. « Les marchés de Noël, c’est un peu notre 13e mois », rappelle Eric Trossat, gérant de la brasserie artisanale Uberach, dont les commandes ont baissé de 25 %. « Nous n’avons fait qu’un brassin, en septembre. Nous avons retiré celui de novembre, par prudence », indique-t-il. Dès la mise en place du couvre-feu dans la région, et l’annulation du traditionnel lancement de la bière de Noël, début novembre, à l’Hôtel de ville de Strasbourg, le président du syndicat des brasseurs d’Alsace pressentait une triste saison. « 30 à 35 % des volumes nationaux sont consommés hors domicile. Certaines brasseries, comme Meteor qui vend à 50-60 % dans le circuit CHR, vont souffrir et se retrouver avec un grand stock de fûts invendus », remarque-t-il.       Livraison de bières de Noël alsaciennes à la radio avec BRASSEURS D'ALSACE? Quelle est votre préférée ? ? Mais toujours avec modération ! Publiée par Top Music sur Mercredi 18 novembre 2020     Un horizon inquiétant Chacun essaie de pallier ce manque à gagner comme il peut. Contrairement au premier confinement, Eric Trossat doit s’en remettre au chômage partiel. « Chaque jour, un de nos cinq salariés reste chez lui », confie-t-il. Après avoir repris les fûts destinés aux cafés, bars, restaurants, et les avoir remboursés, la brasserie Kronenbourg a mené une opération tout aussi spéciale que solidaire, entre le 9 et le 19 décembre : vendre une partie de ces fûts, directement à la tireuse, dans huit supermarchés d’Alsace, des Vosges, et du Territoire de Belfort. « Les acheteurs pourront remplir des bouteilles d’un litre. La totalité des recettes reviendra aux points de vente », explique Philippe Collinet, directeur de la communication externe des brasseries Kronenbourg.   Vendredi 18 et samedi 19, la brasserie Kronenbourg débarque en magasin et vous fait découvrir la Bière pression à... Publiée par E.Leclerc Erstein sur Jeudi 17 décembre 2020   Le syndicat national des brasseurs indépendants a lui, mis en ligne une carte interactive pour référencer tous les adhérents qui vendent de la bière de Noël. « L’idée est de fédérer le public et les artisans car, au niveau national, nous recensons une perte de chiffres d’affaires de 50 %. Cela fait mal que la trésorerie soit touchée en décembre », précise Nathalie Blessing, référente dans le Bas-Rhin.       A la découverte des Bières de Noël & Brassins d’Hiver partout en France ! En cette période de crise sanitaire,... Publiée par Syndicat National des Brasseurs Indépendants sur Jeudi 19 novembre 2020     La bière de Noël n’est que la partie visible de l’iceberg brassicole, victime collatérale des décisions gouvernementales. « Les bistrots sont nos clients. Tant qu’ils seront fermés, nous n’aurons pas de visibilité. Si certains d’entre eux mettent la clé sous la porte, les brasseurs vont être encore plus fragilisés », note Jocelyne Lariven, la directrice de communication des Brasseurs de France. L’association milite actuellement auprès des ministères de l’Agriculture et des Finances pour abaisser les seuils d’accès aux aides. « En 2018 et 2019, 700 brasseries ont ouvert en France. Pour ces très jeunes entreprises qui ont beaucoup investi, c’est encore plus dur », poursuit-elle. En attendant des jours meilleurs, peut-être qu’une petite bière de Noël ne ferait pas de mal. De nombreux brasseurs en vendent aussi en coffrets cadeaux, une idée pour tous les budgets.

Publié le 08/12/2020

Intégrer les spécificités alsaciennes à la nouvelle Pac, c’est le souhait de nombreux élus de la CAA qui se sont exprimés lors de la session de la Chambre d'agriculture Alsace du 27 novembre, à Obernai. Extraits.

Paul Fritsch, représentant la Coordination rurale, s’interroge sur le caractère « commun » de cette nouvelle Pac et appelle à une convergence des normes sanitaires et environnementales dans l’Union européenne. En revanche, il n’est pas question de convergence sur les aides pour Pascal Wittmann : « On a déjà donné et bien donné, lors des précédentes réformes », lance le président de la FDSEA du Haut-Rhin. « Plus on mettra de temps pour converger, mieux ce sera », estime son homologue bas-rhinois Franck Sander, rappelant qu’historiquement, les aides à l’hectare sont plus élevées en Alsace, en raison de l’importance de la diversification. Pascal Wittmann se déclare également « farouchement opposé à la rotation à la parcelle » qui pénaliserait les éleveurs alsaciens et réduirait la part du maïs dans l’assolement à moins de 50 %. Ce choix constituerait une remise en cause de l’équilibre économique des petites structures, affirme le président de la FDSEA du Haut-Rhin. Tout se joue dans les mesures d’équivalence proposées. Thomas Obrecht rappelle qu’à la dernière réforme de la Pac, la certification maïs avait permis aux exploitations spécialisées de bénéficier de l’intégralité des aides Pac au titre du verdissement. Les mesures d’équivalence actuellement envisagées ne sont pas adaptées au contexte alsacien, estime l’élu haut-rhinois qui plaide pour « des propositions fortes et réalistes », comme l’intégration d’un pourcentage de cultures mellifères, le mulching renforcé ou la prise en compte du sous-semis dans le maïs de plantes captant l’azote. Pour des éco-régimes accessibles à tous La réforme de la Pac, dont l’un des enjeux est de préserver la souveraineté alimentaire de l’UE, doit allier enjeux climatiques et soutien à la compétitivité des exploitations, estime pour sa part Fabien Metz. Il plaide pour un premier pilier fort et un deuxième pilier permettant d’investir dans l’innovation. Les éco-régimes devraient y contribuer. Fabien Metz est favorable à un accompagnement dans la mise en œuvre d’actions qui répondent aux attentes de la société, mais il réclame en parallèle « une équité par rapport aux produits importés ». « Il est important qu’on puisse intégrer les spécificités de l’agriculture alsacienne dans la Pac 2023 et celles du maïs dans le plan stratégique national », juge encore l’élu bas-rhinois. Franck Sander craint que la future Pac, à travers le deuxième pilier, n’ouvre la voie à des distorsions de concurrence entre régions et qu’elle ne favorise un modèle agricole plutôt qu’un autre. Il insiste pour que les éco-régimes soient accessibles à tous. « La Pac et les aides représentent la part la plus importante du revenu de l’agriculteur. Chaque fois qu’on y touche, on touche au revenu de l’agriculteur », rappelle-t-il. Il réclame « une vraie politique d’investissement » et regrette que la gestion des risques climatiques n’ait pas été suffisamment intégrée dans le projet. En matière sanitaire comme en matière climatique, il est essentiel « de lisser le risque sur nos exploitations », juge Franck Sander. À propos de la Pac, Patrick Bastian, élu régional à la tête de la commission agriculture et forêt, réclame ardemment une simplification. « Il faut clarifier les choses sur le deuxième pilier. » Il estime qu’il faut se pencher dès maintenant sur l’après-transition et commencer à travailler sur la déclinaison régionale du Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations (PCAE) pour mettre en avant les spécificités alsaciennes. Dans la nouvelle Pac, tout le Grand Est sera classé région prioritaire pour l’accès au Feder (Fonds européen de développement régional) et au FSE (Fonds social européen). L’Alsace aura donc accès à ces fonds, à l’égal de la Champagne et de la Lorraine déjà classées prioritaires précédemment, selon Patrick Bastian.       ?‍???‍? [SESSION] La session de la Chambre d'agriculture Alsace, se tient cet après midi en présentiel (avec les gestes... Publiée par Chambre d'agriculture Alsace sur Vendredi 27 novembre 2020    

Anne Sander, députée européenne

Une Pac économique et environnementale

Publié le 07/12/2020

La réforme de la Politique agricole commune est en cours. Le Parlement européen vient de l’approuver. Mais, le parcours n’est pas terminé. Il faut maintenant travailler avec le Conseil des ministres et la Commission européenne pour trouver un accord final et commun. Invitée à s’exprimer lors de la session de la Chambre d'agriculture Alsace, le 27 novembre, à Obernai, la députée européenne Anne Sander a fait le point sur l’état d’avancement des discussions et le calendrier.

Si le texte approuvé par le Parlement européen n’est pas parfait, l’agriculture française et alsacienne revient de loin aux dires d’Anne Sander. Au départ des échanges, c’est l’ensemble de la Pac qui devait être revu dans son organisation. « Nous nous sommes battus pour avoir une Pac économique et environnementale. » L’environnement est d’ailleurs une ambition marquée au travers de la conditionnalité qui représentera 30 % des aides du premier pilier. L’enjeu maintenant est d’imaginer des mesures pragmatiques pour que les agriculteurs puissent y prétendre. Concernant l’agroforesterie et l’agroécologie, 35 % du second pilier est actuellement consacré à ces mesures environnementales. « Personne ne pourra nous dire que cette Pac n’est pas environnementale. Et quand j’entends que certains voudraient aller encore plus loin, j’estime que c’est déplacé et méprisant. Notamment eu égard au travail réalisé par le monde agricole », ajoute-t-elle. À propos des mesures économiques, le Parlement a souhaité maintenir un premier pilier fort, consacrant 60 % à l’aide de base (aides couplées et aux protéines végétales représentant a minima 6 %). Il y a également des mesures et une réserve de crise qui n’a jusqu’à présent jamais été activée. « Quant à la gestion des risques, on s’est battu pour une activation immédiate, mais les États ne se sont pas montrés enthousiastes. On l’aura à partir de 2023. On a cependant réussi à renforcer le rôle des interprofessions dans le droit de la concurrence », poursuit Anne Sander. Elle évoque également d’autres mesures fortes. À commencer par la volonté d’avoir une gestion de l’offre pour les organisations de producteurs ayant un signe de qualité. Le Parlement a également maintenu des mesures d’investissements dans le second pilier en faveur de l’irrigation. Par ailleurs, ce sont 8 milliards d’euros du plan de relance qui se trouvent dans le second pilier. 55 % au moins étant destinés à des mesures d’investissement pour préparer la suite. « Tout n’est cependant pas parfait. Lors d’une réunion avec les élus de la Chambre d'agriculture de l’Aisne, on m’a fait remarquer que, dans ce plan de relance, des agriculteurs en difficulté ne pourraient certainement pas investir. Il faudra effectivement mettre en place un accompagnement national. Il faudra également leur donner une visibilité pour se projeter dans l’avenir. » C comme commun Parmi les autres points, le Parlement s’est montré plus ambitieux pour les jeunes agriculteurs portant le budget transmission de 2 à 4 %. Les négociations se poursuivent pour le vin. L’optimisme est réel concernant le maintien des autorisations de plantation. Elles pourraient même être plus larges que prévu. Reste à connaître à quelle échéance. Anne Sander a insisté sur le C de la Pac : « Il faut davantage de commun dans cette politique agricole. Il faut la rationaliser avec des éco-régimes [verdissement, N.D.L.R.] commun et surtout les mêmes règles partout, au maximum. Nous nous battons pour réussir. » Reste ouvert, le débat des flux financiers entre les piliers. « Par ailleurs, j’insiste sur la nécessité d’avoir une Pac qui tienne la route et qui soit cohérente par rapport à nos objectifs. Il nous faut notamment une autonomie stratégique pour l’agriculture et l’alimentation. Des efforts sont encore à réaliser pour lever les incohérences. » La Pac à venir souhaite mettre en avant une agriculture de proximité, « de la ferme à la fourchette » avec une biodiversité valorisée par une baisse de l’utilisation des pesticides, le développement de la production bio. « Cette volonté est louable. Mais personne n’a vraiment calculé l’impact de ces mesures sur notre agriculture. Seule une étude américaine affirme que ces mesures pourraient engendrer une baisse de production de 12 %, une augmentation des prix de 17 % et des revenus en baisse de 16 %. Il est donc nécessaire que la Commission européenne fasse elle aussi une étude approfondie pour savoir où nous allons », note Anne Sander. Interrogée sur la convergence, elle sait ce que les agriculteurs ont déjà perdu. Concernant son rôle social, elle constate que tous les sujets sociaux ne sont pas de la compétence de l’Europe, mais des États membres. D’où la difficulté d’avancer sur des sujets majeurs comme les règles de transport en Europe. Pour la rotation maïs, « on a défendu le maintien de la diversification à la parcelle rotation. Mais cela n’a pas été retenu. La rotation a été introduite dans la BCAE 8 (bonnes conditions agricoles et environnementales) », précise la députée européenne. Il faudra encore définir les contours, une compétence des États membres. Elle a également rappelé que les éco-régimes sont obligatoires pour les États membres et volontaires pour les agriculteurs. « Il va falloir aider les agriculteurs pour aller chercher ces aides car à l’étranger ils vont se débrouiller pour les avoir », conclut l’élue qui insiste sur la nécessaire cohérence nationale.

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