Vie professionnelle

ZNT – Le projet de la FDSEA du Bas-Rhin

Des fleurs pour rapprocher les cœurs

Publié le 07/10/2020

Depuis le 1er janvier 2020, les agriculteurs sont tenus de respecter des zones de non-traitement à proximité des habitations. Dans ce dossier épineux qui avance au rythme un peu lent des consultations publiques, la FDSEA du Bas-Rhin a décidé de prendre le taureau par les cornes. Le 3 octobre, le syndicat a proposé aux maires du canton de Soultz-sous-Forêts une solution pour aménager ces espaces, dans l’espoir de satisfaire les intérêts de tous : agriculteurs, élus et riverains.

Plusieurs fois par an, l’Amicale des maires du canton de Soultz-sous-Forêts organise des sorties de terrain. Mais, à cause des restrictions sanitaires actuelles, difficile de s’attrouper dans les entreprises. Alors, samedi 3 octobre, le rendez-vous est donné, en plein air, à la ferme de Georges et Mathieu Werly, à Birlenbach. Voilà six ans que le groupe d’élus n’a pas visité d’agriculteurs, les hôtes du jour s’en donnent donc à cœur joie, avec deux objectifs : partager leur savoir-faire et discuter d’une solution concrète pour aménager les fameuses zones de non-traitement. Le fils, Mathieu, casquette vissée sur la tête, introduit d’abord son étable où une cinquantaine de vaches laitières cohabitent et produisent près de 700 000 litres par an, une performance qui tient au robot acquis en 2015 et qui impressionne les 23 élus. Un peu plus haut, c’est Georges, le père, qui présente ses « athlètes de haut niveau » : les futures génisses. Dans ce deuxième bâtiment, certaines apprennent à manger seules de la pulpe de betterave et des fourrages tirés de leurs 110 hectares, à marcher sur du caillebotis, d’autres séjournent pendant leur congé maternité, avant de vêler.     Sur invitation de @FDSEA67 les maires du canton de #Soultz à la découverte du monde #agricole et explications #ZNT @EAVPHR #lAgricultureElleAssure pic.twitter.com/1U3Fq0WfmF — Germain Schmitt (@germain_schmitt) October 3, 2020     Des bandes mellifères de cinq mètres Désormais assis au pied des ballots de paille, les visiteurs reprennent leur fonction, car il faut parler des « zones de non-traitement » imposées par l’État depuis le 1er janvier auprès des habitations, et qui suscitent de nombreux débats. Pour cela, la FDSEA du Bas-Rhin, en collaboration avec les Jeunes Agriculteurs, est venue avec une proposition : sur cinq mètres de large, et non trois comme prévu initialement, les agriculteurs s’engageraient à mettre en place et gérer des bandes mellifères. En retour, les maires verseraient 100 € par bande de 5 m de largeur et 100 m de longueur, pour compenser les pertes de rendement et rémunérer l’entretien des espaces. « Ce n’est pas anodin, en passant de 3 à 5 m, nous voulons surtout tendre la main aux riverains, leur montrer que les agriculteurs sont prêts à faire un effort », développe Yohann Lecoustey, le directeur de la FDSEA 67 devant son auditoire. « Ensuite, nous faisons le choix de couverts mellifères pour trois raisons. D’abord, pour favoriser la biodiversité, comme le souhaite la population, ensuite pour s’inscrire dans la tradition des villages fleuris d’Alsace, enfin pour éviter les dépôts sauvages ou la circulation comme cela peut arriver sur les bandes enherbées », argue-t-il. « Mais, si on attire les abeilles, l’interrompt un maire, les gens pourraient être piqués. Qui en sera responsable ? » Ce à quoi le syndicaliste a une réponse toute trouvée. « La société de consommation nous demande de faire plus pour protéger la nature, donc je rigolerai dans ma moustache si quelqu’un nous reproche la présence d’insectes pollinisateurs. » Il lui faut aussi expliquer la question du coût. « Pour calculer la compensation envers les agriculteurs, nous nous sommes appuyés sur les barèmes de la Chambre d’agriculture, et sur le chiffre d’affaires moyen d’un exploitant auquel on a retiré les charges opérationnelles non réalisées, et ajouté le coût d’implantation », complète le syndicaliste. Quelques moues accueillent son argumentaire. « Mais cette perte doit être compensée par qui ? N’est-ce pas le rôle de l’État ? », demande un élu. « L’État compense rarement », lâche Yohann Lecoustey, cynique et désabusé à la fois. Un investissement justifié C’est pourquoi, avec sa proposition, la FDSEA mise sur la mobilisation locale pour s’attaquer rapidement au problème et surtout y apporter une réponse durable. « Dans votre secteur, nous n’avons pas trouvé de communes concernées par des distances folles, tente de rassurer Yohann Lecoustey. Nous pourrons vous aider à identifier les parcelles cadastrales concernées. » La FDSEA a déjà soumis cette idée de convention entre maires et agriculteurs lors de la consultation publique pour la charte départementale sur les ZNT, en étude actuellement à la préfecture. Même si le texte est rejeté, rien n’empêchera les collectivités et les agriculteurs de signer un contrat de droit privé. Cet automne, Elisabeth Weinling-Hamel, la nouvelle maire de Lobsann, a prévu d’organiser une réunion avec les agriculteurs qui ont des terres en bordure du village, car les relations se tendent avec les 640 habitants du village. Elle leur soumettra cette convention. « C’est la boîte à outils qui va me sauver la vie, s’enthousiasme l’élue. Et la meilleure solution sur le fond, car elle permet de régler les problèmes des risques sur la santé des gens, et de renforcer l’image des agriculteurs. C’est d’ailleurs très appréciable que cette idée vienne d’eux. » La question du coût ne l’inquiète pas trop. Sur sa commune, seule une centaine de mètres entre dans les zones de non-traitement. « C’est un investissement certes pour notre petit budget de fonctionnement, mais une dépense qui se justifie. Je ne veux pas que dans 50 ans, on reproche aux communes de n’avoir rien fait », ajoute-t-elle. Mais, la proposition de la FDSEA est-elle applicable à des communes plus grandes ? Certains maires en doutent. « Moi, j’ai 200 mètres linéaires à couvrir, donc ce ne sera pas trop embêtant, mais pour les agglomérations, ce sera plus compliqué financièrement », évalue Dominique Schneider, maire de Merkwiller-Pechelbronn. En attendant l’aide de l’État Des municipalités du secteur ont d’ailleurs déjà adopté une autre solution, plus accessible. Fraîchement élue au printemps, la nouvelle municipalité de Soultz-sous-Forêts-Hohwiller a conclu avec les agriculteurs de transformer les ZNT, qui couvrent un peu plus d’un kilomètre, en bandes enherbées. « Nous nous sommes inspirés des chiffres prévus pour le dédommagement des surfaces à abandonner contre les coulées de boue, et cela nous revient à quatre fois moins cher que les bandes mellifères », compte le maire, Christophe Schimpf. Mais il ne s’interdit pas d’opter pour un embellissement floral, si l’État apporte la dotation nécessaire. « Normalement, l’État doit verser 0,10 € par m2 pour compenser le manque à gagner, c’est prévu, mais ça traîne. Après, il faudra aussi que les agriculteurs s’y retrouvent », pondère l’élu. Car, les bandes mellifères ne rapporteront rien aux premiers concernés. « Je ne pourrai pas me le permettre », dit franchement Jean Walter, un jeune exploitant de 30 ans. Il possède 40 hectares, dont 20 ares en bordure du village de Lobsann, qui lui rapporte quelque 80 quintaux de blé et 100 quintaux de maïs à l’hectare par an. Il accueille aussi des chevaux en pension. « Je suis déjà obligé d’acheter du fourrage à l’extérieur à cause de la sécheresse, donc je transformerai ces zones en herbage pour ne pas trop perdre, surtout que par endroits, je devrai sûrement sacrifier toute la parcelle, regrette celui qui est déjà passé à l’agriculture raisonnée sur ses parcelles situées entre des maisons. Ce n’est pas tant le fait d’être indemnisé qui m’intéresse, mais de pouvoir continuer à produire. » Ce projet devra donc s’adapter aux besoins de chacun et la FDSEA en est consciente. « Tout cela ne peut être que volontaire et s’il le faut, nous développerons une option herbage », concède Yohann Lecoustey. Avant Birlenbach, la FDSEA a déjà présenté son projet devant les maires de la Communauté de communes du Kochersberg. Une première convention devrait être signée dans les prochains jours à Truchtersheim. « Notre objectif, c’est que tous les maires du département adoptent la même posture. Notre département pourrait être pionnier car, à ce jour, nous sommes les seuls à proposer ça », rêve Yohann Lecoustey. À voir si ce modèle est duplicable ailleurs en France car rares sont les villages où les habitations sont aussi regroupées qu’en Alsace. Mais rien n’est impossible pour gagner en sérénité.

Publié le 28/09/2020

Exploitations agricoles, entreprises artisanales ou industrielles, commerces : toutes les entreprises ont vu leur activité bousculée par la crise sanitaire. Les chambres consulaires, qui les ont accompagnées jusqu’ici, dressent un premier bilan. Avec un message commun : celles qui sont en difficulté doivent se signaler sans attendre.

Rester optimiste malgré tout : lors d’une conférence de presse de rentrée, organisée le 14 septembre à Strasbourg, les représentants des trois Chambres consulaires - Chambre de commerce et d'industrie Alsace Eurométropole (CCI), Chambre d’agriculture (CAA) et Chambre de métiers d’Alsace (CMA) - ont choisi de ne pas ajouter au catastrophisme ambiant. La crise sanitaire a certes touché l’ensemble des entreprises, mais à des degrés divers, ont exposé Jean-Luc Heimburger, président de la CCI Alsace Eurométropole, Denis Ramspacher, président de la CAA, et Jean-Louis Freyd, vice-président de la CMA. Le confinement a conduit certaines d’entre elles à arrêter provisoirement leur activité. Il a fallu les aider à se remettre en marche : à trouver du matériel de protection, s’y retrouver dans les mesures de protection des salariés et dans les dispositifs d’aide, à se réorganiser, a énuméré Jean-Luc Heimburger. « La situation était inédite, il était nécessaire qu’on se parle beaucoup ». Les conseillers de la CCI ont appelé 5 500 entreprises sur les 80 000 ressortissants de la CCI. La Chambre d’agriculture a organisé des visioconférences avec les différentes filières agricoles pour prendre la mesure des difficultés rencontrées et les faire remonter auprès des organismes concernés. Elle a instauré une « foire aux questions » sur son site internet pour répondre aux questions les plus courantes des agriculteurs. La CMA, de son côté, a mis en place un numéro spécial avant même le confinement, puis lancé des « webinaires », autrement dit des séminaires à distance, permettant d’accompagner les chefs d’entreprises artisanales dans la reprise de leur activité.   ??‍????‍? Conférence de presse des trois chambres consulaires, CCI, Chambre des métiers et Chambre d’agriculture,... Publiée par Chambre d'agriculture Alsace sur Lundi 14 septembre 2020   Le commerce et les services souffrent Où en est-on aujourd’hui ? Dans le commerce et l’industrie, où le chiffre d’affaires et les carnets de commandes sont en recul sur le premier semestre, les chefs d’entreprise sont confiants quant aux perspectives à venir. Ce sont surtout le commerce et les services qui souffrent, note Jean-Luc Heimburger, qui s’appuie sur une enquête réalisée par la CCI Alsace-Eurométropole début juillet. L’industrie et le BTP semblent moins touchés, surtout quand il s’agit d’entreprises de plus de 50 salariés. Pour autant, il ne faudrait pas qu’un nouveau confinement vienne s’ajouter au premier. Ce serait catastrophique, juge le président de la CCI, qui mentionne des problèmes de trésorerie chez plus de la moitié des entreprises interrogées mais un niveau d’emploi « stable pour le moment ». En agriculture, l’activité s’est maintenue pendant le confinement, hormis chez les horticulteurs. Mais la crise sanitaire est venue aggraver la situation dans certaines filières déjà touchées par une conjoncture difficile ou par la sécheresse, fait valoir Denis Ramspacher. La viticulture est fortement touchée, la consommation de viande est en baisse mais les fruits et légumes s’en sortent correctement et la volaille permet toujours d’installer des jeunes grâce aux possibilités de transformation locale. Les circuits courts ont été plébiscités par les consommateurs mais « si on veut des produits locaux, il faut accepter d’en payer le prix », souligne le président de la Chambre d’agriculture Alsace. Il espère bien que la demande pour ces produits va se maintenir mais constate aussi que la grande distribution est en train de rediscuter les prix vers le bas. Le naturel, décidément, revient au galop. Une relance de l’économie de proximité L’hôtellerie et la restauration sont toujours « en grande souffrance ». De même que l’imprimerie, les taxis, les fleuristes, le secteur de l’esthétique et celui l’événementiel, note pour sa part Jean-Louis Freyd. Les entreprises malmenées « sont plombées par le manque de trésorerie », dit-il en se prononçant pour « une relance durable de l’économie de proximité ». S’agissant de l’apprentissage, qui constituait un motif d’inquiétude pour la CMA avant l’été, les choses sont rentrées dans l’ordre puisque le nombre des contrats d’apprentissage est en hausse dans les centres de formation des apprentis d’Eschau, de Colmar et Mulhouse. De plus, les investissements prévus par les artisans dans le cadre des appels à manifestations d’intérêt sont bien partis, indique Jean-Louis Freyd. Dès le départ, une réaction assez forte s’est manifestée pour soutenir l’économie tant au niveau de l’État que des collectivités, se réjouit Jean-Luc Heimburger. Cela ne suffira sans doute pas à éviter la casse mais les dispositifs mis en place, tel que le plan de relance pourtant « très complexe » prévu par le gouvernement - sont les bienvenus. Le président de la CCI insiste sur l’importance de la commande publique pour soutenir les entreprises et réclame l’étalement de certaines charges, les charges sociales et fiscales en particulier mais aussi la TVA (taxe sur la valeur ajoutée). La CCI a mis en place une cellule de soutien pour les entreprises rencontrant des difficultés : 375 entreprises ont été prises en charge dans le cadre de ce dispositif entre mars et août. Il est important que les chefs d’entreprises concernés se déclarent pour qu’ils puissent être accompagnés au plus vite, y compris sur le plan psychologique. Les agriculteurs, eux, peuvent faire appel à la cellule Réagir, en place depuis quelques années. Une centaine d’entre eux est suivie et bénéficie d’un accompagnement social et économique leur permettant de surmonter leurs difficultés, voire de se réorienter, indique Denis Ramspacher. De nouveaux enjeux Au-delà de la crise sanitaire, les entreprises, quelle que soit leur affiliation, sont confrontées à de nouveaux enjeux : produire selon « un modèle plus durable, plus écoresponsable, plus citoyen », résume Jean-Louis Freyd. Ce qui, en agriculture, se traduit par la recherche d’une meilleure utilisation et préservation des ressources et d’un « mieux vivre ensemble ». Preuve que des réponses communes peuvent être trouvées sur certains de ces enjeux, le lancement, en pleine crise du Covid-19 d’un site de « business sourcing » recensant 547 entreprises de la région dans le but de faciliter le recours à des sources d’approvisionnement locales.

Publié le 26/09/2020

Afdi 68, association de solidarité internationale connue et reconnue dans le monde agricole haut-rhinois, lance, en cet automne 2020, un appel aux dons pour son partenariat au Mali.

Depuis de nombreuses années, Afdi 68 a soutenu la création et le développement d’un collectif d’organisations paysannes, le CLCR, dans la région de Sikasso, au Mali. Cette organisation joue un rôle très important auprès des agriculteurs de la zone, en leur proposant des formations et un accompagnement technique, économique et en participant au renforcement des coopératives locales. Cette année, parce que plusieurs évènements ont dû être annulés, l'association lance un appel aux dons pour compléter le budget de ce partenariat. Les dons serviront en intégralité à des actions de terrain menées auprès des agriculteurs maliens. Jusqu'au 15 octobre, rendez-vous sur le site HelloAsso pour des dons en ligne sécurisés.  

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