Vie professionnelle

Publié le 03/09/2020

Entre le port du masque obligatoire et l’application rigoureuse des gestes barrière contre le Covid-19, la rentrée 2020 des lycées agricoles haut-rhinois avait une drôle d’allure mardi dernier, sans stress apparent. Une « normalité » inconfortable qu’il faudra surmonter pour assurer la réussite et l’apprentissage des élèves tout au long de l’année.

Comme une année normale, ou presque. Comme dans toutes les écoles de France, la rentrée des lycées agricoles haut-rhinois de Rouffach et Wintzenheim a eu, cette année, un visage particulier : bleu, blanc, multicolore, en tissu, chirurgical, lavable ou non. Le port du masque est désormais obligatoire. Et, bien entendu, pour tout le personnel qui a su préparer au mieux l’arrivée des élèves mardi matin. Une satisfaction évidente pour le nouveau directeur général de l’EPLEFPA Les Sillons de Haute-Alsace Jean-Luc Prost. « Tout a été mis en œuvre pour que les élèves soient bien accueillis, mais aussi rassurés, tout comme leurs parents. »     Message aux élèves et aux familles : le détail de l'organisation de la rentrée vous a été envoyée par mail. Vous pouvez... Publiée par Lycée de Rouffach sur Jeudi 27 août 2020   « Ce ne sera pas comme avant » L’Établissement public local d’enseignement et de formation professionnelle agricole (EPLEFPA) des Sillons de Haute-Alsace regroupe le lycée agricole de Rouffach et le lycée du Pflixbourg, à Wintzenheim. Depuis le 1er septembre, les deux établissements d’enseignement agricole appliquent strictement le protocole sanitaire en vigueur. Pas de passe-droit, pas d’aménagement ni d’assouplissement, en tout cas pas pour le moment. Ce qui veut dire masque en permanence vissé sur le visage dès qu’on franchit les murs de l’établissement, gels hydroalcooliques à l’entrée des bâtiments, des classes ou dans les couloirs, et nettoyage obligatoire de son poste de travail une fois la tâche terminée. « La mise en pratique des ateliers, travaux pratiques ou des cours de sport va être un peu moins facile qu’à l’accoutumée. Mais nous devrons faire avec, nous n’avons pas le choix », reconnaît Gilles Cadieu, directeur du CFAA (Centre de formation des apprentis agricoles). La question du confort se pose aussi pour les élèves internes qui doivent porter le masque du matin jusqu’au moment d’aller se coucher, soit une quinzaine d’heures.   Aujourd'hui c'est jour de rentrée pour nos nouveaux élèves de seconde et troisième ! ??? Bienvenue au Pflixbourg ! Publiée par Lycée du Pflixbourg sur Lundi 31 août 2020   Des assouplissements espérés Mais pour l’instant, les « règles sont les règles » et doivent être appliquées par « toutes et tous », rappelle Jean-Luc Prost. « Avec la rentrée, on attend de voir s’il y a un rebond de l’épidémie ou non. Ces quinze à vingt prochains jours vont être déterminants. » À terme, il espère néanmoins qu’un assouplissement soit accordé pour certaines situations précises, au cas par cas. « Même pour les travaux en plein champ, dans la mesure où nos exploitations sont dans l’enceinte de nos établissements, les masques doivent être obligatoirement portés. Idem pour les travaux dans les ateliers sur des postes de soudure par exemple. Dans ce genre de situations, un assouplissement serait en effet le bienvenu. Mais pour l’instant, il n’est pas de mise dans les établissements scolaires », rappelle le directeur général.   Bienvenue au Pflixbourg à nos étudiants de BTSA ! ? Aujourd'hui, jour de rentrée des étudiants. Publiée par Lycée du Pflixbourg sur Mardi 1 septembre 2020   L’expérience « bénéfique » du mois de juin Malgré cet inconfort imposé, Gilles Cadieu a trouvé cette rentrée plutôt « simple » malgré le contexte. La réouverture de l’établissement au mois de juin, après le confinement, a été très bénéfique pour la préparation de la rentrée. « Cette période était, elle, très compliquée pour nous, mais cela nous a fait une expérience qui nous aide bien aujourd’hui. » Pierre-Yves Granata, directeur adjoint des Sillons de Haute-Alsace, complète : « Dès la sortie du confinement, toutes nos équipes se sont mobilisées pour terminer au mieux l’année scolaire, et préparer la rentrée de septembre. Cet investissement de l’ensemble du personnel porte ses fruits aujourd’hui. »   Retour au lycée pour nos premières et terminales aujourd'hui ? Bienvenue au lycée pour cette nouvelle année ! Publiée par Lycée du Pflixbourg sur Mercredi 2 septembre 2020   Une clause « Covid » pour les stagiaires Cette « bataille » contre le Covid-19 devra aussi se faire en lien étroit avec le monde professionnel, à travers les entreprises qui accueillent des stagiaires, ou qui en envoient en formation à Rouffach ou Wintzenheim. « C’est important que tout le monde fonctionne en symbiose si on veut que cela fonctionne », résume Jean-Luc Prost. Dans les faits, l’école doit s’assurer que l’entreprise où l’élève part en stage, est en conformité avec ses règles sanitaires. « Ça n’allait pas forcément de soi au départ, notamment au sein d’exploitations agricoles qui n’ont pas de salariés, donc sans protocole strict, mais qui accueillent des stagiaires. C’est pour cela que nous avons communiqué avec les maîtres de stage pendant tout l’été. Au final, nous avons ajouté une clause « Covid » à la convention de stage. Cela reste perfectible, mais au moins, les choses sont un peu mieux cadrées », ajoute la directrice adjointe du CFPPA, Françoise Cousin.

Publié le 09/08/2020

Étudiant, Albert Fuchs consacre une grande partie de son temps libre à filmer et à photographier le monde agricole. Sa chaîne Youtube connaît un certain succès. Il est également présent sur les réseaux sociaux pour partager sa passion.

Fils d’agriculteurs à Bollwiller qui exploitent des céréales, mais également 13 hectares de vignes, Albert Fuchs, 19 ans, trouve lui-même de l’intérêt pour le monde agricole. Il effectue un BTS Génie des équipements agricoles (GEA) avec pour objectif de travailler à terme en tant que technicien ou commercial. Il a toujours suivi les travaux à la ferme. Quand il le peut, il aide ses parents. Dès son plus jeune âge, Albert s’est rapidement intéressé aux nouvelles technologies, mais également à la mécanique et aux jeux électriques. « Petit, j’avais un hélicoptère télécommandé. Je passais des heures à jouer avec, à effectuer des parcours. Un jour, il s’est cassé. En cherchant des pièces pour le réparer, je suis tombé sur un drone avec quatre hélices. À l’époque, les drones n’étaient pas encore connus. Ils étaient peu utilisés. La marque n’existe d’ailleurs plus aujourd’hui. Je l’ai acheté avec mes économies », explique le jeune homme. Il installe une caméra sur ce drone et commence à filmer les champs. Pour son seul plaisir, mais également par curiosité. Il voulait voir ce que cela donne et s’il arrivait à trouver de bons angles. « Ma première vidéo a ensuite concerné le travail de déchaumage à la ferme. J’ai pris le temps qu’il fallait en m’intéressant à toutes les spécificités de ce travail et de ce moment. Au départ, je voulais garder ce film en souvenir pour la famille. Je l’ai publié en ligne. Et les vues ont été nombreuses. Les commentaires étaient positifs. Cela m’a motivé », ajoute Albert Fuchs. Il va ensuite multiplier les vidéos en filmant tous les travaux agricoles de chaque saison. Les semis, les moissons, les vendanges, ou encore le travail en cave. « Là encore, je n’avais pas d’objectif précis. J’avais du temps libre et j’admirais mes parents au travail. C’était ma façon très personnelle de participer à la vie de la ferme », ajoute Albert Fuchs. Le plaisir de la photo Les publications du vidéaste vont connaître une certaine notoriété avec la création de sa chaîne Youtube : Agri 68 Vidéo. Là encore, la curiosité et le plaisir sont ses premières motivations. Le choix du nom de sa chaîne est en rapport avec la nature des vidéos. Il a également fallu trouver un nom qui n’était pas « protégé » ou déjà utilisé par un autre youtubeur. « Agri 68 » était également utilisé par une entreprise. Depuis, les publications ont été plus ou moins régulières. « Je n’ai jamais cherché à faire de l’audience ou à en faire mon métier. Mes vidéos sont tournées quand je n’étudie pas et quand je suis sur la ferme. Au total, il y a eu une vingtaine de vidéos environ. Elles durent entre deux et cinq minutes. À chaque fois, je m’attache à filmer le travail effectué, les lieux où cela se passe. J’y ajoute de la musique, parfois un témoignage. Mais, ça, c’est beaucoup plus rare. Le travail est simple car je n’ai pas de contrainte », poursuit le jeune homme. Certaines vidéos ont cependant été commandées. « J’ai alors accepté pour rendre service. Depuis plusieurs années, je suis chez les pompiers. Ils m’ont demandé de faire une vidéo sur une formation d’une de leur section. C’était facile car je connais également du monde là-bas. Je fais aussi les photos du calendrier des pompiers de Soultz », précise Albert Fuchs. La photographie est justement sa seconde passion. Elle est plus récente. Il vient de s’acheter un deuxième appareil photo qui lui permet de travailler dans de meilleures conditions. « Cela fait quelque temps que je photographie ce qui me vient à l’esprit. Un peu de tout. Un instant que je trouve important. La photo permet d’avantage de retenir les détails d’un moment. Souvent, je photographie la même chose, mais avec différentes prises de vues. Et là également, c’est pour mon seul plaisir », raconte le jeune homme. Mais ses drones ne sont jamais très loin. Même s’ils sont peu utilisés, il les entretient. « Celui que je n’utilise plus, je le garde précieusement au cas où. Le plus récent, je l’ai ressorti il y a quelques semaines pour filmer une moissonneuse », annonce Albert Fuchs. Une moissonneuse qui a également été photographiée. « Je l’aime bien cette moissonneuse car c’est la nouvelle de la marque Case que mon père a achetée l’année passée. C’est donc intéressant de la filmer. » Plus de 150 000 vues Il est également présent sur les réseaux sociaux (Facebook et Instagram). Il y ajoute souvent ses vidéos. La dernière date du 26 juillet. Pendant un peu plus de deux minutes, il a filmé une démonstration de moisson de blé organisée par Techniques agricoles. La spécificité de cette moisson du blé ? Elle est réalisée avec cette fameuse moissonneuse Case Axial 7250. La vidéo la met bien en valeur tout comme le travail effectué dans les champs. Le tout, en musique. Fin juillet, la vidéo avait déjà été vue à plus de 400 reprises. Sur Youtube, sa chaîne est suivie par 557 abonnés au 30 juillet dernier. Active depuis juillet 2015, elle a déjà bénéficié de 168 094 vues. Ce qui, pour un simple amateur passionné est déjà une audience fort appréciable. « Je ne cherche rien d’autre qu’à partager mes passions. J’invite les gens à passer faire un tour sur cette chaîne Youtube et à y aller laisser leurs commentaires. Pour le reste, mes futures vidéo seront réalisées selon mes envies. Je fais comme ça vient », conclut Albert Fuchs.    

Publié le 01/08/2020

Le 22 juillet, la profession agricole et viticole alsacienne s’est réunie pour présenter son projet de charte visant à encadrer les pratiques agricoles et viticoles à proximité des habitations. Une démarche « ambitieuse » et « pragmatique » qui entend répondre aux enjeux environnementaux et de santé publique liés à son activité, tout en assurant aux agriculteurs et viticulteurs la viabilité économique de leurs entreprises.

Bien vivre ensemble, enfin. C’est tout l’enjeu de la nouvelle charte d’engagement que la profession agricole alsacienne a imaginée et qu’elle soumet aujourd’hui à la concertation publique. Une charte pour encadrer les pratiques à proximité des habitations, une charte pour expliquer clairement ce que l’agriculteur ou le viticulteur fait avec sa machine, une charte pour rassurer le riverain très souvent inquiet lorsqu’il voit un traitement phytosanitaire effectué à quelques mètres de chez lui. Consciente de ses lacunes en matière de communication ces dernières années, laissant le champ libre à d’autres organisations et associations, l’ensemble de la profession agricole et viticole du Bas-Rhin et du Haut-Rhin s’est associé pour parler d’une seule voix, pour « expliquer en toute transparence » ce qui est fait et ce qui sera fait. Pas d’environnement sans viabilité économique Le 22 juillet, l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava), la Chambre d'agriculture Alsace (CAA), les deux JA et les deux FDSEA avaient donc donné rendez-vous à la presse pour présenter ce document qui ambitionne de prendre en compte les enjeux environnementaux et de santé publique liés aux activités agricoles, sans mettre en péril la viabilité économique des exploitations agricoles et viticoles, conventionnelles ou non. Car, même en bio ou biodynamie, les traitements sur les plantes restent nécessaires, a tenu tout d’abord à rappeler le président de la FDSEA du Bas-Rhin, Franck Sander. « Quel que soit le mode de production, on doit toujours protéger nos plantes. C’est un peu la même chose qu’un humain. Si on n’a pas besoin d’antibiotique, on n’en prend pas, ou seulement au dernier moment. C’est pareil dans nos métiers. » D’où la volonté d’organiser cette conférence de presse chez Maximilien Zaepffel, viticulteur bio à Dambach-la-Ville. Malgré son étiquette plus « verte » par rapport à un confrère en conventionnel, l’exploitant ne peut pas se passer de traitements pour protéger ses plantes, soufre ou cuivre entre autres. « Toute exploitation viticole en Alsace utilise des produits de contact, quel que soit son mode de production », tient-il à souligner. Mais la protection de l’environnement a un prix. À l’exploitant de faire en sorte que celui-ci soit le plus bas possible pour garantir la viabilité économique de son entreprise. « C’est tout de même ce qui nous fait vivre au final, observe Maximilien Zaepffel. Personnellement, j’ai abandonné le soufre liquide pour le remplacer par du soufre en poudre. De 5 à 6 litres par hectare, je suis passé à 12 kg par hectare pour obtenir la même protection antifongique. Et je l’ai fait pour une seule raison : le soufre en poudre est bien moins cher que le soufre liquide. Oui, on va vers plus de protection environnementale, mais il faut aussi avoir en tête que nous agissons aussi pour la viabilité économique de nos entreprises. » Dire ouvertement les choses, les expliquer le plus clairement possible, avec cette charte, les professionnels de l’agriculture et de la viticulture se veulent les plus transparents possible vis-à-vis de l’opinion publique. L’occasion de rappeler un autre point méconnu : le peu de temps consacré à la protection des plantes au cours d’une année culturale normale. Christian Kohser, administrateur à l’Ava, rapporte un chiffre évocateur : 1 %. « C’est le temps de travail que cela représente sur une année pour un viticulteur. C’est finalement très peu mais pourtant tellement indispensable pour protéger nos cultures et sécuriser nos rendements. Pour autant, nous avons parfaitement conscience des problématiques en face. Nous sommes dans une région d’agriculture et de viticulture périurbaines. Le lien avec les riverains et les maires est essentiel. C’est pour cela qu’ils doivent être pleinement associés dans l’élaboration de cette charte. » Pour un « partenariat » avec la société civile Pour que cette charte soit acceptée par toutes et tous, il fallait qu’elle s’articule autour de trois axes prioritaires : que les changements de pratiques demandés aux agriculteurs et viticulteurs puissent être techniquement réalisables, avec le matériel déjà en leur possession ; que ces changements soient économiquement viables pour les exploitations, ce qui sous-entend de laisser du temps aux uns et aux autres pour s’adapter ; et enfin que ces changements soient socialement acceptables, qu’ils soient compris et soutenus par les collectivités, les maires, et les riverains. « Nous voulons et nous pouvons faire évoluer nos pratiques, mais nous n’y arriverons pas seuls », souligne l’ensemble des responsables syndicaux. Le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Pascal Wittmann, insiste sur ce point : « Avec cette charte, nous créons un vrai partenariat entre les agriculteurs et viticulteurs et l’ensemble de la société. Nous allons demander à l’association des maires la préservation de notre secteur agricole. Il faudra que les ZNT soient incorporées dans les zones d’urbanisation des futurs lotissements. On nous prend déjà des terres, on ne veut pas être pénalisés doublement. Ensuite, nous allons aussi demander aux collectivités une compensation financière pour les agriculteurs et viticulteurs qui seraient obligés de mettre des jachères fleuries ou des plantes mellifères à la place de leurs cultures. Une perte de terrain, c’est une perte de revenu pour nos exploitants. » Et Yannis Baltzer, secrétaire général des JA 67, de préciser : « Oui, c’est essentiel que la société s’engage à nos côtés pour encore faire évoluer nos pratiques. Nous faisons déjà beaucoup et nous sommes prêts à aller encore plus loin. Par contre, il faut bien être conscient qu’on ne peut pas supprimer des molécules sans une alternative viable, tant économique que technique, pour protéger nos plantes. » Les viticulteurs s’engagent d’ores et déjà à systématiser le traitement de leurs plantes de l’extérieur vers l’intérieur des vignes, et non plus l’inverse, afin que le flux projeté n’aille plus vers les habitations. « On demande aussi aux viticulteurs de ne plus traiter la dernière rangée qui est la plus proche de la maison. Ils pourront l’arracher s’ils pensent que cela peut poser un problème sanitaire », prévient Christian Kohser. La profession viticole s’engage aussi à n’utiliser que des produits homologués en bio ou bio-contrôle à proximité des habitations, sur des surfaces de 20 mètres maximum. « Au-delà, cela pourrait conduire à des impasses techniques. De toute façon, nous ne demandons pas aux exploitants de se convertir au bio. Tout ce que nous souhaitons, c’est qu’un effort soit fait, sur de petites surfaces, pour essayer de nouvelles méthodes », continue le représentant de l’Ava. Accompagner et conseiller plutôt que supprimer et interdire Franck Sander va plus loin dans cette idée de « responsabilité collective » en rappelant le rôle que doivent jouer les consommateurs dans cette évolution demandée des pratiques agricoles. « De plus en plus de gens veulent du bio dans leurs assiettes. Très bien. Mais le bio, c’est aussi 30 % de rendement en moins, de la main-d’œuvre en plus. Ce qui se traduit par un surcoût économique à l’arrivée. Est-ce que tous les consommateurs sont prêts à payer plus cher leur alimentation ? Il y a aussi un autre risque, celui qu’on délocalise la production bio dans d’autres pays où la main-d’œuvre est moins chère. Mais c’est aussi un bio avec un cahier des charges bien moins strict que le nôtre. Oui, le bio se développe mais il n’y aura pas de place pour tout le monde. Et notre rôle, à nous agriculteurs, c’est d’être en mesure de répondre à tous les marchés en matière d’alimentation, au minimum de manière raisonnée. » Et même dans ce mode de production que beaucoup continue à appeler « conventionnel », tout est fait pour assurer une sécurité alimentaire « irréprochable » au consommateur. « Le consommateur doit avoir confiance en notre production. Nous respectons toutes et tous un cahier des charges très strict, tracé et réglementé. Nous respectons les consommateurs. Mais, de leur côté, il faut aussi qu’ils jouent le jeu en achetant local et en respectant notre travail », complète le co-président des JA 68, Patrick Meyer. Au final, cette charte va bien au-delà de l’aspect réglementaire, considère Fabien Metz, président de la commission Environnement à la CAA : « Il y a un réel manque d’information, voire de la désinformation, autour des produits phytos. Avec cette charte, nous pouvons rapprocher le monde agricole et la société civile. Nous souhaitons aller encore plus loin, et nous engager, pour que notre travail réponde aux attentes de la société. Mais il faut de la discussion, des échanges. Plutôt que d’interdire ou de supprimer simplement des moyens de protection, il faut qu’on accompagne, qu’on forme et qu’on conseille les agriculteurs d’Alsace pour qu’ils puissent continuer à faire leur métier, à savoir nourrir la population. La souveraineté alimentaire est devenue un vrai sujet. Faisons en sorte de pouvoir la préserver dans les années à venir, collectivement.   Lire aussi : Une session chambre axée sur le bien vivre ensemble, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

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