Bourgogne, chiffres et millésime 2017
De record en record
Bourgogne, chiffres et millésime 2017
Publié le 29/11/2018
En attendant 2018, qui s’annonce « exceptionnel » selon Philippe Rossignol, président du syndicat viticole de Gevrey-Chambertin, c’est le millésime 2017 qui était présenté lors de la fête du Roi Chambertin, deux jours avant la « vente aux enchères des Hospices de Beaune ».
C’est le millésime 2017 qui était sous les feux de la rampe durant les festivités d’automne en Bourgogne. Se tenant traditionnellement la deuxième ou la troisième semaine de novembre selon le calendrier, elles donnent l’occasion aux domaines, maisons de vins fins et syndicats viticoles de présenter le millésime aux prescripteurs. Et se terminent par la célèbre vente aux enchères des Hospices de Beaune. En 2017, la Bourgogne a vinifié 1,50 million d’hectolitres (Mhl) répartis en 59 % de blancs, 30 % de rouges et 11 % de crémants, contre 1,22 Mhl l’année précédente, pour 29 400 hectares. Au chapitre de la conjoncture économique, 2017 est une bonne année pour la Bourgogne. Sur son cœur de gamme, en dix ans, les ventes de bourgognes en grande distribution ont augmenté de 40 % en valeur, tout en préservant les volumes vendus sur ce marché (Source Iri Symphony). Ses marchés d’export aussi progressent en 2017 : de 0,7 % en volumes et de 10,7 % en valeur. Ils représentent 49 % des ventes en volumes. Le chiffre d’affaires des vins de Bourgogne est estimé en 2017 à 1,74 milliard d’euros (Md€). Un chiffre d’affaires singulièrement freiné par le manque de disponibilités. En 2017, ses stocks ont régressé de 2 % par rapport au stock de fin de campagne 2016. Folles spéculations C’est dans ce contexte globalement favorable donc, que s’est déroulée la 158e vente aux enchères des Hospices de Beaune, où 828 pièces ont été proposées. Le total des enchères dimanche 18 novembre a atteint 14,2 millions d’euros (M€), dont 230 000 € pour les deux « pièces des Présidents ». Battant ainsi le record des 12,30 M€ l’année précédente. De même, le prix moyen pour une pièce (fût de 228 litres) s’est élevé à 16 850 €, en hausse de 19 % comparé à 2017. Toujours au chapitre des enchères, on peut citer le record atteint en octobre par deux bouteilles de Romanée Conti 45, l’une pour 596 000 dollars et l’autre pour 496 000 $. Le célèbre domaine bourguignon alimente d’ailleurs toutes les spéculations depuis le décès prématuré d’Henry Frédéric-Roch (56 ans), son cogérant, avec Aubert de Villaine. À l’heure où se profilent des successions, la valeur de DRC (Domaine de la Romanée Conti) serait estimée à 1 Md€, loin devant les 240 M€ mis sur la table par le milliardaire François Pinault pour l’acquisition du Clos de Tart en 2017. « Du jamais vu en 40 ans de métier » Loin des spéculations les plus folles, le syndicat viticole de Gevrey Chambertin organisait son traditionnel Roi Chambertin, soit la dégustation de 150 vins du millésime 2017, des crus, premiers crus, futurs premiers crus et du grand cru. Philippe Rossignol, président du syndicat, annonce pour 2018 « un millésime exceptionnel avec de hauts degrés, une maturité phénolique jamais atteinte et un état sanitaire parfait, du jamais vu en 40 ans de métier ». La nouveauté en 2018, ce sont les fermentations qui languissent avec des malo sous marc, « que l’on ne connaissait pas auparavant, et plutôt caractéristique des vins du Sud ». Les vendanges ont débuté vers le 8-10 septembre. « En ce moment ça se vend très bien, pourvu que ça continue », rapporte Philippe Rossignol qui cultive 7 ha « en famille ». Quant à 2017, « il sera un peu en retrait par rapport à 2016 ou 2018. C’était des vendanges précoces. » Parmi les crus du vigneron, le lieu-dit des Evocelles à côté des Champeaux, sur Brochon, en projet de classement premier cru.












