Vigne

Nathan Muller lance le spretzi, un petnat servi à la tireuse

Du vin élaboré en Alsace consommé façon « winspub »

Publié le 15/12/2018

Le spretzi, c’est un vin pétillant naturel à base de gewurztraminer, distribué en fût dans des bars et restaurants alsaciens et servi à la tireuse. Une toute première qui permet de réinventer une manière de consommer du vin en vrac, perdue depuis la mise d’origine.

  https://youtu.be/jQE4yr2ikkg     Au domaine Charles Muller à Traenheim, il y a déjà un air de campagne anglaise dans le vignoble avec les moutons folivores qui effeuillent et entretiennent les vignes. Mais depuis son stage d’étudiant à l’Ossett brewerie, au sud de Leads en Angleterre, Nathan Muller, ne fait pas mystère de son intérêt tout particulier pour les boissons fermentées servies sous pression à la tireuse. « Cette brasserie d’1 million de litres distribue 99 % de ses bières en fûts. » C’est là qu’il a pris conscience de toutes les potentialités de cohérence environnementale et sociale du modèle de consommation façon pub anglais. https://youtu.be/U1yOUB9jamA       Son rêve ultime, serait d’ouvrir une taverne agricole dans le village, une « winspub » où les boissons locales servies façon pub anglais accompagneraient des plats à base produits locaux et fermiers, et si possible de sa ferme de polyculture-élevage. Ce jeune vigneron, cultive les vignes aux côtés de ses parents Jean-Jacques et Corinne Muller, et de sa sœur Marjorie. La politique de la maison Muller, c’est d’élaborer un vin bio naturel, sans rechercher la valeur ajoutée maximale, mais de rester sur des prix abordables. Et tant que faire se peut, de relocaliser tant les ventes de vins que les achats et fournitures pour l’exploitation.     Le spretzi de Nathan Muller, c’est donc une nouvelle boisson et un nouveau mode de consommation à base de pétillant naturel (petnat), distribué en fût dans les bars, winstubs et brasseries locales alsaciennes et servi à la tireuse. Essentiellement élaboré à base de gewurztraminer, le vin est entonné à 1010 de densité dans un fût inox de 600 l spécialement conçu pour accomplir la fermentation en cuve close et atteindre 5-6 bars de pression. Le vin est alors transvasé dans des fûts de 20 l qui sont destinés à être livrés et installés sous les zincs de bars avec une tireuse. L’opération de transvasage est isobarique, ce qui signifie que le fût de 20 l est lui aussi mis sous pression d’azote, il y a donc un simple transfert et remplissage par gravité. L’idée est qu’il « n’y ait pas de formation de mousse au remplissage », qui se produirait si la détente était adiabatique (à l’air libre), explique Nathan Muller. « Juste avant l’obligation de mise en bouteille de type flûte dans la région d’origine, des vignerons faisaient leur tournée dans les restos de la région. Je me souviens encore de la camionnette Prairie qui livrait des tonneaux de 100 l », raconte Nathan. Mais la mise d’origine, obtenue de haute lutte en 1972, a eu raison de ce modèle de distribution et de consommation des vins d’Alsace en vrac, plutôt avantageux car affranchi des emballages. C’est pourquoi le vigneron est obligé de déclasser ses vins en VSIG, avant de les commercialiser de cette manière. Chaque fût contient 20 l, soit l’équivalent de 26 bouteilles et autant d’étiquettes, de bouchons, collerettes et autres matières sèches comme les cartons, économisé en se passant du conditionnement. Sachant qu’une bouteille pèse 40 % dans le bilan carbone d’un vin, le gain environnemental est plus que significatif sur les émissions de gaz à effet de serre. « En outre, ça pérennise le lien avec le restaurateur », ajoute Nathan. Du côté financier aussi, l’opération s’avère très rentable, tant d’ailleurs pour le débitant de vin que pour le vigneron qui réalise des économies substantielles sur les matières sèches. « Le vin est vendu 6 €HT le litre, mais je n’ai pas de frais de conditionnement. Quant à l’acheteur, il économise 25 % puisque le prix est au litre et pas à la bouteille de 75 cl. » Pour l’heure, le spretzi a séduit un réseau de bars à vins, winstub, de la place strasbourgeoise. L’idée de Nathan, c’est de poursuivre avec un vin non effervescent sur le même mode de distribution que les bières non effervescentes. C’est alors une pompe à piston qui fait remonter le vin tranquille situé dans la cuve sous le zinc.   https://youtu.be/2KTte-6Rqco      

Cave historique des Hospices civils de Strasbourg

Succès toujours !

Publié le 13/12/2018

Les journées portes ouvertes de décembre de la cave historique des Hospices civils de Strasbourg ont attiré de nombreux visiteurs le 1er décembre et plus encore le 8 décembre, avec près d’une centaine de vins proposés à la dégustation.

Depuis plusieurs années, décembre est devenu un mois phare pour la cave historique des Hospices civils de Strasbourg, avec ses journées portes ouvertes qui drainent un public nombreux et toujours très cosmopolite. Le premier rendez-vous vinique a démarré avec une belle affluence le 1er décembre. Neuf vignerons adhérents de la Sica (Société civile d’intérêt collectif agricole) ont accueilli les visiteurs, amateurs éclairés ou néophytes, alsaciens et touristes, pour une découverte de leurs vins. Vins d’Alsace, un public éclectique conquis 88 vins au total ont été proposés à la dégustation. Certains amateurs ont jeté leur dévolu sur le pinot noir, comparant les terroirs, les millésimes et les touches particulières des vignerons. Les visiteurs n’ont pas manqué le clin d’œil festif de la maison Wolfberger, avec Caracterre 2015 en magnum, une édition limitée à 200 bouteilles. Un vin surprenant issu d’un terroir calcaire, élevé en fût et vinifié selon la méthode bourguignonne. Autre magnum Wolfberger, le gewurztraminer grand cru Hatschbourg 2016. Les visiteurs se sont laissés tenter par la découverte du très original muscat Signature 2015 du domaine Xavier Muller de Marlenheim, vendangé en vendanges tardives, et du muscat 2015 grand cru Marckrain de Michel Fonné de Bennwihr. Festivités obligent, les pinots gris et les crémants ont eu la cote, dont ceux des Hospices civils ou d’André Ruhlmann de Dambach-la-Ville, des vins commentés par sa fille sommelière Louise-Anne. Outre la découverte d’autres régions viticoles et d’institutions publiques gérant des domaines viticoles, la cave a proposé une rencontre avec des domaines du lycée agricole de Gironde, le château Grand Baril et château Real Caillou, qui travaille depuis une quinzaine d’années avec ce lycée et la cave. Le public a pu notamment déguster notamment un Lalande de Pomerol 2014. Cette journée portes ouvertes, riche en échanges avec les vignerons, en belles découvertes, a fait le plein de visiteurs. Un succès qui ne devrait pas se démentir pour celle du 15 décembre. Avis aux amateurs !

Publié le 12/12/2018

À chaque période de Noël depuis 2008, le domaine Bauman-Zirgel envoie chaque semaine des clins d’œil gourmands aux cépages alsaciens et à leurs visiteurs. Deux formules leur sont proposées.

Sept cépages, sept foudres, sept sapins : voilà un rapide raccourci du temps de Noël comme Benjamin et Valérie Zirgel le mettent en scène à Mittelwihr. « Nous avons tracé un circuit à la cave » explique Nicole Zirgel, la maman de Benjamin. Un sapin décoré par des objets de l’artisanat régional comme des étoiles en paille, des cœurs en tissu de lin, des petites poteries, du pain d’épices… trône devant chaque fût, un par cépage. Le riesling étant le cépage roi alsacien, il a droit à un sapin un peu plus grand. Il est embelli par les étiquettes des vins du domaine collées sur des panneaux de bois. « Le sapin permet de parler de l’Alsace, de sa tradition de Noël avec les veillées à la bougie qui étaient autrefois l’occasion de retrouvailles, d’échanges, voire le moment de faire la paix entre voisins » relève Nicole. Chaque sapin correspond à une halte. Elle est ponctuée par la dégustation d’un vin. Un mets lui est associé. Depuis les débuts de la formule, le domaine reste fidèle à la mousse d’asperge, au toast à l’anguille ou à la truite fumée, à la tarte flambée, au pain d’épices et au foie gras, à la mini-choucroute. « C’est très apprécié » glisse Valérie. La formule s’est mise en place à la demande de l’office de tourisme du pays de Colmar qui souhaitait rallonger les séjours des touristes en créant une animation en dehors du week-end. Voilà pourquoi « Noël et la magie des 7 » est programmé chaque lundi à 11 h précises depuis le 26 novembre dernier et prend date durant tout décembre. « Comme nous sommes en retrait de la route des vins, nous y avons vu le moyen d’attirer du monde au domaine. Le lundi ne nous dérange pas car nous sommes déjà pris durant les samedis et dimanches du mois par nos actions commerciales. Enfin, c’est l’office de tourisme qui fait la promotion de notre offre » souligne Nicole. La formule remplit un double objectif : étoffer l’offre touristique sur le secteur et agrémenter l’accueil des vacanciers qui occupent les gîtes du domaine. « En décembre, c’est complet. Les vacanciers sont invités gracieusement. Nous avons décidé de demander une participation aux frais de 7 € en 2013, pour rentrer dans nos frais. Aujourd’hui les personnes qui réservent via l’office du tourisme règlent 14 €/personne. La moitié de la somme leur est déduite en cas d’achat d’au moins six bouteilles » précise Nicole. De sept à quatre vins La « magie des 7 » mobilise le plus souvent Valérie et Nicole, et parfois Julie, la fille de Nicole. En amont, il faut ranger préparer la cave et les canapés servis avec les vins. Le jour J, une personne se charge de saluer les participants et se renseigne sur la région ou le pays dont ils sont originaires. Elle assure le service et gère le point de vente à l’issue de la visite pendant que la seconde commente les cépages et Noël en Alsace. La séance proprement dite est prévue pour durer une heure trente, mais peut aussi se prolonger. « La prestation comporte sept vins. Mais il nous arrive de rajouter un autre vin sur demande » précise Nicole. La formule a été déclinée en 2015. La « Magie de Noël alsacien chez le vigneron » est programmée le vendredi à 17 h. Elle demande une heure, mais se contente de quatre gourmandises et de quatre (parfois cinq) vins. Il s’agit le plus souvent d’un riesling, d’un pinot gris, d’un gewurztraminer et d’une vendange tardives. L’inscription est souhaitée mais il y a régulièrement des candidats de dernière minute. Il en coûte 5 €/personne. Les occupants des gîtes n’y sont pas conviés. Le nombre de participants à l’une comme à l’autre formule est aléatoire, mais peut facilement aller à quarante et monter au plus haut à l’approche de Noël. Les ventes sont tout aussi variables. « Un lundi, un groupe de six personnes est reparti avec soixante bouteilles ! Mais cela demeure l’exception. Le plus souvent, c’est quelques bouteilles, fréquemment du riesling, car les participants découvrent qu’il s’accorde bien aux mets qu’ils ont goûtés, mais aussi du pinot gris qui se marie bien au foie gras. Parfois, on n’achète rien, comme l’autre jour deux Américains. Leur manière de voyager ne facilite pas toujours le transport de bouteilles. Les occupants de nos gîtes sont encore nos plus fidèles clients en fin de circuit. Ils sauvent le panier moyen ! » analyse Nicole. Selon elle, l’essentiel est ailleurs. « Nous aimons partager et présenter nos vins. Et les gens viennent pour s’en mettre plein les yeux. Nous voulons leur faire passer un moment inoubliable qui donne envie de revenir. Notre plus belle récompense est d’être visité sur un salon, comme l’autre fois à Lille, par des personnes qui sont passées par notre cave ou nos gîtes ».  

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