Kaysersberg Vignoble
Le syndicat nouveau est arrivé
Kaysersberg Vignoble
Publié le 06/02/2019
Le 31 janvier, les syndicats viticoles de Kientzheim-Kaysersberg et Sigolsheim ont fusionné pour donner naissance au syndicat viticole de Kaysersberg Vignoble, la commune nouvelle créée en 2016. Un regroupement « logique » qui va permettre de concrétiser plus efficacement les dossiers propres à ce secteur du vignoble alsacien.
Après la commune nouvelle, le syndicat nouveau. Depuis le 31 janvier, les syndicats viticoles de Kientzheim-Kaysersberg et de Sigolsheim sont unis sous la même bannière, celle de Kaysersberg Vignoble, commune nouvelle créée en 2016. Une évolution « logique » pour son président Patrick Schiffmann, et l’un de ses trois vice-présidents, Philippe Tempé. « Entre nos trois communes, les dossiers étaient les mêmes : entretien des chemins, dégustations et suivi du Plan local d’urbanisme intercommunal. Cela devenait redondant de faire plusieurs fois la même chose. » Par ailleurs, cela faisait vingt ans que Philippe Tempé était président du syndicat de Sigolsheim. Il souhaitait passer la main, mais personne ne voulait reprendre le flambeau. « Du coup, la création de ce nouveau syndicat était l’opportunité de faire évoluer les choses », explique-t-il. La naissance de ce nouveau syndicat a été précédée de plusieurs réunions préparatoires afin d’établir les contours de la nouvelle entité. C’est la première association à fusionner à l’échelle de la commune nouvelle. Avec ce regroupement opportun, le nouveau syndicat viticole permet à Kaysersberg Vignoble de devenir la plus grande commune viticole d’Alsace en termes de surface avec 670 hectares sur une longueur d’un peu plus de 7 km, de l’entreprise DS Smith à la Fecht. Il regroupe une centaine de viticulteurs issus de toutes les familles professionnelles et dispose de quatre grands crus : le Schlossberg, le Mambourg, le Furstentum et une partie du Marckrain. Avec une telle surface, le nouveau syndicat viticole doit composer avec une grande diversité de reliefs, de topographie, de sols et des microclimats. « Clairement, il y a de quoi faire ! », souligne Patrick Schiffmann. Se « rapprocher » de la population Le premier chantier qui va être concrétisé dans les prochains mois est celui de la mise en place de la confusion sexuelle comme moyen de lutte contre le ver de la grappe. Une démarche qu’avait déjà entreprise le syndicat viticole de Sigolsheim en 2018 sur 80 ha du Mambourg jusqu’à la route départementale. Dans les mois à venir, ce moyen de lutte intégrée va être étendu jusqu’à la rue du Stade, au plus près des habitations, avec 20 ha supplémentaires. Les enjeux d’une telle démarche sont multiples, rappelle Philippe Tempé. « À Sigolsheim, il y a eu des plaintes de plusieurs nouveaux habitants par rapport aux traitements phytosanitaires des vignes. Avec la confusion sexuelle, on évite ce genre de problèmes. » Rapprocher la profession viticole des habitants fait partie des souhaits du nouveau syndicat de Kaysersberg Vignoble. Dans un contexte où le foncier se fait rare, avec des parcelles de vigne attenantes aux pavillons, la mise en place d’un « dialogue » entre les différentes parties a du sens. « On souhaite mettre en place une charte entre les vignerons, les élus et les habitants dans laquelle on expliquerait notre travail, la nécessité de respecter des horaires de traitement, mais aussi de ne pas se perturber les uns et les autres. C’est une démarche citoyenne et responsable, un appel au bon sens de la part de tout le monde », indique Patrick Schiffmann. Toujours dans cette idée de « rapprochement » avec la population environnante, le syndicat entend créer un grand sentier viticole de Kaysersberg à Sigolsheim. Ce dernier a déjà été refait en 2012, mais celui de Kientzheim doit être refait et il manque la liaison jusque Kaysersberg. « C’est une réflexion à moyen terme que nous menons sur le développement œnotouristique dans le secteur », précise Patrick Schiffmann. Dans cette optique, le syndicat entend également être plus présent dans les différentes manifestations populaires et touristiques de la commune nouvelle afin de mettre davantage le vin en avant. « C’est important de montrer qu’on est là et qu’on est des partenaires des autres acteurs locaux. » Le Tour de France, qui passera sur la commune le 10 juillet prochain, est ainsi dans le viseur. À cette occasion, le syndicat aimerait faire « quelque chose » pour « marquer le coup ». Des actions collectives « facilitées » Sur les dossiers plus techniques, le syndicat viticole de Kaysersberg Vignoble entend mener à bien ses projets établis dans le cadre de la hiérarchisation du vignoble : la création des premiers crus Patergarten et Altenbourg à Kientzheim et Vogelgarten à Sigolsheim. Ensuite, l’inscription du pinot noir dans le cahier des charges du grand cru Mambourg est également souhaitée. « Agronomiquement, on s’est rendu compte que les terroirs calcaires réussissaient bien avec les rouges. Sur le Mambourg, on a toujours remarqué une dimension tannique grâce à la forte proportion de calcaire présente dans le sol. Du coup, une telle évolution du cahier des charges aurait du sens », estime Patrick Schiffmann. Enfin, sur le PLUi, qui est toujours en discussion en sein de l’intercommunalité, le syndicat entend proposer une solution « équilibrée » dans les trois communes, avec le minimum d’impact pour les viticulteurs, notamment dans le dossier du nouvel Ehpad qui pourrait voir le jour en remplacement des deux Ehpad d’Ammerschwihr et de Kaysersberg. Si la concrétisation de ces dossiers va prendre plus ou moins de temps en fonction de leur complexité, elle sera en tout cas facilitée par ce nouveau « super » syndicat viticole. « Avec l’évolution structurelle du vignoble, le parcellaire devient de plus en plus dense. Pour faire certaines actions collectives, cela complique les choses. En étant regroupé, la mise en place de projets comme l’irrigation ou la mécanisation sera bien plus aisée le cas échéant », conclut Patrick Schiffmann.












